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13-juil-99, 12h06  (Heure de: New Jersey)
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"Rapport PNUD 1999: Le désastre gabonais continue"
 
   Rapport PNUD 1999: Le désastre gabonais continue

13 juillet 1999

Le verdict du PNUD vient, encore une fois, de tomber. Impitoyable. Surtout pour le Gabon dont la plupart des indicateurs socio-économiques regressent, signe de l'échec du régime d'Omar Bongo dans un contexte de richesses pourtant favorables à une évolution positive de la vie des gabonais.

1 - INTRODUCTION

L'intérêt du rapport 1999 du PNUD est qu'il tient compte, dans certains cas, de la progression de chaque pays dans la plupart des secteurs socio-économiques depuis 1970, permettant ainsi aux analystes de voir le chemin parcouru par chaque pays en près de 30 ans. A titre de rappel, ce que le PNUD mesure dans ce rapport, c'est l'Indice de développement humain.

Selon le PNUD, le développement humain est un processus par lequel les possibilités de choix d'un peuple sont élargies. Cet élargissement n'est atteint que si les capacités et fonctionnements humains sont développés. Ainsi, parler de développement humain à tous les niveaux de la vie d'un peuple, c'est donner à ce peuple trois capacités essentielles: la capacité de mener une vie longue et saine, la capacité de s'informer et la capacité d'accéder aux ressources qui lui permettraient une qualité de vie décente. Si ces indicateurs de base sont négligés, le peuple se retrouve sans grand choix et les opportunités de développement humain lui restent inaccessibles.

En d'autres termes, les domaines recouverts par les nécessités du développement humain sont multiples. Elles englobent des domaines tels que la possibilité d'exercer un choix ou d'exprimer une opinion politique et les opportunités socio-économiques qui récompensent la créativité et la productivité individuelle tout autant que collective. Le développement humain inclut aussi la possibilité pour l'humain d'avoir de l'estime pour soi-même et de se sentir motivé et capable. Il doit également pouvoir développer le sens d'une appartenance à une communauté nationale donnée. L'indice de développement humain ne se contente donc pas que des revenus comme indicateurs de la possibilité pour un humain d'élargir ses choix et de jouir du bien-être qu'il mérite; il tient compte de TOUS LES ASPECTS DE LAVIE d'un individu ou d'une société.

Le PNUD classe chaque pays dans l'une des trois catégories suivantes:

1) Pays à développement humain élevé (de 1 à 45)
2) Pays à développement humain moyen (de 46 à 139)
3) Pays à développement humain bas (de 140 à 174).

2- LA PLACE DU GABON

Où se trouve donc le Gabon dans cette équation du développement humain? Premières indications générales pour le Gabon, le pays, en 1999, est classé 124ème dans le monde en termes de développement humain. Le Gabon regresse donc ainsi à son niveau de 1997, passant donc du rang de 120ème en 1998 à celui de 124ème en 1999.

Avec son classement de 124ème, le Gabon se retrouve inclu dans la catégorie des pays à développement humain moyen, mais cette classification demeure très négative pour deux raisons principales:

1) Il y a 123 pays (71%) au-dessus du Gabon, et seulement 50 pays en-dessous (29%). Ceci équivaut donc à une très faible classification puisque le Gabon se retrouve avec un indice de développement humain inférieur à celui de 71% des pays classifiés.

2) La classification du Gabon se révèle encore plus faible quand on compare ce pays aux autres pays avec des revenus similaires ou moindres, pays qui, eux, se retrouvent classés dans parmis les nations à développement humain élevé: Slovaquie, Pologne et Costa Rica. C'est ainsi qu'avec un PNB par tête de 4120 dollars US, le Gabon n'a pas pu se classer mieux que les pays suivants, qui, eux, ont des revenus par habitant inférieurs à celui du Gabon (tous ont des revenus par habitant inférieurs à 4120 dollars US):

