Socialisez

FacebookTwitterRSS

REPRESSION POLITIQUE: dur, dur d’être opposant en Afrique

Auteur/Source: · Date: 14 Sep 2009
Catégorie(s): Afrique

Pierre Mamboudou au Gabon, Hama Amadou au Niger, Cellou Dalein Diallo, l’actuel opposant guinéen, candidat à la présidentielle. Ces opposants sont en train de rentrer dans l’histoire de la répression politique sur le continent.

Et ils doivent cette distinction si c’en est vraiment une, aux puissants du moment dans leur pays respectif. Pour des questions de survie et de calculs politiciens, les tenants du pouvoir ont décidé de leur faire payer leur entêtement à résister au rouleau compresseur du pouvoir qui ne tolère ni contradiction ni contestation.

Les méthodes varient d’un pays à l’autre avec les mêmes objectifs : réduire au silence la protestation.

Au Gabon, Ali Bongo, l’héritier du trône de son père, élu à peine avec 200 mille voix a été déjà proclamé vainqueur par la cour constitutionnelle, 24 heures seulement après la publication des résultats de la Commission électorale, sans aucune considération des éventuels recours des autres candidats à la présidentielle. Un passage en force qui en dit long sur les intentions du candidat du PDG (Parti démocratique gabonais). Le scrutin, dans l’entendement de l’establishment politique, ne pouvait que déboucher sur la victoire de Bongo fils. L’opposition n’avait aucune chance même si elle y a cru vraiment un moment. La question était de savoir si avec toutes ses présomptions de fraudes et d’irrégularités constatées dans le déroulement du scrutin, Pierre Mamboudou, Mba Obame et autres, avaleraient cette couleuvre sans broncher ? Pour des gens qui aspirent au pouvoir d’Etat et pour qui l’occasion était belle, le recours à la rue se présentait comme l’ultime moyen de protestation, avec évidemment tous les risques de débordement que l’on a vécus. L’Etat qui a le monopole de la force publique et de la violence aussi, n’attendait qu’une telle aubaine pour neutraliser ses adversaires. Interdits de quitter le territoire gabonais jusqu’à la fin de l’enquête sur les troubles de Port-gentil, les opposants savent déjà à quelle sauce ils seront mangés, s’ils ne rentrent pas dans les rangs très rapidement.

Le même scénario se dessine au Niger où Tandja, après avoir organisé et gagné son référendum, met en place progressivement les institutions de sa 6e République en bâillonnant tous ceux qui s’y opposent. Les députés de la précédente législature, sont également tous interdits de sortie du territoire. Une trentaine d’entre eux avaient été arrêtés la semaine dernière puis mis en liberté provisoire. Cependant, ils sont sous le coup d’une procédure judiciaire pour détournement de deniers publics. Voilà comment sous nos tropiques, on règle ses comptes politiques avec ses opposants. Au Niger en l’occurrence, après la dissolution de l’Assemblée nationale, le président organise désormais l’acharnement judiciaire contre les anciens députés en attendant le scrutin du 20 octobre prochain qui va consacrer l’installation de parlementaires acquis à sa cause, l’opposition ayant décidé de le boycotter. Face à autant d’adversité, de violence verbale et physique, de machination politique et judiciaire, tout laisse croire qu’il faut être un peu fou pour jouer à l’opposant sous nos tropiques. Il y a tout à y perdre, même sa vie dans certains cas. De plus en plus, l’espoir d’accéder au pouvoir d’Etat par le biais du jeu démocratique qui offre une perspective d’alternance, s’amenuise. Et ce, depuis que les conseillers occultes de nos têtes couronnées ont trouvé l’astuce de modifier impunément les constitutions pour assurer de longs règnes à des présidents “démocratiquement élus”. Les passages en force sont désormais suivis de la matraque avec pour effet d’imposer le point de vue de celui qui exerce la violence, sinon de dissuader l’expression d’autres points de vue.

Les élections ne sont plus ce rituel sacré où dans le secret de l’urne, l’électeur, en son âme et conscience, décide d’accorder un nouveau mandant ou de sanctionner un candidat. Les élections sont dévoyées et servent de plus en plus à justifier des coups d’Etats déguisés. Les dés sont pipés depuis le départ du processus parce que le consensus nécessaire pour établir la confiance entre les acteurs politiques fait défaut.

