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Nom du forum: L'arbre à palabres politiques
ID de la discussion: 451
No.0, Lobby
Posté par: medar, le 21-mai-02 à 12h44 
Désavoué, le politique n'est plus crédible au Gabon.
Le peuple en a marre.

Personnellement, je n'adhère à rien et ce n'est pas
demain la veille que je le ferai.

Par contre, être actif dans une démarche de lobbying
me plairait bien.

J'entends par lobbying, une démarche associative
active, avec des bases sociologiques, idéologiques et
philosophiques, qui n'étiquetterait personne et dans
laquelle tous les gabonais s'y retrouveront.

Tout le contraire d'un mouvement politique dont la
première lutte est de se chercher d'abord une
opposition, donc des adversaires qui alimenteront sa
raison d'être, prélude à la fracture sociale, le
tribalisme, les inégalités, le népotisme, le
favoristisme, le clientelisme, le sauve-qui-peut !!

... alors ?!


No.1, RE: Lobby
Posté par: Dr. Mengara, le 21-mai-02 à 12h45 
En réponse au message 0
Cher ami Epa,

Je pense que vous soulevez-là un problème intéressant. Je partage
partiellement votre point de vue, mais je voudrais cependant noter les
quelques équivoques qui pourraient découler de votre acception de la
différence entre une association et un parti politique. Ceci n'est
aucunement une attaque contre vous. C'est une clarification abondant
dans votre sens mais redressant la barre pour servir des visées
éducationnelles. Je suppose que certaines des confusions que nous
faisons tous parfois dans le cadre de nos diverses perceptions du Gabon
et de la chose politique procède, bien malheureusement, du triste
constat qui, aujourd'hui, montre qu'à cause du bongoïsme qui prévaut
chez nous, nous avons tous été conditionnés au Gabon à voir le monde à
l'envers, et parfois à confondre ou opposer des valeurs qui, souvent,
sont complémentaires ou qui, dans d'autres cas, ne relèvent pas du tout
du même domaine.

Je dirai donc qu'un parti politique est avant tout une ASSOCIATION dont
le but premier, au-delà de la prise de pouvoir, est la GESTION de
l'état. Voilà pourquoi il est toujours fait la différence entre une
ASSOCIATION A CARACTERE POLITIQUE (qui inclue le parti politique) et une
association à caractère social (qui inclue des entités diverses
travaillant sur des thèmes et objectifs particuliers) dont le but se
centre souvent, entre autres, sur la conscientisation et l'éducation des
masses.

Autrement dit, dans toute société, IL FAUT des groupes politisés
s'engageant dans la politique pour gérer ou permettre la bonne gestion
de la structure d'état, sans quoi ni l'état, ni les associations
n'existeraient pas. Gérer l'état ne veut pas dire, comme cela se passe
au Gabon, se confondre avec l'état, mais plutôt en assurer, pour un
temps seulement, la bonne marche dans l'intérêt de tous.

Autrement dit encore, s'il n'y a pas d'état, alors le type
d'associations dont nous rêvons au Gabon ne saurait valablement exister
puisqu'un état malade produira forcément des associations malades.
L'exemple typique dans ce cadre est notre propre pays, le Gabon, où
l'inefficacité de l'état se traduit par une inefficacité similaire au
niveau des associations à caractère politique et non politique. Ceci ne
devrait pas nous surprendre dans la mesure où les intérêts d'un état
malade comme celui de Bongo contredisent forcément ceux des
associations, et parfois, à cause de ce type de contradictions, l'espace
de démarcation entre l'association à caractère politique et
l'association à but non politique se réduit considérablement, pour
donner lieu à un cafouillis de corruption et de duplicité malsain dans
lequel les Gabonais ne se retrouvent plus. L'état malade ne peut donc
alors que détruire les fondements d'une effervescence associative digne
de ce nom.

Par ailleurs, le mot "lobby" que vous utilisez ne recouvre que
partiellement la valeur associative que vous voulez faire ressortir (et
qui est le souhait de tout Gabonais). Le mot "lobby", qui est
foncièrement américain, veut dire quelque chose d'assez spécifique. Le
lobbying américain a en général pour but d'influencer l'action de
l'état, et aux USA, cela aboutit à des tiraillements divers vu que
chaque groupe travaille, non pas pour l'intérêt général de la nation,
mais pour ses propres intérêts. Ainsi, les noirs essaient d'influencer
l'état dans un sens favorable aux noirs, les juifs dans un sens
favorables aux juifs, les entreprises d'un domaine particulier dans un
sans favorable à leur conglomérat, le chrétien dans un sens favorable
aux idéaux religieux du chrétien, etc. Au bout du compte, l'état
lui-même finit corrompu par tous ces tiraillements. Ce n'est pas de cela
que nous voulons au Gabon, vu que le bongoïsme a institué un modèle de
ce type chez nous déjà, et cela a fini par une débacle généralisée. On
nomme au Gabon un ministre, et on fait comprendre à la population que
c'est ledit ministre, et non l'état, qui doit développer la province
dont il ressort. L'état Bongo ne résoud les problèmes qu'au coup par
coup, et uniquement quand un secteur particulier se révolte. Alors, les
solutions s'apparentent alors à des corruptions directes et officielles
des secteurs révoltés, juste pour les calmer. Et on repart. Donc, aucune
vision d'ensemble n'est possible dans un état "lobbyisé" comme le nôtre.
Le développement, conçu de manière aussi particulière et sectaire, ne
peut être possible dans un pays comme le nôtre.

