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Exclusion de l’Afrique du développement : l’horrible complicité des dirigeants noirs

Auteur/Source: · Date: 10 Juil 2008
Catégorie(s): Afrique

En acceptant à chaque fois de se rendre au sommet du G8 alors même qu’à chaque fois on ne leur fait que des promesses sans lendemain, les chefs d’Etat africains ridiculisent le continent et montrent à quel point ils sont des pantins aux yeux des pays industrialisés.

Le sommet des pays du G8 va s’achever au Japon dans quelques heures. Et les chefs d’Etat africains reviendront encore une fois expliquer à leurs peuples les promesses des pays riches pour accompagner la lutte contre la pauvreté, le paludisme et le Sida en Afrique. Pourtant rien de ces maux ne changera pour les 500 millions d’Africains dans les dix prochaines années. A quoi jouent donc les pays africains qui prennent part à cette rencontre qui a tout l’air d’un mauvais théâtre pour les populations du continent noir ?

Que retenir concrètement du sommet des pays du G8 au Japon cette année, sinon que, pour une fois encore, les pays les plus industrialisés du monde continuent de se moquer de leurs homologues en voie de développement ? Des déclarations, des promesses, des engagements sur papier, les patrons des pays les plus riches du monde en ont encore fait cette année aux pays africains, alors même que les anciennes promesses qu’ils avaient prises n’ont pas été respectées à ce jour.

Ou les dirigeants de nos pays sont décidément des pitres que leurs homologues du Nord mènent par le bout du nez, ou c’est incontestablement les populations africaines que les dirigeants du continent prennent pour des lanternes. Car, il y a trois ans, alors qu’ils s’étaient réunis à Gleaneagles en Ecosse, les pays du G8 avaient pris une position commune pour l’émergence de l’Afrique, qualifiée en son temps « d’historique ». A Gleaneagles, les pays du G8 avaient dit qu’ils s’engageaient à aider l’Afrique à se bâtir un avenir prospère et à améliorer la gouvernance, la stabilité et la paix pour que le secteur privé se développe et crée des emplois.

Les pays du G8 avaient promis d’aider l’Afrique à mettre fin à la dépendance à l’égard de l’aide, à aider la Mission des Nations Unies au sud-Soudan, à appuyer les stratégies africaines visant à améliorer la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire. « Grâce à notre accord d’aujourd’hui et aux engagements antérieurs du G8, nous continuerons d’appuyer les efforts déployés par les pays africains pour bâtir une paix et une prospérité durables.

Nous demandons également à d’autres dirigeants du monde de se joindre à nous pour assurer le succès de la réunion ministérielle de l’Omc qui se tiendra à Hong Kong en décembre, afin de permettre la conclusion en 2006 du programme de développement de Doha avec un accord sur un ensemble de mesures commerciales susceptibles de sortir des millions de personnes de la pauvreté. Il est dans notre intérêt à tous de réussir ». Ainsi s’était exprimé l’ensemble des pays développés il y a trois ans.

Aujourd’hui, l’argent manque pour les opérations de maintien de paix en Afrique et rien que les mesures commerciales annoncées à Gleaneagles n’ont vu le jour, l’Afrique continuant à enterrer ses morts de Sida et de paludisme. Il faut moins de 500milliards de dollars pour aider l’Afrique à lutter contre la famine et la malnutrition. Les pays développés peinent à aider l’Afrique à réunir ces fonds. Mais plus de 1000 milliards sont aujourd’hui dépensés par le G8 pour régler la crise financière et économique qui secoue les marchés financiers. Il y a là une attitude pour le moins arrogante de la part des pays développés à l’égard de l’Afrique. Et s’il en est ainsi, c’est aussi la faute des dirigeants noirs.

Le malheur de l’Afrique : ses dirigeants

On pourrait accuser les dirigeants des pays riches de se moquer de l’Afrique, mais on ne saurait leur en vouloir. Si le G8 en plus de la la Russie prend des engagements qu’ils ne respectent « jamais » vis-à-vis de l’Afrique, il faut leur donner raison : rien en effet de la part des pays sous développés africains ne leur permet de tenir leurs promesses. En 2005, il se disait que l’Afrique avait a une chance historique à saisir.

« Des progrès importants ont été accomplis. Au cours des cinq dernières années, plus des deux tiers des pays africains sub-sahariens ont organisé des élections démocratiques. L’inflation a été divisée par cinq en l’espace de dix ans. Dans seize pays africains, la croissance a atteint en moyenne 4% au cours des dix dernières années, soit un taux plus élevé que dans les principaux pays développés. Vingt-quatre pays africains ont souhaité que leurs progrès soient examinés par leurs pairs.

L’Union africaine et son programme, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, ont placé au cœur de leur action la promotion d’une bonne gestion des affaires publiques, la paix, la sécurité et le développement économique… La poursuite des progrès en Afrique dépend avant tout de ses dirigeants et de ses populations. Nous nous félicitons de l’engagement qu’ils ont pris d’assumer la responsabilité du développement de leur continent, de promouvoir la bonne gestion des affaires publiques et de lutter contre la corruption dans leurs pays.

Nous voulons les aider à faire en sorte que la réforme en Afrique monte en puissance : aujourd’hui, nous renouvelons l’engagement que nous avons pris d’aider les pays et les populations qui mènent ces actions. » Ainsi s’exprimait la communauté des pays riches en 2005. Leur engagement était conditionné. Comment ne pas leur donner raison de ne pas tenir leur promesse quand seulement trois années ont suffit aux dirigeants africains pour démentir le portrait que le G8 avait de l’Afrique ? Aujourd’hui l’Afrique est en proie à ses maux de toujours et à ses cauchemars de 60 ans. Et les dirigeants des pays qui ont accepté de représenter l’Afrique au Japon ont tort de s’y être rendu.

Ils n’ont pas pu harmoniser leur point de vue sur la question du Zimbabwé, ils n’ont aucun plan commun à défendre devant leurs homologues du Nord. Et ils n’ont pas de poids pour contraindre le G8 à respecter ses engagements. Ils n’auraient donc pas dû se rendre au Japon. Ce faisant, ils ont simplement démontré que le continent noir est sans boussole. Ils ternissent le respect qu’on nous doit. Il y a des invitations qu’on n’accepte pas.

source: le matinal
 


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