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Sujet: "A quoi peuvent penser les Africains ?"     Précédente | Suivante
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Youri
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27-fév-04, 06h49  (Heure de: New Jersey)
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"A quoi peuvent penser les Africains ?"
 
   Des investissements européens en Afrique noire

Dans son numéro du lundi 8 décembre 2003, un article de Sixtine Léon Dufour sur la visite du Président Omar Bongo en France, m’a laissé sans voix. Le Président O. Bongo veut tenter de séduire les investisseurs français.

Je ne sais pas si le Président O. Bongo en a été satisfait. Car ce n’est ni plus ni moins une façon déguisée de se moquer du Président. Qu’O. Bongo, déjà Président du Gabon, alors que C. de Gaulle l’était en France, et depuis nommé le Sage de l’Afrique, en soit encore à tenter de séduire les investisseurs français est très révélateur. Nous lisons encore ceci dans cet article : « O. Bongo vantera la diversification de l’économie de son pays pour tenter d’attirer de nouveaux investisseurs ». Plus loin, nous avons : « …Aux chefs d’entreprises français, il proposera d’investir dans une vingtaine de projets, notamment dans la transformation du bois, la création d’un tour opérateur ou l’établissement d’une zone franche à Port Gentil ».
Rien de nouveau sous le ciel africain, car nous avons là cités : le bois, le pétrole, des zones franches où rien ne pousse d’ailleurs, un tour opérateur dans un golfe de Guinée qui n’attire aucun touriste. Bref des secteurs que les hommes d’affaire français, les politiques français connaissent depuis la colonisation. Et en 2004, cela semble être une découverte pour le Président O. Bongo.
Tous les Présidents africains francophones viennent en France passer rituellement des oraux devant des parterres d’hommes d’affaire. Ces derniers font toujours la moue. C’est du réchauffé, disent-ils. Les Présidents ratent toujours ces examens, puisque, ils reviennent encore rechercher des hypothétiques investisseurs.
L’occident est libéral. L’Europe est libérale. Les hommes d’affaire français évoluent dans un système libéral. Il n’y a rien de nouveau si ce n’est que les chefs d’Etat africains n’ont pas encore compris qu’un capitaliste, qu’un chef d’entreprise ne s’engage pas sur un terrain instable. Dans l’Occident industriel, l’Etat s’est désengagé depuis et continue à le faire. Dans un système industriel régulé par Bruxelles ou l’O.M.C., l’Etat pèse de moins en moins et les dirigeants d’entreprise rendent régulièrement des comptes aux actionnaires. Si donc le système politique français peut se permettre de maintenir un individu à la magistrature suprême, il ne peut nullement obliger un responsable d’entreprise d’aller investir là où ce dernier n’a aucun intérêt. Et cela, les politiques africains ne l’ont, semble-t-il, pas encore compris.
Qu’observons nous en Afrique noire? Des Présidents dinosaures dont le temps mis au pouvoir est la preuve d’un non respect constitutionnel, ou pire encore d’une non existence constitutionnelle. Aucune constitution sérieuse n’accorde des mandats de 20 ou 30 ans.
Le non respect constitutionnel ou pire, l’absence de Constitution en Afrique noire fait que l’accession à la magistrature suprême est le fruit d’un rapport de forces. Il est Président par des voies non avouables, des coups d’Etat, des guerres civiles, ethniques entre des milices. Et quand il y a élections, les résultats sont contestés vaillamment, parce qu’au préalable, il a pris la précaution d’en écarter tous les adversaires de taille. Ceci entraîne des dommages collatéraux. Comme de bien entendu, les hommes d’affaire occidentaux, n’ayant pas de boule de cristal les prévenant de ce genre de dommages, préfèrent s’abstenir. Ils n’investissent donc pas dans des pays dont les lendemains ne sont pas sûrs. Ils ne vont pas dans des pays où leur capital pour être en sécurité, nécessite l’envoi par la France d’une force armée. Les chefs d’entreprise occidentaux ont compris depuis longtemps que la longévité au pouvoir d’un président africain n’est nullement un gage de stabilité politique et surtout pas économique. La stabilité pour un pays, pour un système politique se trouve dans le fonctionnement respectueux et accepté par tous de la Constitution, dans l’alternance politique au besoin.
