Retour
URL du forum: http://www.bdpgabon.org/cgi-bin/dcforum/dcboard.cgi
Nom du forum: L'arbre à palabres économiques
ID de la discussion: 26
No.0, Doumba réalité ou fiction?
Posté par: Aleka Benjamin, le 05-juil-99 à 19h18 
Pardonnez mon irruption soudaine sur ce forum, mes amis, mais cela fait un bon bout que j'entends<BR>parler d'Emile Doumba comme d'une perle rare dans ce pays en décadence qu'est le Gabon.<P>N'étant pas au Gabon en ce moment, j'ai très peu d'infos sur ce qui se passe au pays. S'il y en a<BR>parmi vous qui êtes au Gabon, pouvez-vous me dire ce que Emile Doumba fait ou a fait de bon<BR>depuis qu'il est Ministre des finances? Il serait bien qu'on sache certaines des actions positives qu'il<BR>a réalisées pour voir s'il y a encore de l'espoir au Gabon.<P>Merci d'avance pour l'info. <P>Benjamin.

No.1, Doumba, fiction
Posté par: Ogandaga, le 06-juil-99 à 23h21 
En réponse au message 0
Pour répondre à votre question, je ne peux que dire que Monsieur Doumba a fait zéro au quotien depuis qu'il est là.<P>On a entendu beaucoup de bruits pour des réformes qui ne sont pas venues. En six mois d'exercice, Doumba a vite fait de se rendre compte qu'on ne peut pas réformer la mafia aussi facilement qu'il le croyait.<P>Tout ce qu'il a fait avec son patron Bongo c'est appeler toute la clique de blancs français de chez ELF comme conseillers. Tous les ministères importants ont leur blanc conseiller qui est payé avec des fortunes immenses pour un résultat nul.<P>Je crois que les gars du BDP l'ont bien dit. Quand on se met au contact d'un tuberculeux, on attrape la tuberculose. Doumba a attrapé la tuberculose de Bongo. Résultat, zéro.<P>Ntoutoume lui, on ne pouvait rien à attendre puisqu'il est là depuis des années.<P>Pas la peine d'espérer, mon frère. Occupe-toi de manger ton pain tranquilement où tu es. Tu n'as rien râté. Le Gabon est tout simplement dans sa pourriture habituelle.<P>Ciao.

No.2, Re: Doumba, fiction
Posté par: Biko Stevens, le 07-juil-99 à 11h11 
En réponse au message 1
Ah mon frère Ogans, je croyais aussi que j'avais raté quelque chose de <BR>serieux, or c'est du pipo tout ça.<BR>je suis d'accord avec toi.<BR>ciao

No.3, re: Doumba fiction
Posté par: ngandji, le 13-août-99 à 10h20 
En réponse au message 2
bonjour<P>Pour faire une sorte de bilan du ministre des finances, je vous propose trois éléments d'appréciations :<P>Son programme d'action en l'occurence la lettre de cadrage du président de la république et du premier ministre<P>La liberté et les marges de manoeuvre dont il dispose .<P>L'image que l'opinion publique se fait de son action<P>1/Il se trouve dans une situation d'équilibre instable. S'il réussit à mener à terme les réformes que demandent les institutions financières tous le mode applaudira ,dans le cas contraire il sera un bouc émissaire. Son action s'inscrit dans la dynamique du gouvernement. Cependant à l'étonnement général , il met un zéle particulier à l'application des mesures que tout le monde reconnaît comme salutaires pour le Gabon.En général on se contente du discours remettant les actions au calandre grec.<P>2/derrière son action on sent une volonté de changement du système en place tant qu'il ne s'attaque pas aux chasse gardé.Lorsque ce moment là arrivera son départ sera inéluctable.<P>3/jusqu'à présent il semble bénéfier de l'estime des gabonais qui voit en lieu un financier intègre,trés peu mouillé dans le monde politique, un technocrate en sorte.<P>Ce que pour ma part , je mets à son actif est la tentative de réduction du train de vie de l'Etat.<P>Il cherche , analyse , traque les moindres cfa engagés par l'Etat qui n'atteignent pas les destinations pour lesquels ils sont engagés.<BR>Résultat, beaucoup de fonctionnaires( ceex qui touche indemnités de fonction ,PCA etc) ont vu leurs primes de fonction se dissoudre au soleil.<P>En ce qui concerne le train de vie de l'Etat, la dernière en date est la remise au trésor publique des primes que touchent les menbres du gouvernement chaque fois qu'ils siègent en conseil des ministres. Une première à Gabao.<P>Son action peut être entraver par les gabonais habitués à vivre dans l'opulence qui voit leurs privilèges disparaître.Un élément à consider aussi est la difficulté de la tâche. comment redresser en quelques mois une économie qui pendant plus de 30 ans a fonctionner dans une certaine logique? cette réforme la ,plus que tout autre a besion de temps.<P><BR>Ce qui est certain c'est qu'il n'ya pas de fumée sans feu si les échos de son action vous sont parvenus c'est qu'il ya peu être quelque chose de vrai.<P> A vérifier de vous même au Gabon si possible<P>Cordialement

