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France – Gabon: Bongo, un héritage en justice

Auteur/Source: · Date: 8 Mai 2009
Catégorie(s): Françafrique,Politique

La doyenne des juges d’instruction de Paris accepte que la France enquête sur le patrimoine immobilier des présidents Africains. Pas le parquet, qui a fait appel de la décision…

« Le caillou de la relation franco-gabonaise », selon le bon mot d’un haut diplomate de l’Elysée, a ressurgi. A un moment qui ne saurait jamais être bon. En déclarant recevable la plainte contre les bien mal acquis des Présidents africains à Paris [1], la doyenne des juges d’instruction, Françoise Desset, n’a pas fait que réjouir les associations Sherpa et Transparency International qui l’ont porté. Elle a d’abord obligé le parquet, dans la droite ligne d’un président Sarkozy toujours fan du Gabon, à se réveiller. « Ils ont transmis l’information à la presse avant même que les avocats plaignants soient informés », note une concierge du palais de justice de Paris. Pire, elle les a obligés à suivre le doyen. Et comme annoncé, le parquet, deux jours après la déclaration de recevabilité, a fait appel de la décision, le 7 mai au soir. A la plus grande satisfaction de Me Patrick Maisoneuve, avocat de son excellence El Hadj Omar Bongon Ondimba, premier visé par le dossier de détournement et recel de biens publics…« Cet appel remet bien évidemment les fondements de la plainte en cause », écrit le conseil présidentiel. Avant de prévenir « qu’en cas de rejet de la cour d’appel, reste encore possible le pourvoi en cassation ».

Bref, un peu de temps pour le vieil Omar de reprendre des forces. Encore en veuvage, le doyen des chefs d’Etat s’en est allé se reposer du côté de l’Espagne, à défaut de pouvoir de reposer en ses châteaux français. Accompagné de sa fille préférée, Pascaline, éternelle directrice de cabinet, le mollah Omar a laissé à d’autres le soin de répéter à l’envi un discours fort bien rôdé. Autour de « l’acharnement judiciaire contre un chef d’Etat adoré des populations et qui en quarante ans de pouvoir a bien pu s’acheter quelques appartements et puis franchement pourquoi embêter le Gabon quand les Emirats achètent tous les Champs Elysées ». Bel et bon discours, débités à l’envi par les ministres au sortir du conseil du Palais du Bord de mer….

D’autant que sur les trames des plaintes judiciaires, se joue une pièce bien plus importante « qu’une agitation qui ne touche que les médias », juge un ministre gabonais. Depuis les premiers dépôts de plainte, virevoltent à Paris une escouade d’intermédiaires en tous genres, qui vendent au président le pouvoir d’annihiler les malotrus qui osent mettre sur la place son patrimoine. Et le gros lot vaut bien toutes les espiègleries. Obsédé par ce déballage médiatico-judiciaires, Bongo, fort généréux dans l’âme, se montre prêt à toutes les faveurs.

Mieux, en filigrane de ce ballet d’intermédiaire, se noue aussi la succession de Petit Papa Bongo. Une saga aussi truculente que celle des Borgia entre son gendre Paul Toungui, ministre des Affaires Etrangères, son épouse et néanmoins fille du président Pascaline, et son ministre de la Défense de fils Ali.

Chacun avance ses pions, et guigne le pompom. Largement en tête, adoubé par l’Elysée, Ali, grand favori, se voit désormais talonner par Pascaline, « véritable régente du pays » et qui a accompagné son père du côté de l’Espagne. Et a glissé à l’entourage une consigne qui vaut surtout à être dévoilée ; « interdiction à Ali et Mba Obame (ndr, ministre de l’Intérieur et âme damnée d’Ali) de rencontrer le Vieux en audience ». Bref accès coupé.

Le caillou dans la relation franco-gabonaise n’a pas fini de faire des ampoules… 


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