La longévité d’un président africain à la magistrature suprême serait plutôt un signe d’instabilité. Elle est la preuve si besoin était d’une mauvaise gestion, d’un chaos organisé qui génèrent la crainte des poursuites judiciaires futures, dès qu’il aura quitté ce poste. Le Président craint pour sa famille, pour sa tribu, pour tous ceux qu’il a entraînés dans cette spirale destructrice. Alors, il se maintient en détruisant plus encore. La terre brûlée, le chaos, la chape de plomb. Et cela, la société civile, les hommes politiques, les hommes d’affaire, français comme européens le savent fort bien. La longévité d’un Président africain n’est qu’une façade. Elle ne cache qu’une misère soutenue et est porteuse d’une situation future ingérable, explosive. Ces comptoirs français en Afrique auront toujours la même vocation : Etre des sites où la cueillette s’exerce. Ce système de cueillette allant de l’exploitation pétrolière, de l’établissement d’un réseau de téléphones portables et parfois prenant des formes surprenantes : Du genre hippodromes virtuels.
Jadis, vitrine de la France en Afrique noire, la Côte d’Ivoire était l’exemple à imiter. Houphouët Boigny en était le sage. Comme l’est aujourd’hui O. Bongo. Sa longévité a généré la Côte d’Ivoire de 2003. Nous voici avec une Côte d’Ivoire divisée en deux. Pour combien de temps ? Nul ne le sait. Quel est alors l’investisseur qui osera s’aventurer dans pareil bourbier ?
Qui se souvient encore de janvier 1994 et de ce qui avait été dit pour justifier la dévaluation du franc CFA. Dix ans après, nous sommes obligés de reconnaître qu’aucune amélioration ne peut être soulignée. A quoi a servi cette dévaluation ? Voici une monnaie qui depuis sa création a toujours été soutenue par son créateur : La France. Arrimée de fait à l’Euro, il faudrait se rendre à l’évidence. Il faut encore la dévaluer.
Dans le monde économique, le respect, teinté de crainte est pour ceux qui s’imposent. Ceux qui proposent des grandes perspectives. Mais nullement pour ceux qui implorent la pitié. Cela fait plus de 40 ans que l’Afrique noire implore. L’occident entend les mêmes jérémiades depuis plus de quarante ans. Il s’en suit de la pitié. Et la pitié n’est pas un sentiment noble. Alors les Présidents africains pourront organiser des symposiums, des colloques, nul en Occident ne les prendra au sérieux. Car aucun industriel en France ou en Europe n’ignore les besoins des pays africains, la situation réelle politique et sociale de ces pays. Les Centres culturels présents dans toutes les capitales africaines remontent très bien les informations.
L’africain est sujet à un blocage mental qui génère ce sous développement permanent. Blocage mental illustré depuis plus de quarante ans dans une absence flagrante d’orientation politique et économique positive.
Etre reçus à l’Elysée, y sabrer le champagne ne changeront rien. Cela ne fera pas venir des investisseurs en Afrique noire, des contrées où l’inconnu politique est la règle. Chose que tout investisseur a en horreur. Une seule voie et une seule voie sortira ce continent des ornières où il est embourbé : la Démocratie

Youri Gabao,
Pour un Gabon meilleur...


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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
  message a youri. le tsack 04-mars-04 1

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le tsack
Membre depuis 22-fév-04
Auteur de: 9 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
04-mars-04, 19h40  (Heure de: New Jersey)
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1. "message a youri."
En réponse au message #0
 
   j'ai lu au passage tes articles et j'admire ton activisme car cette tribune nous donnes l'occasion de discuter des sujets qui nous importent et force est de constater que l'affluence n'est pas au rendez vous.Je discuterai des sujets évoqués plus tard lorsque j'aurais plus de temps.


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