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Nom du forum: L'arbre à palabres politiques
ID de la discussion: 418
No.0, Trois lettres font du bruit et un Nom avec cinq lettres en fait trop...
Posté par: ONDO NDONG, le 12-jan-02 à 09h22 

Concepts: Gabon, lettres, Afrique, France, Bongo, indépendances prématurées, alliance tacite, politique, histoire, Elf, documentaire, Maurice Robert, services secrets, scène, négocier
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Énoncés: Trois lettres font du bruit et un Nom avec cinq lettres en fait trop...
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Rarement trois lettres auront tant fait parler d'elles, si ce n'est les sigles de la CIA ou du KGB. D'autres lettres, symbole d'une alliance tacite entre la France et l'Afrique, sinon du Gabon verront le jour au lendemain des "indépendances prématurées". Contrairement à ces abrégés précités, la suite nous réserve des surprises tout à fait étonnante.


En effet, c'est dans les eaux troubles de " l'intelligence" autant que dans celles de l'off-shore que plonge le documentaire «Une Afrique sous influence», réalisé pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte (1) sur le groupe pétrolier français Elf Aquitaine.


De Georges Clemenceau au général de Gaulle, l'ambition d'un approvisionnement sous pavillon national hante Paris. Et comme certains le disent si bien "par hasard", c'est de l'histoire. Autrement dit, c'est la honte d'une certaine France coloniale, loin de la "condition humaine". C'est aussi la honte défaite de son charisme superficiel, défaite sinon, de ses empreintes " négrotiques".


Sauf effet d'analyses superflues. Des faits exaltants se réalisent négativement. Ils vont assez vite être le rapport des enquêtes menées durant les débuts primitifs de l'affaire Elf. Il ne faut pas s'attaquer au soldat Bongo, un mot d'ordre est donné de l'autre côté de la rive. Il faut préserver les mécanismes de "la France-Afrique".


Lorsque la guerre éclate au Congo, l'apparence politique française se dévoile assez mystérieusement. Conquérante de ces terres d'observations, d'exploitations où il n'y a ni loi, ni foi commune : cause d'un dysfonctionnement culturel entre les peuples. Les arrestations et autres vont se suivre. Mais l'ange gardien, un agent sans doute secret pour un pays béni des Dieux, comme l'exprime la croyance populaire, est là.


Le miracle gabonais va offrir à la France gaullienne les moyens de ses ambitions, loin des concessions qu'il faut négocier avec les Anglo-Saxons dans les terres réservées du Proche-Orient. En Afrique centrale, au Gabon, Omar Bongo se fera le plaisir d'offrir aux chaînes de télévisions françaises au cours d'un voyage "privé", la chronologie d'un discours de ceux qui l'ont placé là où il est actuellement.


Paraphrasant l'âme illuminée de l'artiste, de sa parole saillante, fait allusion à une armée de mercenaire qui surveillent le champ pétrolifère. Une génération voit le jour. L'entrée en scène des hommes des services secrets - comme MM. Maurice Robert, Robert Maloubier et d'autres, tous témoins passionnants de ce documentaire - qui «verrouillent» en première ligne la garde présidentielle, mais surtout le système politique et économique de la rente pétrolière. Les commentaires vont bon train. Les nominations, les expulsions, la surveillance, la délation deviennent les missions d'une partie du Service de documentation et de contre-espionnage (Sdece), alors en pleine «gabonisation».


Les nominations deviennent les accords tacites entre familles. D'une prétention nationale à sécuriser un pétrole vital pour le métropole, on passera à une logique de domination des réseaux politiques africains pour limiter tout risque de concurrence ou de remise en cause d'accords commerciaux avantageux pour Elf. Dans cette guerre intérieure, ils seront aidés par le président Bongo, qui, ressources du pétrole aidant, a peu à peu conquis son autonomie à l'égard de ceux qui se croyaient ses mentors.


La découverte du nouveau gisement de pétrole se situant dans la zone "Rabikoungua "promet un avenir incertain, car placé sous le système Bongo, il serait difficile de croire que celui qui disait il y a quelques années, " lorsqu'un villageois va à la chasse, tout le village partage le gibier, concrétiser cet acte miraculeux pour l'avenir d'un Gabon-Nouveau. Nouveau, oui ! Selon le concept usité n'est véritablement pas le terme attribué à l'épithète Gabon-Nouveau. Le Gabon a une histoire qui se rattache à celle des contacts tissés avec d'autres peuples. Mais où se trouve l'histoire de ce petit pays ?


Nous avons hérités à la fois de nos ancêtres et des civilisations d'horizons lointains, la culture orale et écrite. Cette culture ambiante marquera l'air de l'inter-culturalité, " combinée" de structures propre de chaque entité qui compose le Gabon. Nous sommes arrivés à un stade capable d'accepter, de s'approprier, de négocier, de refuser un fait quand nos capacités ne nous le permettent. Allons-nous continuer à être aveugle et amnésique devant la scène cynique qui sous-tend dans notre pays ?


Cela veut dire qu'il est temps d'agencer nos aspirations pour l'essor de notre pays, l'essor d'un Gabon-Nouveau. Car c'est à nous de créer notre propre indépendance, issue des aspirations communes. La constitution actuelle du Gabon tend à défendre les intérêts du système et ne laisse aucun répit au peuple gabonais. En se référant plutôt à celle mise en place par les différents membres du BDP, le Cigasana, ( Congrès Inter Gabonais du Salut ) tenu à New Jersey, vous avez la possibilité de vérifiez et de confronter les deux aspects constitutionnels. Ceci laisse le choix à toute personne crédible, dotée d'une vision du long terme de s'apercevoir qu'un changement doit s'opérer au Gabon immédiatement, avant le début et la fin de la nouvelle exploitation pétrolière. Car habitué aux mêmes principes, le Gabon risque de s'abâtardir indéfiniment.


Eveillons-nous


Alexandre ONDO NDONG