No.5, A propos de Doumba
Posté par: Raphaël-Blaise Ilunga, le 13-août-99 à 16h32 
En réponse au message 3
Ce que vois dites, ami, comporte des éléments de vérité non négligeables. Nous au BDP croyons aussi que Doumba aurait pu, dans le cadre d'un système différent, contribuer positivement à l'action de développement d'un Gabon prospère.<P>Il se trouve malheureusement que Doumba n'est qu'un seul homme, une unique brebis dont l'action ne peut manquer d'être noyée dans la marre de malversations qui inonde le système Bongo.<P>Voilà pourquoi nous, au BDP, pensons justement que Bongo Doit Partir, pour que des gens comme DOumba puisse justement apparaître de la fange bongoïste qui les empêche de s'exprimer et de mettre au service de la nation les immenses compétences à leur disposition, compétences qui, aujourd'hui sont malheureusement étouffées.<P>Bien à vous.<P>Raphaël-Blaise.

No.4, Doumba: plus fiction que realite.
Posté par: L'Oracle, le 13-août-99 à 16h26 
En réponse au message 3
La Doumba-mania qui a anime nos compatriotes n’est pas sans rappeler la Oye-Mba-mania qui jadis faisait rever les Gabonais en attente d’une ere nouvelle pour notre pays. Malgre toute la bonne volonte de Oye-Mba, ses tentatives de reformes ne rencontrerent que l’ire du noyau familial pure et dure du Bongoisme. Tres rapidement les Gabonais se rendirent compte que le regime de Bongo ne se reforme pas! Il est en effet difficile de demander a des gens habitues a en faire a leur tete d’apprendre a respecter la distinction entre les finances publiques et leur tirelire personnelle. D’apres La Lettre du Continent, "Plus de 350 milliards F CFA ont été "évaporés" des caisses de l’etat Gabonais en 1998". En d’audres termes, meme au moment ou le pays n’a plus rien, nos fossoyeurs trouvent le moyen de voler l’equivalent de deux tiers du budget. Malheureusement, ce n’est pas en eliminant quelques petits privileges ici et la qu’on reforme un tel regime; il faut tout simplement le demanteler. L’autre demonstration des limites de Doumba est la revocation-renomination de Mr Ontala. Ce dernier, gros voleur de sont etat, avait ete ecarte par Doumba. Il alla se plaindre chez son parent Bongo qui le ramena a son poste initial au nez et a la barbe de "Mr propre et integre" Doumba. Qu’a fait Doumba? Rien; il a accepte que ce voleur revienne a son poste juteux. Pensez-vous qu’Ontala va se transformer en enfant de coeur? Bien sur que non, il va continuer le pillage en toute quietude.<BR>

No.6, Doumba-hercules
Posté par: ngandji, le 16-août-99 à 08h03 
En réponse au message 4
Qui nettoiera les écuries d'Augias ( le Gabon dans le cas présent) comme l'a fait hercules dans la mythologie grecque?<BR>Es-ce un Emile Doumba dont l'action a montré ces limites comme dans le cas de figure évoquer par l'oracle(l'affaire Ontala)? Es ce un mouvement collectif ou la conjonction des deux?<BR>Le peuple gabonais (il n'est pas le seul d'ailleurs) a besoin de personnalité sur qui il peut s'identifier en terme d'action poer le `ien être social et de recherche de l'équité pour tous.Il est clair qu'il (Doumba) nage à contre courant de vagues qui ont mis près de 40 ans à ce former.Tous ceux qui tentent de réformer le système de l'intérieur comme de l'extérieur ont a faire face a cet agrégat de mentalité, de façon de faire et de conduite de la nation qui ont été forgé dans le système Bongo.<BR>Je prendrais la chimie pour illustrer le phénomène actuel.Un étudiant cherche à réaliser une réaction chimique ,qui si elle réussit fera passer le liquide rouge contenu dans son éprouvette en un liquide bleu.Tant que la dernière goutte de réactif n'a pas été versé on ne peut dire si la réaction est un succès.Seulement, pour qu'elle réussisse ,il sait qu'il doit verser des gouttes.