Voici une lettre que j’écris au Président Bongo et c’est dommage que ses conseillers ou ses lecteurs ne lui en rendent pas compte.Loin de moi l’idée d’épouser et d’approuver votre politique, Grand camarade, je viens ici par la présente en tant que quelqu’un qui vous aime, en tant que frère gabonais, en tant qu’humain qui n’aime pas les humiliations, en tant qu’humain qui viens conseiller un autre humain qui déteste par conséquent les humiliations aussi, surtout pour une personne de votre catégorie ayant connu tous les honneurs de ce monde.
Dans un pays aussi «démocratique » tel que vous le prétendiez, vous ne m’en voudriez du tout pas si je ne suis pas d’accord avec votre politique. Si je viens aujourd’hui aussi poliment vers vous c’est parce que je juge que vous n’avez pas de bons conseillers, vous n’avez pas un bon entourage. Dans le cas contraire, c’est vous alors qui ne les écoutez pas.
Je comprends très mal qu’entouré de toutes les bonnes têtes du pays, que le pays continue aller en chute libre dans le déclin depuis le début des années 80, sans qu’un changement sérieux ne soit fait pour redresser la situation. La prison, l’intimidation et la torture n’ont jamais été les remèdes appropriés. Il est possible que tu sois tombé dans le piège du « diviser pour mieux régner » des français.
Grand Camarade, aujourd’hui tout compte fait, il est déjà trop tard pour vous de donner une meilleure vie aux gabonais. Par contre, il est encore grand temps pour vous de partir avec tous les honneurs possibles : certains autres Africains l’on déjà fait. Ce qui a été une décision sage de leur part. N’oubliez que vous êtes le plus sage de tous. Car vous savez plus que moi, aujourd’hui, que tous les indices sont réunis, tous les morceaux du casse-tête sont regroupés et toutes les conditions sont remplies pour que vous démontriez plus que jamais votre sagesse en déposant tout simplement les armes et vous en allez, pour le bien de la jeunesse gabonaise (sacrée d’après vous-même) avant qu’elle ne soit sacrifiée dans un Gabon sans issu sous votre règne.
Franchement, l’heure a sonné, il ne sert à rien de vous entêter. Aujourd’hui, ceux qui quittent le BDP (Bongo Doit Partir) pour vous rejoindre dans le PDG, savent que c’est une cause perdue. Mais ils sont obligés de subir cette humiliation parce qu’ils ont besoin de vivre : ventre affamé n’a point d’oreille. Si les choses étaient organisées dans un petit pays d’un million d’habitants, les gens n’auraient pas besoin de se souiller ainsi en perdant leur dignité. Mettez-vous en tête que d’autres sont capables de supporter la lutte et avec raison et aller jusqu’au bout, comme moi par exemple.
Vous (Bongo, Rawiri, Ntountoume, enfin toute la bande) et moi n’avons plus rien à perdre, absolument rien, notre temps est passé, pensons aux générations futures (nos petits). Par contre, il y a encore quelque chose à gagner : c’est la dignité en partant maintenant du pouvoir sans qu’on ne vous bouscule tel que cela risque de se passer dans les quelques jours qui arrivent, je ne me base toutefois pas sur l’ultimatum que vous a lancé le BDP. C’est la parole d’un prophète!
Monsieur Bongo, au Liban, il y a un proverbe qui dit « même si le coq ne chante pas, le jour va quand-même venir », dans le même ordre d’idée la Sainte Bible dit « la nuit ne durera pas toujours ». Et au Gabon, il y a un proverbe qui dit « si l’éléphant dévaste la plantation de ton voisin juxtaposé à la tienne, dis-toi que demain ce sera la tienne ». Il y a beaucoup d’enseignement dans ces proverbes.
Premièrement, enlève de ta tête le fait que tu pourrais rester éternellement président du Gabon ou encore vivre éternellement : c’est vraiment faux. « Même si le coq ne chante pas, le jour va quand-même venir ».
Deuxièmement tu ne peux plus compter sur la France, détrompe-toi car ce n’est qu’une illusion. Il faut être réaliste, la France a réussi à t’imposer au peuple docile gabonais après la mort de Léon Mba (qui voulait se réhabiliter auprès de son peuple) pendant 36 ans.
Toi, en retour tu as bien servi les intérêts des français au Gabon. Tu en as plus que trop fait. Aujourd’hui l’amitié entre la France et Bongo, et rendu à un point tel que, si tu demeures toujours au pouvoir, elle se dit tant mieux; si tu t’en vas, cela ne lui fait ni froid ni chaud. Mais surtout, ce n’est pas la France qui te fera partir de là. La France ayant suffisamment reçu du Gabon par toi et étant plus avertie de la maturité des jeunes gabonais, et se reprochant de quelque chose à quelque part dans son subconscient, laisse maintenant le sort du Gabon entre les mains des gabonais, sans toutefois le dire ouvertement.
Les jeunes gabonais ont lié des amitiés à travers le monde. Aujourd’hui ces jeunes peuvent se faire aider par d’autres pays en dehors de la France, comme par exemple, les États Unis d’Amérique.
Je partage la même douleur que le peuple Iraquien aujourd’hui. Mais lorsque George W. Bush a dit que avec ou sans l’ONU, Il fera la guerre à l’Iraq pour faire partir Saddam Husein, il l’a fait. La France, et les autres, ont beau posé leur droit de veto, cela n’a pas empêcher la guerre. Beaucoup ont eu peur du devenir des relations diplomatiques. Aujourd’hui, il n’en est rien, en tant que frères blancs et occidentaux, ils ont lavé le linge sale en famille, et c’est terminé. Saddam est traqué, il vient de perdre ses deux fils au moment oû j’écris cette lettre (que Dieu ait leurs âmes). En tout cas, je ne te souhaite pas une telle fin, pour tous les honneurs que tu as déjà connu, il est mieux que tu partes de toi-même, car ça ne saurait tarder! De la même façon, les gabonais n’aimeraient pas vivre ce que vit le peuple Iraquien aujourd’hui. Il faut t’en aller.
L’Iraq, c’est peut-être loin, mais Sao Tome et Principe est juste à côté, n’est-ce pas!
« Si l’éléphant dévaste la plantation de ton voisin juxtaposée à la tienne, dis-toi que demain ce sera la tienne ».( Surtout que même le mouton ne pourra plus rien brouter là oû il est attaché).
Lave le linge salle en famille avec tes frères gabonais, si tu aimes ce peuple et si tu es gabonais, en organisant des élections dignes de ce nom, les Américains venant assister entant qu’observateurs! On est obligé d’appeler des observateurs internationaux pour assurer la transparence. Moi personnellement, cela me dérange beaucoup que d’autres personnes viennent nous regarder faire comme si nous étions de petits enfants, alors qu’on est soit disant indépendant depuis 1960. En l’an 2003, on est encore obligé de fonctionner comme-ça parce que les choses n’ont pas été convenablement bien faites pendant 36 ans de pouvoir.
Il ne sert à rien aujourd’hui d’emprisonner ces braves jeunes gens du BDP ou toute autre personne éprise de liberté dans son pays.
Rappelle-toi qu’on n'est plus en 1964, lorsque Léon Mba a été sauvé in extremis par la milice française. Les moyens de communication aujourd’hui sont tellement évolués. Sois sage, demeure un bon arbitre en organisant le plus vite possible les élections et vas- t-en avec honneur et dignité car l’heure a sonné : parole d’un prophète!
Qu’en pensez-vous, le peuple?
Leprophete