Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau

Sujet: "Le Pdg a refusé l'alliance avec le Pgp"     Précédente | Suivante
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ONDO NDONG
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22-oct-01, 03h08  (Heure de: New Jersey)
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"Le Pdg a refusé l'alliance avec le Pgp"
 
   Nous pouvons écrire, transcrire ou analyser ce qui existe. Nous pouvons aussi transmettre ce qui est dit et qui paraît logique et se rapporte au mouvement BDP. Voilà comme indiqué ci-dessous, l'exemple d'interview de Pierre-Louis Agondjo Okawé. Ce n'est pas un conte, ni une utopie, mais plutôt une réalité, qu'Afrique éducation nous livre.


Afrique éducation n° 94-95
Propos recueillis à Port-Gentil par Bertrand Ebiag-Angoué

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Pierre-Louis Agondjo Okawé: "Le Pdg a refusé l'alliance avec Le Pgp"

A quelques semaines des législatives, le patron du PGP, Pierre- Louis Agondjo Okawé, met les points sur les 1 en prenant soin d'égratigner et ses amis de l'opposition, et ses adversaires de la majorité au pouvoir.

Afrique Education . Avant d'aborder les questions relatives à la préparation des prochaines élections, nous savons qu'une tragédie vient de frapper votre ville il y a quelque temps. Qu'en est-il exactement ?

Maître Pierre-Louis Agondjo Okawe C'est un problème préoccupant parce qu'il ne date pas d'aujourd'hui. On a vécu la même chose il y a dix ans. Envoyé sur les lieux, le général Poncy avait réglé le problème comme il avait pu. Le fait qu'il se produise à nouveau montre qu'il est récurrent. Il s'agit d'un problème de dimension nationale. Les Gabonais les plus optimistes disent qu'il y a 60.000 chômeurs au Gabon tandis que les plus pessimistes parlent carrément de 120.000 personnes qui n'ont aucun emploi. Ici à Port-Gentil, je peux vous dire, quitte à ce que l'on dise que je me suis trompé, qu'il y en a 7.000.

Port-Gentil reste une ville ouvrière, raison pour laquelle elle est aussi une capitale économique. Que s'est-il passé il y a quatre mois '? Les chômeurs ont eu un mouvement d'humeur. lis ont agi ainsi parce qu'ils affirment être négligés au profit des étrangers. Voilà pourquoi ils avaient décidé de barrer la route du port dans la mesure où le plus grand nombre de sociétés sont concentrées dans cette zone. C'est alors que, précipitamment, arriva le ministre du Travail, le ministre d'Etat, Paulette Missambo, dans le but d'organiser un forum sur l'emploi. Mais lorsque les chômeurs apprirent qu'il y avait une délégation ministérielle qui arrivait, ils remirent leurs barrages. Le gouverneur étant à Libreville, la seule autorité présente dans la ville, c'était moi. Pour que la réunion ait lieu, le ministre m'avait demandé de prendre contact avec les chômeurs. J'avais alors envoyé quelqu'un les contacter afin que leurs représentants me rejoignent. Ils ont refusé ne voulant discuter avec aucune autorité locale. J'en avais informé Libreville où moi-même je m'étais rendu. Le conseil municipal à l'unanimité s'étant rendu compte de la gravité de la situation, nous avons donc été obligés de surseoir la question numéro un que nous devions exposer au président de la République. J'ai mandaté le maire du 2e arrondissement pour rencontrer les chômeurs ou récupérer le mémorandum qu'ils avaient envoyé au chef de l'Etat. Ils ont refusé. Quand nous sommes partis à Libreville, mon intérim était assuré par un de mes adjoints et mon directeur de cabinet. C'est à Libreville que j'ai appris qu'il y avait eu trois morts, des pillages et que les camps de la gendarmerie et de la police avaient été incendiés...

Cette manifestation résulte-t-elle de la crise que traverse le Gabon, et plus particulièrement, votre ville qui, naguère florissante grâce à l’activité pétrolière, est atteinte de plein fouet après avoir été pendant de longues années la pourvoyeuse de l'économie nationale ?

