LES signaux positifs qu'on avait cru percevoir du côte de la Fégafoot au bout de cent jours de mandat vont-ils virer au rouge? En l'espace d'une semaine, alors que l'organisation du championnat apparaît aujourd'hui cafouilleuse-sans qu'on puisse l'en tenir pour unique responsable -, l'instance fédérale vient de laisser éclater au grand jour des dissensions en son sein. Lesquelles, à leur tour, viennent d'aboutir à deux démissions.
Parce que celles-ci concernent des personnalités centrales dans l'organigramme de la fédération, (Nicole Assélé qui occupait le poste de 2e vice-présidente en charge des équipes nationales et du développement du football féminin et Alexandre-DesiréTapoyo jusque-là secrétaire général?, sont spectaculaires, elles sont de nature à plonger ladite fédération dans la tourmente.
Non pas qu'elle ne soit pas en mesure de continuer de fonctionner. Le nombre de défections étant inférieure à cinq, le résident Léon Ababé peut procéder â une redistribution des postes au sein de son équipe ainsi qu'il l'avait envisagé au lendemain du retrait de ses attributions au secrétaire général partant. Le problème, c'est qu'elles pourraient laisser des traces plus ou moins profondes.
D'abord, parce que les démissions en question sont argumentées, pour autant qu'il ne vienne à l'idée de personne de soupçonner leurs auteurs de mauvaise foi. Dites à un président qu'il est incapable de respecter "le minimum de ses engagements" cinq mois après son élection, il en restera toujours quelque chose pour que ce dernier s'efforce d'en administrer la preuve contraire. Dites-lui encore qu'il refuse, par sa manière d'agir, de se référer au projet qu'il a soumis à la famille du football pour son élection, le public se posera des questions, malgré des gages de bonne volonté affichée par l'accusé.
Ensuite, il ne faut pas oublier le contexte de l'élection de l'actuelle équipe. En septembre dernier, le seul départ du bureau présidé alors par Placide Engandzas pouvait tenir lieu de thème de campagne. En fédérant tous les mécontentements, on se ménageait de bonnes chances d'être élu, plus encore si on jouissait d'une certaine crédibilité et si on était porteur d'une réelle ambition, comme cela paraissait nettement le cas chez Léon Ababé.
Ce faisant aussi, on montait un attelage hétéroclite qui menaçait de se désagréger au premier désaccord. D'autant que le fonctionnement des instances du football chez nous est tel qu'ils sont nombreux les acteurs qui représentent plus ou moins directement les intérêts d'un dirigeant ou d'un clan.
Reste donc à savoir si la cohésion de l'équipe résistera à ces deux départs. C'est un test majeur pour la Fégafoot, que les récents résultats de notre football comme le cafouillage actuel autour de la poursuite du Nation Foot et sa propre vulnérabilité devant le pouvoir des clubs n'aideront pas forcément à remporter.
Sur ce dernier point, on a vu l'instance fédérale louvoyer tout au long de la semaine, laissant finalement aux clubs le choix de disputer ou non la 5e journée du championnat. Quelle réponse donner à celui-ci qui s'est présenté sur l'aire de jeu ? Et que dire à celui-là qui s'est inscrit aux abonnes absents ?
De petites et grandes épreuves dont se serait bien lassée la fédération à l'heure où il est question de se mobiliser entièrement pour une échéance cruciale: le match du 26 mars contre le Nigeria. Que les "Panthères" s'inclinent face à un adversaire contre lequel elles ne pouvaient pas grand-chose parce qu'intrinsèquement plus fort et évoluant à domicile, on peut comprendre. Mais qu'elles baissent pavillon parce que les autorités du football ne seraient abîmées dans ces crises qui relèvent des maladies infantiles voilà qui passerait mal.
Les tests sont décidément nombreux pour la Fégafoot.