Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau

Sujet: "Défis économiques"     Précédente | Suivante
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Conférences L'arbre à palabres économiques Discussion 34
Discussion 34
Adrien Nguema
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18-août-99, 11h26  (Heure de: New Jersey)
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"Défis économiques"
 
   D’apres une étude publiée par "The Corporate Council on Africa" (CCA), de tous les peuples du monde, les Africains sont ceux qui investissent le moins domestiquement. En fait, ils sont ceux qui placent le plus leur richesse (méritée ou non) en dehors de leur continent. Les avoirs des investisseurs privés Africains en occident sont estimés par le CCA à 150 milliards de dollars (75000 milliards en CFA; la plupart en argent volé naturellement). D’ après le même CCA, si seulement 10% de cet argent retournait tous les ans, l'investissement en Afrique monterait en flèche. Rapatrier donc ces fonds (même en partie) vers l’Afrique doit faire partie des mesures à prendre pour l’amorce de la croissance economique. Cela aura l’avantage de créer un environnement économique peuplé d’investisseurs Africains (au lieu d’étrangers). D’apres le CCA, les grosses fortunes Africaines doivent prendre plus de risques économiques et mettre leurs ressources propres à contribution avant de demander aux étrangers d’investir des sommes importantes en Afrique. Il en va de la crédibilité des Africains, car les étrangers se disent: "si les Africains eux-mêmes ont peur de leur propre marché, pourquoi irais-je y investir alors que je peux placer mon argent à Paris, Londes, Tokyo ou New-York?"
Qu’à cela ne t)enne, l'Afrique en fait a reçu un petit pourcentage de l'explosion récente dans des mouvements de capitaux privés aux pays en voie de développement. Mais se contenter exclusivement d’attirer l'investissement étranger est voué à l’échec car les étrangers ne font pas confiance à l’Afrique. Ils n’y investiront jamais les sommes nécessaires à notre décollage économique, car ils gagnerons plus a placer ces enormes capitaux sur les places boursières. Les investissements occidentaux en Afrique continueront à se faire de façon ponctuelle et limitée dans le temps. On exploite une mine pendant 30 ans et on se barre une fois le gisement épuisé. Par exemple, que fera t-on à Port-Gentil une fois Elf et Shell partis (dans quelques années)?
À bien des égards, les conditions pour mobiliser les capitaux Africains seront les mêmes que pour attirer les capitaux étrangers:
1-Créer un environnement propice à l'investissement.
2-Confiance dans le système fiscal et judiciaire.
3-Climat politique et social VRAIMENT stable et non maintenu artificiellement sous perfusion.
4-Création d’une main d’oeuvre hautement qualifiée.
5-Traiter tout investisseur avec les mêmes soins. Aujourd’hui, les investisseurs étrangers en Afrique se voient offerts des conditions plus prometteuses que les investisseurs domestiques

Il y a plusieurs questions de base qui meritent réflexion:

1-Pourquoi l'investissement en Afrique est t-il perçu comme étant si risqué?
2-Pourquoi tant d'Africains placent-ils leur argent à l’étranger?
3-Quels sont les meilleurs moyens d’amorcer un re-investissement de ces sous vers l’Afrique?

Réfléchissons y tous. Je donnerai sous peu mes humbles éléments de reponse à ces 3 questions.


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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
  Revue de nos fragiles économies Adrien Nguema 23-août-99 3
  instruments économiques pour défis économiques ngandji 19-août-99 1
     A propos de défis... Serge Ignonda 21-août-99 2
         spécialité "services" ngandji 25-août-99 4

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Adrien Nguema
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23-août-99, 15h00  (Heure de: New Jersey)
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3. "Revue de nos fragiles économies"
En réponse au message #0
 
   La 30 dernières années témoignent d’une !ctivité économique Africaine généralement faible. Les seuls pays ayant connus quelques succès sont l’Afrique du Sud et quelques pays exportateurs de produits miniers ou agricoles. Mais la tache reste dure, les Pays Africain se doivent imperativement de:
1-Augmenter le revenu par capita.
2-Adhérer aux méthodes d’assainissement budgétaires saines.
3-Maîtriser l'inflation (éviter que les automobiles les moins chers coûtent 10 fois le salaire annuel du Gabonais moyen).

Quelle est la position de l’Afrique sur les marchés financiers du monde?

1-Le flux des capitaux privés vers l’Afrique (investissements directs et prêts privés étrangers) ne représente que % pour cent des flux mondiaux. Ce qui veut dire que 1 cinquième de l’humanité (l’Afrique) ne reçoit que 5% des capitaux investis dans le monde. Raison de plus pour les Africains d’investir un peu plus chez eux.

