De sources proches de l'ambassade du Gabon à Washington, les choses chaufferaient entre le payeur et l'ambassadeur. Le bruit circule qu'en 2000, une somme de 92 millions de CFA, soit 185000 dollars US ,aurait été remise à l'ambassade pour réparer la toiture. Cet argent aurait disparu sans laisser de trace. Le BDP avait déjà soulevé dans un certain nombre d'articles à scandale publiés l'année dernière ce qui semblait comme une gestion douteuse des affaires de l'état au niveau de l'ambassade du Gabon à Washington (Voir: Scandale et décrépitude à Washington: Une ambassade du Gabon à l'image du pays et Ambassade du Gabon à Washington: Nouveau scandale en vue?) Cette nouvelle bataille entre l'ambassadeur et son payeur viendrait ainsi confirmer ce que nous disions déjà à l'époque.
Le bruit court que suite à cette disparition de fonds, l'ambassadeur avait dû, après la publication du scandale dans le site du BDP, refaire "lui-même" la toiture de l'ambassade (Mais avec quel argent?). Les sympathisants de l'ambassadeur semblent accuser le payeur d'être le seul responsable des détournements, et affirment que ni l'ambassadeur, ni le conseilller culturel ou son adjoint, n'ont rien à voir avec cette histoire. Les sympathisants de l'ambassadeur accuseraient même celui qu'ils appellent "le Grand Argentier de Washington" d'être le plus grand voleur de la république, expert dans le jeu des chiffres. Ils ajouteraient aussi que la maîtresse du payeur aurait détourné elle aussi 45 millions de CFA et se trouverait incarcérée à Gros-Bouquet.
Cette nouvelle querelle au sein de l'ambassade du Gabon à Washington intervient au moment où la rumeur court que le payeur aurait été muté à l'Ambassade du Gabon à Bruxelles, où il aurait déjà servi, dit-on.
L'ambassadeur du Gabon à Washington continuerait, semble-t-il, à s'insurger contre les "diffamations" dont il aurait fait l'objet de la part du BDP dans des articles publiés l'année dernière et continuerait à affirmer son innocence. Le BDP voudrait bien croire en son innocence, mais en l'absence d'un démenti public qui expliquerait une bonne fois pour toutes les dessous de cette affaire, il nous est difficile de comprendre pourquoi un ambassadeur, qui est supposé représenter l'autorité suprême du pays, laisserait un payeur gérer à sa guise les caisses de l'ambassade sans contrôle de son supérieur. N'est-il pas du devoir de l'ambassadeur de veiller à la bonne gestion des caisses et des services et de recommander éventuellemment, si besoin est, des poursuites judiciaires en l'encontre de tous ceux qui, dans son service, ont détroussé l'état?
En l'absence d'actions concrètes visant à punir les voleurs et à les poursuivre en justice, doit-on croire que la philosophie de gestion administrative au Gabon consisterait à tout simplement fermer les yeux sur tout détournement, allant même jusqu'à promouvoir les mécréants par de nouvelles affectations au lieu de les mettre au frais dans des cellules à Gros-Bouquet?
Certes, suite à l'article du BDP, le toit de l'ambassade avait finalement été refait de toute urgence, mais refaire le toit quand de toute évidence il y a eu des vols d'argent restés impunis ne dit rien sur la capacité de l'état Bongo à punir les crimes de détournement et de corruption qui, plus que tout autre chose, tuent le Gabon à petit feu. Cela ne dit rien non plus sur la capacité de l'ambassadeur du Gabon à nettoyer son service des mauvaises graines qui pourraient noircir son image.
S'il y a une chose que nous pouvons dire sur cette affaire, c'est que les singes aiment toujours à imiter leur maître. Il y a donc, dans le système Bongo, une logique cartésienne qui veut que tout le monde veuille faire exactement comme le patron. Au Gabon, Bongo vole, donc tout le monde vole. Et puisque Bongo vole, il ne peut pas punir ceux qui, en dessous de lui, volent. Il s'ensuit donc un "Je te tiens, tu me tiens" qui en dit long sur la culture du détournement et de la corruption qui sévit actuellement dans l'état Bongo.
Si, donc, cette équation est vraie, que peut-on dire de la relation que l'ambassadeur aura entretenue avec son Payeur avant que ce dernier n'ait été récompensé par Omar Bongo qui, comme on pouvait s'y attendre, viendrait de muter le payeur à Bruxelles?
La question reste posée, et le site du BDP reste disposé à publier toute clarification que l'ambassadeur du Gabon à Washington voudrait bien offrir aux Gabonais pour enterrer, une bonne fois pour toutes, cette affaire.