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Nom du forum: L'arbre à palabres politiques
ID de la discussion: 493
No.0, L'Argent de BONGO
Posté par: Youri, le 28-juin-03 à 12h43 
«M. El Hadj Omar Bongo est devenu client de la Citibank en 1970. En près de trente ans, le président du Gabon et sa famille ont tissé des relations étroites avec le département de gestion privée de la Citibank, à New York.

Ils ont détenu de multiples comptes auprès de ses différents bureaux, à Bahreïn, au Gabon, à Jersey, à Londres, au Luxembourg, à New York, à Paris et en Suisse. Que ce soient des comptes courants, des fonds de placement, des dépôts à terme ou des comptes d'investissement.

La plupart des comptes gérés à New York ont été ouverts au nom de Tendin Investments Ltd, une société écran située aux Bahamas, et cédée au président Bongo en 1985. Quant aux comptes gérés à Paris, ils ont été établis au nom d'une deuxième société écran, Leontine Ltd. En outre, le bureau de New York a ouvert, en 1995, un compte bancaire intitulé «OS», dont le titulaire n'est autre qu'Omar Bongo.

Les relations du président gabonais avec la Citibank aux États-Unis commencent en 1985, lorsque Bongo transfère 52 millions de dollars de la Citibank Bahreïn à la Citibank New York sur des comptes dénommés Tendin Investments. En douze ans, les sommes totales déposées sur Tendin ont oscillé entre 28 millions et 72 millions de dollars, incluant des retraits d'environ 67 millions de dollars.

Toujours entre 1985 et 1997, le compte OS du président Bongo a varié entre 1 million et 5 millions de dollars, tandis que le compte Leontine, à Paris, recevait au moins 7,5 millions de dollars. Le président Bongo détient d'autres comptes en Suisse. Se retranchant derrière les lois sur le secret bancaire suisse, la Citibank n'a fourni aucune information sur ses avoirs en terre helvète.

Une campagne électorale financée par un prêt de la Citibank ?

Asif Ali Zardari, époux de Benazir Bhutto. sont parmi les plus gros clients de la Citibank de New York. Les documents examinés par la sous-commission du Sénat indiquent que les avoirs ayant circulé sur les différents comptes de Bongo depuis 1985 ont dépassé les 130 millions de dollars. Le président gabonais a également sollicité d'importants crédits au département de gestion privée de la Citibank. Témoin les multiples facilités, garanties par ses propres dépôts, que Bongo a obtenues entre 1989 et 1996.

Ainsi, la Citibank du Gabon accordait à Bongo plusieurs millions de dollars de découvert, immédiatement renfloués par des virements de ses comptes à Paris... Lesquels étaient, à leur tour, couverts par les comptes Tendin de la Citibank à New York. Le point culminant des prêts alloués à Omar Bongo a été atteint, en 1994, avec 50 millions de dollars.

Leur utilisation?

Officiellement, «pour des besoins de trésorerie sur place». En réalité, ils ont servi, selon des documents internes de la Citibank, à financer la campagne électorale de Bongo, en 1993. Alain Ober, banquier français gestionnaire du compte de Bongo à la Citibank New York, interrogé à plusieurs reprises par les sénateurs, a démenti cette allégation.

En affirmant qu'elle reposait davantage sur des suppositions que sur des faits précis. En 1995, le président Bongo commence à rembourser ces prêts, complétés, en 1996, par un virement de 31 millions de dollars. En 1997 et 1998, l'état des crédits indique un solde de prêt à recouvrir de 1 million de dollars seulement.

Quand la famille Bongo retire 1,6 million de dollars en espèces

La Citibank de New York a considérablement aidé Omar Bongo. En 1995, par exemple, elle opère un virement télégraphique de 1,6 million de dollars en espèces pour sa famille.

Ils seront utilisés par Bongo et les siens lors de leur séjour à New York pour le 50e anniversaire de l'ONU. A la même époque, la banque règle, toujours par virement télégraphique, un chèque de 69 000 dollars à la fille du président.

Ce qui lui permettra d'éviter une attente de trois semaines à laquelle elle aurait été contrainte si elle avait présenté le chèque à la Citibank au Gabon. Enfin, la Citibank autorisera un retrait en espèces de 100 000 dollars au profit d'un tiers, qui devait remettre cet argent au fils du président Bongo. Autant de services qui ne sont pas gratuits.

La banque facturera, en effet, 1 million de dollars par an à Omar Bongo. Sur toutes ces opérations, le chef de l'État gabonais exigera le secret absolu. Résultat: un petit cercle de personnes seulement, au sein de la banque, savait que derrière les comptes Tendin, Leontine et OS se cachait le président du Gabon. Jusqu'en 1996, où la Federal Reserve Bank diligente une enquête. Au terme de celle-ci, elle apprend qu'en six mois, de mars à août 1996, Bongo a déposé 48 millions de dollars sur Tendin, tandis que dans le même laps de temps, il en a retiré 51.

Intrigués par l'ampleur de ces mouvements, les enquêteurs de la Federal Reserve se mettent à scruter d'un peu plus près ce compte. En demandant, notamment, à Alain Ober de leur fournir des précisions sur l'origine du dépôt initial, en 1985, de 52 millions de dollars, sur le compte Tendin. Soucieux de collaborer avec la Federal Reserve, Ober envoie donc, le 10 décembre 1996, un e-mail à M. Rogers, ancien cadre supérieur de la Citibank, aujourd'hui en poste en Afrique du Sud. On y lit: «Les contrôleurs de la Réserve fédérale sont en train d'examiner le compte Tendin...

Il existe un point important qui n'a pas été résolu...

Vous vous rappellerez certainement que ce compte a été ouvert en 1985 auprès de la banque moyennant 52 millions de dollars provenant d'un dépôt à terme à la Citibank à Bahreïn, qui avait été ouvert par la Citibank Libreville, pour le compte de notre client... Ni Bill ni moi-même n'avons jamais demandé à notre client d'où provenait cet argent.

D'après moi, c'est que... le gouvernement français/les compagnies françaises de pétrole (Elf) lui ont fait des ``dons''.» Cinq jours plus tard, le 16 décembre 1996, M. Rogers lui répond, toujours par e-mail: «Le Gabon ressemble à un émirat du golfe: le pétrole... représente en effet 95% des recettes pour une population de moins de 1 million. Il est, de ce fait, clair que Tendin Investments tire la plus grande partie de sa richesse du pétrole, mais nous n'avons aucun moyen d'être précis.» Ober et Rogers en arrivent aux mêmes conclusions: le compte Tendin est alimenté par les revenus pétroliers du Gabon. Guère satisfaits de cette réponse, les enquêteurs de la Federal Reserve décident de saisir, en février 1997, le Bureau du contrôle monétaire (OCC). C'est le principal organisme régulateur de la banque.

Pendant quatre mois, l'OCC dépouille les documents de la Citibank et dresse la liste des dernières opérations de Bongo. Sans sourciller, la Citibank accepte de collaborer. Tant et si bien qu'elle finit par affiner le «profil» d'Omar Bongo, en fournissant des explications détaillées sur l'origine de sa richesse.

Voici le récapitulatif: «Président depuis trente ans d'un pays africain produisant du pétrole. Richesse due à sa fonction et à ses relations avec des compagnies françaises de pétrole (Elf), puisque son pays est le principal de pétrole de la France.

Richesse investie dans les biens immobiliers locaux et dans des instruments financiers à l'étranger.» Le FMI et la Banque mondiale récusent les accusations du Sénat