Que doivent faire les oppositions africaines face à ces cas délictueux ? A tort ou à raison, c’est le comportement peu démocratique et transparent des régimes en place qui poussent à la radicalisation des revendications et à la violence. Le plus fort écrase alors le plus faible et il naît ainsi une chaîne de rancoeurs et de sentiment de vengeance qui peut faire basculer un pays dans le chaos.

Face à des chefs d’Etats prétendument “démocrates”, faut-il une opposition conciliante ou radicale ? La réponse est dans la conscience de chacun, dans le sens de la patrie et dans les ambitions cachées de chaque prétendant au fauteuil présidentiel. Ces derniers temps, les événements de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, de Madagascar, sont venus confirmer que l’essentiel est de “prendre” le pouvoir d’abord et de le “démocratiser” après, à son rythme et à sa façon. L’Occident, apôtre de la démocratie des intérêts, fera le reste.


SUR LE MÊME SUJET
Gabon: l’évêque Mike Jocktane, opposant politique, dénonce le harcèlement dont il fait l’objet
L’évêque, Mike Jocktane qui est également un activiste politique de l’opposition, est sorti de sa réserve. Il a animé mardi 7 février 2012, une conférence de presse pour dénoncer le harcèlement policier et judiciaire dont il serait l’objet. « J’ai donné instruction à mes avocats de déposer une plainte contre la police judiciaire ». C’est le premier message livré à la presse par l’évêque Mike Jocktane. L’homme de Dieu devenu très actif dans la politique, affirme avoir été victime d’une tentative d’enlèvement par des personnes se présentant comme des agents de la police judiciaire. Les présumés policiers souhaitaient l’entendre dans une ...
Lire l'article
Quelle politique pour la France en Afrique en 2012 ?
Par Luc Machet Alors que les élections présidentielles au Sénégal et la candidature d'Abdoulaye Wade à un troisième mandat révèlent l'importance prise par la société civile dans ce pays, la France tente d'adopter une posture neutre en se gardant de tout arbitrage, malgré des années de complaisance coupable envers le président sortant. De fait, la politique de la France en Afrique sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy s'est caractérisée par son absence de doctrine et de ligne directrice, laissant la France marginalisée, actrice de second plan derrière notamment les pays émergents. Cette note propose des pistes pour refonder la politique africaine ...
Lire l'article
Des Gabonais, expatriés à Paris et interrogés jeudi par GABONEWS, ont condamné avec véhémence les propos « nauséabonds » du pasteur opposant gabonais, Mike Jocktane qui reconnaît la pratique des mallettes dans la "françafrique", selon ses propos dans un livre paru ce jeudi dans la capitale française. « La diffamation, la médisance et la calomnie obéissent toutes trois à la loi de la pesanteur, elles descendent mais elles ne montent pas. A mon avis, ce sont des propos nauséabonds et c'est stupide de voir ce serviteur de Dieu qui a été entretenu par le même régime craché dans la ...
Lire l'article
La Loi sur les caractère des données biométriques devrait être désormais appelée : « La Loi Pierre Mamboundou », a annoncé lors de la lecture de l’oraison funèbre Maître Louis Gaston Mayila, compagnon politique de l’illustre disparu. Selon lui, le défunt Pierre Mamboudou aura été l’initiateur de ce combat qui participe à l’amélioration du système électoral au Gabon. Pour Louis Gaston Mayila, parler de biométrie rappelle forcement le défunt qui s’était engagé dans ses derniers jours à accroitre la campagne de l’introduction de la biométrie au côté de la société civile et des partis politiques de l’opposition tous regroupés ...
Lire l'article
S’il enrage sans doute en privé, le président gabonais Ali Bongo Ondimba oppose en public une attitude calme et ferme à l’autoproclamation de André Mba Obama comme président de la République du Gabon. Sa stratégie : minimiser les actes de l’ancien ministre de l’Intérieur, qui souhaite profiter d'une baisse de popularité de l’homme fort de Libreville. « Je préfère être un "amateur" de la politique qu'un professionnel du ridicule ». La sentence qu’a énoncée jeudi Ali Bongo Ondimba (ABO) lors d'une conférence de presse à Tchibanga (sud-ouest), où il avait présidé un Conseil des ministres décentralisé, exprime avec une certaine retenue ...
