Cher ami, votre analyse est confirmée dans les médias. Par exemple, le 14 juin dernier, Reuters avait publié un article sur la situation du Gabon vis-à-vis le FMI. Vous pouvez lire cet article dans notre rubrique "Dossiers et Opinions" au niveau de la sous-rubrique "économie" (en anglais).Dans cet article, il est effectivement dit qu'un éventuel accord entre le FMI et le Gabon risque de ne pas être possible avant la fin de l'année 1999.
Les causes?
1) immobilisme dans les réformes recommandées, notamment au niveau du code des investissements et du dégraissage de la fonction publique
2) immobilisme dans le programme de privatisation recommandé
3) reproche fait à Bongo d'avoir conduit le pays à la banqueroute en finançant sa campagne électorale avec les fonds de l'état. Cela a court-circuité les réformes et engagements divers pris envers le FMI et la Banque Mondiale, tout en plongeant le pays dans une crise finacière sans précédent.
4) Un manque de confiance global de la part des organismes financiers internationaux qui ne font plus grand cas des "gestes" gabonais. Ainsi, même quand le Gabon fait un geste comme celui qui a consisté à payer récemment une partie des arriérés accumulés auprès de la Banque Africaine de Développement (12.8 millions de dollars remboursés sur des arriérés de 34.7 millions), le doute persiste. D'où la réponse quelque peu sceptique d'un économiste étranger basé au Gabon:
"Ils ont effectué un paiement il y a quelques jours, mais cela ne veut pas dire que le service de la dette par le Gabon a recommencé--c'est juste un geste de leur part" (Reuters, 10 juin).
Résultat, un énervement grandissant se lit chez les créanciers occidentaux. C'est ainsi qu'un banquier Européen, dans un autre article de Reuters publié le 10 juin, s'en est pris aux autorités gabonaises qu'il trouve incroyablement arrogantes. Selon lui, le Gabon aurait déjà râté, depuis septembre, trois paiements d'un montant total de 15 millions de dollars qu'il devait au Club des banques commerciales de Londres. En plus, avait-il ajouté, énervé:
"Ils ont le PIB le plus élevé d'Afrique--comparable à celui de la Pologne ou de la République Tchèque--mais ils se croient permis de refuser de payer les 5 millions de dollars qu'on leur demande de payer tous les trois mois. Ce comportement a rendu furieuses de nombreuses personnes par ici".
Bongo et son gouvernement se trouvent donc ainsi acculés. Reste à savoir s'ils seront un jour capables d'engager des réformes de fonds qui seraient susceptibles de satisfaire les créanciers occidentaux. Cependant, connaissant le régime Bongo et la corruption qui le ronge, l'on peut prédire de futurs échecs dans les dures négociations qui les attendent.
C'est quand même très malheureux.
Dr. Daniel Mengara
Coordinateur, BDP-Gabon Nouveau