Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau

Sujet: "Revision de l'interview de Lemboumba dans Jeune Afrique"     Précédente | Suivante
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newsman
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26-juin-00, 22h53  (Heure de: New Jersey)
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"Revision de l'interview de Lemboumba dans Jeune Afrique"
 
   Apres les pertinentes analyses du frere "L'Oracle", il serait bon de revisiter une interview de Lemboumba a Jeune Afrique publiee le 19 Octobre 1999. Si vous lisez entre les lignes, vous comprendrez bien des choses qui expliquent la situation actuelle.


« Servir à nouveau Omar Bongo ? J'ai assez donné. »

Après avoir été douze ans durant l'un des plus proches collaborateurs du président, Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou est aujourd'hui l'un de ses opposants les plus déterminés.

Propos recueillis par Francis Kpatindé


Il fut sans doute, de 1980 à 1992, le plus proche collaborateur d'Omar Bongo. D'abord au poste de ministre des Finances, puis à celui, particulièrement sensible, de directeur du cabinet du chef de l'État. Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou, 59 ans, originaire, comme le président, de la province du Haut-Ogooué, dans le Sud-Est, passe pourtant, aujourd'hui, pour son opposant le plus déterminé. Surnommé « Monsieur Coffre-Fort » pour sa fortune supposée, ce journaliste de formation, ancien dirigeant de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (Feanf), a officiellement rompu avec Bongo peu après avoir échappé à la mort, à son domicile librevillois, le 7 janvier 1992, lors d'une mystérieuse tentative d'assassinat. Touché à l'abdomen, il doit d'avoir eu la vie sauve au ricochet de la balle sur l'une de ses côtes. À la tête du Parti gabonais du centre indépendant, créé peu après le drame, Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou rejoint l'opposition et brigue, sans succès, la succession de Bongo, en décembre 1993. Cinq ans plus tard, en novembre 1998, il quitte brusquement le Gabon « pour l'Europe », sans plus de précision. Depuis, on ne l'a plus revu sur les bords de l'Ogooué. Personnage discret, d'ordinaire peu loquace, il a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique, alors qu'une rumeur insistante annonce son prochain retour au pays...

JEUNE AFRIQUE : Cela fait pratiquement un an que vous n'avez pas mis les pieds au Gabon...
J.-P. LEMBOUMBA-LEPANDOU : En effet, j'ai quitté le Gabon en novembre 1998 et, depuis, j'ai beaucoup voyagé, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique. J'ai profité de l'occasion pour nouer des contacts et pour m'informer. Lors de mes déplacements, je suis généralement reçu dans les cercles de pouvoir et de décision.

Pourquoi vivez-vous en exil ? Auriez-vous quelque chose à vous reprocher ?
Je suis un homme libre et, à ce titre, je vais et je viens comme bon me semble. Je n'exerce aucun m!ndat électif qui aurait pu me retenir à Libreville ou au village. Mon absence provisoire du pays est le résultat d'un choix personnel. Je suis persuadé que si l'on veut comprendre quelque chose aux évolutions économiques, politiques et technologiques actuelles dans le monde, il faut sortir de chez soi. C'est ce que j'ai fait. Bien entendu, je profite de mon séjour à l'étranger, loin des contingences quotidiennes gabonaises, pour réfléchir, entre autres, aux causes profondes des échecs successifs de l'opposition aux élections qui se sont déroulées depuis 1993. Et, bien entendu, je ne manque aucune occasion d'informer mes interlocuteurs des réalités gabonaises.

Certains vous soupçonnent de conspirer depuis Paris contre le président Bongo...
C'est une vieille antienne ! On m'a même accusé, un moment, d'avoir introduit des armes et des mercenaires au Gabon, de vouloir organiser des attentats contre Omar Bongo lors de la campagne électorale, ou d'être intervenu auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour asphyxier financièrement mon pays. Pourtant, si un homme politique a été victime de la conspiration, c'est bien moi ! J'en ai souffert dans ma chair, puisque j'ai failli perdre la vie dans la tentative d'assassinat dont j'ai été l'objet le 7 janvier 1992. J'aimerais donc qu'on n'inverse pas les rôles ! Pour le reste, je n'ai ni l'envie ni les moyens de museler les professionnels du soupçon...

À quel titre résidez-vous en France ? Comme réfugié politique ou comme résident ordinaire ?
Je ne suis ni réfugié politique ni titulaire d'une carte de résident en France. Je vous l'ai dit : je voyage beaucoup. Ces derniers mois, je me suis rendu aux États-Unis, en Italie, en Belgique, en Afrique du Sud, au Sénégal. J'ai un pied-à-terre à Paris, c'est tout.