Lire l'article
Un vaccin efficace pour la première fois contre le paludisme pourrait être disponible en Afrique à partir de 2015, a annoncé un de ses inventeurs, Joe Cohen, lors d'une conférence à Washington La phase 3 des essais cliniques du vaccin RTS,S contre le Plasmodium falciparum, le plus meurtrier des parasites à l'origine du paludisme, est en cours dans sept pays d'Afrique et se passe "très bien", a indiqué mardi Joe Cohen, chercheur des laboratoires britanniques GlaxoSmithKline (GSK), qui se consacre depuis vingt ans à l'élaboration d'un vaccin et qui participe à Washington à une conférence sur le sujet. "Nous pensons que nous ...
Lire l'article
Par Frédéric Couteau Après Dadis, c’est le général Konaté qui est arrivé hier soir à Ouagadougou. L’actuel numéro un guinéen et le président Compaoré, facilitateur de la crise guinéenne, ont ou vont sans doute tenter d’expliquer à l’ex-chef de la junte que la partie, pour lui, est terminée. D’ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas. Comme le souligne le site d’information Guinée Conakry Infos, « le président par intérim, le général Konaté, est arrivé hier soir dans la capitale du Burkina Faso, à bord de l'avion présidentiel ivoirien où il a été accueilli par les ministres burkinabé des ...
Lire l'article
Parmi les ''enfants biologiques'' que compte le président Omar Bongo Ondimba, Ali est sans doute, l'un des plus influents. Physique de rappeur, Ali Bongo Ondimba est ministre gabonais de la Défense depuis 1999, et sa nationalité n'est pas sa préoccupation. Représentant personnel du chef de l'État, puis ministre des Affaires étrangères (1989-1991), Ali Bongo Ondimba s'est constitué un réseau relationnel très solide aussi bien à l'étranger qu'au Gabon, même dans les casernes où soldats, officiers et généraux lui font confiance. Au sein de la galaxie du pouvoir, il est soupçonné par ''ses ennemis'' de se positionner dans la course à la succession ...
Lire l'article
France – Afrique: Wade: « La fermeture des bases françaises peut être un facteur de déstabilisation »
Le retrait des troupes françaises des pays africains non compris le Sénégal peut être ’’un facteur de déstabilisation’’, a déclaré jeudi le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, qui s’est dit cependant favorable à la révision des accords de défense entre la France et des pays du continent. Le retrait de la France ’’de tous les pays d’Afrique, je ne parle pas du Sénégal, je pense que c’est un facteur de déstabilisation’’, a notamment dit le chef de l’Etat dans un entretien à Radio France internationale (RFI). ’’Il y a des gouvernements en Afrique qui ont besoin d’avoir des accords visibles ...
Lire l'article
Chaque fois que les Africains tentent de démontrer aux yeux du monde leur volonté de ne pas sombrer dans le chaos des conflits et de la précarité socioéconomique, ce sont leurs dirigeants qui se donnent en spectacle. Et quel triste spectacle que ce qui s'est passé au Kenya et ce qui se passe au Tchad, au Zimbabwe, au Cameroun, au Burkina Faso... Au Tchad, Idriss Deby a profité des attaques rebelles du 3 février 2008 pour essayer d'anéantir son opposition en réduisant ses leaders au silence. Si l'on sait aujourd'hui où se trouvent Lol Mahamat Choua et Ngarlejy Yorongar, c'est l'incertitude ...
Lire l'article
Gabon: l’évêque Mike Jocktane, opposant politique, dénonce le harcèlement dont il fait l’objet
Quelle politique pour la France en Afrique en 2012 ?
Politique / La diaspora gabonaise condamne les propos «nauséabonds » du pasteur opposant Mike Jocktane
Politique / La loi sur la biométrie devrait être rebaptisée loi Pierre Mamboundou
Gabon : Ali Bongo préfère être “un amateur de la politique qu’un professionnel du ridicule”
Paludisme en Afrique: un vaccin pourrait être disponible à partir de 2015
Revue de presse Afrique: A la Une: L’avenir politique de Dadis Camara compromis
Politique : ”Etre Nigérian ? Cela ne me préoccupe pas, affirme Ali Bongo (Par Jean Rovys DABANY)
France – Afrique: Wade: « La fermeture des bases françaises peut être un facteur de déstabilisation »
Politique en Afrique: le miroir de la honte

Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 14 Sep 2009
Catégorie(s): Afrique
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*