Livrés à eux-mêmes, les quatre agents en service dans le chef-lieu de la Douigny vivent et travaillent dans des conditions exécrables.
S'IL est des fonctionnaires que l'Etat oublie souvent lors de l'allocation des ressources et des équipements, les gendarmes de Moabi, chef-lieu du département de la Douigny, en font partie. Passés à l'as par l'administration de tutelle, les agents en service dans la petite cité nynoise vivent et travaillent dans des conditions extrêmement difficiles.
Tout ou presque est à revoir. Il y a d'abord le problème de logements pour le personnel. La seule bâtisse existante vieille de plusieurs décennies - est déliquescente et n'a pas subi une cure de jouvence depuis plusieurs années. Avec le poids de l'âge, les tôles ont fini par se fissurer, laissant suinter de l'eau lors des précipitations. Depuis le retour de la saison des pluies, les quatre agents en service dans la localité et leurs familles vivent dans la hantise permanente des inondations.
Au delà même du délabrement du bâtiment, il se pose un problème de structures. Les logements des agents sont quasiment inexistants. Pour pallier cette carence, le bâtiment administratif a été divisé en deux: une partie sert de bureau aux agents. L'autre fait office de logement. C'est dans cette promiscuité que vivent les quatre gendarmes en poste à Moabi. Car, ils ont été contraints de compartimenter le bâtiment administratif pour pouvoir se loger. Toute chose qui ne garantit pas l'intimité.
Pourtant, la construction de trois logements pour les agents et la réfection du bâtiment administratif, actuellement surexploitée, avaient été prévues lors du choix des investissements des fêtes tournantes que les provinces de la Nyanga et de l'Ogooué-Ivindo avaient abritées conjointement en 2002. Mais depuis lors, aucun nouveau bâtiment n'est sorti de terre. Tout comme aucune couche de peinture n'est venue redonner éclat à la vieille bâtisse.
Résignés, les agents n'osent pas parler de leurs conditions de travail et de vie. Lorsqu'on évoque le sujet, ils préfèrent se murer dans un silence plus éloquent que mille discours.
Autre facteur d'insomnies l'absence d'un véhicule de liaison. En effet, les gendarmes de Moabi ne disposent d'aucun moyen de locomotion. Ce qui rend difficiles leurs interventions sur le terrain. Le véhicule tout terrain promis chaque année par la tutelle demeure un véritable serpent de mer. Or, la position géographique de la Douigny nécessite une grande vigilance de la part des hommes en armes.. Concrètement, ils devraient effectuer des missions ponctuelles à l'intérieur du département pour dissuader d'éventuels bandits et mettre les populations en confiance.
Au demeurent, il est impossible de garantir la sécurité des biens et des personnes dans des conditions aussi exécrables que celles dans lesquelles vivent et travaillent les gendarmes de Moabi. Le gouvernement se doit donc de tout mettre en oeuvre pour améliorer les conditions de vie de ces fonctionnaires qui sont des agents de l'Etat à part entière. Un accent particulier devrait être mis sur la construction d'un nouveau bâtiment administratif et des logements. De même, l'achat d'un véhicule de liaison apparaît comme une impérieuse nécessité pour permettre aux soldats de se mouvoir librement à l'intérieur du département pour assurer leurs missions de protection des biens et des personnes.