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Sommet UA : L’urgence d’agir vite pour la paix dans les zones de conflits

Auteur/Source: · Date: 1 Fév 2010
Catégorie(s): Afrique

Lin-Joël NDEMBET envoyé spécial AGP à Addis-Abeba.

Le 14ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine prend fin mardi à Addis-Abeba, sur l’urgence pour le continent d’agir vite pour ramener la paix au Soudan, en Somalie, à Madagascar, et de soutenir les processus de transition dans d’autres pays, dont la Guinée rapporte l’envoyé spécial de l’AGP.

Au cours de ces assises qui ont été marquées, dès l’ouverture, par l’élection du président du Malawi à la présidence de l’Union africaine (UA), en remplacement du leader libyen Mouammar Kadhafi, qui n’avait pas fait mystère de son intention de briguer un nouveau mandat, les questions de sécurité et de paix ont dominé les discussions.

Les crises en Somalie, au Soudan et à Madagascar, ont principalement amené les dirigeants du continent à se mettre d’accord sur la nécessité d’œuvrer rapidement et avec détermination pour trouver des solutions aux situations complexes et difficiles enregistrées dans ces trois pays.

Le Sommet, s’achève ce mardi 2 février 2010, sur l’adoption par les chefs d’Etat et de gouvernement de positions visant le règlement des crises qui secouent le Soudan, la Somalie et Madagascar. Lors du huis clos présidé par le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, les questions relatives à la réforme du Conseil de sécurité ainsi que le problème de la Cour internationale de justice, ont dominé les travaux.

Pour le Soudan, où le conflit a entraîné une situation chaotique au Darfour avec les conséquences innombrables qu’elle occasionne dans les pays voisins, pour les populations déplacées, les criantes et inquiétudes d’une aggravation du conflit exigent des efforts soutenus. Car, nul ne sait encore qu’est-ce qu’elle adviendrait après le référendum qui doit intervenir dans trois mois dans cette région.

La crise soudanaise constitue depuis plusieurs années pour l’Afrique et pour la communauté internationale une sérieuse préoccupation. Un règlement permettant de mettre fin aux souffrances des populations, principales victimes, reste le principal souhait exprimé au cours de ce 14ème sommet. Lequel n’aura pas connu de polémique stérile, contrairement aux craintes exprimées la veille à l’ouverture, par la controverse liée au souhait du leader libyen de se maintenir à la présidence, en faisant fi du principe de rotation octroyant à la région d’Afrique la présidence tournante pour un mandat d’un an.

Les dirigeants africains, dont le président Ali Bongo Ondimba, qui a présidé hier après-midi le huis clos d’avant clôture des assises, ont, par ailleurs, plutôt exprimé la même préoccupation au sujet de la Somalie. La situation sur le terrain y était favorable. Car, après les derniers évènements survenus à Mogadicio, le dimanche 1er février, avec les affrontements entre les milices islamistes et les troupes de l’Union africaine, et ayant fait plusieurs morts, tous ont compris et partagé l’urgence d’œuvrer davantage. Il faut renforcer les troupes.

La question avait été déjà posée à l’ouverture par de nombreux participants, dont le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, ayant lancé un appel à cette occasion. Elle a été reprise lors des discussions, compte tenu des réticences observées pour l’envoi des forces en renfort au dispositif militaire actuel dans une région où, naguère, les forces américaines avaient essuyé un cinglant revers échoué. L’Amérique s’étant embourbée dans un conflit sans qu’elle ne parvienne au résultat escompté.

Jusqu’à ce jour, peu de pays ont envoyé des troupes sur ce terrain. Or, si tout le monde converge pour affirmer l’urgence de parvenir à un règlement de la situation, sinon, à sortir ce pays de cette crise, il y a toujours peu d’initiatives allant dans le sens du renforcement des effectifs du contingent panafricain.

