A l'origine de la discorde, l'implantation par le premier d'un panneau publicitaire géant sur la façade du siège du second, sis à l'immeuble Rénovation.
LES Librevillois de passage devant l'immeuble Rénovation, au centre-ville, sont frappés par la présence d'un panneau publicitaire géant de Libertis, implanté sur la façade du siège de Télécel Gabon. L'image est si impressionnante et imposante qu'elle ne passe pas inaperçue. De fait, le premier opérateur de la téléphonie mobile dans notre pays poursuit, par le truchement de la société, Atlas Com, son programme d'implantation des panneaux publicitaires géants sur les façades d'immeubles. Mais à ce qu'il semble, cette initiative ne fait pas que des heureux.
Son concurrent, Télécel Gabon, a mal digéré l'installation d'un panneau publicitaire sur la façade de l'immeuble abritant son siège. Le directeur général de cette société, Olivier Poulhiac, l'a signifié, par écrit, au directeur général de l'Agence de régulation des télécommunications, Camille Mombo. Le patron de Télécel parle d'une incidence technique.
«Cette installation faite en catimini et de manière proprement scandaleuse, sur le bâtiment même que nous occupons, d'un tel panneau par un de nos concurrents, présente pour notre société une menace commerciale hors de proportion avec les règles d'une saine concurrence et nous fait courir un risque technique très élevé que nous n'entendons pas laisser en l'état, sans réagir. Quitte à porter l'affaire devant les tribunaux si nécessaire », a-t-il dit.
Pour Olivier Poulhiac, ce panneau pourrait installer la confusion dans l'esprit de la clientèle de sa société, et du public en général. Tout comme il peut, ajoute-t-il, faire croire aux uns et autres que Telecel ne se trouve plus dans l'immeuble. Ce qui, relève-t-il, détournera les clients de l'agence, croyant que la société n'y est plus ou qu'elle a carrément été absorbée par Libertis.
«Durant le mois de septembre, nous avions remarqué des travaux d'installation d'un panneau publicitaire géant par la société Atlas Con. Ayant pris contact avec elle, cette société nous avait a expliqué M. Poulhiac.
Et de poursuivre : « Nous lui avons signifié par écrit de se rapprocher de nôs services techniques afin de valider la procédure d'installation d'un panneau publicitaire pour ne pas risquer la coupure de notre faisceau hertzien, positionné à l'emplacement projeté. Jusqu'à présent nous n'avons reçu aucune suite d'Atlas Coin. Pourtant, Artel a accusé réception de notre courrier, nous demandant de la tenir informée des suites réservées à cette affaire. (...) Cette installation a été faite furtivement, comme par hasard un dimanche, sans que Atlas com n'ait pris contact avec nos services techniques. »
Au demeurant, les responsables de Telecel ont interprété ce geste comme une provocation.
PROBLÈME TECHNIQUE • Mais les responsables de Libertis se veulent sereins, en expliquant : « Il y a d'autres opérateurs économiques à l'immeuble Rénovation. Telecel est colocataire. Il n'en est pas propriétaire. De ce fait, un autre opérateur peut venir y occuper un espace pour implanter son panneau publicitaire. Nous sommes dans la libre concurrence et nous procédons actuellement à l'implantation des panneaux publicitaires à travers la ville. Nous l'avons fait à "l'immeuble Beyrouth" au PK6, à l'immeuble Dowé à Sainte Marie et à l'immeuble de la CNSS», a relevé le directeur général adjoint de Libertis, Giilbert Nkima.
En fait, Telecel pose un problème technique. Toute chose qui n'a pas amené les responsables d'Artel à trancher le contentieux. «Telecel pose un problème technique. Nous n'intervenons que pour des problèmes de régulation et de concurrence. Ce que Telecel doit faire c'est de faire venir des experts comme ceux du bureau Véritas pour vérifier si ce panneau ne présente pas un danger pour son faisceau hertzien. S'il y a risque effectivement, il doit porter l'affaire devant les tribunaux gui trancheront », a observé le directeur général d'Artel, Camille Mombo.
Même son de cloche du côté de la mairie de Libreville, chargé de la gestion de l'espace publicitaire dans la commune. «Telecel doit s'adresser à Atlas Coin et au propriétaire de l'immeuble. C'est ce dernier qui a donné l'aval pour que la société de publicité installe le panneau »; a relevé la responsable de communication à l'Hôtel de Ville, Lucienne Ipoua.
En somme, les responsables d'Atlas. Coin et le propriétaire de l'immeuble sont les interlocuteurs indiqués de Telecel. Au-delà des risques sur son faisceau hertzien, l'opérateur pose aussi le problème de sécurité, tant il est vrai que le panneau de plus de 800 m2, retenu par des supports métalliques peut, à terme, céder sous l'action corrosive des vents marins et tomber sur le parking très fréquenté.
Selon certaines indiscrétions, ce panneau de la discorde rapporterait mensuellement au propriétaire de l'immeuble la coquette somme de 30 millions de F CFA. Sa réalisation aurait coûté près de 100 millions de F CFA.