No.0, Fond des générations futures: réalités ou moqueries?
Posté par: L'Oracle, le 31-août-99 à 13h05
Il y a quelques temps , alors que nous vivions tranquillement dans notre pauvreté, voici que les très "rénovateurs" Alain alias Ali Bongo et Mba Obame déclarèrent la mise en place d’un fond dit: "Fond des générations futures". D’après nos deux ventrus, ce fond serait une caisse d’épargne collective destinée aux futures générations de Gabonaises et de Gabonais. L’annonce de la création de ce fond fut accueillie (on le comprend) avec beaucoup de scepticisme par le public Gabonais, et pour cause!<BR>Cette idée est un emprunt du model Koweitien. Un fond similaire existe au Koweit depuis des décennies. Seulement voila; si vous êtes Koweitien, vous pouvez savoir à n’importe quel moment quel est la situation de ce fond, son solde et les investissements qui sont fait avec cet argent. En fait, tout Koweitien peut retirer sa part d’argent lorsqu’il en a besoin (pour se marrier, se loger etc…). Un collègue Koweitien m’a appris (avec documents en main: Fortune Magazine) que le fond Koweitien investissait lourdement dans les fonds mutuels, ainsi que les actions et obligations. J’ai ainsi appris que les générations futures du Koweit détiennent 7% des parts de la deuxième plus grosse entreprise du monde: Daimler-Chrysler. Cette entreprise a fait des bénéfices de 15,5 milliards de dollars en 1998. Donc avec cet investissement, si la répartition des bénéfices est proportionnelle au nombre d’actions détenues, en 1998 les jeunes Koweitiens en ont tiré 1,085 milliards de dollar (soit 651 milliards de francs CFA au cours actuel du dollar). Avec de telles retombées annuelles, les 2 millions de Koweitien peuvent dormir en paix car l’avenir est assuré.<P>Je me permets donc de poser une modeste question: où en est le fond des générations futures au Gabon, quel est son solde et quels sont ses investissements?<BR>Je vous avoue avoir des doutes sur l’existance même de ce fond. <BR>
No.1, épargne sans intérêts
Posté par: ngandji, le 09-sept-99 à 06h16
En réponse au message 0
L'idée du Fond pour les générations pour les futures a procédé comme son nom l'indique du souci de constituer une sorte d'épargne pour les prochaines générations.<BR>Ce fond déposé au trésor est alimenté par les recettes propres de l'Etat.<BR>Comme on le voit la logique de ce fond repose sur l'idée de constituer une épargne mais à l'opposé du fond koweitien sans intérêt( à moins que le trésor publique face des placements dans des banques ou à la bourse).<BR>Deuxième autre idée force la transparence dans la gestion du fond n'est pas un principe qui ai été clairement affiché lors de sa constitution d'où le scepticisme de beaucoup de gabonais quant à sa réalité physique.Certains y ont vu un coup médiatique pré électoral et post politique.<BR>L'équipe dirigeante actuelle voulant faire une action d'éclat pour la postérité, une sorte de leg.<BR>Un des grands points d'intérrogation qui est lié à la transparence de ce fond est d'abord la définition des ayants droit et le mode de partage ( distribue t-on l'investissement lui même, les intérêts s'ils existent, une quote part annuelle en fonction des revenus de l'Etat etc...)<BR>Tout aurait laisser à penser que ce fond servirait à des investissements d'ordre publique ( horphelinats , logements sociaux, indemnité de recherche d'emploi...) à destination de populations cibles.<P>En définitive si ce fond dans son principe est une idée qui ne pas doit mourrir mais au contraire mûrir pour les futurs responsables du Gabon, il n'en demeure pas moins que son sort ressemble pour beaucoup au sort du "Fond de solidarité nationale"(d'un mont!nt de 7 milliards de cfa si je ne me trompe)qui a un moment donné a fait entrevoir un espoir d'une vie meilleure aux indigents gabonais.<P>L'histoire semble être un éternel recommencement.
