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Nom du forum: L'arbre à palabres économiques
ID de la discussion: 4
No.0, Pourquoi se tracasser à élaborer des politiques économiques rationnelles lorsque l’on peut toujours utiliser la vieille stratégie des ailes de dinde?
Posté par: Quinimax 500, le 07-juin-99 à 17h56 
La consultation populaire, dans le monde politique ou dans les villages Africains, est une occasion de prendre le pouls de la populace; et pour les leaders, l’occasion de savoir comment et vers quels horizons le peuple veut être mené. J’ai suivi avec grande attention 3 récentes éléctions: celles d’Israel, de l’Afrique du Sud et du Nigeria. Je ne voudrais pas ici parler des resultats car nous les connaissons tous. Ce que je trouve plus intéressant est plutot le thème des campagnes menées. Dans ces 3 pays, les campagnes ont été conduites sous le thème des problèmes de sociétés les plus pressants auxquels les populations étaient confrontées. En Israel il s’est agit essentiellement de la paix avec les voisins Arabes; en Afrique du Sud, on a beaucoup parlé de développement économique et d’investissement dans les secteurs de l’habitat et de l’éducation. Au Nigeria, on parlait d’un nouveau départ démocratique qui respectera les droits et les opinions, d’investissements massifs dans l’infrastructure de manière à lutter contre le chômage et la délinquance et d’une lutte impitoyable contre la corruption. Dans les 3 cas, ces discours étaient accompagnés de chiffres et de projections. Par exemple quand Barak promet aux Israeliens de négocier directement avec la Syrie dans les brefs délais, ce n’est pas une promesse dans l’air mais bien un objectif politique déterminé et délimité dans le temps. Même chose pour Mbeki qui promet des logements à bas loyer dans les townships dans 2-3 ans. Si ces objectifs ne sont pas atteints, Mbeki sait que sa présence à la tête de l’état sera compromise (car en Afrique du Sud on ne triche pas aux élections. Eh oui! Pas de faux-vrai passeports).<BR>Les 2 pays Africains cités bénéficient de l’attention de tous les bailleurs de fond. Même le Nigeria, paria des institutions internationales il y’a encore quelques mois, connait un afflux sans précédent de nouveaux investissements. La presse sérieuse parle déjà d’un axe Abuja-Prétoria qui dominera les affaires politiques et économiques du continent. Ces pays ont donc le vent en poupe à cause de leurs choix statégiques. Voici qui m’amène à parler de notre cher pays le Gabon.<BR>Comment se passe la campagne chez nous? Les seuls qui parlent de choses sérieuses sont invariablement les candidats de l’opposition. Ceux-ci n’ayant pas l’argent de l’état à dépenser, disent généralement aux Gabonais de prendre leurs responsabilités face à leur futur et de voter à cet effet. Le candidat Bongo en maître des lieux, n’a pas besoin de justifier quoi que ce soit aux Gabonais. Il ne parle jamais routes, hôpitaux, écoles, intégration sociale, équité professionnelle etc… Ses Campagnes sont riches en slogans comme seul sait les pondre Ntoutoume-Emane alias Beaudelaire, du type:"Tous avec Bongo aujourd’hui et demain". Que veut bien vouloir dire dire ce slogan? Peut être: "Soyez avec Bongo aujourd’hui, faite lui confiance aujourd’hui, ne penser surtout pas au passé car l’homme a changé. Le loup d’hier s’est transformé en agneau et le charognard empreint de sang d’hier s’est changé en colombe de la paix". Et si vous demandez des projections concrètes sur l’avenir, on vous répond:"repassez demain! Vous voyez le slogan dit bien : aujourd’hui et demain. Aujourd’hui on se contente de se posterner devant le maître et pour les projets et plans on verra demain. De toute facon on a le temps, Bongo est là pour l’éternité". La dernière campagne électorale aura illustré l’aspect fruste du système Bongo. On a vu ainsi notre bouffon-président parcourir tout le pays non pas en proposant aux populations un programme détaillé de ses projets à venir, mais plutôt en distribuant des casseroles, des feuilles de tôles ondulées et galvanisées, des pagnes, du tabac, bien des choses encore…et sans oublier les omniprésentes ailes de dinde.<BR>Même Mbegah-Effa de l’Union, grand barde parmis les bardes du bongoïsme et membre emeritus de l’exclusif club "Le Mouvement des Amis de Bongo" (MAB), écrira un éditorial surprenant sur cette orgie distributrice. Dans cet article, Mr Mbegah-Effa reconnait que l’argent du Gabon devrait être utilisé à meilleures fins. Mais dans la même foulée, notre journaliste membre du MAB nous dit que la faute n’est pas à Bongo mais plutôt aux prédateurs qui l’entourent (drôle de refrain n’est-ce pas?). Notre "MAB-member" de journaliste nous informe enfin que malgré le fait que Bongo n’ait pas construit le Gabon, nous lui devons reconnaissance car c’est lui qui nous a fait connaître les échangeurs routiers. Eh oui! une carte de membre du "MAB", ça se mérite.<BR>La stratégie Bongoïste est simple; distibuer des babioles qui vont distraires les gens et noierons le discours de l’opposition dans la confusion.<BR>A la fin de la campagne, une fois les casseroles trouées, le tabac fumé, la tôle rouillée et la dinde à la sauce tomate digérée, le Gabonais réalise qu’il vit toujours le chômage au quotidien dans son "sympa" petit matitis, en compagnie de moustiques très affamés qui lui garantissent un palu des plus réguliers. Mais ce Gabonais n’a pas les 10.000 CFA nécessaires pour les remèdes prescrits par le Médecin. Notre ami, en début de palu (fébrilité, fièvre et mal de tête chronique) pense à aller voir le généreux distributeur dont les bureaux sont quelque part au bord de mer. Malheureusement, le portail de ce dernier est gardé par des molosses aussi teigneux qu’analphabètes qui n’ont pas du tout le sens de l’humour. Ces gardes très armés ne laissent passer que les membres des divers clubs "autorisés" qui font la pluie et le beau temps chez nous. Malheureusement notre paludéen des matitis n’est membre d’aucun de ces clubs. Tiens tiens! Il devrait peut être écrire à Mbegah-Effa, ce dernier sait comment on devient membre d’un de ces clubs. <BR>Notre amis des matitis à maintenant très mal à la tête; il n’a que 25 francs en proche. A peine de quoi acheter deux comprimés d’Aspro périmés chez le malien du coin. Il va peut-être écrire à Mbegah-Effa quant-il se sentira mieux.<BR>

No.1, Mais si, Bongo a un projet!
