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Gabon : Georges Mpaga et la Charte Africaine pour la démocratie

Auteur/Source: · Date: 19 Oct 2011
Catégorie(s): Afrique,Coopération,Politique

Membre de la société civile gabonaise, Georges Mpaga revient de Dakar (Sénégal) où il a dernièrement pris part à des assises portant sur le processus de ratification de la Charte Africaine sur la Démocratie. Il en livre sa réflexion à travers le texte ci-après.

La Charte Africaine pour la démocratie est une vision d’avenir pour régler de façon durable la crise profonde de la légitimité au pouvoir, des élections truquées, des présidences à vie, des successions héréditaire et de la corruption. Assurément Elle est une chance historique que les démocrates africains se doivent de saisir car le redressement démocratique du Continent en dépend.

Du 10 au 12 octobre 2011 s’est tenue à Dakar au Sénégal, sous l’égide d’OPEN SOCIETY, d’IDASA et de l’Université de Pretoria, une réunion régionale regroupant les pays d’Afrique centrale et de l’Ouest sur le processus de ratification de la Charte Africaine sur la Démocratie. Cette rencontre a permis aux participants de faire le tour d’horizon du niveau d’avancement des ratifications. En effet, pour que cette charte entre en vigueur, 14 pays doivent l’avoir ratifié.

A ce jour, 10 pays sur les 53 Etats que compte l’Union Africaine ont ratifié la charte. Le Gabon a signé la Charte en 2010 mais faute de volonté politique et de culture démocratique, il est nonchalant. A toutes fins utiles, ce document est d’une importance capitale pour l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique.

Il ouvre de véritables perspectives pour impulser un changement profond dans la gestion de nos Etats qui sont dans leur plus grand nombre caractérisés par une mauvaise gouvernance à tous les niveaux. Ils ont comme dénominateurs communs les atteintes graves aux principes démocratiques à travers les modifications constitutionnels anti-démocratiques fréquentes qui se traduisent a fortiori par le maintien au pouvoir des oligarchies corrompues, des dirigeants spécialistes de coups d’états électoraux, impliqués dans les biens mal acquis et à l’origine du sous développement endémique des pays Africains. On pourrait parler alors de «malédiction du pétrole».

Au cours de ces assises, les participants dans leur ensemble ont stigmatisé les phénomènes des successions héréditaires au pouvoir et des présidences à vie. C’est pourquoi la mise en œuvre de la charte Africaine pour la démocratie permettra au Continent Africain de parvenir à l’adoption des meilleurs outils en matière de démocratie et de bonne gouvernance.

Selon les principes énoncés par la charte, la promotion de l’Etat de droit, des libertés démocratiques, l’organisation des élections transparentes, fiables, honnêtes et crédibles, la participation de la société civile à la prise de décision, la lutte contre la corruption, l’obligation de rendre compte des gouvernants, la lutte contre les changements anti-démocratiques, l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs, constituent les éléments fondamentaux dont l’Afrique a besoin pour sortir du marasme démocratique, responsable de la faillite actuelle du Continent.

Les participants au forum de Dakar, conscients de la responsabilité des acteurs africains et surtout de la société civile se sont engagés résolument à pousser les Etats à ratifier la Charte. Les pays présents à Dakar ont élaboré des plans d’action axés sur des approches de plaidoyer auprès des décideurs politiques nationaux. Cependant deux exigences à savoir la durée au pouvoir et la limitation des mandats présidentiels ont soulevé les passions et seront au centre des combats avenirs de la Société Civile et de tous les démocrates africains.

Georges MPAGA

Membre de la Société Civile Africaine et Président du Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon (ROLBG)
 


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