|
Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau
Youri
Membre depuis 27-juin-03
Auteur de: 46 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
27-fév-04, 06h47 (Heure de: New Jersey) |
 |
"GABON : Un président, deux gouvernements…"
| |
GABON : Que le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoune Emane, se le tienne pour dit : chaque fois qu’il gardera le silence face à l’actualité du Gabon, son alter ego Daniel Mengara, Premier ministre autoproclamé d’un gouvernement gabonais de salut national en exil, officiant via Internet aux Etats-Unis, sera là pour combler le vide. Un président, deux gouvernements… PAR PHILIPPE TOUREL Début février, on a pu à nouveau constater le zèle que met Daniel Mengara à “informer” l’opinion internationale sur les affaires gabonaises, avec ce qu’il faudra bien appeler la vraie fausse “affaire Miss Pérou”. Lorsque, dans une précipitation et une cacophonie difficilement explicables, la diplomatie péruvienne demande des comptes et attend des excuses du président gabonais accusé d’avoir attiré Miss Pérou dans un traquenard pour abuser d’elle sexuellement, le Premier ministre, Ntoutoune Emane, ne daigne pas faire de déclaration à ce sujet. Ce n’est pas le cas de Daniel Mengara et de son mouvement BDP (Bongo doit partir), qui ne ratent pas l’aubaine. A peine la présidence gabonaise publie-t-elle un communiqué dans lequel elle “tient à marquer son étonnement et son indignation face à la campagne diffamatoire dont le but inavoué est de nuire une fois de plus à la réputation du Gabon et de son président”, que le fondateur du BDP accourt vers son ordinateur pour produire un texte d’excuse au gouvernement péruvien, au nom du Gabon. La lettre, adressée le 5 février aux représentations diplomatiques du Pérou en France, à Washington et aux Nations unies, est sans ambiguïté sur le sérieux avec lequel le “Premier ministre en exil” prend sa charge : “C’est avec le plus grand degré d’indignation que le gouvernement gabonais de salut national en exil que je dirige, ainsi que le peuple gabonais, avons été informés des actes d’agression indécents et illégaux perpétrés par le régime corrompu d’Omar Bongo à l’encontre d’Ivette Santa Maria, innocente citoyenne péruvienne qui a, avec courage et dignité, pu échapper de justesse à cet horrible acte de kidnapping sexuel. Le BDP-Gabon Nouveau (c’est la dénomination exacte de ce regroupement) et son gouvernement sont grandement outragés par les actions humiliantes d’Omar Bongo et, au nom du peuple gabonais, souhaitent présenter leurs plus sincères excuses non seulement à la famille d’Ivette Santa Maria durement éprouvée, mais également au gouvernement du Pérou.” Un “Premier ministre”, fondateur de surcroît d’un mouvement politique, étant avant tout un homme politique, Daniel Mengara a bien flairé les dividendes qu’il pouvait tirer de l’affaire Miss Pérou. L’homme a vite fait le rapprochement entre ce qu’il appelle la “criminalité sexuelle” du président Bongo, et la criminalité tout court du régime Bongo, dont la dénonciation constitue l’essence de son combat. “C’est précisément, écrit-il, à cause de ce type de malversations qui, année après année, ont compromis et avili l’image du Gabon à travers le monde, que notre mouvement et le peuple gabonais s’opposent au régime Bongo et refusent de reconnaître sa légitimité, un régime qui ne doit sa présence à la tête du pays qu’à la fraude électorale, à l’intimidation et à l’assassinat.” A un an de la prochaine élection présidentielle, le message à la communauté internationale est clair : Bongo doit partir. Le Premier ministre en exil n’a pas savouré longtemps sa trouvaille. Au fil des heures, les versions initiales faisant croire au kidnapping de Miss Pérou à la présidence gabonaise étaient récusées par la reine