No.2, Ce fonds n'existe probablement plus
Posté par: Dr. Daniel Mengara, le 09-sept-99 à 08h55
En réponse au message 1
<BR>Oui, comme vous le dites, ami Ngangji, l'histoire au Gabon est un éternel recommencement. Seulement, notre histoire à nous recommence sans cesse pour mieux reculer. Nous marchons donc à reculons et n'avonçons que pour mieux reculer.<P>Ce qui me frappe dans votre analyse c'est la clairvoyance dont vous faites montre. Ce fonds aurait effectivement gagné à être clairement défini quand à ses objectifs primordiaux et ses modes de distribution. Or, comme tout le reste au Gabon de Bongo, des idées sont émises qui sont bonnes à priori, mais elles finissent toujours par ne point aboutir à cause du vague et du manque global de direction qui est la marque caractéristique du régime actuel.<P>Mon avis est que ce fonds n'existe plus. Pourquoi?<P>1) On voit mal Bongo et sa clique laisser de côté d'énormes sommes d'argent alors que le pays est dans un tel état de délabrement économique que le régime a besoin du moindre centime pour joindre les bouts et assurer le paiement des salaires.<P>2) Or, cela fait au moins une dizaine d'années que le crise s'est installée avec acuité au Gabon. Certes, ce n'est que dans les deux ou trois dernières années que l'acuité de la dette et de la banqueroute s'est fait sentir de manière viscérale, mais alors c'est précisément à ce moment-là que Bongo et les siens avaient besoin du moindre centime qui traînait dans les caisses de l'état. Pour en être venus à refuser de payer la dette gabonaise auprès des créanciers internationaux, les dirigeants gabonais savaient qu'ils ne pourraient plus à la fois payer la dette et payer les salaires. Résultat: cessation de paiement.<P>Tout tend donc à démontrer que ce fonds, s'il a jamais existé, a déjà été utilisé pour permettre au régime de survivre les temps durs de crise qu'il vit en ce moment.<P>Dr. Daniel Mengara
No.3, Fonds des générations passées
Posté par: ngandji, le 10-sept-99 à 08h43
En réponse au message 2
Comme tu le dis si bien ,point nécessaire d'être nganga ou extralucide pour ce rendre compte que le Fonds pour les générations futures est mort-né.<BR>Mort prématuré d'un manque d'horizon de planification sur le long terme( au moins d'une génération, c'est à dire à peu prés 25 ans) et faute d'appréciation des tendances conjoncturelles des marchés des matières premières.<P>Si le Fonds pour les générations futures est mort au Gabon, je voudrais évoquer ce que j'appelle Fonds des générations passées.<BR>Je m'inspire essentiellement des fonds de pension américain et britannique.<P>De quoi s'agit -il?<P>Des personnes cotisent durant leur vie professionnelle à ce qu'on appelle un fonds de pension.<BR>Ce fonds de pension est en fait une socièté de placements boursiers qui achète les actions aux prix les plus bas pour les revendre bien sûr aux prix hauts ou les investir en action dans les entreprises les plus performantes du marché.<P>C'est ainsi qu'en réalité "les patrons" des plus grandes compagnies mondiales ( Shell, Axa, Elf...) se trouvent être des retraités américains ou britanniques qui influent au même titre que les politiques sur les stratégies d'entreprises.<P>J'illustre mon propos par la situation de la société Michelin ( 2ème mondial sur le marché du pneumatique) qui pour rentabiliser les dividendes des actionnaires ( encore nos fonds de pension américain) est obligé d'envisager des restructuration. Il en a été de même pour Elf Aquitaine avant l'OPA lancé par TOTAL-FINA.<P>Que conclure? <P>Sur le principe du Fonds koweitien et des Fonds de pension américain. Des épargnants gabonais pourraient souscrire à ce type de service (par le biais d'une société privée) ou pourquoi pas par un service spécialisé du ministère des Finances.<BR>L'enjeu financier au vaut la chandelle encore que du point de vue social dans les campagnies faisant intervenir ce type d'investissement l'emploi est souvent sacrifier sur l'autel de la rentabilité des actions.<P>Toute médaille à un revers.<P>Cordialement
No.4, Sur le papier, la CNSS aurait du etre "le fond de pension" des Gabonais.
