Arrivé à la tête du Ministère des Affaires sociales après l’échec du projet « Turn Over » qu’il a initié en 1999 lors de son passage au ministère de l’Education nationale comme ministre , André Mba Obame n’a pas encore fait le deuil du cuisant échec des Rénovateurs, une autre de ses conspirations, aux législatives de 2001. Depuis lors, il est convaincu que ces échecs sont le fait de quelques hiérarques du Haut-Ogooué envers lesquels il entretient une guerre larvée. Sa stratégie : « infiltrer leur milieu pour y installer un climat délétère propre à entretenir la suspicion et la division ». Comme au ministère de l’Education nationale, voici à nouveau à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) notre mercenaire politique à l’assaut des syndicats pour asseoir sa prédilection : « conspirer ».
Alors que les différents audits ont amené à conclure d’une séparation de la CNSS avec les hôpitaux en les cédant afin de la recentrer sur sa vocation première, puis la restructurer, notre pseudo-gestionnaire saute sur l’opportunité d’avoir enfin un succès à son actif. Malheureusement, comme dans tout ce qu’il entreprend, il confond une fois de plus vitesse et précipitation. Une convention est vite élaborée avec VAMAD, un groupe autrichien qui a montré ses limites dans la gestion de l’hôpital Schweitzer, l’hôpital de Koula-Moutou et AMISSA de Franceville. Un véritable marché de dupes où l’acquéreur ne disposant d’aucun financement attend une subvention de la CNSS estimée à plus de deux (2) milliards l’an pour envisager la mise en exploitation des Hôpitaux. Comme si la situation de la CNSS dont le déficit cumulé des quatre dernières années avoisinant les 50 milliards de F CFA ne suffisait pas, voici que notre cher ministre enjoint le directeur général de la CNSS à verser les subventions à VAMED, alors que les retraités attendent toujours leur pension. Que dire des salaires versés aux hôpitaux et à la Fondation, ce nouveau gouffre financier qui jusqu’alors ne produit rien?
Comment peut-on envisager une véritable restructuration de la CNSS si l’on ne règle pas les préalables que sont le statut du personnel et le patrimoine affecté à la Fondation, sachant que les biens de la CNSS, propriété des cotisants, sont inaliénables et non cessibles sauf disposition prise à l’Assemblée nationale?
Au lieu de rechercher les réponses à ces questions d’intérêt majeur, Mba Obame crée la diversion par les syndicats, sa prévisionnelle source de légitimité. Il est de morale courante que face aux échecs successifs, l’humilité dicte la voie à suivre. Alors, si l’exemple de la scission de Gabon-Poste et Gabon-Telecom ne peut pas inspirer la CNSS, pourquoi ne pas revenir à la case départ en attendant un scénario plus adapté et étudié avec les spécialistes au lieu de s’improviser en apprenti sorcier ? Somme toute, on ne pourrait pas s’empêcher de penser que ce qui fait tant courir Mba Obame n’est pas servir, mais plutôt la quête de légitimité et les moyens de la financer au risque de perdre sa place au gouvernement où, seuls les élus ont droit de cité.