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Nom du forum: L'arbre ŕ palabres politiques
ID de la discussion: 250
No.0, News a gogo
Posté par: Newsman, le 29-avr-00 ŕ 10h14 
La Lettre du Continent

Zone franc: Riches emirs, pauvres planteurs


Les deux unions monetaires de la zone franc (CEMAC et UEMOA) sont toujours en train de jouer au yo-yo: quand l'une rit, l'autre pleure. En ce moment, ce
sont les emirs de l'Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinee equatoriale...) qui se sentent nettement plus a l'aise avec leur cagnotte en petro-CFA, qui
gonfle depuis la remontee des cours de l'or noir et la reprise de l'activite forestiere. En revanche, les ceintures sont au dernier cran dans les pays de l'UEMOA -
ex-AOF (Afrique occidentale francaise) - avec la faiblesse conjuguee des cours du cacao, du coton et du cafe. La, ce sont plutot les arrieres interieurs et
exterieurs qui gonflent comme des montgolfieres.

A la reunion de printemps des ministres des Finances de la zone, qui s'est tenue le 4 avril pour la premiere fois a Malabo, dans le nouvel emirat equato -guineen
(28,4 % de taux de croissance en 1999 !), les bons docteurs du Tresor francais ont eu du mal a cacher leurs inquietudes. Ils ont beau empiler, par le haut,
"comites de convergence" sur "comites de surveillance" et multiplier les dazibao pour lancer la machine de l'integration regionale des deux zones, elle est
toujours sur cales, a l'exception de quelques commissions, comme celle du systeme bancaire. Ce sont moins les retards pris dans les mecanismes d'integration,
comme l'application du Tarif exterieur commun (TEC) ou les risques de decouplage entre les deux zones qui ebranlent les "tontons" de Bercy et de la Banque
de France, que le nationalisme, les conflits inter -etatiques et le manque de volonte politique.

A quand un referendum dans les pays de la zone franc ? En Afrique de l'Ouest, les orages politiques s'amoncellent. D'abord, la locomotive ivoirienne ne s'est pas
remise du coup du "Pere Noel". Le pays se "regionalise", ce qui ne va pas, paradoxalement, favoriser l'integration avec le voisin Burkinabe, considere comme
partie prenante de l'actualite politique - imprevisible - de la Cote d'Ivoire. Sur le plan financier, l'incapacite d'Abidjan d'acquitter la totalite de son echeance de 11
millions $ sur des obligations Brady, le 13 avril, n'est egalement pas bon signe. Ensuite, le Mali, qui preside actuellement la CEDEAO, semble de plus en plus
distant a l'egard de Paris et de la zone franc. Le ministre malien de l'Economie et des Finances s'est d'ailleurs fait representer a la reunion de Malabo. Enfin, la
normalisation, encore fragile, de la situation politique au Nigeria a permis une "redynamisation" de la CEDEAO qui risque bien, a terme, d'avaler tout cru
l'UEMOA dont les institutions existantes constitueront alors son noyau dur. Deja, des pays comme le Niger sont de plus en plus happes par leur puissant
voisin, dont ils dependent sur le plan energetique. Bye, bye, les anciennes metropoles, bonjour les parrains regionaux. Par contre, on imagine mal le maintien
d'un franc CFA par la CEDEAO... Revons a un euro-CFA...

En Afrique centrale, seules des relations de confiance entre le Cameroun et le Gabon seraient a meme de tirer l'attelage de la CEMAC. Mais la encore, ce n'est
pas la realite locale... Bongo/Biya, c'est la carpe et le lapin. Le premier pense Teke et le second Fang. Et tous les deux se disputent le projet de Bourse regionale
et le leadership de la Banque centrale. De son cote, le Congo-B est desormais dans l'orbite de l'Angola. La seule integration financiere qui fonctionne a plein est
celle des petro-dollars entre les nomenklaturas des deux pays sur des comptes offshore geres depuis Londres. Malgre les frequentes reunions entre les chefs
d'Etat de la region, on n'a jamais entendu parler de grands projets d'infrastructures pour construire des routes, des chemins de fer et developper des voies
navigables entre les capitales de la region. Ce qui serait plus facile pour se frequenter et se parler.

Finalement, dans les deux zones, les marchandises circulent plus vite que les hommes. Compte tenu de l'ambiance onshore, priorite devrait etre donnee a la
Commission des pays petroliers du golfe de Guinee pour eviter deja les conflits de frontiere maritime offshore.

La Lettre du Continent

L'AFRIQUE DANS LE MONDE; FRANCE/AFRIQUE; N. 351 %0

Accords secrets caducs ?


La France est liee a vingt cinq pays africains par des accords militaires dont huit par des accords de defense. Datant pour la plupart du debut des annees 1960,
ces accords conservent l'esprit d'une Communaute franco-africaine delitee. Si, dans la pratique, le gouvernement agit comme s'ils etaient caducs, surtout ceux qui
concernent le maintien de l'ordre - le dernier exemple est le service minimum applique en Cote d'Ivoire au president Henri Konan Bedie -, ils sont officiellement
toujours en vigueur...