Posté par: L'Oracle, le 10-sept-99 à 09h41
En réponse au message 3
Comme vous l’avez articule, cher frere, les fonds de pensions des grandes corporations sont les moteurs economiques des pays industrialises. Dans ces pays, l’acces au credit est la cle du succes et ces fonds de pension sont les plus gros reservoirs de liquidite disponibles. Au Gabon, juridiquement, la CNSS (depuis son temps de Caisse Nationale de Prevoyance Sociale) se devait de devenir ce reservoir de liquidite. Mes pauvres parents (et les votres aussi) ont cotise toute leur vie a cet effet. La masse salariale de la fonction publique gabonaise est estimee entre 12 et 14 milliards de francs CFA par mois. Les cotisations a la CNSS doivent etre au minimum de 1-3% de cette somme par mois. Meme avec cette sous estimation, il apparait que la CNSS devrait recolter au minimum entre 120 et 360 millions par mois en cotisation des agents de l’etat. Ajoutez a ce chiffre les cotisations du prive et para-etatique (Elf, Shell, la SEEG, Air Gabon, l’Octra, Socoba-EDTPL etc…) et vous arrivez a une coquette somme d’argent mensuel. Cet argent aurait du servir a developper l’economie du pays de la meme facon que l’ont fait les fonds de pension en occident. Malheureusement, les fonds de pension de la CNSS ont, comme le reste des revenus de l’etat Gabonais, pris le chemin des comptes a numeros des insatiables Bongoistes; d’abord en Suisse puis dans les iles des Caraibes.<BR>Grace a la loi, les epargnants occidentaux surveillent la gestion de leurs fonds de pension. Au Eabon, quel est le retraite qui va aller demander des comptes au DG de CNSS?
No.5, cotisation sociale versus fond de pension
Posté par: ngandji, le 10-sept-99 à 10h57
En réponse au message 4
Sans engager un débat théorique sur la question des retraites et de leurs utilisations.Il ressort de ton analyse deux aspects à mon avis que tu as partiellement abordés.<P><BR>Primo, la CNSS fonctionne( à moins de me montrer le contraire) éffectivement comme une caisse de sécurité sociale.Je m'explique,l'assuré bénéficie(ou devrait bénéficier) en fonction du montant de ses cotisations, de prestations de nature sanitaire et sociale dans les établissements qui relèvent de la tutelle de la caisse.<BR>Si vous êtes malade et affilié à la caisse vous avez la possibilité de payer vos frais médicaux à des tarifs préférenciels et différés dans le temps.<P>Deuxio, la pension ou la retraite que vous touchez sont le fruit de prélèvement automatique dans votre rémunération mensuelle de votre employeur ou de l'Etat, versés à la caisse.<P><BR>Comme tu le vois cela n'a rien avoir avec les fonds de pension qui pourraient s'assimiler à une forme de retraite complémentaire qui à l'avantage de rapporter des intérêts car directement connecter aux marchés financiers. De plus l'acte de cotiser est un acte volontaire qui obéit plus à une logique de placement financier et d'épargne.<BR>C'est la grande différence -elle est de taille à mon avis- avec la cotisation sociale classique type CNSS.<P>Pour en revenir au dysfonctionnement de la caisse et le trou baillant que constitue son déficit les raisons sont à rechercher dans les faits que tu as invoqué à savoir:<P>-détournement des cotisations des assurés sociaux par des gestionnaires sûr de ne jamais être l'objet d'un audit.<P>-arriérés de payement de cotisation par l'Etat qui se trouve juge et partie ( certain ont même envisagé une privatisation de la caisse, il se pourrait que se soit une soultion).<P>-non versement des cotisations par les entreprises qui pourr certaines misent dans des sociétés privées du type AXA,GRAS-SAVOYE...<P>- la masse salariale des hiérarques de la caisse est une source de pesanteur pour son equilibre financier ( il a été évoqué de rétribuer les fonctionnaires de la caisse uniquement à titre de fonctionnaires évitant ainsi les doublons).<P><BR>En définitive la CNSS, pourrait suivre une évolution de type fond de pension.A mon avis ce n'est pas sa vocation première, des structures plus adaptées ont par contre là , un marché porteur.<P>Cordialement<BR>