Avez-vous la nationalité française ?
Non ! Je suis gabonais, et j'entends le rester.

Vous semblez pourtant persuadé, comme beaucoup d'hommes politiques du continent, que c'est la France qui « fait» les présidents africains.
Les liens qui unissent la France à ses anciennes colonies et protectorats africains sont très puissants. Sans doute la nature de ces liens explique-t-elle certaines pratiques observées au lendemain des indépendances. Mais la situation a beaucoup évolué et je crois que ce serait faire un mauvais procès à la fois à la France et aux États d'Afrique que de prétendre, aujourd'hui, que les Africains vivent encore sous tutelle. Ni les Français ni les Américains n'élisent les chefs d'État africains. Ce sont les électeurs qui choisissent, dans des conditions parfois contestables ou imparfaites, il est vrai.

Étudiant, vous étiez dans l'opposition. Une fois rentré au pays, vous avez accepté d'occuper des postes de
responsabilité. Vous voilà de nouveau dans l'opposition !
Je sers mon pays quand j'estime pouvoir être utile et je m'oppose lorsque cela me paraît juste et nécessaire. C'est la logique de mon action depuis vingt-cinq ans. En sortant de l'université, bien qu'ayant combattu le régime de Léon Mba à travers des syndicats et des partis clandestins, j'ai accepté de travailler avec Albert-Bernard Bongo, qui venait d'accéder au pouvoir, parce qu'il menait une politique d'ouverture en direction des jeunes cadres. Notre collaboration a duré plusieurs années. À ses côtés, j'ai occupé, notamment, les fonctions de ministre des Finances, puis de directeur du cabinet présidentiel... J'ai rompu avec Bongo à la suite de l'attentat perpétré contre moi en 1992. Mais la séparation était latente depuis octobre 1985, date à laquelle j'ai, pour la première fois, fait part au président de ma volonté de quitter le gouvernement. C'était à New York, où il venait de recevoir le président de la Banque africaine de développement, Babacar Ndiaye. Sa réponse fut cinglante : « Tant que je serai président, tu resteras avec moi ! » J'ai dû me raviser, à la suite de l'intervention pressante de plusieurs personnalités gabonaises et françaises. On en est resté là, jusqu'à la tentative d'assassinat de 1992...

Les fonctions de ministre des Finances et, surtout, de directeur du cabinet du président de la République sont des postes de confiance. Vous devez savoir beaucoup de choses sur Bongo...
Que vous voudriez bien que je raconte... Eh bien, n'y comptez pas ! Lorsqu'on a occupé de telles fonctions ­ cela est valable pour le Gabon, mais aussi pour les autres pays ­, on est tenu à un devoir de réserve. Si un jour j'étais démangé par l'envie d'écrire, je livrerais plutôt mes réflexions sur l'exercice du pouvoir. Mais je ne me vois pas dans le rôle d'un Saint-Simon ­encore que j'admire l'œuvre de cet écrivain ­, griffonnant au jour le jour des anecdotes sur la vie privée des hommes publics ! Cela va contre mon éthique...

L'ex-grand argentier du Gabon ne sait donc vraiment rien ?
Contrairement à une idée répandue, la nature du pouvoir au Gabon laisse peu de latitude au ministre des Finances. Chez nous, contrairement à ce qui se passe dans les pays occidentaux, le ministre des Finances n'est pas investi du pouvoir d'orienter, de manière significative, la politique économique et financière du pays. Ce n'est pas un « grand argentier », mais un exécutant, une sorte de caissier central. Son autonomie et sa marge de manœuvre par rapport à la présidence de la République sont extrêmement réduites. Sur ce plan, comme sur d'autres, il faut souhaiter une évolution des mœurs, car la confusion des pouvoirs et des responsabilités n'est jamais saine.

Omar Bongo est-il, à vos yeux, un bon gestionnaire ?
Il est frappant de constater que certains chefs d'État, pourtant efficaces à leur début, ont emprunté, au fil des années, la voie de la dérive politique, économique et financière, obéissant souvent à leurs propres intérêts, mais aussi aux pressions de lobbies intérieurs et extérieurs. Bongo n'a pas échappé à ce type d'évolution, et c'est regrettable. En dépit de ces impérities, les énormes ressources pétrolières de notre pays ont permis une redistribution sous la forme de salaires qui ont maintenu jusqu'à maintenant un niveau de vie, grosso modo, acceptable. Mis à part les graves mouvements socio-politiques de 1991, le Gabon est un pays calme. On le doit essentiellement au paiement régulier des salaires. Aurait-on pu faire plus et mieux ? Sans aucun doute !