L'article 3 de l'accord avec le Gabon precise ainsi que "les forces armees gabonaises participent avec les forces armees francaises, sous un commandement
unique, a la defense exterieure de la Communaute" ! Tablant sur la liberte pour chacune des parties que reconnait le droit international d'apprecier le "casus
federis", c'est-a-dire les circonstances de l'application des accords de defense, les responsables francais ont, jusqu'a present, choisi de ne jamais en parler pour ne
pas avoir a debattre de la politique africaine, en periode de cohabitation. Cette "remise a niveau" historique ne manquerait pas de confirmer, aux yeux des
anciennes generations africaines, le largage des amarres de l'ancienne metropole...

Cette revision sera cependant difficile a eviter. Un rapport d'information de l'Assemblee nationale, presente par le depute Francois Lamy, demande ainsi le
controle par "une instance parlementaire habilitee defense" des operations exterieures militaires ainsi que de ces accords de defense. La nature de ces accords est
tres differente d'un pays a l'autre, et rend leur revision compliquee. Ainsi, une "convention speciale secrete relative au maintien de l'ordre" a ete signee en 1961
avec le Tchad, mais ce pays n'a jamais signe d'accord de defense avec la France.

L'accord de defense entre la France et le Togo est "secret" mais pas ceux signes avec la Cote d'Ivoire et le Gabon. Dans ces deux pays, c'est la convention
relative au maintien de l'ordre qui est secret ! Avec le Cameroun, c'est un accord "special" de defense qui a ete signe en 1974 en meme temps qu'un accord de
cooperation militaire et une convention de soutien logistique aux forces armees.

La Lettre du Continent

L'AFRIQUE DANS LE MONDE; RENSEIGNEMENT; N. 351

Yves Bonnet joue la "boutique" DST contre la "maison" DGSE


Patron de la DST de 1982 a 1985, Yves Bonnet, qui vient de publier ses memoires sur 500 pages chez Calmann-Levy, "flingue" quelques politiques qu'il tient
pour responsables de son limogeage en juillet 1985, comme Gilles Menage, dircab de Francois Mitterrand, "donne" les noms de ses "amis" journalistes
d'investigation qu'il "alimentait", et "decalque" la DGSE, la grande maison d'espionnage, concurrente de toujours de la DST. En substance, pour Yves Bonnet, la
premiere a un directeur general, de puissants moyens (y compris petro-financiers) et une reputation usurpee, et la seconde, un simple directeur, peu d'hommes et
aucune autonomie de gestion, mais elle gagnerait a etre connue... Morceau choisi: "La DGSE se presente, a ma connaissance, de maniere tres inegale selon les
continents et les pays: solidement implantee en Afrique, bien que la DST ait place ses pions au Gabon (controles par l'inspecteur Lambert, NDLR), presente
dans les pays amis ainsi que dans les DOM-TOM, a travers des "bureaux d'etude", elle rencontre des difficultes dans les pays "neutres" comme l'Algerie".
Aussi, la DST "ne retirerait-t-elle aucun profit d'un traitement commun de certaines affaires avec la DGSE". Tres lie depuis 1984 aux responsables de la securite
militaire algerienne, a l'epoque le colonel Ayat Lakhal et le commandant Smain Lamari - "Notre maitre en affaires arabes, c'est l'Algerie" ! - ,Yves Bonnet passe
ainsi sous silence le conflit majeur qui a oppose les deux services francais au moment de l'assassinat en Algerie, en mai 1996, des moines de Tibeherine.

La Lettre du Continent

LES AFRIQUES PAYS PAR PAYS; GABON; N. 351

La galaxie Doumba (II)


Dans notre derniere edition, nous avions amorce un debut d'enquete sur la strategie d'Emile Doumba, le nouveau grand argentier du pays, en montrant comment
il place un a un ses hommes: la plupart viennent de la BICIG ou des compagnies petrolieres.

Son plus gros coup recent a ete la sortie, par le haut, du tresorier-payeur general Jean Massima, un protege du president Bongo, qui a ete nomme ministre
delegue aupres du ministre des Transports et de la Marine marchande. Mais Doumba n'a, par contre, pas reussi a imposer "son" homme: Michael Adande,
ancien cadre a la BEAC de Libreville. C'est Blaise Louembet qui lui a ete impose. Ce dernier est un Nzebi de Koulamoutou, tout comme Massima alors que
Doumba est un Massango de la meme ville. A la direction de la programmation des ressources et des reglements, Doumba a "place" Jonas Gatsono,
precedemment directeur a la BICIG, en remplacement de M. Immongault.