Posté par: Mao Badinga, le 07-juin-99 à 23h39 
En réponse au message 0
<BR>Quinimax,<P>je crois que vous vous "trompez".<P>En fait, Bongo a un projet très sérieux pour le Gabon. Son projet a un nom très célèbre au Gabon. Ce projet s'appelle:<P>LA PAIX.<P>Comme l'on dit une fois les leaders du BDP, la "pax bongolus" est le projet que Bongo, après 32 ans d'échec, a concocté pour le Gabon. En quoi consiste ce projet?<P>Quand une mère lui présente son bébé malade du palu, Bongo lui dit: "Bè, vous chavez, lé pali, c'est pas grave. Vous avez la paix, allez donc en paix, mon z'enfant.<P>Quand un vieux du village lui dit qu'il a faim, Bongo répond: "La faim, ch'est rien. La paix, voilà la vraie nourture qu'il vous faut. Votez pour moi".<P>Quand 15 personnes, sur la route de Tchibanga, meurent dans un accident de voiture parce que les routes sont mauvaises, la consolation de Bongo est exceptionnellement généreuse. Il dit aux parents meurtris: "Ne vous inquiétez pas, ces 15 Gabonais sont morts dans la paix".<P>Quand des enfants traînent dans les rues et s'adonnent au crime parce qu'il n'y a pas d'école pour les recevoir, Bongo leur dit: "Continuez, mes enfants, vous avez ma paix".<P>Quand un journaliste lui demande à la télé, quel projet il a pour le Gabon, Bongo dit: "Che n'est pas au prrrèsidâ de faire des projets, consultez lé prrrèmiê ministre."<P>Mais comment coûte donc un morceau de manioc à Mont-Bouët, Monsieur le président?<P>"Posez la question au ministre des finances", répond Bongo.<P>Et puis, un jour, quand des étudiants décident de prendre la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à cette paix bongolienne qu'ils ne supportent plus, Bongo leur dit: "Rentrez chez vous, ingrats d'enfants de peu de foi! Comment osez-vous troublez la paisible paix que je vous ai pacifiquement proposée à coups de gourdins pendant 32 ans"?<P>Ainsi va le projet de pacification des Gabonais que Bongo prépare depuis 32 ans. Le projet n'est pas encore tout à fait prêt, mais notre cher président y travaille avec passion nuit et jour. Et comme c'est un projet qui demande de l'argent, Bongo a vidé les caisses de l'état, a endetté le Gabon et essaie maintenant d'emprunter plus pour offrir au Gabonais la grande paix. <P>Il a du temps Bongo. Il s'est très récemment offert 7 ans de plus pour mener à bien son projet de paix. Et s'il a besoin de plus de temps, eh bien son mandat est illimité. Il lui suffit de changer la constitution tous les 5 ou 7 ans.<P>Quand les caisses seront bien vides, le pétrôle tari et le Gabon bien ruiné, Bongo contemplera avec fierté le résultat de son travail. Les Gabonais seront bien squeletiques, "remplis" qu'ils seront de la paix Bongo".<P>Alors, dans un dernier mouvement de générosité qui va consacrer ses 50 ans de règne, Bongo dira aux Gabonais, "j'ai l'impression que si je m'en vais, quelqu'un viendra troubler la merveilleuse paix que je vous ai toujours offerte. A cause de cela, je vais rester un tout petit peu plus, juste pour m'assurer qu'à ma mort, je vous laisserai avec la grande paix des braves, le ventre vide, les enfants morts ou mal nourris, les routes transformées en pistes d'éléphants, et la haine inter-ethnique au plus haut point."<P>Voilà le grand héritage que nous promet le grand projet de paix de Bongo.<BR>