Au niveau de la ville, j'avais déjà entrepris certaines oeuvres parce que j'avais dit dans mon discours d'investiture que j'allais combattre le chômage. J'ai créé un mouvement associatif pour faire occuper les jeunes. Ce mouvement associatif se développe déjà. J'ai entrepris des travaux, notamment, le parc d'attraction et la foire de Port-Gentil qui va générer des emplois. Ça c'est de mon côté. Seulement voilà, quand nous sommes allés à la présidence où il était question de combattre le chômage à Port-Gentil, j'ai fait des propositions. J'en ai fait trois . j'ai demandé que les Pme - Pmi soient réactivées,- j'ai même souhaité qu'il y ait un recensement de ces Pme - Pmi. C'est pour cela que lorsque la délégation est arrivée, il y a eu la présence du ministre de tutelle. Ensuite, j'ai demandé de l'aide pour le mouvement associatif parce qu'il fallait limiter les associations à 4 par arrondissement pour des rai sons financières. Enfin, la troisième proposition, c'était le relèvement du budget municipal, pour que la mairie qui dispose à l'heure actuelle de 46 agents puisse en avoir plus. De l'ordre de 3,7 milliards de f cfa pour l'instant, il est souhaitable que ce budget passe à 10 milliards de f cfa. Voilà ce que j'ai fait pour l'instant. L'Etat est-il capable de combattre le chômage ? Je constate que si le Gabon était peuplé de 200 millions de personnes comme le Nigéria, il y aurait eu un problème. Or nous n'atteignons même pas le million. Si nous atteignons ce chiffre d'un million, c'est parce que les étrangers sont pris en compte. Les Gabonais ne sont que 800.000 voire 900.000. Voilà un pays d'à peine un million d'habitants et dont le taux de chôrnage est inquiétant. Paradoxe, on nous dit riche.

Pour parer au plus pressé, le gouvernement vient de lancer les travaux de voirie, histoire de juguler le chô mage. Ce qui n'empêche pas certains de lier cette tension au conflit qui vous oppose à votre prédécesseur à la tête de la Mairie de Port-Gentil.

Je ne dis pas que la tension est née du conflit qui m'oppose à mon prédécesseur. Avant mon départ de Libreville, j'ai eu un entretien, avec, un ministre. J'ai été pris pour l'homme qui ravivait le mouvement des chômeurs. Je n'ai pas pris ces allégations au sérieux. Mais quand j'ai appris par la suite que le consul général de France à Port-Gentil avait téléphoné à son ambassadeur pour lui dire que c'est moi qui étais derrière le mouvement, qu'il l'avait-appris aussi bien des Français que des Gabonais, là j'ai vu rouge.

L'activité politique en veilleuse depuis quelque temps vient d'être relancée avec la rencontre, le 12 juin dernier, entre le chef de l'Etat et les responsables de partis politiques reconnus. Vous y avez pris une part active jusqu'à la mise sur pied d'un comité ad hoc pour préparer les élections à venir. Pensez-vous avoir trouvé la solution pour arriver aux élections non contestées au Gabon?

