L'absence d'Idriss Ngari des fêtes de l'indépendance a agité le sérail. Le ministre était malade.
Le ministre gabonais de l'intérieur, Idriss Ngari, a été soigné cet été en Afrique du Sud puis en France après avoir attrapé une maladie virale. Il se repose depuis le début du mois d'août à Paris, avant d'aller "contrôler", pour le compte du candidat Omar Bongo Ondimba, la campagne électorale pour les présidentielles de 2005...
Mais, à Libreville, son absence, lors de la fête de l'indépendance qui a eu lieu le 17 août à Franceville, chef-lieu de la province présidentielle du Haut-Ogooué, a été interprétée de diverses manières. Dans des lettres anonymes qui circulent dans les rédactions à Paris - inspirées sans aucun doute par des habitués du Palais du bord de mer - il est fait état d'un empoisonnement qu'aurait subi le ministre Ngari, et qui l'empêcherait de continuer à exercer ses fonctions. Comme on est à la veille d'un remaniement ministériel, ses détracteurs ont déjà "débarqué" l'homme qui avait sauvé le régime au moment des émeutes de février 1994...
En fait, Idriss Ngari pourrait être "victime" d'un autre dossier : celui du crash, le 8 juin dernier, de l'avion de Gabon Express. Cette compagnie était en effet gérée par des amis du ministre. Pour le reste, et en particulier les querelles de sérail, il est certain que ses amitiés de "frère d'armes" avec le président congolais Denis Sassou Nguesso déplaisent, dans le secret, au Palais du bord de mer à Libreville. Enfin, bien qu'il s'en soit défendu dans une longue lettre qu'il nous a adressée au mois de juillet, Ngari est bien en concurrence avec le ministre de la défense, Ali Bongo Ondimba. Non seulement parce que le "général" demeure la "caution militaire" morale de corps comme celui de la Garde présidentielle, mais aussi parce qu'ils sont tous deux "frères ennemis", de la même couvée.