Il apparaît donc que le lobbying ne peut, pour le Gabon, représenter
la solution aux maux auxquels nous faisons face. Il rendrait pire la
situation ethnique et inégalitaire dont vous parlez, puisque le
bongoïsme est avant tout un système basé sur le lobbying partisan,
individuel et provincial. Ce sont les particularités partisanes qui
prévalent dans ce système et non les concepts globaux et nationaux. Dans
un pays où l'on marchande le développement, et où l'on ne fait des
tronçons de route que pour attirer des votes, il n'y a pas de
développement national possible.

Ceci pour dire que le lobbying est par nature partisan et s'oppose
radicalement aux idéaux d'un parti politique, dont la vocation est
nationale et se veut impartiale. Ceci semble évidemment très paradoxal,
car s'il est lui-même une entité partisane puisque défendant une
certaine idéologie, le parti politique n'en demeure pas moins un
mouvement à vocation nationale. Ses objectifs visent en premier à
construire la nation dans son entièreté sur la base d'une vision
particulière de l'état et du développement. Ainsi, une fois l'élection
gagnée, le parti politique a le DEVOIR de mettre en place une structure
gouvernementale dont la seule préoccupation doit être la construction de
l'état pour le bénéfice de tous sur le plan national.

Le fait qu'un parti politique défende une certaine vision de l'état,
donc de la nation, n'est pas en soi une chose négative. Le parti
politique se définit avant tout (et c'est normal) par une VISION
particulière de l'état (que nous appelons idéologie). Il se crée donc
ainsi une contradiction ou opposition naturelle, mais bénéfique, entre
les visions des divers partis en lice. MAIS, cela, en dernier recours,
ne contredit jamais la VOCATION NATIONALE du parti politique. Une fois
au pouvoir, le parti vainqueur applique son programme, qui lui découle
d'un projet à portée nationale.

L'association, quant à elle, est limitée dans ses visées car de telles
visées sont particulières, subjectives et sectorielles. Tandis que le
lobbying, style américain, reste en contradiction avec les
préoccupations de développement NATIONAL de pays comme le Gabon, je
partage votre idée de base quant à la nécessité d'une action associative
de type africain dont l'intérêt serait, non pas de tirer la couverture
du développement ou des avantages étatiques vers soi, mais de se
préoccuper de thèmes de dévéloppements dont la visée serait profitable à
tous. Car il faut établir une complémentarité naturelle entre le parti
politique avec sa vision nationale dans le cadre de la gestion de
l'état, et l'association, avec sa vision particulière. L'association
peut ainsi aider la parti politique à se rendre compte de préoccupations
sectorielles spécifiques et à ainsi porter sur le terrain national les
solutions globales qui s'imposent.

En définitive, le parti politique, dans le contexte politique moderne,
reste une entité importante dans le cadre de la gestion et de la
construction d'un état. Ses objectifs ne sauraient se confondre avec
ceux d'une association, mais le rôle joué par chacun est primordial.
Puisque l'association ne gère pas l'état (mais peut aider à signaler des
problèmes), il faut donc qu'il y ait à la fois des partis politiques
(pour garantir la contradiction patriotique nécessaire qui permettra la
naissance d'un état fort) et des associations (de type non-lobbyiste)
qui permettraient, à partir de leurs visions particulières, de porter à
la connaissance de la nation des préoccupations spécifiques qui
permettraient au parti au pouvoir de solutionner ces préoccupations dans
le cadre d'une action globale sur le plan national.

Ce que cela veut dire, donc, est qu'il faut, avant même que l'action
associative ne puisse pleinement jouer son rôle, un état sain. Or, un
état sain ne peut venir que d'institutions saines garantissant
l'existence de partis politiques sains. Et eux-mêmes ne peuvent exister
sainement que s'il existe des institutions étatiques capables de
préserver cette sanité.

