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Sujet: "BONGO ET LA FRANC MACONNERIE"     Précédente | Suivante
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Youri
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28-juin-03, 12h49  (Heure de: New Jersey)
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"BONGO ET LA FRANC MACONNERIE"
 
   ... Le jeune apprenti est dans "la loge 107 des compagnons de saint Jean ", dans laquelle vient également assister aux tenues, quand il est en visite à Paris, le Grand Maître Omar Bongo, président du Gabon. De même, Charles MBA, un brillant cadre expert comptable gabonais qui fait ses classes dans le groupe Elf avant de prendre de hautes fonctions dans son pays, a-t-il été initié au Grand Orient avec la bénédiction de son "tuteur" spirituel : André Tarallo. "J'étais maçon avant de rentrer à Elf, note toutefois Charles MBA

Mais j'ai remarqué que mon appartenance maçonnique a changé mes relations avec les proches du pouvoir. J'ai été approché à plusieurs reprises par le secrétaire permanent de la GNLF qui m'expliquait qu'il fallait mieux être de cette obédience où sont tous les amis français de Bongo. Quant à André Tarallo, on n'a jamais parlé franc-maçonnerie ensemble, mais il me salue comme frère. " . Mais au Gabon, qui n'est pas maçon ?

Chef le l'État de ce petit émirat pétrolier d'Afrique centrale, Omar Bongo, habile sorcier animiste, a toujours su jouer avec la religion, la démocratie... et la maçonnerie des Blancs.

Le catholique Albert-Bernard est devenu le musulman " Omar ", et le frère de la SFIO du Grand Orient fréquente surtout aujourd'hui les loges de la GNLF. Dans son propre temple, Omar Bongo a opéré un parfait syncrétisme : le Grand Orient et la GNLF ont été fusionnés en un GRE, Grand Rite Équatorial. Mais il n'a pas osé, comme le propose le grand maître jean Prouteau, créer chez lui une vraie alchimie en instituant une hiérarchie et des grades africains avec des Maîtres de la Côte, de la Brousse, de la Savane, (pourquoi pas du Manguier et la Souris ?), de la Forêt... et de la Parole. Omar Bongo est cependant lui-même Grand Maître d'honneur de toutes les loges gabonaises (comme certains rois d'Europe avant lui) tandis que le grand Maître opérationnel est le numéro deux du régime, Georges Rawiri, aujourd'hui président du Sénat. Dignitaire de la GNLF, ce dernier est, depuis la construction du chemin de fer Transgabonais, l'un des plus formidables chantiers du pays dont il était le deus ex machina, le passage obligé des relations d'affaires entre la France et le Gabon. Homme discret, sinon secret, Georges Rawiri organise souvent dans son appartement parisien des dîners privés de " haute tenue " entre frères français et gabonais.

C'est chez lui que le président Omar BONGO a dîner en octobre 1996 avec le ministre de la Coopération Jacques Godfrain, l'éminence " africaine " d'Elf, Tarallo, ainsi que Pierre Fabre, des laboratoires du même nom, qui ambitionnent de monter une usine pharmaceutique à Libreville. Ils ne sont pas les seuls à être invités chez le Grand Maître Rawiri. C'est en particulier chez lui que devait dîner, le 7 avril 1994 François de Grossouvre, le conseiller du président, le soir où il a été suicidé selon le commandant Barril... (génocide Rwandais…)

Au Gabon, tout membre "sérieux" de la nomenklatura possède son tablier maçonnique et ses écharpes de maître. Tous les vendredis soir, il est en tenue à la "Loge bleue". Le Premier ministre gabonais Paulin Obame Nguéma est, bien sûr, maçon, ainsi que la grande majorité des ministres. Tout le monde veut rencontrer le Président au temple et pendant les agapes…

L'opposition la plus radicale manie également l'épée flamboyante. Peu après la réélection en décembre 1993 d'Omar Bongo à la suite d'un scrutin contesté, un dirigeant de l'opposition avait suggéré, lors d'une réunion du haut Conseil de la Résistance, d'aller brûler le temple du Grand Rite équatorial, au carrefour des Charbonnages, à Libreville, ainsi que celui de la Grande Loge nationale gabonaise à l'Okoumé Palace, selon l'origine de tous les maux du pays. Silence dans la salle. Puis, Pierre-André Kombila, numéro deux du (Rassemblement national des bûcherons), le premier parti de l'opposition, et alors vice-président de ce Haut Conseil, s'est levé et a déclaré : "Si vous brûlez les temples, il faudra me brûler aussi.