Nul doute que cette question a été évoquée par le président Somalien Cheik Charrif Cheik Ahmed reçu par le président Ali Bongo Ondimba, en marge du Sommet. La situation étant précaire, d’aucuns, estimaient encore hier à Addis-Abeba, que les Africains devraient aller au-delà des simples déclarations de principe et intentions affichées. Cet engagement est également souhaité dans la résolution de la crise politique à Madagascar. La situation est, on ne peut plus compliquée dans la Grande Ile.

Deux thèses s’affrontent au moment où la communauté internationale d’une part, et les Africains d’autre part, tentent de trouver une issue à ce conflit politique. D’un côté, la Sadc qui milite pour le retour à la légalité constitutionnelle, pour ne pas dire, le retour à la tête du pays, de Marc Ravalomana. De l’autre côté, l’Union africaine, dont la position est jugée ambiguë par d’aucuns, soutient les efforts déployés pour amener les protagonistes André Rajoelina et Marc Ravalomana au respect de l’accord de paix signé le 5 août 2009. Et aussi pour l’organisation d’une élection présidentielle transparente et crédible en vue de résoudre la crise.

Au-delà de la volonté exprimée par l’ensemble des dirigeants de parvenir au règlement de ce conflit, il est évident, dans le contexte actuel, que cette double position suscite tout naturellement des zones d’ombre. La situation semble bloquée. On n’est pas certain de voir les pays de la Sadc soutenir celle de l’Union africaine, que l’on dit, à tort ou raison, dans la région australe, trop favorable à Rajoalina.

Il n’empêche que pendant ce 14ème Sommet, le premier auquel participe le président Ali Bongo Ondimba, le Gabon a été honoré en présidant la réunion à huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement. La réforme de l’Organisation des Nations Unies, et, la Cour internationale de justice (CPI) étaient au menu. Concernant le premier point, il faut rappeler, que depuis plusieurs années, la perspective de l’évolution du système des Nations Unies, principalement son organe central qu’est le Conseil de sécurité, a débouché, côté africains, sur le consensus de Ezulwini au Swaziland. En effet, les pays africains avaient adopté le principe de deux sièges permanents au sein de cet organe.

L’Amérique du Sud avait positionné le Brésil, l’Europe l’Allemagne, alors que l’Asie, l’Inde. Or, si les autres groupes maintiennent leurs positions, les dernières déclarations jugées, par certains, de tonitruantes du président sénégalais, appelant le 14ème sommet à l’adoption du principe d’un siège dans l’immédiat, a semblé, manifestement, fragilisé le consensus qui a guidé jusque-là la position du continent africain. Même si, à la différence des autres continents qui disposaient d’une seule candidature chacune, plusieurs autres candidatures parmi lesquelles celles du Nigeria, de l’Egypte, de l’Afrique du Sud, et même du Sénégal, sont énoncées.

L’autre dossier chaud abordé a porté sur la Cour pénale internationale (CPI). Cette instance judiciaire mondiale émanation du Traité de Rome, a lancé un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar El Béchir. Les Africains ont déjà exprimé leur désapprobation par rapport à cette mesure, ils n’entendent nullement revenir sur cette position. Sauf à solliciter du CPI de surseoir la procédure. C’est du moins, la position qui se dégageait hier encore, peu avant la fin du sommet prévu ce mardi 2 février. Une chose est certaine, les débats ont été vifs lors de ce conclave des chefs d’Etat.

Le président gabonais, dont s’était la première sortie lors de cette grand-messe continentale, a fait montre de tact et doigté, mais également de maîtrise de ces dossiers. Instruit en sus de sa connaissance des dossiers par les nombreuses rencontres qu’il a eues dans la capitale éthiopienne avec plusieurs autres chefs d’Etat, de hauts responsables onusiens et diplomates.

Le président Ali Bongo Ondimba a été très sollicité, s’est entretenu, avec Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU et les présidents Pierre Nkuruziza (Burundi), Abdoulaye Wade (Sénégal), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), François Bozizé (Centrafrique), Cheik Charrif Cheik Ahmed (Somalie), etc.

Le secrétaire d’Etat adjoint américain pour les Affaires africaines Johnnie Carson, le ministre Portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, ont également été reçus par le président gabonais.


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