<BR>Emile Doumba comme bien d'autres ne sont que des gouttes qui feront virer la coloration.<BR>Nous convenons que lorsqu'un homme pose des actes(même de façon partielle) qui concourent à éclaircir le paysage économique du Gabon donnons lui au moins l'estime et le respect auquel il a droit.<BR>Vous comme moi avons tendance à trop nous focaliser sur les exemples d'individus qui nous freinent dans notre avancée au lieu de suivre ceux qui nous font progresser er et qui sont rares comme des gouttes d'eau dans le désert.<P>Rendons à l'oracle ce qui est à l'oracle et à Doumba ce qui est à Doumba.<P>Pour conclure, l'amélioration des conditions de vie des gabonais se fera ( en sachant reconnaître les mérites des uns et des autres) par l'action conjuguée de l'Oracle, de Doumba et de tous ceux qui pensent qu'il y a une autre image du pays à faire prévaloir que celle qui est véhiculée actuellement.

No.7, A propos du désert...
Posté par: Mao Badinga, le 16-août-99 à 09h12 
En réponse au message 6
<BR>Ami Ngandji,<P>J'aime vos analyses et comme beaucoup d'autres, j'aimerais donner mon crédit et mon respect à Doumba, mais je ne le peux plus. Pourquoi?<P>Je prendra votre exemple pour "détruire" votre propre analyse.<P>1) Quand vous dites:<P>"Vous comme moi avons tendance à trop nous focaliser sur les exemples d'individus qui nous freinent dans notre avancée au lieu de suivre ceux qui nous font progresser er et qui sont rares comme des gouttes d'eau dans le désert."<P>Je vous répondrais tout simplement que c'est parce que Doumba est une goutte d'eau dans le désert que son action ne signifiera rien pour l'avenir du Gabon. Mon cher, vous savez que le désert est tellement chaud et asséché que quand il y pleut, les gouttes d'eau s'évaporent avant même de toucher le sol.<P>Dans le désert du système Bongo, la goutte d'eau Doumba est en train de s'évaporer avant même d'avoir touché le sol, c'est-à-dire avant même que son action n'ait quelque conséquence positive pour le Gabon, malgré sa bonne volonté.<P>2) Il y a aussi un problème d'intégrité qui commence à se poser. Depuis que Doumba est Ministre des finances, un certain nombre de gifles au visage lui ont été faites par Omar Bongo. D'abord il y eut la déclaration de mai 1999 lorsque Bongo, à son retour de France, déclara que ce serait désormais lui, le Ministre des Finances et que Doumba serait relegué au rang d'assistant devant la grandeur experte de Bongo lui-même plus que jamais prêt à se vautrer sur les caisses de l'état. Ensuite, il y eut la seconde gifle, celle qui remit Ontala aux douanes alors que Doumba l'avait fait virer. Il se trouvait malheureusement que Ontala était un "frère" à Bongo, et sa réaffectation ne plaisait pas à Bongo.<P>Cher ami, Doumba a subi tous ces affronts sans broncher. J'ai toujours pensé que la meilleure manière d'aider son pays c'est de démontrer un peu d'intégrité. Qu'est-ce qui a empêché Doumba de démissionner pour montrer à Bongo qu'il fallait qu'on le laisse travailler ou alors il partait? Parfois, une seule démission peut amener à des effets bombe qui peuvent aider à l'avancement des choses. Bongo sait par exemple l'aura qu'a Doumba auprès des financiers internationaux. Une démission de Doumba ferait peur à Bongo car ce serait là retourner dans les mauvaises grâce des créanciers. La présence de Doumba au moins fait entretenir l'illusion du changement,alors qu'on sait qu'en réalité les choses n'iront nulle part.<P>Il apparaît donc ainsi que les problèmes d'intégrité rongent encore notre système. Partout ailleurs, quand un ministre ne partage pas la vision de son gouvernement, il démissionne. Au gabon, personne n'a jamais démissionné. La dernière démission que l'on ait vu chez un homme politique gabonais remonte aux années 60 lorsque Jean Hilaire Aubame, à cause des machinations de Léon Mba, renonça à son poste pourtant mieux payé de Président de la Cour suprême pour se contenter du poste moins bien payé de député. Il avait le sens de l'honneur et savait que Léon Mba voulait l'éloigner du parlement, là où sa présence était la plus redoutée.