La meilleure façon d'analyser ce déficit des mouvements de capitaux étrangers est d’examiner ses causes fondamentales. La première question est:

En quoi l’Afrique diffère t-elle des autres régions du monde qui attirent plus de capitaux (en termes économiques bien sûr)?
Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Mais le problème central pour l'investissement en Afrique demeure "LE RISQUE". Car comme nous le verrons ci-dessous, certains types de risques que courent les investisseurs domestiques peuvent expliquer la fuite des capitaux. En effet, Il y a des risques importants uniques et permanents dans l'environnement global des économies Africaines:

-Conflits violents: le Gabon n’avait pas besoin de se mettre le couteau sous la gorge en permettant á Sassou de déstabiliser le Congo voisin.
-Incertitudes politiques: Bongo va t-il continuer à truquer les élections? Après Bongo que va t-il arriver? car il n’y a pas de dispositions constitutionnelles auxquelles les Gabonais fassent confiance.
-Instabilité macro-économique et politiques économiques faibles. En particulier dans les politiques commerciales et leurs cadres juridiques (au Gabon certains paient la douanes et d’autres pas du tout! Même chose pour les patentes etc…).

Des améliorations dans ces trois zones stimuleront l'investissement. N’oublions pas que certaines industries parviennent à s'épanouir dans cette Afrique risquée et parfois hostile. Celles-ci sont en grande partie des industries extractives (énergie et extraction). On extrait la matière première d’Afrique et on la traîte ailleurs (pétrole, diamant etc…). En fait, ces industries préconisent même la faiblesse des états Africains car tant qu’il y a du désordre en Afrique, elles seront les seules sources de revenues de ces pays et peuvent donc exiger des traitement de faveur aux gouvernements Africains dans le besoin. Le futur d’ELF est au Congo et en Angola, ce n’est pas un hasard que ces deux pays connaissent des conflits militaires tenaces. Pendant ce temps les opérations d’ELF sont off-shore où le pétrole coule à flot. Les nègres se distraient en s’entretuant pendant que ELF pillent tranquillement leur pétrole.

Si l'environnement économique Africain (Gabonais) continue d’être défavorable, les investisseurs iront ailleurs. L'Afrique a cruellement besoin de créer des économies diversifiées: ressources naturelles, manufacture (usines), agriculture et services. Mais l'Afrique continuera à avoir des difficultés à attirer plus d'investissement tant qu'elle ne réduira pas les risques du conflit violent, de l'instabilité macro-économique, et de la mauvaise gouvernance.

Les conflits: l'Afrique est la zone le plus en conflit dans le monde, avec quinze conflits violents principaux, plus que le double de n'importe quelle autre région. Les coûts humains sont astronomiques, mais les coûts économiques sont également considérables. Il y a des preuves économétriques claires indiquant que l'instabilité politique décourage directement l'investissement privé. Les capitaux ne vont pas vers les zones de guerre.

L’autre situation, cas particulier du Gabon, qui feine l’économie est la politisation de l’économie. Dans le cas du Gabon, le parainage politique rend possible l’irruption de mafias criminels polico-économiques. Pour être prospère, il faut avoir un allié haut placé. Dans un tel climat, seules les affaires illégales souterraines s'épanouissent. L’attribution des marchés est politicisés à outrance. Tout cela stimule la mauvaise gouvernance et la corruption. Le capital social de bonne volonté, déjà limité, se décourage convaicu qu’il n’y a point d’avenir.
Dans un tel contexte, est-il surprenant de constater que les investisseurs choisissent d’aller ailleurs?


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ngandji
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19-août-99, 13h32  (Heure de: New Jersey)
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1. "instruments économiques pour défis économiques"
En réponse au message #0
 
   "A bien des égards les conditions pour mobiliser les capitaux africains seront les mêmes pour attirer les capitaux étrangers", assertion que je partage tout en apportant ici les fruits d'une réflexion théorique sur le thème.

Comme moyen d'amorcer un réinvestissement d'argent vers l'Afrique, je limiterais ma contribution aux instruments fiscaux et laisserais de côté d'autres aspects tout aussi pertinents.

L'exemple de l'exploitation minière peut être mis à contribution pour illustrer mon propos.
Quels éléments d'une fiscalité incitative et j'insiste sur cet aspect d'incitation peuvent garantir la sécurité d'un investissement qui se veut sur le long terme (développement durable) et dont le réinvestissement doit bénéficier plus qu'auparavant au développement local?

je prendrais seulement deux instruments:

a/le système de taux bonifiés:

Un industriel qui investit dans l'exploitation minière se voit bénéficier d'un taux bancaire avantageux par rapport au taux normal à condition qu'il réalise un seuil de "performance contractuellement négocié".

En investissant 100 fcfa et en réalisant des investissement de nature socio économiques par exemple(écoles routes, dispensaire, niveau de salaire élévé...), il bénéficie d'un prêt bancaire(à 6% au lieu de 9%) ou d'une exonération d'impôt de 10f cfa sur le chiffre d'affaire.
Le noeud d'un tel principe qui demeure plaisant sur le fond demeure les indicateurs de performances qui seront retenus et les acteurs signataires du "contrat".
L'objectif est d'impliquer les populations locales directement à ce type de contrat où elles pourraient se faire réprésenter(député,président d'assemblée départementale, association....)

b/ Le système de dépôt consignation.