42 Slovaquie
44 Pologne
45 Costa Rica
48 Venezuela
49 Panama
50 Mexique
52 Grenade
53 Dominique
54 Estonia
55 Croatia
57 Colombia
58 Cuba
59 Mauritius
60 Belarus
61 Fiji
62 Lithuania
63 Bulgaria
64 Suriname
67 Thailand
68 Romania
69 Lebanon
70 Samoa (Western)
71 Russian Federation
72 Ecuador
73 Macedonia, TFYR
74 Latvia
75 Saint Vincent and thenGrenadines
76 Kazakhstan
77 Philippines
80 Peru
81 Saint Lucia
82 Jamaica
83 Belize
84 Paraguay
85 Georgia
86 Turkey
87 Armenia
88 Dominican Republic
89 Oman
90 Sri Lanka
91 Ukraine
92 Uzbekistan
93 Maldives
94 Jordan
95 Iran, Islamic Rep. of
96 Turkmenistan
97 Kyrgyzstan
98 China
99 Guyana
100 Albania
101 South Africa
102 Tunisia
103 Azerbaijan
104 Moldova, Rep. of
105 Indonesia
106 Cape Verde
107 El Salvador
108 Tajikistan
109 Algeria
110 Viet Nam
111 Syrian Arab Republic
112 Bolivia
113 Swaziland
114 Honduras
115 Namibia
116 Vanuatu
117 Guatemala
118 Solomon Islands
119 Mongolia
120 Egypt
121 Nicaragua
122 Botswana
123 São Tomé and Principe

Remarques:

1) Le Gabon a des revenus par habitant (PNB) supérieurs à ceux de 73 pays parmi les 123 qui le précèdent.

2) Parmi les 123 pays qui le précèdent, certains ont des revenus par tête de moins de 1000 dollars, c'est-à-dire au moins 4 fois moins importants que ceux du Gabon. Il s'agit de pays comme:

90 Sri Lanka (800 dollars)
96 Turkmenistan (640)
97 Kyrgyzstan (480)
98 Chine (860)
99 Guyana (800)
100 Albania (760)
103 Azerbaijan (510)
104 Moldova, Rep. of (460)
108 Tajikistan (330)
110 Viet Nam (310)
112 Bolivia (970)
114 Honduras (740)
115 Namibia
118 Solomon Islands (870)
119 Mongolia (390)
121 Nicaragua (410)
123 São Tomé and Principe (290)

L'on remarquera le tout dernier pays de cette petite liste, le Sao Tomé, qui se classe 123ème juste avant le Gabon, mais qui n'a que 290 dollars de revenus annuels par habitants (PNB).

3 - GABON: INDICATEURS DIVERS (RAPPORT PNUD 1999)

Cette section va se consacrer à l'analyse des divers indicateurs socio-économiques du Gabon.

PRODUIT NATIONAL BRUT (PNB PAR HABITANT): 4120 dollars US. Contrairement à d'autres pays, et malgré le boom pétrolier et les richesses immenses du pays, le revenu par habitant (PNB) du Gabon n'a pas progressé. Il a en fait baissé de 2,9% depuis 1975.

AGRICULTURE: l'agriculture ne pèse plus au Gabon que 7% du PIB (PRODUIT INTERIEUR BRUT), contre 55% pour l'industrie (pétrole et bois surtout) et 37% pour les services. Un désastre pour un pays qui a besoin de se doter de bases agricoles comme support de son développement.

ESPERANCE DE VIE: le progrès n'a pas été significatif. En 1970, le Gabonais n'espérait vivre que 44 ans. Aujourd'hui, il n'espère vivre que 52,4 ans. La longevité est même en baisse par rapport aux rapports PNUD de 1997 et 1998 où l'espérance de vie était de 54,1 et 54,5 respectivement. Par ailleurs, la mortalité infantile est toujours très élevée puisque sur 1000 enfant qui naissent, 145 meurent avant l'âge de 5 ans. Les femmes qui meurent à l'accouchement restent également nombreuses: plus de 6000 à 7000 chaque année. Au Gabon, 49% des gens meurent avant 60 ans.