<P>Au Gabon, les Mebiame, Oye Mba, Paulin Nguéma et autres Doumba auraient mieux aider leur pays en démissionnant avec fracas. Leur silence est donc un silence complice qui a montré les limites de leur patriotisme. Ils attendent tous que Bongo les vire dans l'humiliation au lieu de se distinguer par des démissions qui pourraient changer la manière de penser de nos dirigeants. Ils ne savent même pas que la démission est une arme politique efficace dans un système comme celui de Bongo.<P>Voilà pourquoi je pense que Doumba est une goutte d'eau qui arriva presque sur le sol du désert Bongoïste mais qui s'évapora avant même qu'elle n'ait touché le sol.<P>Comme les autres, son intégrité a des limites. Ces limites sont les gros salaires et les honneurs qu'il tire du système Bongo. Et cette drogue de la richesse, mes amis, est le mal par lequel le Gabon a péri. Nous n'avons aucun homme politique patriote. Et Doumba n'échappe pas à cette règle.<P>Merci.<P>

No.8, Je veux bien rendre à Doumba ce qui lui appartient!
Posté par: L'Oracle, le 16-août-99 à 14h58 
En réponse au message 7
Je commencerai mon propos en demandant au frère Mao Mbadinga de ne point exclure la très courageuse Pauline Nyngone (je n’arrive jamais a épeler correctement son nom) qui démissiona du Gouvernorat de l’Estuaire en protestation des les faudres de 1993. Cet acte sera un jour unanimement reconnu comme l’un des plus courageux de l’histoire politique de notre pays.<BR>Pour en revenir à Doumba, j’aime bien l’analogie de l’expérience de chimie de l’ami Nganji. A la seule différence qu’à la fac de chimie, le prof met à la disposition de l’étudiant tous les moyens nécessaires à la reussite de son expérience. Le succès de l’expérience dépendra donc de la dextérite de l’étudiant, de son habilité à doser convenablement les solutions et à les maintenir dans les meilleures conditions de température et de pression de manière à ce que les atomes et molécules réagissent de façon optimale. Doumba est donc cet étudiant dont l’expérience consiste à transformer une économie moribonde en une économie viable; Ou en termes chimiques, transformer une situation endothermique (consommatrice d’énergie) en une réaction exothermique (productrice d’énergie). Le problème c’est que le responsable de la fac (Bongo) ne laisse pas toutes les coudées franches à notre étudiant. En fait, l’étudiant n’a pas le choix des materiaux. Le responsables (Bongo) lui demande de faire des miracles tout en limitant sa marge de manoeuvre. En fait, Bongo demande à l’étudiant Doumba de faire non pas de la chimie (qui est une science bien définie), mais plutôt de l’alchimie (qui est une pseudo-science plus en rapport avec l’ésotérie que la réalité). Tout se passe comme si pour son expérience Doumba avait besoin d’ éther, d’acide sulfurique et chloridrique; mais Bongo lui dit qu’il peut utiliser l’éther et l’acide chloridrique mais surtout pas l’acide sulfurique car celle-ci serait une chasse gardée. L’expérience est donc vouée soit à l’échec, soit à un succès minimal avant même d’avoir eu lieu. Je ne doute pas de la bonne volonté de Doumba, car je sais que beaucoup de Gabonais travaillant dans le système Bongo se plaignent de ce système et aimeraient voir de réelle réformes. Le problème c’est que Doumba accepte de voir son travail sapé par le noyau immobiliste du régime. Cette résignation est identique à celle d’Oye-Mba qui avait vu les rénovateurs avoir sa peau et le salir à outrance par la plume de Ngoyo-Moussavou dans l’Union sans broncher. La question est pourquoi des gens reconnus comme de bons gestionnaires laissent-ils leur réputation être salie par le gang Bongoiste?<BR>Nous pouvons nous inspirer de ce qui s’est passé en Asie quand ils ont été frappés par la grande crise d’il y a un an. Au Japon, en Corée, en Indonésie etc… il a été reconnu que le pays devait changer de direction. Pour que ce changement soit efficace, il fallait une nouvelle équipe. C’est ainsi que tout ces pays ont changé leurs équipes dirigeantes et un ans après, ils sont tous hors de la crise. Chez nous, on nous dit qu’il faut attendre que Bongo CHANGE DE LUI MEME pour qu’enfin arrive un semblant de bonne gouvernance. Si vous y croyez, c’est tant mieux pour vous. Quand à moi, toute tentative de réforme non associée au demantellement PUR, SIMPLE et DEFINITIF du système Bongo a 0% de chance de réussite. Ce qui est important aujourd’hui n’est plus de savoir qui est ministre de çi ou de ça; ce qui compte aujourd’hui c’est de créer un climat dans lequel je sente que mes droits et ceux de Nganji sont protégés, que je mange à ma faim, que mes progrès professionnels soient liés uniquement à mon rendement etc…<BR>