" Un autre s'est dressé en disant : " Moi aussi. " Un autre, puis un autre. Bref, il était plus que temps d'initier ce profane aveugle... De son côté, Omar Bongo n'utilise pas son réseau maçonnique que pour la gestion intérieure. Il mène avec "ses " Grands Maîtres une diplomatie parallèle dans toute l'Afrique centrale, mais qui n'est pas toujours couronnée de succès.

Au Congo-Brazzaville voisin, futur émirat pétrolier comme le Gabon, Omar Bongo a tenté de conduire les Grands Maîtres à entreprendre une tentative réconciliation entre le président Pascal Lissouba et prédécesseur, Denis Sassou Nguesso, en conflit ouvert pour le pouvoir. Une violente opposition entre les hommes dont s'était également occupé l'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent.

Dans une lettre écrite en prison sur ses activités africaines, Loïk Le Floch-Prigent - après avoir souligné qu'il avait lui-même trouvé modus vivendi " sur le continent avec " Tarallo-Sirven-Penne " - précise : " J'étais chargé de maintenir le Congo-Brazzaville dans ses liens avec la France. D'où mes voyages fréquents à Brazzaville, le soutien d'Elf avec des prêts ou des avances au régime congolais, et le soutien à Lissouba au moment de l'élection. Lissouba étant considéré comme un " frère " pour Bongo, qui l'avait fait échapper de prison et sauvé lors de l'établissement du régime marxiste-léniniste à Brazzaville.

Malheureusement, Bongo n'a pas pu faire s'entendre Lissouba et son beau-père Sassou Nguesso, ancien président, car Lissouba considère (à juste titre, car les massacres massives et l'occupation du pays par l'armée angolaise appelée par Sassou le prouvent à suffisance) que c'est Sassou Nguesso, alors marxiste, qui failli le tuer en prison.

L'instabilité au Congo-Brazzaville viendra entre autre moins de cette antipathie que de la soif du pouvoir de Sassou Nguesso et de la difficulté feinte de Bongo à choisir entre son " frère " et son " beau-père ". " C'est toute la différence entre un frère affectif et un "frater". < Il aura fini par choisir le camp de son beau-père et frater, au prix de milliers de morts congolais et de l'occupation du Congo-Brazzaville par l'armée angolaise soutenue par Jacques CHIRAC (qui pense et a déclaré publiquement que la démocratie est un luxe pour les noirs), au nom de la France ! [P>(Les populations du sud du Congo-Brazzaville que massacrent aujourd'hui les angolais sont justement celles qui ont soutenu et payé un lourd tribut et ont permis aux marxistes-léninistes du MPLA de prendre le pouvoir en 1975...La gratitude n'est pas communiste !)] (p.n).

La bagarre entre les deux hommes s'est alimentée de la nouvelle guerre souterraine en Afrique noire entre le Grand Orient et la GNLF.

À peine installé à la présidence en 1992, Pascal Lissouba s'est fait initier au Grand Orient dans une loge à Besançon sous la double influence de l'un de ses parents, Alphonse Niangoula qui sera récompensé par une nomination d'ambassadeur à Paris, et de Nzanga, un autre parent, qui deviendra conseiller à la présidence pour les Hydrocarbures. " Tu ne peux pas être un homme de pouvoir et reconnu dans les milieux politiques en France sans être maçon " lui avaient-ils expliqué. Pascal Lissouba étant " poursuivi " depuis 1965 par de vieilles rumeurs sur l'assassinat de personnalités alors qu'il était Premier ministre, cette initiation devait également dans l'esprit de ses promoteurs, permettre au chef de l'État congolais de balayer à jamais le passé.

Un homme qui a du sang sur les mains peut-il être initié ?

D'apprenti, Pascal Lissouba devient ainsi vite compagnon, le grade au-dessus…Sa femme, " Jocelyne ", d'origine antillaise, était déjà membre du Droit humain. Sa directrice de cabinet, Claudine Mabondzo Munari, véritable numéro deux du régime s'est fait initier en décembre 1996 à la Grande Loge Féminine ainsi que son attachée ainsi que son attachée de presse Arlette Nonault (belle sœur du journaliste François SOUDAN de " Jeune Afrique "). Affiliée au Grand Orient, la Grande Loge féminine n'a jamais jusqu'à présent qu'un " triangle " au Congo-Brazzaville, liée à la loge parisienne de la Rose des vents. Pour Marie-France Coquard, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, " c est incontestablement en Afrique et plus particulièrement en Afrique francophone, que le développement de la Grande Loge féminine de France a été particulièrement rapide et de qualité. La création de la première loge de la Grande Loge féminine en Afrique date du 9 février 1981, à Lomé, au Togo.