Parmi les conseillers du premier cercle figure Didier Agaya, precedemment directeur de la telematique et tresorier general a la BICIG, qui est charge de
l'organisation du systeme d'information et du controle financier des regies du Tresor. On releve egalement la presence d'Andre Paul Apandina, DG delegue d'Elf
Gabon, charge en qualite de consultant, du "reengeneering de l'economie et de l'alignement strategique" aupres du grand argentier. C'est sans doute tres
important... Pour ses relations avec l'Association professionnelle des etablissements de credit et la BEAC, Doumba a choisi, comme conseiller, Jacques Diouf.

A la direction generale du Budget, Valere Okologo, l'oeil du president, a ete flanque de Jean Nicolas Tognizoum, precedemment directeur des finances et du
budget a la BICIG. Nomme DGA a la place de Daniel Tchibinda, il sera charge de l'optimisation de la depense. Le nouveau DGA, charge des patrimoines
administratifs et des charges communes est Charles Ngoua, precedemment adjoint au directeur comptable et financier de Shell Gabon, en remplacement de Guy
Azouadely. Le directeur administratif et financier est Paul Mondjo Boukila, un lieutenant-colonel de police...

A la direction generale du controle financier, Philippe Ongonwou, precedemment controleur de gestion a Shell Gabon, remplace Nyonda Manganguela. Son
conseiller est Serge Findji, ex-directeur financier a Elf Gabon.

A la Direction generale des impots, Charles Mba, expert-comptable a Elf Aquitaine a bien ete nomme conseiller du directeur general des contributions directes et
indirectes, charge de la prevision et de l'optimisation financiere. Mais l'interesse n'a jamais pris ses fonctions et travaille toujours au sein de la Tour Elf/Total.
Enfin, a la douane, on note la presence, comme auditeur, d'Ernest Renombo, un consultant a la retraite qui, par le passe, a occupe le poste de DG de la Douane.

La Lettre du Continent


LES AFRIQUES PAYS PAR PAYS; ANGOLA; N. 351

Le patron de TotalFinaElf a Luanda


C'est dans la deuxieme quinzaine du mois de mai que Thierry Desmarest devrait se rendre a Luanda. Le patron de TotalFinaElf a prefere bien preparer ce
voyage plutot que de se rendre en Angola dans la foulee de sa premiere tournee africaine les 8 et 9 mars derniers au Congo et au Gabon. Elf voudrait rentrer a
hauteur de 15% sur le bloc 34 sans ceder sa participation de 5%, comme lui demandent les Angolais sur le bloc 31. Au niveau des travaux d'exploration,
l'Angola sera le pays chouchou de la compagnie francaise cette annee, avec sept forages contre cinq au Nigeria, quatre au Congo et un au Gabon. Par contre,
Thierry Desmarest devrait eviter les sujets qui fachent, comme la FIBA (Banque francaise intercontinentale): plusieurs barons angolais qui avaient leur compte a
la petite banque des happy few ne sont pas heureux de voir leurs noms trainer dans les bureaux des juges francais...

La Lettre du Continent

WHO'S WHO; N. 351

Richard-Auguste Onouviet (Gabon)


Le ministre des Eaux et Forets, de la peche, du Reboisement, charge de l'Environnement et de la Protection de la nature vient de prendre la direction du
"Supreme conseil du Gabon" de la franc-maconnerie gabonaise (hauts grades ecossais). Il remplace a cette fonction Rene Radembino-Coniquet. Ancien Grand
-Maitre du Grand Rite equatorial. Richard-Auguste Onouviet est titulaire d'une maitrise en philosophie de l'universite de Paris IV avec un memoire portant sur
Machiavel... Il etait donc tout a fait pare pour vivre dans le serail gabonais. D'abord forme a la Compagnie de Mokta (societe des groupes Imetal et Rothschild),
Richard Onouviet a ensuite ete DGA de la Comuf (uranium), VP de la SEEG, et president de la BGD. Il est reste administrateur de plusieurs societes et banques
dont la tres delicate BGFI (Banque gabonaise et francaise internationale) qui vient de prendre le nom de BGFIBANK, dont l'assistance technique a ete assuree
par Paribas puis par le CCF. Preside par Patrice Otha, directeur adjoint du cabinet presidentiel, la BGFIBANK a comme autres administrateurs: Pascaline
Bongo, Claude Ayo Iguendha, Noel Bazoche, Robert Boutonnet, Christian Kerangall, Narcisse Massala Tsamba, Henri-Claude Oyima et Jean Ping.

La Lettre du Continent


AU PALAIS; LIBREVILLE; N. 351


Bongo, le FMI et l'affaire ELF


Si le president gabonais a renonce a se rendre a Paris la semaine derniere, ce n'est pas parce que l'ancien "Monsieur Afrique", Andre Tarallo, etait a nouveau
"invite" chez la juge Eva Joly. "Puisque Paris ne veut pas entendre parler d'annulation de la dette gabonaise sans nouvel accord avec le FMI, j'ai decide de ne
plus aller a Paris avant d'avoir signe cet accord..." a precise Omar Bongo. Les discussions portent sur un Stand-by Agreement d'environ 80 millions $ (LC
N.350).