SANTE ET PREVENTION: 28% des nouveaux nés gabonais âgés d'un an ne sont pas vaccinés contre la tuberculose et 68% ne sont pas vaccinés contre la rougeole. Le Gabon ne compte que 19 docteurs et 56 infirmiers et infirmières pour chaque 100.000 habitants. C'est dire que les Gabonais sont médiocrement soignés. Notez qu'un pays comme le Sao Tomé compte 32 médecins pour 100.000 habitans, alors que son revenu par habitant (PNB) n'est que de 290 dollars, contre 4120 dollars pour le Gabon. Pire encore, en 1960 le Gabon dépensait 0,5% de son PNB pour la santé. Cependant, malgré le boom pétrolier des années 70 et la hausse de ses revenus, le Gabonais n'est toujours pas bien soigné par son gouvernement. Le pays ne dépense aujourd'hui que 0,6% de son PIB (Produit Intérieur Brut) pour la santé de ses citoyens, c'est-à-dire une maigre progression de 0,1% en presque 40 ans depuis 1960!!!

EDUCATION ET FORMATION: seulement 66,2 % de nos adultes sont alphabétisés. Par ailleurs, 41% de nos enfants n'atteignent même pas le CM1 (Cours Moyen élémentaire, niveau 1). Le Gabon ne dépense que 2,8% de son PNB pour l'éducation de ses citoyens. A titre de comparaison, le Botswana, le pays qui bat tous les records économiques en Afrique actuellement, dépense plus de 10,4% de son PNB pour l'éducation. En fait, les dépenses d'éducation n'ont fait que baisser au Gabon, puisque le pays dépensait 4,5% de son PNB pour l'éducation en 1985. 14 ans plus tard, le Gabon ne dépense plus que 2,8% pour l'éducation et la formation. Seules 56,8% des femmes gabonaises sont alphabétisées, contre 75% d'hommes.

TRAVAIL ET SECURITE DE L'EMPLOI: 78,3% des hommes en âge de travailler excercent une activité économique quelconque, contre 40,9% des femmes. Cependant, si l'on tient compte des rapports 1998, on peut conclure que plus de 60% des gabonais vivent encore en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire que leurs revenus mensuels n'atteignent même pas le SMIG.

ACTIVITE POLITIQUE DES FEMMES: Au Gabon, les femmes semblent encore souffrir de l'exclusion dans le domaine de l'activisme politique. La présence des femmes dans à tous les niveaux du gouvernement ne s'élève qu'à 7,7%, soit 3,3% au niveau ministériel et 11,4% au niveau non ou sous-ministériel.

DETTE: en 1985, la dette extérieure du Gabon ne s'élevait qu'à 1.206,2 millard de dollars US, soit 39% de son PNB. En 14 ans, cette dette a quadruplé, passant à 4.284,5 milliards de dollars US, soit 95,7% du PNB.

EXODE RURAL: en 1975, 29,2% de la population gabonaise vivait dans les villes et zones urbaines. Aujourd'hui, ce pourcentage est passé à 52,2%. Il atteindra 66,2% en 2015. Ce saignement des campagnes aura forcément des conséquences néfastes sur l'économie non seulement à cause du chômage occasionné par le surpeuplement des villes, mais aussi à cause du manque de bras pouvant supporter l'agriculture dans les campagnes désormais peuplées de vieillards en majorité.

DROITS HUMAINS ET CONVENTIONS RATIFIEES PAR LE GABON: le Gabon a ratifié la plupart des conventions internationales sur les droits humains. CEPENDANT, le Gabon n'a JAMAIS ratifié la convention contre la torture et autres traitements ou punitions cruelles, inhumaines ou dégradantes. Le régime d'Omar Bongo se réserverait-il ainsi le droit de continuer à emprisonner et à torturer ses opposants politiques en cas de nécessité?

Il va donc sans dire qu'au vu du parcours actuel du Gabon et de son enlisement continuel dans des dettes non-productives, des temps durs attendent ce pays qui fut jadis béni par les dieux, mais qui eut la malchance d'hériter de dirigeants qui, assoiffés de richesses, plongèrent leur pays dans la misère. La dégringolade socio-économique du Gabon ne fait donc que commencer.

BDP-Gabon Nouveau
Bongo Doit Partir, pour la construction d'un Gabon Nouveau.

Note: Nous donnons le droit à tout journal gabonais de reproduire cet article. Prière de mentionner son auteur.



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