Depuis, trois loges ont vu le jour au Cameroun, à Abidjan et, plus récemment, au Gabon. Des projets sont en cours de finalisation au Congo-Brazzaville, au Sénégal, au Bénin ", déclarait-elle en novembre 1995. De son côté, l'ancien président Denis Sassou Nguesso se faisait initier le 16 janvier 1993 par le Grand Maître Armand Agboba, de la Grande Loge indépendante du Sénégal, affiliée à la GNLF. Le président Bongo aurait conseillé à son gendre de se faire plutôt initier par la " tendance anglaise ", ne serait-ce que pour bénéficier, comme lui-même, de la protection des " frères " de la commission Afrique du Congrès américain. Une première tentative de réconciliation entre les deux " frères " congolais avait été organisée le 13 Janvier 1993 par le président Bongo. Six Grands Maîtres avaient pris place à Libreville dans le Grurnann présidentiel pour se rendre à Brazzaville. Trois grosses Mercedes noires attendaient les " frères " au bas de l'échelle de coupée.

Ils s'entretinrent avec les deux protagonistes ainsi qu'avec l'ancien Premier ministre Yhomby-Opango, lui-même membre de la GNLF, et plusieurs autres maçons de l'opposition. Mais pas d'embrassades dans les temples, les Grands Maîtres étaient rentrés bredouilles à Libreville. Au mois d'août 1996, une nouvelle tentative fut conduite par Jacques Lafouge, le Grand Maître du Grand Orient de France à l'occasion de l'intronisation d'un nouveau Grand Maître local : Jean-Pierre Manoukou. Ce dernier succédait à l'ancienne loge mixte locale (Grand Orient et loges associées du Congo-Brazza) qui était animée par Edmée Bru, Gilles Quentin, Roger Maysonable et J.-P. Bechemin. Cette deuxième tentative qui avait également rassemblé des Grands Maître Cameroun, Protais Ayangma, et du Sénégal, Armand Agboba, s'est révélée contre-productive.

Passé assistant Grand Maître, l'ancien président Sassou a accusé Samuel Badinga, un dignitaire de la GNLF, qui avait monté l'opération avec Jean-Pierre Manoukou, de favoriser l'implantation du Grand Orient au détriment GNLF et a voulu le faire sanctionner.

Depuis, le sang a coulé abondamment sur les épées (jusqu'à faire déborder le fleuve Congo transformé par la milice Cobras de Sassou Nguesso en cimetière des milliers de congolais massacrés pour assouvir la soif de pouvoir (franc-maçonnique ?) ( Charasse, le Radical de Gauche déclare cigare cubain au bec haut et fort ce que pense la classe politique française dans son ensemble : " au Congo-Brazza, que ce soit Sassou ou Lissouba, peu importe, l'essentiel c'est de faire des affaires…pétrole, pétrole !! ) Si les "frères" du Congo n'ont pas réussi réconcilier sous la protection du grand frère gabonais et de ses amis français, un autre chef d'État africain, maçon de fraîche date, doit beaucoup aux compas, aux équerres et aux colonnes des temples.

Le 27 janvier 1996, après des mois de blocage politique et institutionnel au Niger, le colonel Ibrahim Baré Maïnassara, surnommé " IBM ", fait un coup d'État. Un remake des années 70 qui paraît immédiatement décalé depuis la chute du de Berlin et la Perestroïka du sommet franco-africain la Baule, qui a mis les anciennes colonies françaises à l'heure des urnes. Le nostalgique colonel est immédiatement dénoncé par l'ensemble de la communauté internationale, y compris la France.

Les " frères d'armes d'IBM ainsi que des " frères maçons ", qui sont souvent les mêmes, vont se mobiliser en sa faveur. À Niamey, c'est un directeur de la Banque centrale des État l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) qui mobilise les vénérables de la région avec ce langage initié: " sommes tous aujourd'hui des habitants du village planétaire, voisins de plus en plus proches au sein de ce village. Il est légitime de s'interroger sur notre apport de maçons et sur notre contribution au progrès général peuple nigérien. " Le premier à répondre à l'appel est le président burkinabé Blaise Compaoré, un initié de la GNLF.

Youri Gabao,
Pour un Gabon meilleur...


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