de beauté elle-même. Il n’y avait plus aucune certitude. Contrairement à ce qui avait été annoncé par la famille de la miss et rapporté avec zèle par la presse péruvienne friande de scandales mondains, la miss n’avait été séquestrée par personne, et avait prolongé de son propre gré son séjour au Gabon dans le cadre de ce qui devait être “une campagne de recherche de mécénat pour une cérémonie d’élection de Miss Humanity, à caractère humanitaire, censée se dérouler au Gabon, et qui a été présentée par le Pérou comme un trafic d’êtres humains”. Sitôt arrivée à Bogota où réside son fiancé, Miss Pérou confiait à la presse que beaucoup de choses dites au sujet de cette affaire étaient inexactes, qu’il y avait eu un malentendu, ajoutant qu’elle et le président gabonais avaient été “abusés”. Si les déclarations de Miss Pérou ont contribué à faire retomber la pression sur le président Bongo – dont les services avaient évoqué une “affaire d’escroquerie” qui aurait mal tourné– et donné des soucis à la diplomatie péruvienne écartelée entre plusieurs versions de l’affaire, elles n’ont en revanche pas empêché Daniel Mengara de continuer son combat pour le départ de Bongo, au pouvoir depuis trente-sept ans, et pour l’avènement d’un Gabon nouveau. Très actif sur le Net, le Premier ministre en exil publie toujours des déclarations dans lesquelles il affirme sans discontinuer que le responsable de tous les maux du Gabon est Omar Bongo. Grand prince, il n’hésite pas à proposer au président gabonais des formules de mise à l’écart. La première suggestion est qu’un bon matin, de préférence le plus tôt possible, Omar Bongo Ondimba donne tranquillement sa démission et s’en aille vaquer à d’autres occupations. Au cas où cette formule ne rencontrerait pas l’assentiment du Président, Daniel Mengara en fournit une autre : que Bongo reste président, mais qu’il se laisse dépouiller sans broncher de tous ses pouvoirs de décision, tant en matière politique qu’économique. Imaginant bien sans doute le faible degré de faisabilité de ces hypothèses en l’état actuel des forces politiques au Gabon, le BDP menace de chasser le Président par le biais d’une insurrection populaire. Le peuple est prêt pour cela, pense-t-il. Et si cette éventualité ne survenait pas, il resterait le coup d’Etat. Mais pas n’importe quel coup d’Etat. Au militaire gabonais qui risquerait ainsi sa vie en se lançant dans pareille aventure, le Premier ministre en exil recommande qu’une fois le Président déposé (l’éventualité contraire n’est pas envisagée), le pouvoir soit remis sagement aux civils, dont le BDP, naturellement. Pince-sans-rire, Mengara indique qu’à tout groupe qui le solliciterait pour financer un coup d’Etat au Gabon, il rappellerait ces exigences. Habitué jusque-là à une opposition peu entreprenante, et plutôt pacifiste, Bongo Ondimba doit à présent composer avec un cas de figure qu’il n’avait pas prévu. Non pas que son pouvoir soit menacé par le BDP, dont l’implantation locale reste assez marginale, mais en raison de la précarité économique et sociale ambiante qui peut provoquer à terme des sympathies plus significatives pour les mouvements extrémistes. Vu l’environnement régional fragilisé par les conflits successifs au Congo (RDC) voisin ou en Centrafrique et dans les Grands Lacs, il y aurait alors fort à craindre. Devenu moins abondant que par le passé, le pétrole, qui a assuré jusque-là un certain standing au pays, ne suffit plus pour répondre aux attentes d’une population dont plus de la moitié vit dans la pauvreté. Les coupes sèches dans les budgets sociaux du fait des ajustements structurels successifs des dernières décennies ont affecté durement les populations. Les écoles sont surpeuplées, les hôpitaux délabrés, l’emploi sinistré. Des revendications de plus en plus