Les pays d'Afrique centrale ont choisit comme beaucoup de sous région de par le monde, d'instaurer entre eux des relations économiques privilégiées. Ceci afin de faire face en toute communion, aux mutations économiques et commerciales en cours.Cette attitude pour être un impératif, au moment ou l'heure est aux grands ensembles économiques et politiques, n'occulte en aucune manière les spécificités de chaque pays. A l'image de l'union européenne, à laquelle on s'inspire volontiers pour nous modeler.
Le Gabon, malgré un potentiel industriel et entrepreunarial moindre à celui du Cameroun, est le pays qui offre un cadre suffisant et une légitimité pour abriter le siège du marché financier de la sous région.
Un cadre d'accueil suffisant matérialisé par un potentiel économique et financier appréciable :
- Bonne tenue économique des établissements financiers (banques, assurance).
- Cadre juridique et législatif impartial.
- Savoir faire dans l'organisation et l'animation de grandes événements économiques, culturels et scientifiques de dimension internationale.
- Existence de ressources humaines jeunes, dynamiques, compétentes et ambitieuses.
- Un des systèmes des télécommunication des plus performantsdu continent.
- Une diplomatie dynamique.
Manifestement, la Cameroun qui discute avec le Gabon, le siège de cette bourse des valeurs dispose des atouts similaires. Néanmoins, un des arguments majeurs en faveur du Gabon porte sur la décentralisation des organismes communs d'intégration et leur direction.
En effet, la répartition actuelle fait du Cameroun la place monétaire et bancaire de la communauté économique des états de l'Afrique centrale CEMAC, grâce au siège de la banque des états de l'afrique centrale (BEAC) et de la commission bancaire de l'afrique centrale (COBAC), organisme de surveillance et de contrôle des établissements bancaires. En outre, le secrétariat exécutif de la CEMAC est détenu par le Cameroun.
Les autres organes d'intégration de la sous région ont leur siège dans les autres pays de la communauté, tels le siège de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC) localisé à Brazzaville au Congo, celui de la CEMAC à Bangui en Centrafrique. Aux Tchad et à la Guinée équatoriale les sièges de la cours de justice et du parlement d'Afrique centrale.
Avec ce constat, la revendication du Gabon prend tout son sens. Comme les populations des pays cités, le Gabon, défenseur sans relâche de l'intégration économique en Afrique centrale et acteur économique majeur, mérite de voir se concrétiser sur son sol, cet effort d'intégration communautaire.
Au delà des arguments sentimentaux et exogènes au marché financier pour décider du siège, le fonctionnement d'une bourse des valeurs posent d'autres questions susceptible de départager les deux pays.
Une bourse des valeurs contribue par appel public à l'épargne, au financement de l'économie. Elle a besoin de nombreux épargnants d'où la nécessité d'un marché financier commun aux pays de la CEMAC, comme c'est la cas dans l'UEMOA. Et non de bourses nationales moins viables.
Une constante du discours économique en Afrique l'appel aux investisseurs étrangers or ces investisseurs internationaux sont frileux des imbroglios juridiques et de biais économiques. Ce dont le Gabon est exempt. Il offre de ce point de vue, une visibilité et une confiance reconnue.
Les deux pays doivent donc taire cette rivalité nuisible à la sous région tout en entière. L'intérêt communautaire doit primer, et pour cela, l'argument de l'équilibre dans la répartition des sièges doit l'emporter sur la passion.
C'est dans cette logique que le marché financier doit avoir son siège au Gabon. De plus, d'après un expert, ce n'est qu'un ordinateur rangé dans une salle.
L'exemp,e de la Côte d'ivoire nous démontre qu'abriter un siège de métamorphose en rien l'aura d'un pays, ni sa structure économique. Le Cameroun pourrait donc ranger sa fierté et faire preuve de moins d'égoïsme. Et permettre ainsi l'ouverture du Gabon sur les autres pays de la sous-région en abritant le siège d'un organisme commun d'intégration économique comme il le fait pour la Banque des Etats de l'Afrique Centrale.