La rumeur parle régulièrement du financement de certains hommes politiques français ou africains non gabonais par le président Bongo...
C'est une vérité de La Palice que d'affirmer que beaucoup de chefs d'État africains participent au financement des partis politiques étrangers. Les médias français ­ pour ne citer que ceux-là ­ en font souvent leurs choux gras. Les présidents qui se livrent à ce jeu le font soit par amitié personnelle soit pour consolider des appuis à l'extérieur, dès lors qu'ils ont décidé de rester aussi longtemps que possible au pouvoir. Les sommes qui alimentent les caisses des partis politiques et de certaines personnalités proviennent pour la plupart de ressources publiques. Ces transferts, souvent importants, s'opèrent au détriment de nos pays, qui en auraient pourtant grand besoin pour équiper les hôpitaux, les écoles et pour lutter contre le sida... Ce système, qui crée, surtout en période électorale, une sorte de dépendance du bénéficiaire vis-à-vis du pourvoyeur de fonds, peut présenter à la longue un danger pour des pays appelés à développer des relations d'État à État, et non pas des relations entre individus.

Avez-vous été personnellement témoin de telles pratiques ?
Lorsque j'étais ministre, je n'ai, à aucun moment, eu connaissance de tels financements dans le cadre du budget de l'État. Que le président Bongo ait voulu, à titre personnel, soutenir tel ou tel de ses amis, cela ne me regardait pas !

Qu'en était-il lorsque vous étiez directeur de cabinet du président de la République ?
Le cabinet était compartimenté. Je gérais uniquement le volet civil. Ce genre de choses se fait généralement hors du cabinet...

Quelles personnalités et quels partis politiques français ont été financés par le président Bongo ? On a parlé du Rassemblement pour la République, la formation de Jacques Chirac, du Parti socialiste, voire du Front national d'extrême droite...
Il se peut même que vous en ayez oublié quelques-uns !

Cela ne semble guère vous poser de problème qu'un chef d'État africain finance un parti xénophobe comme le Front national...
Je n'ai personnellement jamais vu Le Pen au palais. Mais si je l'avais rencontré, je l'aurais salué comme les autres. Après tout, il était l'hôte du chef de l'État !

À qui profite le pétrole gabonais ? Aux Gabonais ? Aux dirigeants ? Aux intérêts étrangers ?
Le pétrole contribue pour 60 % à la formation du Produit intérieur brut (PIB) du Gabon et rapporte à l'État 65 % des recettes budgétaires. À partir de ces deux chiffres, on peut déduire que le pétrole profite à tous les Gabonais par le biais des salaires versés et des infrastructures. La question qui se pose aujourd'hui, alors qu'on note un déclin de la production, est de savoir si le Gabon tire le maximum de revenus de l'exploitation de son pétrole et si ces revenus sont convenablement répartis. L'État gabonais, qui n'a ni la maîtrise de la production ni celle de la commercialisation de la part de brut qui lui revient, ne peut, dans la situation actuelle, optimiser ses revenus d'origine pétrolière. Il n'y a pas là une question taboue qui ne puisse être posée par l'État gabonais à ses partenaires. La restructuration du secteur pétrolier français et la récente fusion de Total et d'Elf nous offrent l'opportunité de négocier de meilleures conditions d'exploitation du brut. Mais il faut aussi que l'État fasse plus d'efforts pour améliorer la répartition des revenus que nous procure l'or noir.

Faites-vous, comme d'autres hommes politiques africains, de fréquentes visites au siège parisien d'Elf ?
J'entretiens, de longue date, des relations avec les dirigeants des firmes pétrolières qui opèrent au Gabon. Je ne fréquente pas pour autant la tour Elf, à La Défense. Le poids considérable du secteur pétrolier dans l'économie gabonaise ne peut laisser indifférents les acteurs politiques de notre pays, qu'ils appartiennent à la majorité ou à l'opposition. Les dirigeants des sociétés opérant en territoire gabonais ont, pour leur part, compris qu'il était anormal de ne pas entretenir des relations suivies avec les dirigeants de l'opposition, susceptibles d'accéder, demain, au pouvoir.

Que pensez-vous du scandale Elf qui empoisonne la vie politique française depuis quelques années ?
J'ai découvert, à travers les médias, l'existence et l'ampleur de cette affaire, dans laquelle se trouve impliqué le Gabon. