Retour
URL du forum: http://www.bdpgabon.org/cgi-bin/dcforum/dcboard.cgi
Nom du forum: L'arbre à palabres économiques
ID de la discussion: 82
No.0, Pouvons-nous remonter la pente économique?
Posté par: Adrien Nguema, le 12-mai-99 à 15h45 
Il y a quelques jours, le président de la Banque Mondiale passait à la télévision Américaine pour discuter de l’état de l’économie mondiale et des projections futures de celle-ci. Si je parle de cette interview ici, c’est qu’elle fut pleine d’enseignements pour moi et peut être pour vous aussi. Le patron de la Banque Mondiale explique le rapide rebondissement des économies Asiatiques après la crise de l’année dernière par le fait que dans la plupart de ces pays, les gouvernements n’existent que pour s’assurer que l’économie fonctionne bien. Par conséquent, seul un gouvernement aux performances économiques acceptables peut se faire réelir. Etant donné que l’objectif numéro un de tout gouvernement est de demeurer aux affaires, ces gouvernement Asiatiques se devaient coûte que coûte d’améliorer leurs économies sinon leurs peuples allaient se retourner contre eux. Simple n’est-ce pas? En parlant plus précisement de l’Afrique, le patron de la Banque Mondiale a affirmé qu’il y a des pays Africains dont les économies sont déjà en pleine transition vers la compétitivité, malgré le retard notoire de l’ensemble. Il a dit qu’il fallait classer les pays Africain en 4 categories:<BR>1-Ceux dont la réussite ne fait aucun doute: l’Afrique du sud, la Namibie, le botswana, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte.<BR>2-Ceux qui sont en pleine croissance: la Côte d’Ivoire, le Ghana….<BR>3-Ceux qui ont du potentiel: le Cameroun, le Nigeria, le Zimbabwe, le Kenya….<BR>4-Enfin ceux qui piétinent pour toutes sortes de raisons: les deux Congo, l’Angola…..<P>En élaborant sur les pays en croissance, il a parlé en longueur du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Il a attribué le succes de ces pays (surtout la Côte d’Ivoire) au fait que ces pays possédaient une industrie nationale fiable et performante (l’industrie agricole). Il a dit que l’industrie agricole en Côte d’Ivoire était presque aussi performante que celle de bien des pays développés. Cette performance attire donc les investisseurs qui remarquent que ce pays a de beau jour devant lui. Et d’ajouter qu’avec l’agriculture, la population participe pleinement à l’économie car les planteurs sont les moteurs de cette performance. Il a contrasté ce modèle à celui des pays miniers où l’exploitation est faite exclusivement par des multinationales qui en retour versent une rente aux états. L’impact de la population dans cette transaction est minimal ce qui ne contribue pas à créer une économie intégrée.<P>Je me suis donc servi de cette interview pour analyser notre structure économique. Il est vrai que nous n’avons pas d’industries mais plutot des services. Examinons qui sont les employeurs chez nous: l’état, le secteur pétrolier (ELF, SHELL, SOGARA) qui diminue de jour en jour à cause des licenciements, les services (l’OPT, la SEEG, l’OCTRA….). Comme vous le voyez, nous ne produisons rien et sommes donc à la merci des ristournes des pétroliers. Un jeune diplômé Gabonais est appelé à travailler soit pour l’état soit pour la SEEG, l’OPT etc…c’est un peu maigre car ces endroits accusent déjà des sur-effectifs. Nous ne pouvons donc pas avoir une croissance digne de ce nom car notre pays manque de moteur endogène de croissance. Je m’explique: en Côte d’Ivoire par exemple, le planteur vend sa récolte au négociant qui lui la revend soit à l’état soit à des maisons privées spécialisées dans l’exportation. Le planteur à la base remet cet argent en circulation en s’occupant de sa famille, en achetant des engrais, véhicules etc… Ce système permet à l’élément de base de la société Africaine, le paysan, de participer pleinement à la vie économique du pays. Au Gabon, 95% des nationaux qui ont du travail sont en fait des salariés. Très peu de paysans participent à l’économie. L’état est le seul investisseur et lorsque l’état est à sec tout s’arrête. Le plus dangereux est qu’au moment où tout le monde s’accorde à dire que le pétrole c’est fini, nos décideurs ne parlent même pas encore de nouveaux modèles économiques que nous devrions adopter. C’est là, je pense, un acte d’inconscience. Question pour le gouvernement: quel sera le type d’industrie en vigueur dans le Gabon de l’après-pétrole?<P><BR>

No.1, On peut le voir autrement.
Posté par: Mao Badinga, le 17-mai-99 à 12h52 
En réponse au message 0
je partage entièrement toutes vos analyses, Adrien.<P>La seule chose que je voudrais dire se rapporte à votre question de conclusion.<P>Primo, je ne pense pas que c'est à CE gouvernement sous Bongo qu'une telle question devrait être adressée. Comme vous le savez, leur pensée ne s'est jamais arrêtée un seul instant sur l'après-pétrole. Et si elle s'y est jamais hasardée, cette pensée n'a jamais su quoi faire pour justement préparer l'après-pétrole.<P>Pour moi, la question que vous posez devrait non pas être: "Quel sera le type d’industrie en vigueur dans le Gabon de l’après-pétrole?", le gouvernement actuel ne saura aucunement vous répondre tellement il baigne dans l'incompétence, mais plutôt: "Quel sera le type de gouvernement en vigueur dans le Gabon de l'après-Bongo"?<P>C'est à mon avis cette dernière question qui répondra à la votre. Seul en effet, un nouveau régime débarrassé du Bongoïsme pourra apporter des réponses aux problèmes de l'après-pétrole au Gabon.<P>Mao.<BR>

No.2, on peut voir autrement bis
Posté par: ngandji, le 14-août-99 à 09h41 
En réponse au message 1
Le défi est posé à tous les gourvenements de pendant ou de l'après-Bongo.<BR>Il est posé à tous ceux qui pense que le modèle de développement économique et surtout de gestion des affaires publiques à montrer ses insuffisances.<P>Le développement de notre pays sera encore en grande partie assuré par l'extraction des matières premières du moins ce qu'il en reste ( manganese, bois, et tous ces minérais dont on n'avoue pas encore l'existence).<P>Les activités agricoles vont draîner une grande partie des jeunes au chômage et le petit entreprenariat privé ( surtout dans les services et peu dans la transformation )va se dévelloper.<BR>Nous possèdons des potentialités peu encore exploitées comme le tourisme vert.<P>Voila pour le contexte intérieur. Côté exterieur tout semble laisser à penser que le déséquilibre des échanges nord sud va s'accentuer (prix des matières premières toujours fixés par les consommateurs,l'Afrique marginalisé dans la globalisation des échanges et les mégafusions...)<P>Nous revoila parti vers l'option de l'intensification du commerce intra africain et des marché régionaux.<P>En définitive des options et des plans de développement seront toujours avancés, quitte à nous d'en juger la pertinence et de s'engager dans <BR>leurs réalisations.<P>Pensons que le Gabon peut se relever et il se relèvera.<P>Cordialement