Au Gabon, on est encore loin, très loin de la sanité qui permettrait une
action efficace des associations, et partant, des partis politiques. Le
bongoïsme qui prévaut au Gabon est très vorace. Il est à la fois
partivore (dévore les partis) et associativore (dévore les
associations). Conséquence: disparition de l'état et institution de la
loi de la jungle.

Votre méfiance vis-à-vis des partis politiques chez nous, ami Epa, est
donc très compréhensible (et vous n'êtes pas seul) car le bongoïsme en a
fait des organes à vocation partisane, et nous a appris à les voir ainsi
vu que son but a toujours été de jeter le trouble dans les esprits, pour
mieux régner. Par ailleurs, nos opposants, Mba Abessole en tête, ont
contribué à salir un peu plus l'image du parti politique, alors même que
ce sont les individus, et non les partis, qui sont en cause. Certes,
chez nous, les partis s'apparentent plus à des associations de
malfaiteurs qu'à des instruments de développement.

Voilà pourquoi il faut, quand on est patriote dans un pays en souffrance
comme le Gabon, non pas abandonner la politique parce qu'on la trouve
sale, mais plutôt s'engager dans la politique pour la nettoyer de sa
pourriture.

C'est comme avoir du caca devant sa porte et refuser de l'enlever parce
que le caca pue trop. Il faut, pour se débarrasser de l'odeur, prendre
la décision active de se débarrasser du caca, sinon on finit dans la
puanteur tant que le caca sera là. L'engagement politique, quand il se
fait avec idéalisme, consiste donc à débarrasser la politique du caca
qui la pourrit. Au Gabon, le caca c'est le bongoïsme.

Le ver de terre, on le sait, ne se sent bien que dans la boue. Le
bongoïme est un virus qui ne se multiple que dans la boue. Voilà
pourquoi ni l'état, ni la vie politique ou associative ne trouveront
aucun contexte propice à leur épanouissement tant qu'Omar Bongo et ses
acolytes seront au pouvoir.

Merci.

Dr. Daniel Mengara
Coordinateur
BDP-Gabon Nouveau


No.2, RE: Lobby
Posté par: Abess, le 21-mai-02 à 12h46 
En réponse au message 0
Mbolo partisants d'un autre Pays(Gabon II)!

Cher Epa, je conviens avec toi que les Gabonais sont lasses d'attendre
et d'entendre les politiciens, je comprend leur pessimisme, mais je
condamne la résignation. En comprenant leur désaveux de la politique
depuis le multiparisme et au regard de leur attentisme, je me pose la
question, comme Beyala, et si les Gabonais refusaient le départ de Bongo?

En de nombreuses occasions, il a été possible de le faire partir, les
leaders et le peuple se sont rendus complice pour le garder.
Actuellement, le gabonopessimisme prévaut dans la tête de nos
compatriotes, si tu leur parle de politique, ils te répondent que
personne ne changera le Gabon tant que Bongo sera là, car plusieurs
opposants ont essayé et se sont rangé dans le camp de leur adversaire
(ennemi juré pour certains), en leur proposant l'alternative bdpiste,
ils pensent que c'est un mouvement qui joue le même rôle que les
précédents partis politiques de l'opposition.L'ambiguité réside dans le
fait que ces compatriotes sont pour le changement, mais n'oeuvre pas
pour qu'il émerge, car ils pensent que d'autres personnes vont ou
doivent changer le pays pour eux.

Il est possible de travailler pour le Gabon sans faire de la politique,
mais les réalités sur le terrain sont très différentes, car autour de
toi règne la suspicion, la méfiance voire des tentatives de
récupérations politiques ou politiciennes ainsi toute initiative est
vouée à l'échec, c'est ainsi qu'il râre de trouver des vraies
associations actives dans le pays, ce qui est malheureux pour le travail
et les besoins de la population. Ce que je conseillerai aux personnes
désirant créer des associations vértablement apolitiques, il serait
souhaitable de travailler avec ses propres moyens sans se réferer à un
quelconque homme politique du pays mais des organismes internationaux.
C'est ainsi que nous avons pu mettre en place en tant qu'association
étudiante, à Bitam une bibliothèque, avec l'aide de la coopération
canadienne. De nombreux autres projets ont pu voir le jours sans le
moindre paraînage. Il faut simplement se fixer des objectifs et se
donner les moyens de sa polit!

ique. La révolution du pays viendra des associations d'éveille, de
conscientisation des Gabonais.

Ne soyons plus pessimiste, le Gabon de demain c'est toi qui le fais
maintenant, ne soyons plus complice du sous développement de notre pays
comme l'ont été nos hommes politiques qu'on accuse auhourd'hui, si nous
ne voulons pas que nous soyons les parias de demain!