Je ne crois pas qu'on ait trouvé une solution pour que les élections ne soient pas contestées.
Je voudrais d'abord vous rappeler que ceux qui pensent que je me suis rapproché du président
Bongo se trompent parce que je n'étais pas candidat aux élections de 1998 à cause de
mon état de santé. Le parti avait alors décidé de soutenir Pierre Mamboundou. Vous pouvez noter
qu'ici dans l'Ogooué-Maritime, Omar Bongo a été battu au profit de Mamboundou Pierre à cause
de la campagne active que j'ai menée, que le Pgp a mené. Mais après son élection,
vous vous souvenez que le président Bongo, pour éviter que les résultats ne soient contesté, a tenu la main à l’opposition et aux partis politiques légalement reconnus, et le Pgp a été le premier parti à accepter cette main tendue. Malheureusement, le Parti démocratique gabonais (le Pdg ) au pouvoir a refusé une telle a,liance. Mais lorsque le président Bongo reçoit mon parti, nous le relançons sur sa proposition. Le président nous promet de convoquer l’opposition. Seulement, le retard pris pour cette concertation a freiné les choses. En même temps, Omar Bongo proposait une commission nationale électorale permanente et indépendante pour régler les problèmes des élections, comme dans certains pays comme le Canada. C'était aussi la position de mon parti, après que nous nous soyons rendu compte que nous nous étions trompés lors des Accords de Paris qui disent que les magistrats étaient les mieux plaaés pour diriger les é,ections. Or jusqu'à preuve de contraire, les magistrats n'ont pas fait l'affaire et, conséquence, nous avons pensé à une commission qui soit vraiment indépendante et bien payée pour ne pas lui donner l'occasion d'accepter la corruption. Seulement, lors de l'audience à la présidence, le ministre de l'intérieur, Mboumbou Miyakou, nous a révélé qu'il n'était pas possible de réviser le code électoral alors que nous pensons le contraire. C'est vous dire que pour ma part, l'optimisme n'est pas de mise malgré la volonté de la commission ad hoc. Tel que c'est parti, je ne suis pas sûr que nous aurons des élections
transparentes, ce d'autant plus que nous avons vu comment les pédégistes et leurs satellites étaient
tous derrière le ministre de l'intérieur pour dire qu'il n'était pas possible de réviser
le code électoral à cause du rapprochement de la date du scrutin.

Lors de cette rencontre du 12 juin, Pierre Mamboundou, par exemple, avait brillé par son absence...

Si nous échouons, Mamboundou aura raison. Mais est-ce qu'il a totalement raison en refusant de rencontrer le chef de l'Etat ? Je ne crois pas. Son attitude peut être compréhensible pour lui mais pas pour moi. Il faut ajouter que, moi, je suis dans une situation extrêmement délicate à Port-Gentil alors que lui, est le maire de Ndendé. Ndendé, à ma connaissance, ne se compare pas à Port- Gentil. Lorsque j'ai pris les fonctions de maire de Port-Gentil, on me demandait si j'allais être un maire radical ou un maire convivial. J'ai dit que je ne serai ni convivial ni radical, mais entre les deux. Je dois, par exemple, m'en référer à L'Etat qui alloue le budget à la ville. Mais quand j'ai quelque chose à dire, je le dis même devant le chef de l'Etat.

Une centaine de partis et associations politiques en 1990 lors de la Conférence nationale, à peine une trentaine en 2001. Quelle lecture faites-vous du nouveau paysage politique national ?

J'avoue que je fais une lecture très réaliste, parce que j'estime qu'au cours de la conférence nationale, une centaine d'associations et de partis à caractère politique, c'était trop. Aujourd'hui, nous sommes une trentaine. Là encore, j'estime que c'est encore trop. Ce que j'ai appris à l'issue de l'entrevue avec le chef de l'exécutif me fait comprendre que beaucoup de partis se créent pour avoir le franc électoral. Le Pdg avec son ministre de l'intérieur font exprès de reconnaître des partis qui n'en valent pas la peine. J'ai toujours dit que nous avons de très bonnes lois au Gabon mais on ne les applique pas. La loi sur les partis politiques obéit à des règles strictes . par exemple, il faut 3.000 adhérents dans 5 ou 4 provinces sur 9 que compte le pays. Je ne citerai pas nommément les partis mais parmi ceux qui se trouvaient à la présidence le 12 juin dernier, il est à parier que certains n'ont pas suivi la voie légale. D'ailleurs, il en existe sans élu.

Que représente le Pgp aujourd'hui en dehors des acquis des dernières élections d’il y a cinq ans et au lend%main de la scission avec votre secrétaire générale-adjointe nationale chargée des relations extérieures, qui a du reste, créé son propre parti ?