C'est le même principe que lorsque l'on achète du coca sans bouteille chez le malien du quartier. Au cas ou l'on ne raménerait pas la bouteille il garde la consigne dont le montant élévé est fait pour dissuader.Pour une bouteille de coca coûtant 300cfa avec une consigne de 200 cfa on a tout intérêt à venir rendre la bouteille.

La consigne serait mise pour garantir que financement accordé ou l'argent injecté dans les circuits économiques est réinvestit

Les deux instruments présentés plus haut pourraient être couplés avec une mesure plus dissuasive.C'est à dire que l'on pourrait taxer fortement l'argent qui sort non réinvestit à un niveau fixé, et moins fortement l'argent qui rentre .

Le niveau et l'assiette de prélèvement comme disent les économistes devraient être bien ajustés.

En ce qui concerne les éventuels hommes d'affaires gabonais ,ils pourraient bénéficier des mêmes mécanismes mais cette fois sous forme de subventions assujettis toujours à des critères de performance et de réinvestissement et fonctionnant sur les mêmes principe que ceux énoncés plus haut.

J'ai essayé de rester simple en évitant au maximun la terminologie économique,j'attends vos commentaires pour débattre.

Cordialement


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Serge Ignonda
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21-août-99, 23h51  (Heure de: New Jersey)
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2. "A propos de défis..."
En réponse au message #1
 
  
Moi, j'ai souvent pensé qu'en matière économique, il faudra au Gabon un certain nombre d'efforts pour inciter justement l'investissement productif chez nous. Ceci doit se faire à trois niveau:

1) rapatriement des richesses par les nationaux, surtout ceux qui les ont volées, afin de les réinvestir au Gabon

2) Mesures fiscales incentives pour attirer l'investissement par les grandes compagnies étrangères

3) Mesures nationales en vue de la monétarisation de la population afin de provoquer une consommation qui pourra mener à la création d'un marché interne viable.

Evidemment, ceci ne sera possible qu'avec de bonnes voies de communication (routes en premier), la rationalisation du marché de l'emploi, des mesures fiscales internes pour le contrôle des flux monétaires (maîtrise du secteur informel par exemple) et une volonté de la part des dirigeants. Le tout est de provoquer un marché propice à l'emploi et à l'investissement par la majorité de la population. Ceci inclue bien évidemment les campagnes et une revalorisation du secteur agricole.

Reste à savoir si les régimes à venir pourront mettre en oeuvre de telles politiques.

Serge.


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ngandji
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25-août-99, 08h26  (Heure de: New Jersey)
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4. "spécialité "services""
En réponse au message #2
 
   Lors de derniers fora sur les potentialités du Gabon dans l'optique de l'intégration sous régionale et de la compétitivité de son économie face aux autres pays d'Afrique centrale (avant les guerres congolaises), des nombreux spécialistes avaient avancés que le Gabon avait des atouts à faire valoir dans le domaines des services.

En effet dans bien d'autres secteurs ,production agricole surtout, et dans une moindre mesure la transformation de produits semis finis( bois,construction navale et métallique...) , il pouvait concurrencer difficilement la production camerounaise et congolaise.

Les coûts des facteurs de productions (salaires, energie, transport) faisant doubler voir tripler
les prix de revient.

Il a donc été préconisé sans relèguer au second plan la production forestière et agricole de consolider le secteur des services pour faire du Gabon la plaque tournante au niveau sous régional. A noter que Libreville serait en concurrence avec Douala.

Quels sont les éléments qui militent en faveur du Gabon:

1/ un système bancaire surliquide (les données datent de mars 1998;Marché Tropicaux et Méditérannéen)
Le système bancaire gabonais est solide et diversifié, le pays compte 7 banques commerciales dont deux d'affaires.
Les banques ont considérablement amélioré leurs marges depuis 1994 par une politique d'assainissement du portefeuille des crédits.

2/ Le marché des assurances en forte progression.Son chiffre d'affaire, toutes branches confondues représente 28,35 milliards en 1996. Ce qui place le Gabon en troisième place en Afrique derrière la Côte d'Ivoire et le Cameroun.


3/L'audit et le conseil
L'activité s'accroît très notablement depuis 1996 du fait de la demande soutenue en conseil management et audit tant dans le privé que dans le public


4/ Communication, publicité, création
L'évenementiel et les relation de presse sont les activités principales. Il y aussi la production et la réalisation audiovisuelle.


En définitive , le Gabon présente de nombreux atouts pour l'aprés pétrole tout en sachant que les activités de services sont d'abord soutendu par les productions industrielles et qu'elles doivent concourir au mettre titre que les autres activités à la diversification de notre économie.


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