La grève dans certans hôpitaux privés de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS ) est marquée à Libreville par une dégradation des services destinés aux malades malgré le maintien d'un service minimm.
Jeudi, quelques banderoles installées par le personnel médical en grève étaient encore visibles devant la Fondation Jeanne Ebori de la capitale gabonaise, une des structures hospitalières relevant de la CNSS.
Le directeur général de la CNSS, M. Antoine Yalanzèle, avait déclaré au cours de la semaine écoulé qu'il s'agissait d'une « diversion » et qu'il a invité le personnel désirant reprendre le travail à s'y atteler. Réagissant par rapport à l'attitude d'un responsable d'une aile du syndicat favorable à la poursuite de la grève, M. Yalanzèle a précisé : « je suis un légaliste. Mme Nsiama-Ontsa n'est pas habilitée à parler au nom du CYNA CNSS (…) Le bureau légal est celui présidé par Mme Viviane Maganga».
A l'origine de la situation délicate dans les hôpitaux et la multiplication des revendications, des employés qui ont peur de perdre leur emploi et qui réclament des conditions meilleures de travail. Depuis quelques mois, une division persiste au sein du Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité nationale (SYNA CNSS) constitué de deux bureaux parallèles avec à leur tête deux présidentes dont une seule est officiellement reconnu: Mme Maganga.
La CNSS cherche sa mutation pour atteindre ses objectifs depuis plusieurs années mais se trouve confrontée à la lourdeur administrative créée par sa tutelle. En effet, pour la classe politique, la CNSS est l'objet de conflits d'intérêt et de leadership avec notamment des manipulations extérieures qui sont le fait de certaines autorités non contentes de voir la CNSS renouer avec la croissance et sortir de la paralysie occasionnée par un certain nombres de pratiques de gestion douteuses.
"Pour les autorités de tutelle, leur survie en politique n'a de raison d'être que si la CNSS n'est pas performante et que les dirigeants à sa tête ne puissent conjuguer des succès qui mettraient à nu les erreurs et le manque de compétences des précédents dirigeants mais aussi des erreurs dans les choix opérés du ministère de tutelle qui multiplie sans succès des « idées novatrices » sans lendemain", a déclaré un médecin hospitalier qui a requis l'anonymat.
Mais il serait honnête, poursuit-il, " de reconnaître que d'énormes efforts et améliorations des prestations pour les retraités ont été observés dans cette institution, mieux structurée aujourd'hui, depuis l'arrivée à sa tête d'un technicien mû aux pratiques d'organisation et de gestion, M. Yalanzèle".
Le patron de la CNSS a déploré qu'il ne disposait pas de liberté de décision pour diriger l'institution depuis qu'il y a été coopté, ni de la possibilité de mettre en place une nouvelle équipe de son choix, plus performante.
La refonte de l'organigramme de la CNSS et le redéploiement de ses effectifs sont vitaux
Pour mener à bien la restructuration de la CNSS. Le patron de la CNSS souhaite, entre autres, la refonte de l'organigramme de son institution, le redéploiement des effectifs et la mise en place d'une politique de gestion des ressources humaines, 85% des effectifs ayant entre 40 et plus de 55 ans.
Au cours des cinq dernières années, la CNSS a accumulé un déficit de près de 50 milliards de francs CFA dû à la mauvaise gestion des hôpitaux. Sa situation financière est lourdement affectée par la réduction des cotisations à recouvrir à cause principalement du rétrécissement du tissu économique et de sa morosité.
Rappelons que la CNSS paye la totalité des salaires des agents des hôpitaux ainsi que les charges afférentes au fonctionnement de la fondation des hôpitaux.
Concernant le financement des opérateurs économiques ayant repris la gestion technique administrative et du personnel des hôpitaux, le ministère de tutelle qui avait pris un engagement dûment écrit auprès du Conseil d’administration de la CNSS, ne devrait pas débourser un seul sous pour le paiement des prestations techniques de ces derniers, fait des pressions terribles sur le directeur général de la CNSS pour que ce dernier paye ces sommes qui sont de l’ordre de trois (3) milliards de francs CFA par an sans obligation de résultats de la part de ces fameux opérateurs que sont Vamed et Compagnie.