No.9, comment faire du nouveau avec de l'ancien 2
Posté par: ngandji, le 18-août-99 à 05h51 
En réponse au message 8
Bonjour, <BR>J'ai écrit une contribution dans le forum (dans palabre sociale je ne me rappelle plus exactement) qui s'intitule comment faire du nouveau avec de l'ancien, je reprendrais ici les conclusions auxquelles j'ai aboutit puis je me contenterais examiner le bien fondé des conclusions de l'oracle .<P>comment faire du nouveau avec de l'ancien ,puisqu'il est question de changement et de démentèlement d'un système.Dans cet optique , j'affirme qu'il y a au Gabon des compétences , du savoir faire et de la matière grise pour écrire les pages de l'après Bongo.Seulement ces compétences ne se trouvent pas forcément là où l'on pense les trouver c'est à dire chez ceux qui parlent d'alternence.<BR>Il existent des compatriotes qui incarnent un tant soit peu les qualités morales de probité , d'intégrité et de justice tout bord politique confondu .Ces compatriotes nous les cotoyons peut être tout les jours, seul notre manque de clairvoyance et notre faible faculté de reconnaître le beau et le bien lorsqu'il se manifeste nous limite.<BR>Je prendrais pour exemple Jules Aristide Ogouliguindé lors de son passage à tête de la fonction publique.Il a préconisé en son temps les réformes qui se déroule actuellement.C'était une révolution que beaucoup de gabonais avaient du mal à envisager à l'époque.<BR>C'est de tels compatriotes et types d'actions politiques qui peuvent créer le climat dont parle l'oracle à la fin de son intervention. <P><BR>J'arrive maintenant aux conclusions de l'oracle qui semble établir une relation analogique entre changement de direction, changement d'hommes et changement de comportements politiques.<BR>L'une des hypothèses serait qu'on en arrive soit à verser du vieux vin dans des nouvelles outres, soit à verser du vin nouveaux dans de vieilles outres .L'idéal serait de verser du vin nouveaux dans de nouvelles outres.<BR>Pour la période de l'après Bongo il serait souhaitable d'avoir le dernier cas de figure et de tolérer ceux qui dans l'ancien système ont déjà démontrer de leur intégrité et qui seraient les vieilles outres où l'on aurait verser le vin nouveaux( en espèrant qu'elles ne se déchirent pas sous la pression).<P>Changement de direction ne veut pas forcément dire changement de mentalité.Nous nous accordons tous que ces sont les mentalités et les comportements qu'il faut réformer. Regardons le Bénin qui semble nous donner l'impression d'avoir fait du sur place au niveau politique. Kérékou-Soglo-Kérékou tel est l'enchaînement dans le temps de la séquence politique béninoise.J'ai bien peur que parce qu'ils veulent voir un autre visage leur prononcer le discours du 17 août à la télévision les gabonais soient prêts à élire n'importe qui sans discernement.Cette affirmation peut être la conclusion que tu me pousses à tirer de ta contribution.<P>Lorsque nous nous regardons dans un mirroir nous voyons notre propre image pas celle de quelqu'un d'autre. Es ce à dire que Bongo nous a renvoyé pendant 30 ans notre propre image où nous avons accepté sans trop savoir pourquoi et comment nous modeler à l'image de Bongo.<BR>Une sagesse ancienne dit que nous n'avons que les choses que nous méritons. Es ce à dire que nous avons eu le Président que nous méritions.<P>Tout ce que j'espère c'est que le changement tant attendu le soit véritablement, une nouvelle race de politiques "anciens comme nouveaux" aura après Bongo toute la latitude de nous montrer l'étendue de leurs potentialités.<P>Cordialement

No.10, Quelques nuances quand meme!
