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Thermomètres médicaux à mercure : danger !
Auteur:  L'Union  | Date: 25 Mars 2005  | Réactions ()
Section: Santé  | Source: L'Union

L'usage de ces instruments, généralement exigés dans les hôpitaux lors des consultations, n'est pas sans risque pour l'homme. Il existe pourtant des produits de remplacement.

AVEZ-VOUS un thermomètre ? » Cette question qui revient très fréquemment dans nos hôpitaux lors des consultations. Le plus souvent, les patients, avertis, se présentent avec leur thermomètre. Pour ceux qui n'en disposent pas, la solution c'est de préparer une somme conséquente, en plus du prix de la consultation. Dans la plupart des hôpitaux, les thermomètres, généralement à mercure, sont vendus aux patients qui en sont dépourvus. Pour en disposer, le patient doit débourser entre 000 et 1 500 francs, comme au Centre hospitalier de Libreville (CHL).

Que ce soit dans les pharmacies, où ces instruments sont vendus entre 500 et 1 350 F, ou dans les hôpitaux, les thermomètres généralement proposés à Libreville, voire partout au Gabon, sont des thermomètres à mercure.

Paradoxe quand on sait qu'ailleurs, en France par exemple, les thermomètres médicaux à mercure sont interdits à la vente par un arrêté du 24 décembre 1998. Et pour renforcer cette mesure, une circulaire ministérielle a interdit l'utilisation de ce genre de thermomètres dans les hôpitaux français depuis septembre 1999. A cette date, on estimait à plus de 15 millions le nombre de thermomètres à mercure en usage dans les ménages français. La même source indiquait qu'il fallait plusieurs années pour que cet impressionnant stock soit progressivement remplacé par des thermomètres électroniques (fabriqués en Chine) ou à infrarouge (d'origine américaine), conçus comme des produits de remplacement depuis les années 1970.

RISQUES. Le reproche fait au thermomètre à mercure tient notamment en ce qu'il représenterait un danger en cas de bris. Ce qui arrive très fréquemment chez les particuliers, et davantage encore en milieu hospitalier «du fait de l'usage intensif des thermomètres », indique une source autorisée. Non sans négliger «les risques infectieux liés au nettoyage insuffisant de l'appareil, mais non spécifique au thermomètre à mercure », le risque lié au bris est le plus à redouter. Le bris est lié soit aux manipulations (lors du "secouage" pour la remise du thermomètre à zéro), soit aux mouvements du malade lors d'une prise de température correcte qui nécessité plusieurs minutes. L'instrument peut être "oublié" et être casse par mégarde par le patient.

Les spécialistes notent que ces bris, anodins d'apparence, «occasionnent des rejets mercuriels susceptibles d'avoir des incidences sur la santé:» Ces mêmes spécialistes avancent que le bris d'un thermomètre à mercure peut provoquer des lésions traumatiques locales (perforations...) et des plaies cutanées. Ces plaies resteront bénignes « tant qu'il n'y pas de contact avec le mercure.» En cas de contact, il y a une réaction inflammatoire et un risque toxique. L'autre risque direct, c'est l'ingestion de mercure par un enfant.

Il est également des risques indirects par le biais des vapeurs de mercure. Ce risque qui paraît normalement limité» compte tenu du volume concerné (un thermomètre contenant environ 2 grammes de mercure, soit 0,1 cm3) est surtout à redouter dans les chambres de malades, c'est-à-dire en milieux fermés, peu aérés, chauffés... Dans ce cas précis, un bris de thermomètre dégage des vapeurs toxiques directement inhalées par les occupants de la salle. En pareille circonstance, la pire des solutions consisterait a utiliser l'aspirateur. L'engin chauffera alors le mercure; le vaporisera et recontaminera d'autres pièces à chaque utilisation, selon des proportions liées à la dimension de la pièce concerne.

Au vu de tous ces risques, il ne serait pas vain de suggérer aux autorités sanitaires gabonaises l'interdiction de la vente ainsi que l'usage des thermomètres à mercure dans les hôpitaux et les pharmacies. Il est vrai que les produits de substitution connus à ce jour sont plus chers que le thermomètre classiquement utilisé. A Libreville par exemple, le thermomètre électronique, dont dispose seulement une poignée de pharmacies (contrairement au thermomètre à mercure partout disponible) coûte entre 4 000 et 5 000 F. Le thermomètre à infrarouge, lui, est quasiment introuvable dans nôs pharmacies.

Mettre ces produits de remplacement à la disposition du public, c'est déjà un grand pas vers une prise de conscience du danger que représentent les thermomètres à mercure...

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