No.3, RE: Lobby
Posté par: Ollomo, le 21-mai-02 à 12h49 
En réponse au message 0
Je vous prierais de ne point m'en tenir rigueur au cas où mon entendement ou
mon interprétation du concept de lobby s'avèrerait erroné parlant de
l'environnement sociopolitique gabonais. A ce sujet, je pense que les
lobbies existent au Gabon depuis longtemps partant du point de vue que la
visée ici n'est autre que l'intérêt personnel ou du groupe.
En politique, je prendrai le cas du tout puissant courant des Rénovateurs,
quelques enfants gâtés du régime rassemblés autour du Fils, soufflant le
chaud et le froid avec en fond sonore " les vieux ont assez mangé, c'est
maintenant notre tour "
Ces derniers, une fois arrivés à la grande cour entendue ici le gouvernement
de la République connaissant des ascensions jusqu'au nouveau-ancien poste de
Vice premier ministre par exemple n'ont pas mieux fait que de narguer le
petit peuple avec par exemple l'érection du grand château rose dominant tout
Bitam. En revanche, Hévégab est tombée, Agrogabon est tombée, pire, l'École
Nationale de Développement Rural d'Oyem abrite désormais les hérissons... Il
y a aussi le MAB ( mouvement des amis de Bongo ), MEB ( mouvement des
enfants de Bongo )...
Au sujet des associations, je m'en référerai à l'ex Conseil Altogovéen dont
les sessions et les décisions étaient aussi importantes qu'un conseil de
ministres avec malheureusement des soucis limités à une seule province. Y
avoir un ami était une occasion pour soumettre un souci de promotion ou
d'insertion sociale ( mendicité ou opportunisme ??? ).
Tsoumou est également une association assez organisée. Un ami m'a révélé que
celle-ci s'occupe entre autres non seulement de choisir des meilleures
bourses pour les bacheliers de la contrée, mais aussi à accueillir ceux qui
rentrent au pays, logés et nourris jusqu'à insertion en entreprise.
Il n'y a donc pas de quoi s'étonner si dans les couloirs et salles d'attente
de certaines administrations publiques ou privées, il y règne une ambiance
de corps de garde.
Quelle chance aurais-je à me faire accepter ( embaucher ) auprès d'un patron
membre d'une association ayant ses candidatures ethnico-tribales dans le
moule.
A ce jour, le Gabon aura beaucoup souffert du tribalisme qu'il est temps de
chercher des voies et moyens d'en sortir. Voyons par exemple, pour peu
qu'Hévégab soit principalement disséminée dans le nord que le directeur doit
forcément en être natif. Vous trouverez peut-être mieux à Comilog, Elf,
Shell ou ex Comuf sans oser parler de l'Oprag.
Pour un pays en développement, avoir autant de mépris pour le mérite, la
compétence, la formation, c'est tourner le dos au soleil et, bonjour
l'égarement.
Je dirai malgré la mauvaise impression que je semble avoir des associations
que je n'ai foncièrement rien contre. Je soutiens l'idée que celles-ci soit
indépendantes du politique dont le principal souci est la conservation
superficielle de l'électorat. Mais, que ferait-on au Gabon sans la bourse du
politique, lui qui connaît également le chemin du Palais, comment s'en
passerait-on.
Ici fait surface la crise culturelle pour ne pas dire l'ignorance savamment
entretenue. Comment et avec quels fonds créer une ONG ? ( pendant qu'on y
est, pensons à créer EBOLA ZÉRO ça marcherait aussi bien que même le
gouvernement a dû engranger quelques millions d'Euro récemment de la part
des généreux donateurs ). Il serait donc bienvenu que ceux qui ont cette
compétence fassent le nécessaire pour créer des structures de ce genre même
à vocation cantonale pourvu qu'il y ait en retour des traces un peu
indélébiles de développement. En quoi serais-je dérangé de loger dans une
auberge construite par une association des jeunes quelque part en brousse le
long du chemin de fer au lieu que mon ballot me serve d'oreiller sur le
quai.
Nous pourrions ainsi, indépendamment de la conception américaine, donner
notre sens à ce qu'on voudrait appeler lobby.

Omomwan EKOGA ba ANGUE
dipômé de l'école publique
de Melene 1
CP1+6
PK 22 Bitam via piste d'éléphant
cacao : fini
café : oublié
banane : un peu
manioc : juste un peu
arachides : plus assez
cocombre : recherché
chiens : 4
moutons : 22
poules : assez
école : 1 ( grâce au corps de la paix )
églises : 2 en construction( argent des campagnes électorales !)
nombre de bacheliers : 8/10 ( sauf moi )