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Conférences L'arbre à palabres économiques Discussion 25
Discussion 25
Dr. Daniel Mengara
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30-juin-99, 00h00  (Heure de: New Jersey)
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"Pirouettes aux finances"
 
  
J'ai lu avec grand intérêt les incroyables gymnastiques auxquelles, selon une dépêche de l'AFP en date d'aujourd'hui 29 juin, Emile Doumba est en train de se livrer dans sa tentative de sauvetage du système Bongo.

Les pirouettes auxquelles se livre Doumba révèlent, en fait, une incapacité chronique à venir à bout de la grosse machine bongoïste, une machine tellement rouillée qu'on ne peut plus rien en tirer.

Comme le rapporte l'AFP, le parlement gabonais vient en effet d'entériner la réduction de 40% du budget de l'état. Et c'est Emile Doumba qui s'est chareé d'aller faire avaler la pilule aux parlementaires qui, en donnant naïvement leur quitus à Doumba, viennent, encore une fois, de contribuer à la chute économique du Gabon.

Ce vote scandaleux en première lecture confirme le caractère de plus en plus perverti que prennent inexorablement nos institutions. Le rôle suprême d'un parlement est de servir de contre-pouvoir aux politiques hasardeuses d'un gouvernement irresponsable. Quand un parlement se dérobe de ses responsabilités, surtout quand celles-ci sont si simples à appliquer, on aboutit forcément à un état-mafia dans lequel l'exécutif et le législatif deviennent complices de la banqueroute d'un pays comme le Gabon.

En effet, faut-il être économiste pour savoir que dans un pays dont les recettes budgétaires ont été réduites de 40%, passant de 916,2 à 549,8 milliards de FCA, il est nécessaire que les dépenses soient, elles aussi, revues à la baisse?

Or, que voit-on l'Assemblé nationale et Emile Doumba présenter aux Gabonais? Eh bien, ces messieurs n'ont pas jugé utile de revoir les dépenses de l'état à la baisse. Ils ont préféré maintenir l'ardoise des dépenses aux 1482,4 milliards de F CFA initialement prévus.

Le scandale dans tout cela, c'est que l'endettement supplémentaire reste la seule solution qui puisse permettre au gouvernement de combler le trou déficitaire de 925,4 milliards de F CFA qui servirait à financer ces immenses dépenses.

Il s'agit donc là d'une irresponsabilité scandaleuse de la part de nos députés. Leur rôle aurait dû être de renvoyer Emile Doumba à ses ardoises pour des révisions qui eussent pu lui permettre d'établir les priorités budgétaires qui auraient mené à l'élimination des dépenses inutiles.

Or, quand on sait que ce déficit de 925,4 milliards est principalement dû au train de vie fastueux de l'état--puisqu'il sert à financer non seulement l'achat des voitures tout terrain que les ministres s'octroient chaque mois, mais aussi les conférences internationales et autres dépenses inutiles qui servent à maintenir le niveau de vie des gouvernants au détriment du peuple--on se demande où va finir le Gabon dans les deux ans qui viennent.

Pourtant, c'est dans des situations difficiles comme celles-ci qu'un gouvernement doit faire avaler la pillule de la réforme, afin d'habituer les plus nantis au rythme d'une austérité réparatrice. Malheureusement, au Gabon, la logique Bongolienne l'emporte toujours. C'est le peuple affamé qui doit se serrer la ceinture, afin de permettre l'engraissement des membres du régime. A un moment où le G8 a exclu le Gabon des pays méritant une réduction de dette, il semble que Bongo et ses accolytes aient décidé de continuer de vivre dans le faste habituel, au détriment du reste du peuple et de l'investissement productif qui pourrait réduire la dépendance du pays vis-à-vis des produits de rente.

Emile Doumba vient donc, avec la complicité d'un parlement bidon, de vendre un peu plus le Gabon aux enchères du plus offrant car il va bien lui falloir trouver de quoi combler cet énorme déficit. A un moment où les grandes institutions financières refusent de prêter au Gabon, Bongo va probablement, encore une fois, se tourner vers la France ou s'endetter lourdement auprès de gouvernements sans scrupules pour maintenir le pays à flôt tout au long de cette année.

Déjà, Bongo commence à regretter l'ancienne époque des relations franco-africaines. Ce sont ces regrets qui lui font dire ceci:

"Je me rappelle ce que la France a fait, dans le temps, pour les pays africains: on se réunissait tous les deux, trois ans et la France effaçait la dette. Et cela recommençait..." (Jeune Afrique no. 2004, p. 23).

Apparemment donc, Bongo reste nostalgique de cette époque où la France le laissait faire selon son bon vouloir. Maintenant que les temps sont durs, et que la France elle-même est en train de lutter avec ses 12% de chômeurs, cette générosité semble avoir pris un coup de froid qui désole Omar Bongo.

A un moment où l'inspiration réparatrice semble manquer au système bongoïste, dans un contexte où les solutions sont pourtant faciles à trouver, seule la suppression de ce système est aujourd'hui à même de sauver le Gabon. Voilà pourquoi Bongo doit partir, et avec lui, son régime.

Dr. Daniel Mengara


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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
Pirouettes aux finances Dr. Daniel Mengara 30-juin-99 0
  Pourquoi s'étonner? Ogandaga 02-juil-99 1

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Ogandaga
Membre doyen
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02-juil-99, 14h53  (Heure de: New Jersey)
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1. "Pourquoi s'étonner?"
En réponse au message #0
 
  
Il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner. IL y a belle lurette que les Gabonais ont compris qu'ils n'avaient plus rien à attendre du régi-e Bongo. A cause de cela, le pays s'est découragé en attendant que, par miracle, ils accéderont à la démocratie grâce à l'apparition d'une leader qui mettre Bongo à la porte.

Doumba et L'Assemblé nationale ne sont là en fait que pour faire de la figuration et on ne peut rien attendre de plus d'eux vu que leur action n'a jamais été de changer les choses, mais plûtôt de bénéficier des faveurs du régime en se remplissant les poches comme tout le monde.

Ce qu'il faut faure donc c'est trouver le moyen de vider tous ces gens là. Et là se trouve tout le problème.

Ogandaga


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