Modifié le 07-oct-00 à 21h58 (New Jersey)Le processus de démocratisation engagé suite aux remous sociaux de 1990 s'est effectué sous la houlette des partis politiques. Les actes ayant accompagné les évènements ont alimenté les débats sur le nationalisme, le patriotisme ou simplement le civisme chez les Gabonais. Les partis politiques deviendront des appareils de socialisation par excellence et contribueront dans un premier temps à l'impulsion d'une transformation positive au Gabon par l'éducation politique des jeunes Gabonais".
Considérée non seulement comme catégorie sociale distincte, mais également comme une force politique objective en fonction de leur potentiel électoral, il n'est point de besoin de préciser la place de la jeunesse dans une société. Les partis politiques ne l'ignorent pas et très tôt au Gabonn, ils ont impliqué les jeunes dans le jeu politique. Les capistes du PDG sont un exemple (quand bien même triste).
Les discours officiels des politiciens prônent l'éducation des jeunes. Cependant, cette entreprise est réellement reléguée au second plan par les préoccupations d'ordre électoraliste. L'on se rend facilement compte que le pouvoir verse dans la propagande. Les réunions, séminaires et autres se détournent de la formation pour aborder dans la meilleure manière d'attirer et accrocher les jeunes. Angoissés et tenaillés par la pauvreté et les pressions familiales, les jeunes Gabonais qui sont également fascinés par des élans de consommation ostentatoire et de prestige qu'entretiennent les hommes politiques et les nouveaux riches et "arrivistes", négocient leur insertion socio-professionnelle à travers des regroupements à caractère politique (les CAP du PDG). Infiltrés, dominés ou crées tout simplement par les membres influents de ce parti politique, c'est à travers ces regroupements que s'effectue l'essentiel des activités relatives au recrutement des électeurs.
Il se développe ainsi des relations entre ces regroupements de jeunes et, les élites en quête de légitimité politique. Dans un contexte où la pratique de l'équilibre tribal est de rigueur dans les nominations aux postes administratifs et l'admission aux concours d'entrée dans les écoles de formation d'Etat, les jeunes qui acceptent le principe trouvent leur compte. Ils reproduisent cette attitude politique que J.F Bayart appelle "politique du ventre".
La violence comme forme de participation politique a également été réappropriée par les jeunes. Instrumentalisés, ces jeunes qui, faut-il le rappeler sont d'une psychologie fragile, n'hésitent pas à participer à des chasses meurtrières contre des personnes qui ne partagent pas leurs opinions politiques (la saga de feu Fantomas est pleine d’enseignements, il était le frère d’un dignitaire pédégiste rénovateur et sera assassiné par la police parce qu’il en savait trop).
Une analyse des comportements, et des propos développés par les jeunes Gabonais permet malheureusement d'affirmer la quasi-permanence de "l'opportunisme politique", du "tribalisme politique" et de la "violence politique" pour les années à venir.
J’ai l'impression qu'en dehors des discours politique démagogique, il n'existe pas de véritable volonté, au plus haut niveau du bongoïsme, de construire une nation au sens nationaliste du terme.
La jeunesse Gabonaise complice pense pouvoir tirer son épingle du jeu. Mais, toutes les compromissions mènent irrémédiablement à encore plus de misère et pauvreté.