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Nom du forum: L'arbre à palabres politiques
ID de la discussion: 304
No.0, Vers une situation à l'Ivoirienne?
Posté par: news-man, le 06-août-00 à 15h50 
Les mois qui viennent s'annoncent mouvementées avec à la clé l'inévitable implosion du bongoïsme. Pourtant, nombreux sont les arrivistes du bongoïsme qui sont bardés des titres universitaires obtenus dans des grandes universités occidentales. Malgré cette expérience, force est de constater que les élites pensantes du Bongoïsme sont incapables d'appliquer les règles de la démocratie tant vantée. La démocratie serait-elle un "luxe" pour les africains? Le pouvoir en Afrique doit-il être légitimé par les armes ou par le vote populaire? Le non respect des textes constitutionnels par les gouvernants n'est-il pas antidémocratique? Comment pourra-t-on parler de l'État de droit aussi longtemps que les lois fondamentales (constitutions) ne sont pas prises en considération. A quoi servent les élections si elles sont toujours truquées ?
Les différents groupuscules bongoïstes savent que la succession de Bongo ne sera pas libre et démocratique. Voila pourquoi ils essaient tous de prendre les devants. La fracture est donc consommée au sein du Bongoïsme. Il y a desormais deux principales formations:
-Ceux qui veulent la transmission verticale du pouvoir (du père en fils), que l'on !ppelera "les héritiers". Ils comptent dans leur camp la grande majorité de la classe politique au Gabon (Ali Bongo, Mba Obame, Methogo, Doumba et tous les autres arrivistes de tous poils).
-Ceux qui veulent s'éloigner du Bongoisme et écarter tous les arrivistes: on les appelera les réformateurs. On y trouve des gens comme Oye-Mba et un certain nombre d'intelligences discrètes.
En retrait, avec un pieds chez les héritiers et l'autre en dehors, on retrouve des anciens comme Ntoutoume-Emane. Mais la confiance ne règne pas entre Ntoutoume et les héritiers car ces derniers, grâce à leur presse (Ngoyo-Moussafou) sont engagés dans une stratégie de salissage subtile de l'image de Ntoutoume. En retrait aussi se trouvent tous les barons du cartel militaro-ethnique qui, ayant pris goût au pouvoir et aux honneurs, voient très mal de se retrouver sur la touche.
Les forces en présences sont inégales. Les héritiers controlent les forces armées et possèdent un énorme trésor financier qui attire une immense racaille d'arrivistes leur donnant un semblant de popularité sur le terrain. Le camp des réformateurs bien que plus discret, souffre de n'avoir aucun appuis militaire et très peu d'argent.
Si les choses n'évoluent pas, nous risquons d'avoir une situation similaire à celle de la Côte d'Ivoire. Les héritiers essaierons de barrer la route du pouvoir aux réformateur par tous les moyens. Les réformateurs se savent faibles militairement et financièrement. Ils doivent donc pour arriver au pouvoir, user d'imagination. Pour l'instant, seuls les héritiers ont montré leur jeux. Les réformateurs circulent toujours sous le manteau.
Il est domage que la succession de Bongo ne se decidera pas sur un débat concernant les vrais problèmes du Gabon: avoir facilement accès aux soins, éducation pour tous, libre circulation des personnes et biens, sans contrainte ni tracasseries policières, création et maintien du pouvoir d'achat des gouvernés, liberté d'entreprise; telles sont les aspirations de base du peuples Gabonais. Ce qui déterminera la succession sera encore la force et les interêts miniers.