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Quand George W. Bush “aide” Barack Obama

La crise financière, en recentrant la campagne sur l’économie, a profité au candidat démocrate. Moins, comme on pourrait le croire, par le seul avantage dont il dispose dans ce domaine que par une gestion tactique impeccable et un positionnement politique qui, dans cette séquence, était pour lui plus confortable face à l’opinion que pour son adversaire. Car pendant cette crise, les repères des électeurs se sont brouillés, les habitudes partisanes ont été perturbées et les idéologies bousculées.
En pleine tourmente financière, la capacité d’Obama à gérer la crise au prétexte de sa compétence en économie n’est pas un argument suffisant pour convaincre les Américains de son éventuelle aptitude à affronter une telle tourmente. La dernière enquête CNN/Opinion Research Corp montre qu’il apparaît plus compétent que son concurrent en économie (52 % contre 44 %). Mais, dans le même temps, les Américains ne départagent pas clairement les candidats sur leur capacité à faire face à la crise : 43 % des électeurs pensent que Barack Obama est le meilleur pour gérer la crise qui secoue Wall Street, 42 % choisissent John McCain selon une étude Gallup corroborée par CNN.

La force d’Obama est de tenir devant les Américains le bon discours sur l’état de l’économie et sur les mesures prises par l’administration. De son côté, John McCain, en délicatesse avec des électeurs fermement attachés à la libre entreprise et contre les taxes, doit se débattre pour rassembler ses troupes. L’un parle aux pays, l’autre doit maintenir la cohésion de son électorat.

La part des Américains considérant que l’économie est en récession ou en dépression est passée de 45 % en janvier 2008 à 61 % en septembre selon une récente enquête Gallup. 73 % des supporteurs d’Obama sont pessimistes sur l’état de l’économie américaine, opinion partagée par 66 % des indépendants. Les électeurs de McCain sont encore 53 % à se dire optimistes. On comprend pourquoi ce qui fut interprété comme une gaffe du candidat républicain –” les fondamentaux de l’économie américaine sont sains ” – était un positionnement tactique destiné à coller aux perceptions de l’électorat républicain. Et pourquoi la dramatisation de la situation était favorable à Obama, car elle lui permettait d’être en phase non seulement avec son propre camp, mais aussi avec les indépendants.

Obama a parfaitement joué une autre séquence dans la crise boursière en se positionnant en faveur de la politique du gouvernement. Au lendemain du sauvetage d’AIG par l’administration fédérale, les Américains sont divisés : 40 % approuvent la décision de l’administration de renflouer AIG, 42 % la désapprouvent, (sondage Gallup). Paradoxalement les démocrates soutiennent le plan de l’administration républicaine (44 % pour, 36 % contre) ; les soutiens de John McCain hésitent face à l’administration Bush (44 % pour, mais 42 % contre). Obama n’a pas manqué d’affirmer haut et fort son soutien à cette décision, sachant qu’il ne risquait pas d’être identifié à un président honni par son électorat, mais aussi qu’elle servait son discours en faveur d’une plus grande régulation du système financier. John McCain, par fidélité à sa ligne stratégique consistant à se désolidariser de George W. Bush n’a pu soutenir aussi ouvertement “son” président. Il a dû encore une fois donner des gages au camp républicain, viscéralement attaché au non-interventionnisme de l’Etat et à la limitation des impôts. Sur ce point, il est resté en phase avec les indépendants, qui à 50 % sont contre l’intervention de l’Etat dans le sauvetage AIG.

In fine, Barack Obama a bien géré sa prise de parole pendant la séquence dominée par la crise financière. John McCain a paru plus inerte. En apparence par manque d’intérêt pour l’économie comme il l’a avoué. Par des “gaffes” comme on le lui a reproché. Par nécessité tactique surtout, pour rester proche de son électorat. Il a semblé suivre la devise d’Eric McCormack “tout ce qu’on ne dit pas est capital. Ce que l’on dit n’est que camouflage”.

Le temps médiatique aux Etats-Unis est vif, rapide, changeant. La deuxième semaine de septembre, dominée par la nomination de Sarah Palin, avait permis à John McCain de mener pendant dix jours consécutifs dans les intentions de vote quotidiennes publiées par Gallup avec un avantage de 3,5 points en moyenne. La folle semaine de Wall Street a permis à Barack Obama de reprendre le dessus. Il a mené de trois points en moyenne. Mais l’écart tend déjà à se resserrer. Rien ne dit que l’avantage pris soit avantage décisif.

Dans les semaines qui viennent, Barack Obama va tenter d’orienter l’agenda (“agenda setting”) vers l’économie, terrain favorable. McCain essaiera de s’en éloigner. Pour garder l’avantage, il devra alors faire sienne la réplique de Prospero, échoué après la tempête dans la pièce éponyme de Shakespeare : “Par un accident bien étrange, une fortune généreuse a mené mon adversaire jusqu’à ce rivage… Mon zénith rencontre en ce moment une étoile très favorable, mais si je néglige cette influence au lieu de la solliciter, ma fortune s’effondre pour toujours.”  


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