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Nom du forum: L'arbre à palabres politiques
ID de la discussion: 382
No.0, Pourquoi l'armée gabonaise devrait suivre l'exemple de la junte du Niger
Posté par: Dhalys, le 12-sept-01 à 21h16 
Niger: un coup d'Etat d'ouverture démocratique?

Incident malheureux ou action préméditée et froidement exécutée, le coup d'Etat qui avait couté la vie au dictateur du Niger a surpris certainement ceux qui condamnmnent hâtivement les putsch à partir de schémas inconsistants et hypocrites. Il surprend que la junte qui a pris le pouvoir s'est ouverte franchement à l'opposition qui était marginalisée et défiée par le régime déchu. Il a surpris encore par le fait que les partis d'opposition les plus représentatifs du pays ont apporté leur soutien à la junte et accepté d'oeuvrer avec celle-ci pour consolider la transition démocratique dans l'intérêt supérieur du pays et du peuple nigérien: ainsi se trouve amorcée une décrispation politique majeure, positive et constructive.

Pour saisir l'essence véritable de ce coup d'Etat, la plupart des dictateurs se croyant malins, se sont mis à fausser le passage au multipartisme véritable par la fraude, en imposant de faux régimes multipartiste à parti unique de fait , pour se maintenir au pouvoir.

Malgré leurs protestations formelles, les occidentaux ne cessent de soutenir et de cautionner ces régimes dictatoriaux qui leur garantissent l'asservissement de nos pays par la dette et la colonisation économique à travers la mondialisation capitaliste. Or, en bloquant le processus démocratique par la fraude électorale, et en se camouflant derrière une phraséologie démagogique sur "le dialogue", "Etat de droit" ou la bonne gouvernance..., ces régimes dictatoriaux à parti unique de fait créent en réalité une situation d'instabilité permanente, qui sous la pression de la misère et des frustrations politiques, aboutira inévitablement à toutes sortes d'explosions: révoltes populaires, luttes sociales et même coup d'Etat...

Ainsi donc, le coup d'Etat du Niger apparait au plan théorique comme un coup d'Etat de type nouveau: un coup d'Etat d'ouverture démocratique, se caractérisant par une franche ouverure des militaires patriotes aux forces populaires de progrès, et par le soutien des partis d'oppositions, pour la consolidation du processus démocratique et pour le salut national.

Il importe donc d'appeler à la vigilance au sujet du tollé de condamnations hypocrites qui fusent de partout pour stigmatiser le coup d'Etat du Niger. Condamnations qui tournent autour de trois thèmes: la reprobation de l'assassinat politique, la dénonciation du coup comme moyen d'accéder au pouvoir, et enfin l'argument démagogique selon lequel le coup d'Etat terni l'image de l'Afrique et constitue un recul de la démocratie.

Venant des régimes dictatoriaux comme Bongo, Biya, Eyadéma... qui ont vidé le vote de toute signification en érigeant la fraude électorale en assise de leur pouvoir, et venant des occidentaux qui, après d'habituelles protestations de pure forme, finissent toujours par soutenir ces pouvoirs à parti unique, toutes ces condamnations sont irrecevables.

Certes l'assassinat politique en principe reste intolérable. Mais, on ne saurait le condamner à sens unique. Nos dictateurs, tout le monde le sait, sont des tueurs, et ont depuis longtemps érigé les assassinats politiques en méthode de gouvern%ment, en dehors du fait même que ces régimes vouent quotidiennement à la mort par la misère extrême et la détresse sociale (inaccession aux soins médicaux) des centaines ou de milliers de citoyens... Bref ,le dictateur assassiné du Niger, qui acceda lui même par un coup d'Etat, ne fut pas un enfant de coeur et encore moins un Saint.

Lorsque le processus démocratique est bloqué comme au Gabon (cf. Noir Silence) par les manoeuvres déloyales d'un parti unique et d'un dictateur qui s'accroche au pouvoir par tous les moyens, il faut s'attendre à ce qu'il progresse par effraction. Et lorsque un dictateur buté est assassiné, il est seul responsable de sa fin tragique.

La dénonciation de coup d'Etat comme moyen d'accession au pouvoir en Afrique est d'une stupéfiante hypocrisie! D'aucuns prétendent que le temps des maquis est fini, soit. D'autre affirment aujourd'hui qu'il faut s'en tenir aux seules élections. Or au Gabon, on admet même pas une commission électorale indépendante. On fait fonctionner efficacement toutes les méthodes de bourrage des urnes et d'intimidation des populations pour imposer la victoire automatique du PDG! Pour qui nouc prend-on?
La vérité est que dans ces conditions, nul ne pourra empêcher qu'on revienne aux coups d'Etat et aux luttes armées.Avec les blocages actuels, les aspirations deviennent plus fortes même au sein de l'armée. Mais tant que les dictateurs ne voudront pas d'une réelle démocratie, ils ne seront pas à l'abri des surprises "Vous avez vu même quoi?" disent les Bantous.

Les dictateurs devenant paranoiaques proclament que les coups d'Etat déshonorent l'Afrique, argument superficiel et fallacieux. En vérité un coup d'Etat se justifie par rapport au contexte qui le fait surgir et il vaut ce que valent les buts qu'il assigne. Le coup d'Etat du Niger né dans un contexte de blocage démocratique honore en réalité le Niger et l'Afrique et nous ne croyons pas que les dictateurs comme Bongo, Biya, Eyadéma, Sassou... qui s'imposent au pouvoir pendant 20,34 ans par la fraude et la corruption, et pour ne rien faire que voler et enfoncer nos peuples dans la misère et le néo-esclavage de la dette honorent l'Afrique!Ils sont la honte du continent.
Voilà pourquoi nous encourageons les forces armées gabonaises à renverser Bongo dans le sens de la consolidation du processus démocratique.