Posté par: L'Oracle, le 18-août-99 à 13h28 
En réponse au message 9
Dans l’ensemble le frere Ngandji et moi disons la meme chose; mais j’aimerais quand meme relever quelques petits points de nuances:<P>L’exemple de Ogouliguende est edifiant et illustre combien de fois le Gabon a perdu du temps et n’ecoutant pas ses elements les plus brillants et en laissant des ignares prendre toutes les decisions. Seulement, le probleme c’est que les memes personnes qui bloquerent Ogouliguende dans son action dans les annees 80 sont celles qui aujourd’hui empechent toute reforme serieuse. Dans les annees 80 c’est l’entourage direct de Bongo qui se sentit menace par l’action d’Ogouliguende et demanda son depart. Si Bongo avait a coeur le bien etre du Gabon il aurait ecoute Ogouliguende; mais non il prefera se debarrasser de ce dernier que le noyau Bongoiste considerait comme un empecheur de VOLER EN ROND. Donc cher ami, lorsque vous dites que nous avons peut etre les dirigeant que nous meritons, je dis non. On ne peut pas associer le peuple Gabonais, malgre ses defauts, a la deconfiture du pays sous Bongo. Il est bien trop facile de dire "nous sommes tous responsables". Non, je pense que Bongo et ses sbires sont les seuls responsables. Le peuples n’a jamais cautionne les methodes Bongo, ces methodes ont toujours ete decriees par la grande majorite des Gabonais. Par exemple, ca fait plus de 20 ans que les eleves Gabonais (et leurs parents) demandent de bonnes conditions scolaires. Aujourd’hui, alors que le systeme scolaire est a plat, vous n’allez pas me dire qu’ils ont les ecoles qu’ils meritent (mi-temps, absence de materiel etc…). Dans tous les pays du monde, memes les plus developpes, les gouvernements restent les catalyseurs de l’equilibre social. Au Gabon le gouvernement a failli a sa tache d’assurer la cohesion sociale et le bien etre de tous. Le gouvernement Bongo est le seul responsible de cet etat de fait. Par exemple lorsque Bernard Tapie (dans le temps depute et ministre de Mitterand) fut implique dans une affaire d’escroquerie, on ne lui a pas trouve d’excuses en disant: La France a le ministre "escroc" q’elle merite. Au contraire, Mr Tapie fut incarcere et condamne. De la meme facon, le Gabon tout entier de doit pas porter les responsabilites des actions de Bongo et de sa clique. Seuls ces derniers sont responsables. L’action d’Ogouliguende dans les annees 80 aurait ete soutenu, je pense, par la quasi totalite de la population. Mais seulement elle fut prononcee morte parcequ’elle entravait les interets de 1 ou 2% de la population.<BR>

No.11, match de ping pong
Posté par: ngandji, le 19-août-99 à 06h09 
En réponse au message 10
Bonjour,<P>Nous n'allons pas engager un match de ping-pong en attendons que le filet retienne la balle que l'un d'entre nous aurait lancer, puisque nous sommes d'accord sur l'essentiel du moins je le crois.<P>Simplement à nuance, nuance et demie.<BR>J'illustre avec deux exemples vécus.<BR>La nièce de 2 ans d'un ami venait de se brûler accidentellement avec de l'eau chaude.Se rendant aux urgences de l'hopital général, les infirmières, les internes de garde regardérent avec désinvolture la victime en arguant "vous n'avez qu'à attendre". Trentre minutes passèrent , une heure, excédé mon ami sans prit d'abord à la porte puis à l'infirmière avant que n'arrive un interne plus soucieux du serment d'hippocrate.<P>L'affaire se termina quant même ,comme d'habitude au Gabon, par une ordonnance kilométrique à nos frais( alors que les médicaments prescrit sont sensés être à l'hospital).<P>Deuxième illustration, un soir de juillet pré oral d'admissibilité du bac, un cousin en quête de 20 000 cfa m'interpelle.Lui posant la question de la destination de cette somme il m'avoue que c'est pour lui "facilité l'oral". Bien que les enseignants ne prêtent aucun serment, j'imagine qu'il existent au moins la conscience et déontologie professionnelle.