No.0, Omar Bongo - Médaille d'or noir
Posté par: Youri, le 28-juin-03 à 11h27
Marre d'Omar ? Ne désespérez pas, il ne devrait pas rester au pouvoir plus d'un siècle. Mais d'ici là, s'il n'est pas parti, il sera par contre bien parti pour battre tous les records. Avec l'aide de Dieu et la toute-puissance du dollar non dévalué... El hadj Albert Bernard Omar Bongo. 6 mots pour désigner le président gabonais qui, à 66 ans, déguste un 6e mandat pour lequel il fut élu un 6 décembre et investi début 1999 (666 à l'envers), grâce aux votes d'un collège électoral de près de 600 000 inscrits. Depuis quelques années déjà, le PDG (Parti démocratique gabonais) remporte régulièrement plus des deux tiers (66%) des sièges aux élections législatives, dans ce pays de 267 666 km2. Musulman converti dans un pays à 66% catholique, Ladji est résolument mystique, toutes religions confondues. Pourquoi... diable ce dévot semble-t-il alors placé sous le signe de 666, le "chiffre de la Bête", réputé satanique ? Ce serait réellement inquiétant s'il avait été plus impatient et avait goûté au pouvoir un an plus tôt. Car c'est en 67 qu'Albert Bernard devient, à 32 ans, le plus jeune chef d'Etat du monde. Enraciné Omar Bongo a donc passé plus d'années à la tête du Gabon qu'ailleurs. Comment alors ne pas considérer le palais présidentiel comme son manoir familial et le trône comme le rocking-chair de ses vieux jours ? Si l'on en croit les enquêtes d'une sous-commission du Sénat américain qui a fouillé, à l'initiative du sénateur démocrate Carl Levin, les comptes de sociétés comme Tendin Investments Ltd ou Leontine Ltd, monsieur Bongo, même simple citoyen, n'aurait pas de soucis à se faire pour payer sa facture d'eau. Le PDG du PDG, grâce à des sociétés limited, gère une fortune quasi unlimited. Le montant de ses avoirs placés sur ses différents comptes bancaires à la Citibank, rien qu'à New York et uniquement de 1985 à 1997, serait d'environ 130 millions de dollars, soit 900 millions de francs français. Inutile d'approfondir les comptes "parentés" de banques de Bahreïn ou du Luxembourg, on attraperait vite la migraine. C'est connu, plus les pays sont petits, plus ils abritent des sommes colossales. En cfa, les montants incriminés ne tiennent pas sur le cadran d'une calculatrice standard. Et puis, de toute façon, si c'est pour financer une campagne électorale, c'est pour la bonne cause: la poche des Gabonais. De TOUS les Gabonais, alors pourquoi pas de "Lui" ? Ex écho togolais Si ce n'est plus l'argent, qu'est-ce qui fait courir (sur place) le patriarche batéké ? Pas le record mondial de vitesse qui fait courir les athlètes sénégalais dans des contrées glaciales. Plutôt le record de longévité au pouvoir. Et avec la bienveillance des Etats dealers de pétrole, c'est plus facile que dans un pays politiquement assiégé comme Cuba. Le tout, c'est de savoir naviguer : d'une inscription à la SFIO (ancêtre du Parti socialiste français) aux amitiés gaullistes, de Jésus à Mahomet, de Libreville à Brazza-idem, de l'Ouest hautain à l'Est poutinien, du bois au pétrole... Qu'Etienne se le dise, il n'y aura pas d'ex-aequo, une promesse, même de sergent, est une promesse. En principe... D'ailleurs, dans un pays qui ne compte qu'un million d'âmes, il devrait être mathématiquement démontrable que chacun doit "durer" à son poste. Même si certains ont la dent dure. C'est reposant, la stabilité, mais l'immuabilité, ça lasserait les plus tenaces des contemplatifs. Aux ânes bien nés, le nombre des années n'atteint pas la valeur. Texte de Joseph Nguema.
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