Les personnels des deux unités sanitaires revendiquent l'amélioration de leurs conditions de travail, la révision de la Convention collective et désapprouvent le projet d'autonomisation des hôpitaux de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
LES personnels de la Fondation Jeanne Ebori et de l'Hôpital pédiatrique d'Owendo (HPO) Observent un mouvement de grève depuis plusieurs jours. Médecins et infirmiers exigent principalement la réhabilitation de leur outil de travail, la révision de la convention collective et désapprouvent le projet d'autonomisation des hôpitaux de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Pour se faire entendre, ils ont décidé de cesser les activités depuis la semaine dernière.
Si le mouvement semble peu suivi à la Fondation Jeanne Ebori, en raison certainement des dissensions existant au sein du Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYNA CNSS), il n'en est pas de même à l'hôpital pédiatrique d'Owendo où -on ne note aucune activité. Aucun service minimum n'y est assuré non plus. Le personnel médical ayant choisi de frapper très fort. Les malades qui avaient été admis avant la grève ont été sommés de sortir pour aller chercher leur salut dans d'autres unités sanitaires.
Les agents de ce grand établissement hospitalier justifient cette décision par le fait qu'ils voudraient se faire entendre par les autorités compétentes. Car, soulignent-ils, pour régler les problèmes importants dans notre pays, les citoyens doivent toujours réagir de manière brusque et péremptoire. «Si nous assurons un service minimum, la tutelle ne prendra pas à bras-le-corps nos revendications. Nous sommes contraints d'agir de la sorte. Nous avons été trop patients », a expliqué un délégué du personnel, qui a requis l'anonymat.
De toute évidence, de nombreux Librevillois dont les assurés sociaux paient un lourd tribut à la grève du personnel de Jeanne Ebori et de l'Hôpital pédiatrique d'Owendo. Les malades qui s'y présentent ne trouvent que portes closes, sur lesquelles on peut lire : «La grève continue».
A Jeanne Ebori, le personnel ne semblait pas très motivé d'observer un arrêt de travail. Devant ce qu'il qualifiait de lâcheté, l'un des meneurs a été contraint de sceller les portes pour contraindre ses collègues à suivre le mouvement.
En fait, le cahier de revendications des grévistes comporte six points, à savoir le statut des agents es hôpitaux et son plan social, la source de financement du projet d'autonomisation des unités sanitaires de la CNSS, le coût réel de cette réhabilitation, l'apport du groupe VAMED qui pilote ledit projet ainsi que les relations entre direction générale et l'entité d'expertise.
Il faut signaler que la grève pourra connaître une nouvelle tournure aujourd'hui. Une assemblée générale convoquée par la présidente intérimaire du SYNA CNSS, Viviane Maganga, se prononcera sur la question. Les personnels de Jeanne Ebori et de l'hôpital pédiatrique d'Owendo devront être édifiés sur la conduite à tenir. Mais à l'allure où vont les choses, il est à craindre que les positions des uns et des autres se radicalisent, tant le mutisme de la tutelle fait monter la moutarde au nez des grévistes. Ceux-ci se plaignent de n'avoir pas été associés dans le projet d'autonomisation des hôpitaux de la CNSS. A plusieurs reprises, médecins et infirmiers avaient dessillé les yeux des autorités compétentes sur les conséquences d'un tel projet. Mais a ce qu'il semble, la tutelle et le SYNA CNSS n'ont pas trouvé de terrain d'entente.
Les syndicalistes estiment, par exemple que le projet d'autonomisation de Jeanne Ebori, de l'Hôpital pédiatrique d'Owendo et de Paul Igamba de Port-Gentil va considérablement grever le budget de l'entité s'il est financé par celle-ci. A leurs yeux, l'argent prévu pour financer l'opération aurait pu être consacré à la réhabilitation des plateaux de ces hôpitaux. Pis encore, ils désapprouvent la structure choisie pour piloter le projet.
Selon eux, VAMED aurait montré ses limites dans la gestion de l'hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, Paul Moukambi de KoulaMoutou et Amissa Bongo de Franceville. «On ne peut pas confier la gestion de nos hôpitaux à un groupe qui a échoué partout où il est passé. Nous ne saurions cautionner une telle initiative», relève Viviane Maganga.
Contactée en matinée au sujet de ce mouvement qui perturbe les activités de l'hôpital, la direction de la Fondation Jeanne Ebori a promis de nous rappeler. Ce qu'elle n'a, malheureusement pas fait jusqu'au moment ou nous mettions hier sous presse.