C'est vrai que l'heure des bilans a sonné. Mais moi je ne me laisse pas
aussi facilement émouvoir par les grands cris de panique que certains
poussent ici.A mon avis, les choses ne sont pas aussi dramatiques pour l'opposition.
En d'autres termes, ce qui est arrivé à l'opposition en 2001 n'est en
fait pas très choquant quand on le regarde avec recul. C'est en 1996 et
non en 2001 que nous aurions dû crier au scandale.
La preuve:
Dans l'Assemblée sortante, la tendance bongoïste disposait de 98 sièges
(90 PDG, 8 satellites), tandis que l'opposition en avait 22 (dont le PGP 9, RNB 6, et l'UPG 2).
Dans l'Assemblée qui viendra de 2001, la tendance Bongoïste aura 104
députés (86 PDG, 18 satellites), tandis que l'opposition aura en tout 13 députés (dont 7 RNB/RPG et 3 PGP). 3 sièges restent à décider.
Alors, si on fait le calcul, on voit ceci:
- le PDG recule de 90 à 86 (4 pertes) par rapport à 1996.
- la tendance bongoïste progresse de 98 à 104 (6 gains)
- l'opposition recule de 22 à 13 (9 pertes, même si on pouvait y trouver des transfuges)
- 3 restent à décider (si ce sont tous des opposants, alors l'équilibre
sera total: 6 gains pour les bongoïstes, et 6 pertes pour l'opposition).
Sincèrement, il faut relativiser nos cris d'alarmes. Tout ce que nous
avons vu c'est la confirmation de la tendance de 1996, où Bongo, qui n'a plus assez de postes dans son gouvernement, a décidé de récompemser ses sbires avec des postes à l'Assemblée. Voilà aussi pourquoi il avait créé un Sénat et un poste de vice président dont le Gabon n'avait pas besoin.
C'est tout simplement pour récompenser ses suppots. Vous verrez que
pratiquement tous les ministres ont été réélus.
Je dirai donc que:
- ceux qui accusent l'appel au boycott d'avoir fait perdre l'opposition
ne savent pas trop voir les choses avec le recul. les 9 pertes de
l'opposition sont très peu et devraient nous faire voir que boycott ou
pas boycott, Bongo devait absolument caser tous ses gens. Ceux qui ont
participé aux élections n'ont fait qu'aider Bongo à mieux valider sa
victoire car on dira: Mba y était, Agondjo y était, donc c'est OK.
- la perte n'est pas dramatique, car en fait, il n'y aucune perte
substantielle. De 1996 à 2001, la tendance est restée la même.
Statistiquement, la tendance bongoïste progresse de 82% de l'Assemblée à 87% (5% de gain), alors que l'opposition tombe de 18% de l'Assemblée à 11% (7% de perte). Si l'opposition gagne les 3 sièges restant, il y
aurait 7% de perte contre 7% de gain, soit 87% contre 13% dans la
nouvelle assemblée (contre 82% contre 18% dans l'ancienne). Pour moi, ce ne sont pas des pertes ou des avancées significatives pour un camp comme pour l'autre. NOus ne devons donc pas nous étonner, comme si c'était quelque chose de nouveau ou d'étrange. Par ailleurs, n'oublions pas qu'après 1991, tous les espoirs des gabonais sont allés en descendant, et le nombre de votants était déjà considérablement réduit en 1996. 2001 avec des taux de partcipation de 20% ou moins ne font que confirmer que les gabonais ne veulent plus voter car leur vote n'a jamais compté et Bongo s'est toujours fabriqué les marges de vote qu'il voulait.
Donc, comme nous savons tous que ces chiffres sont tous artificiels
parce que basés sur la fraude et des machinations électorales, c'est
plutôt ces machinations et ce désir d'Omar Bongo de tuer la démocratie
qui doit nous inquiéter. Bongo confirme ce que nous nous disions déjà en 1996, qu'il ne veut pas libéraliser et qu'il est prêt à mourir au pouvoir.
S'il est prêt à mourir au pouvoir, je crois que nous pouvons l'aider à
exhaucer ce rêve d'une manière ou d'une autre, vous ne trouvez pas?
Lepe