J'ai certes perdu ma secrétaire générale-adjointe nationale chargée des relations extérieures, exclue qu'elle a été du parti. Ce n'est pas pour cette raison que je dirais que mon parti se porte mal. Ce qui s'est passé réellement, c'est que Madame Houangni Ambourouet nous a distrait pour ne pas nous occuper du parti. Mais bon, ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que le Pgp vous donne rendez- vous après les élections de décembre 2001 et de mars-avril 2002. Nous verrons les résultats en ce moment-là. L'expérience a prouvé aussi que tous ceux qui nous ont quittés n'ont jamais prospéré même s’ils ont fondé des partis.

La date anniversaire de la disparition de Rendjambe est passée sous silence cette année. S'agit-il d'un oubli ou d'une tentative d'effacer cet illustre personnage de la mémoire collective ?

Ce n'est ni un oubli ni une tentative d'effacer son nom du paysage politique. Des manifestations ont lieu à la date anniversaire. Les manifestations n'ont certes pas connu un écho retentissant mais nous avons abondamment parlé de feu Rendjambé, notre ancien secrétaire général du parti

J'ai été élu avec les voix du Pdg à cause du Rnb»

Vous avez été élu maire de Port-Gentil avec les voix du Pdg et de I'Ijpg. Si pour ce dernier parti, cela peut se comprendre, le commun des Gabo- nais ne cache pas sa perplexité pour les voix du Pdg, votre adversaire de toujours.

J'ai été effectivement élu maire avec les voix du Pdg. Le problème part de 1996 parce que nous cogérons à l'heure actuelle avec le Pdg la mairie à cause du Rnb (Rassemblement national des bûcherons à l'époque parti du Flère Mba Abessole). Je vous rappellerai qu'avant les élections, nous avions signé un document de congestion avec le Rnb. Après, nous apprenons que ce parti va présenter un candidat. Effectivement, le Rnb l'a fait à l'époque. Il a présenté son numéro 2 d'alors, le professeur Kombila contre le nôtre. Dans nos accords, pourtant, il avait été prévu que le maire sortirait des rangs du Pgp. Nous avons donc été surpris de constater la volte-face. Cette attitude nous a obligés à nous allier avec le Pdg qui était arrivé en troisième position. D'où la congestion avec l'ancien parti unique et avec l'Upg qui était déjà avec nous.

De nombreux observateurs de la scène politique gabonaise lient le départ de votre prédécesseur et votre arrivée à la tête de la mairie de Port-Gentil à un effet d'entraînement, en ce sens que vous avez simplement choisi de faire comme d'autres chefs de parti.

(Rires). Ceux-là ignorent ce qui s'est passé réellement. Madame Houangni Ambourouet a été exclue par le parti pour trois raisons : 1) la mauvaise gestion municipale. 2) L'indiscipline. 3) La dérive tribale qui continue d'ailleurs. Il s'est passé qu'au moment des élections, c'est la liste que je conduisais qui était arrivée en tête. Tous les militants s'attendaient par conséquent à ce que je prenne les rênes de la mairie centrale. J'ai décliné l'offre en faveur de ma "soeur" Madame Nouangni Ambou- rouet. Les militants du Pgp ont pris cette défection comme une trahison. J'ai trahi leur confiance en ne prenant pas la mairie. Si donc je suis là aujourd'hui, ce n'est qu'un juste retour des choses, c'est la base qui m'a imposé. En fait, je suis venu pour réparer les dégâts et pour essuyer toutes les avaries proférées à mon endroit. Aujourd'hui, dit-on, notre conflit est ethnique entre Oroungou et Nkomi (ethnies de la côte gabonaise - ndlr). Il n'en est rien. C'est plutôt Madame Houangni Ambourouet qui se cramponne sur cette fraction oroungou. Malheureusement, tous les Oroungou ne sont pas avec elle.

Au terme de ce long entretien, quelle société gabonaise demain souhaitez-vous ?

Une société où la démocratie est vraiment appliquée. Nous ne sommes pas dans une démocratie apaisée. Pour nous, la société de demain devrait être sans «tripatouillage» électoral, une société où la majorité respecte la minorité. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.



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