<BR> Les cas que j'ai cité plus haut pillulent à foison (moyennes sexuellement transmissibles, permis de conduite acheter...), je les mettrais bien gentiment au titre des "petits défauts" des gabonais en m'en prendrais uniquement à Bongo comme toi.<P>Oui , je sais ,c'est beaucoup Bongo qui a créer ce système et c'est lui qui l'entretien jusqu'à l'hôpital ,dans les salles de classes , dans les foyers et la vie de tous les jours des gabonais.<P>Chacun sera juger selon ses actes et le poids de ses responsabilités, Bongo plus que les autres.<BR>N'oublions pas que même si une seule dent peut faire pourrir la bouche,l'accumulation de petites caries anodines peuvent avoir le même effet.<P>Pour conclure Bongo partira tôt ou tard c'est inéluctable, j'espère qu'à ce moment là on ne lèvera pas nos verres de moussoungou pour dire le roi est mort vive le roi.<P>Cordialement

No.12, Dans un état, ce sont les leaders qui montrent la voie
Posté par: L'Oracle, le 19-août-99 à 16h57 
En réponse au message 11
Un état est comme une famille, pour qu’il y ait cohésion, il faut un minimum de règles qui soient comprises de tous. Si le père va au lit à 22h tous les soirs, les enfants comprendront qu’ à partir de 22 h il faut écouter la musique au niveau le plus bas possible. Si un des enfants est indiscipliné et écoute la musique "à fond" jusqu’à 2h du matin, il appartient aux parents de rétablir l’ordre afin que ne s’installe l’anarchie.<BR>C’est ainsi qu’au Gabon, il est bien évident que ce n’est pas Bongo qui va dire aux professeurs d’instaurer le système des notes sexuellement transmissibles (selon votre expression), ou demande au personnel médical d’agir avec désinvolture. J’accuse par contre Bongo d’avoir instauré un système au sein duquel ce genre de comportement soit tolérable, sinon encouragé. Bongo lui même pratique le droit de cuissage plus que n’importe qui au Gabon. Il lui est donc difficile de prendre des mesures punitives face aux professeurs qui font de même. Le gouvernement pourrait facilement éliminer ce genre de comportement en licenciant tout prof qui se livrerait á ce petit jeux. Vous savez bien que les rapports entre profs et étudiantes se font au grand jour.<BR>La tache d’un gouvernenment est de créer des conditions de vie meilleures pour les citoyens. Même si Bongo n’est pas responsable personnellement du comportement d’une partie de nos profs, de nos douaniers, de nos flics, de nos infirmiers(ères), etc…on ne peut pas manquer de remarquer que c’est sous Bongo que tout ces comportements malsains se sont enracinés dans les habitudes des Gabonais. En plus, c’est grâce au climat du "est-ce que tu sais à qui tu as affaire?" que l’impunité est devenue la realité de la vie quotidienne des Gabonais. Beaucoup de jeunes Gabonais (comme moi) se demandent pourquoi les journalistes de l’Union ou de la RTG s’attachent avec tant d’ardeur à chanter les louanges du régime, au lieu de faire tranquillement leur boulot de journaliste avec impartialité comme le demande leur code de déontologie? La réponse est que ces journalistes ont vu ce qui est arrivé à leurs collègues qui ont voulu "bien faire" leur travail. Demandez à Mr Paul Mbadinga-Matsiendi ce qui lui est arrivé pour avoir osé dire qu’un parent de Bongo avait eu une prestation "quelconque" à l’émission "Les Dossiers de la RTG"? En s’attaquant à Mr Paul Mbadinga, quel est le message que le Bongoïsme envoie aux Gabonais? Quelle est l’ athmosphère que crée Bongo et les siens?<BR>Parceque le Bongoïsme a crée les conditions nécessaires à l’épanouissement de la loi du plus fort et des passes-droits (droit de cuissage, impunité, détournement, promotions abusives de personnes totalement incompétentes etc…), le régime Bongo est quasiment seul responsable de notre déroute (n’oublions pas que le règne a été sans partage; le peuple Gabonais ne fut jamais consulté).<BR>L’après Bongo devra établir un climat social et politique tenant compte des responsabilités de l’état face au citoyen. On ne devra plus permettre aux gouvernants de faire n’importe quoi sans avoir de comptes à rendre à personne.<P>Salut<P>