No.6, La difference est appreciee
Posté par: L'Oracle, le 10-sept-99 à 11h42
En réponse au message 5
J’aurais du etre plus clair dans mon precedent propos, car je parlais surtout de l’adaptation de l’enorme cagnote dont dispose (ou disposait) la CNSS vers une forme d’investissement/gestion du type fond de pension. En fait, je pensais a une entite detachee des prestations sociales dont la mission serait de faire fructifier ce fond. Suivant le modele de ce qui existe ailleurs, des representants syndicaux seraient charges "d’observer" les administrateurs de ce fond. Les travailleurs continueraient de cotiser normalement; seulement, l’option leur serait proposee de deriver une partie de leur cotisations vers un "fond d’investissement". La repartition des parts se ferait de la meme facon que des actions, chaque cotisant detenant un nombre de parts proportionnelles au montant de ses cotisations. En fait la CNSS devrait fonctionner comme la "Social Security" Americaine (avec quelques variantes). Les fonds de pension sont des entites fiscale completement differentes. Seulement, au Gabon, vu l’etroitesse de notre systeme economique, je pense que la CNSS soit la seule structure qui aurait pu assurer l’emergence d’un fond de pension.<BR>Desole de la precedente confusion car j’aurais du indiquer plus clairement ma pensee.<BR>
No.7, restructuration de la CNSS
Posté par: ngandji, le 11-sept-99 à 06h45
En réponse au message 6
Tu abordes un aspect trés intéressant d'une possible réorientation des fonctions de la caisse<BR>vers des activités nouvelles, en montrant que dans un marché étroit comme celui du Gabon "seule" cette structure aurait pu jouer ce rôle.<BR>Je partage c'est avis en ajoutant comme tu l'a montré dans tes précédentes interventions qu'il y a une connexion forte avec l'Etat qui crée des déséquilibres financiers.<BR>C'est ce role de l'Etat ( ou cette forme d'intervention de l'état) principal acteur économique qui interfére dans la gestion des entreprises publiques, parapubliques et parfois même privées ,qui crée ces dysfonctionnements ( voir Octra, Air Gabon, Snat....).<BR>Comme nous l'avons si bien dis, il faut une entité distincte (publique et/ou privée?)bénéficiant d'une autonomie propre.<P>A l'heure de l'organisation d'un Forum économique au Gabon la réflexion pourrait être axée sur l'émergence d'un tissu industriel et entreprenarial en dehors ou en partie, sans l'intervention de l'Etat.<BR>La transition pourrait continuer à ce faire avec des instruments du type Fodex et d'autres modalités.<BR>Je pense par exemple à l'instauration de la flexibilité du temps de travail pour les fonctionnaires afin de leur permettre de se consacrer à la création et à la gestion de leur entreprise. Dans la pratique cette flexibilité est déjà "opérationnelle" quand on se rend compte du taux d'absentéisme dans l'administration,il s'agit simplement de lui donner une forme légal.<BR>Tous fonctionnaires voulant bénéficier de cette mesure devra justifier de la composition d'un dossier de création d'entreprise et d'autres critères à définir.<BR>Comme autre mesure incitative et cela à déja été proposé, des prêts à taux bonifié voir à taux zéro et/ou sans apport personnel.<BR>L'émergence d'une classe d'hommes d'affaires ne se fera pas sans formation préalable d'ou l'idée sous l'auspice de la chambre de commerce de créer des formations à la création d'entreprise.<P>Ce sont autant de chemins qu'il faut explorer<P>Cordialement
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