En tête de peloton, les élèves et étudiants. Depuis l'ouverture du centre, 3093 personnes ont, de leur propre gré, cherché à connaître leur statut sérologique en 2004.
LE Centre d'information et de dépistage volontaire et anonyme du Programme national de lutte contre le Sida et les Infections sexuellement transmissibles (PNLS/IST) aura un 'an. d'existence cette semaine. Le résultat de cette structure; fruit d'un partenariat entre la coopération française ,et le ministère de la Santé publique, va au-delà des espérances. «Ou reçoit de plus en plus de monde » nous a confié le responsable du centre, Mabik-ma-Kombil, psychologue-clinicien.
Au 31 décembre 2004, ce centre spécialisé du PNLS/IST, ouvert au mois de mars de la même année, avait enregistré 3093 clients (1709 femmes et 1384 hommes), venus, de façon volontaire, connaître leur statut sérologique. Dans ce lot, 604 tests (237 hommes et 367 femmes) se sont avérés, hélas, positifs. Avec l'avantage que lé dépistage précoce permet de bénéficier, très tôt, d'un suivi médical - aujourd'hui, il existe des médicaments efficaces qui, pris à temps, permettent de ralentir l'évolution de l'infection au VIH - ces cas ont été aussitôt pris en charge par les services spécialisés du PNLS/IST. L'âge des clients va de moins de 15 ans à plus de 70 ans.
Dans cette population de clients volontaires, on compte beaucoup d'étudiants et d'élèves qui, de plus en plus, vont de leur propre chef faire le test VIH. Peut-être faut-il percevoir là le résultat de différentes campagnes de sensibilisations menées au sein des établissements scolaires, à Libreville singulièrement. Hormis les élèves et les étudiants, beaucoup vont faire le test volontaire au PNLS parce qu'ayant décidé d'avoir un enfant ou tout simplement de se marier. Et donc de développer une relation mutuelle stable et responsable.
CENTRE PILOTE • Du fait de la confidentialité garantie, et surtout du coût dérisoire des opérations (1 000 francs pour les élèves, étudiants, militaires et retraités et 2 500 francs pour les autres), le centre d'information et de dépistage volontaire et anonyme du PNLS/IST tend aujourd'hui vers la saturation.
Ouvert de 8 heures à 18 heures, avec une heure de pause à 13 heures, le centre reçoit aujourd'hui en moyenne 30 clients des deux sexes par jour. Ce taux de fréquentation, presque record, a amené les responsables du PNLS/IST à envisager l'ouverture d'autres centres de même nature dans la ville. D'une source digne de foi, il semblait qu'un autre projet du même type soit en gestation, toujours en partenariat avec la coopération française.
En matière de test de VIH, le centre du PNLS/IST est un centre pilote, soutenu cependant par d'autres centres situés à la Fondation Jeanne Ebori, au Centre hospitalier de Libreville (Médecine A et CTA), Franceville et Port-Gentil (CTA).
Un mois seulement après sa mise en service, le centre de dépistage du PNLS/IST a été doté, en avril 2004, d'un numéro vert (1313) toujours disponible. L'appel gratuit et anonyme permet -au public d'avoir toutes les informations à la fois sur le fonctionnement du centre et sur le VIH et le Sida.
Sous la supervision du Dr Gabriel Malonga Mouelet, l'équipe du centre de dépistage du PNLS/IST est composée d'un psychologue-technicien, de trois assistantes sociales, de deux techniciens de laboratoire et d'une infirmière. Face à une forte demande, un renforcement des capacités du centre en moyens humains et matériels s'avère nécessaire aujourd'hui.
L'une des difficultés rencontrées far le personnel, c'est le suivi des clients dont le test s'est révélé positif.
Beaucoup se perdent en effet dans la nature après l'annonce de leur nouveau statut sérologique. Certains se rendent chez les guérisseurs, tandis que d'autres s'adonnent à des addictions (alcoolisme, drogue, etc.). Le responsable du centre pense qu'avec une équipe plus étoffée, plus d'assistantes sociales et surtout plus psychologues, ces cas de déperdition médicale seraient mieux maîtrisés et suivis aux plans médical et social.