Grand père, raconte moi comment les gabonais ont pu en
finir avec le régime inique d'Omar Bongo.Voici comment les choses se sont déroulées mon cher
petit fils.
La situation politique et économique du Gabon était
catastrophique et ce n'était un secret pour personne.
Omar Bongo et ses (anciens et nouveaux)amis
s'éfforcaient pour nous ne savions qu'elle raison
obscure, de
maintenir les gabonais dans la misère. Il semble
que ceux qui défendaient ce régime n'avaient peut
être jamais été dans les hôpitaux de Libreville. Ils
n'avait jamais visité certaines écoles de la capitale
ou s'entassaient
des centaines d'enfants faute de place. Ces personnes
n'avaient peut être aucune idée du taux de mortalité
infantile (96 pour mille)au Gabon ou du nombre de
mères qui décédaient du fait de leur accouchement,
dans un pays qui (soit-dit)
souffrait d'un grand déficit de population (seulement
1 million d'habitant). Ces
personnes ne savaient peut-être pas qu'á Libreville,
il
y avait des gens qui n'avaient pas accès á l'eau
potable (je
ne parle même pas de l'eau courante...). La situation
cochemardesque de LBV donnait une idée de la misère
innommable dans laquelle vivaient nos compatriotes á
l'intérieur du pays. Tous les Gabonais qui avaient eu
un jour la chance de sortir du pays avaient pu mesurer
le retard que nous avions pris. Un pays comme la
Finlande qui n'avait que pour toute richesse (jusqu'en
1990) l'industrie du bois, faisait parti des pays les
plus avancés du globe, alors que sa population n'était
que de 5 million d'habitants. Ce pays avait su partir
de cette unique source de revenus pour bâtir la plus
grande compagnie mondiale de téléphonie (Nokia). Ce
pays disposait d'une économie forte et d'un système
social qui n'avait rien á envier aux plus grand pays
européens de l'époque. Pour atteindre un tel
développement, il fallait des hommes et des femmes
intelligents et courageux, mais surtout des dirigeants
qui désiraient réellement le bien de leur pays. Cela
n'aurait pas sûrement pas pu se faire sans l'existence
d'un régime démocratique. Un régime qui accepte de se
soumettre á la volonté du peuple et qui prend soin de
son peuple.Dans le cas du Gabon, on assistait á toute
une autre philosophie. Au lieu de prendre soin de ce
peuple, Bongo et ses amis allaient tout á l'inverse de
ce qu'avaient pu faire les dirigeants finlandais.
Le peuple gabonais aurait pu sanctionner ces
dirigeants si le Gabon avait été un pays de droit. Or
le Gabon était tout sauf une pays oú le droit était
respecté. Ce peuple ne pouvait pas non plus s'exprimer
par les urnes puisque Bongo et ses amis ne voulaient
pas organiser des élections au cours desquelles les
conditions de transparence et d'équité auraient pu
être respectées. Nous étions donc devant une impasse
et pendant ce temps les gabonais continuaient á mourir
parfois á cause d'un simple absces. Alors que
fallait-il faire?
Bongo proposa un nième gouvernement de large ouverture
qui permit aux "opposants" de participer au pillage et
á l'appauvrissement du peuple gabonais. Bongo dans son
manque de sagesse légendaire ne s'est même pas émut
une seule seconde du fort taux d'abstension (80%)
observé au cours des dernières élections qu'il
organisa en décembre 2001. Bongo n'avait semble t'il
pas constaté qu'il y avait des problèmes dans son
"royaume". Il n'avait semble t'il toujours pas
remarqué que cela faisait 10 ans qu'il n'y avait pas
eu une seule année scolaire normale au Gabon. Au lieu
de régler les problèmes, il choisit la fuite en avant.
Au lieu de renoncer au désordre, il chercha á
l'accentuer.
Devant un tel refus de voir la souffrance des
gabonais, de considérer les gabonais comme des âtres
humains, les fils et les filles de ce pays se
trouvèrent devant un choix difficile. Un choix qui
s'exprimait en ces termes : fallait-il cont)nuer á
souffrir, á voir nos enfants mourir ou trainer dans
les rues (lorsqu'ils survivaient), alors que Bongo et
les siens vivaient grassement dans des palais? ou
fallait-il se séparer de Bongo comme l'on se
débarrasse d'un membre gangrené. Hélas, il s'agissait
bien de cela, d'une amputation, le venin de Bongo
s'étant déjá profondément infiltré.
Bongo ne laissant aucun choix au peuple gabonais, son
éradication devint la seule solution acceptable devant
la situation catastrophique dans laquelle se trouvait
le pays.
Maintenant il est tard, demain je te raconterai
comment les jeunes Gabonais regroupés sous la baniere
du BDP (Bongo Doit Partir) ont liquidé Bongo et son
régime.
Bonne nuit mon petit.
Phil Bounda