violentes comme celles de décembre et janvier dans un lycée de Libreville font désormais partie d’un quotidien que le gouvernement légal s’efforce de gérer. Dans son document de stratégie par pays, la Banque africaine de développement (BAD), “félicite le Gabon pour l’initiative du lancement de stratégie de réduction de la pauvreté, le premier du genre dans un pays BAD”. L’institution bancaire, à l’instar du peuple gabonais, fonde beaucoup d’espoirs sur ce programme. Il faudra au gouvernement gabonais, davantage de volonté politique et de créativité pour rétablir les équilibres macroéconomiques du pays, et réorienter les dépenses publiques vers le financement du développement des secteurs sociaux. Il va falloir par exemple, estime un responsable du ministère des Finances, diversifier la base économique et développer de nouveaux partenariats de par le monde. A ce sujet, la visite du président chinois début février à Libreville a été particulièrement bien accueillie par les milieux d’affaires qui y ont détecté un signal. Reste à traduire ces intentions dans les faits, afin de pouvoir régler au plus vite les questions récurrentes du chômage des jeunes, de la précarité et du surendettement. Faute de quoi on verrait sans doute apparaître à nouveau sur les murs de la capitale les graffitis “Bongo doit partir”, qui donneraient de la visibilité à chaque accès de fronde sociale, face à un gouvernement en exil particulièrement opportuniste. Tapi dans son New Jersey, l’enfant de Mekaga, petit village dans le Woleu-Ntem gabonais, prend certes des coups avec le débauchage actif de ses principaux “ministres” par le pouvoir de Libreville, mais il guette aussi la moindre faille, pour s’installer dans le fauteuil de Ntoutoune Emane et gravir allègrement les marches du palais présidentiel. On attend de voir…
Youri Gabao, Pour un Gabon meilleur... |
|
|
Alerte | IP |
Format d'impression | Modifier |
Répondre |
Répondre avec citation | Haut |
|
|
Leprophete
Membre depuis 25-juil-03
Auteur de: 24 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
02-mars-04, 19h21 (Heure de: New Jersey) |
 |
1. "RE: GABON : Un président, deux gouvernements…"
En réponse au message #0
| |
Philippe Tourel : un article teinté du Bongoïsme (Le Nouvel Afrique Asie, No 174, mars 2004)Mon cher Philippe, c’est par malheur que je suis tombé sur votre article, au sujet de Miss Pérou, dans lequel vous essayer, selon moi, de discréditer le Dr Daniel Mengara, et réhablilter Bongo (devenu aujourd’hui Ondimba, en salissant le noble nom d’Ondimba), devant l’opnion publique et internationale. En lisant votre article, je me suis posé toutes sortes de questions inimaginables dont voici quelques unes : 1. Pour qui vous travaillez, pour Bongo ou pour le Nouvel Afrique Asie. De toutes les façons, on sait que Bongo est un sponsor (commanditaire) dans ce genre de journaux (Jeune Afrique, Afrique Asie, Nouvel Afrique Asie, etc). 2. Est-ce que c’est vraiment vous-même qui avez écrit cet article ou le protocole de Bongo? C’est decevant! 3. Vous a-t-on payé pour rédiger cet article parce que votre salaire ne vous suffit pas? 4. Dans quelle planète vivez-vous? 5. Enfin, quel âge avez-vous? Je parie ma tête que vous n’avez même pas encore 37 ans, la durée actuelle de Bongo au pouvoir. Est-ce que vous le réalisez? Si vous avez plus de 37 ans, alors vous êtes perdu et irrécupérable, en moins que vous soyez fictif juste pour cet article. En vous lisant, je découvre que vous êtes encore tellement jeune et naïf que vous ne connaissez pas le Gabon, vous ignorez beaucoup de choses du Gabon à tel point que je suis obligé de vous conseiller de ne pas parler des choses que vous ne maîtrisez pas. Leprophete
|
|
|
Alerte | IP |
Format d'impression | Modifier |
Répondre |
Répondre avec citation | Haut |
|
|
|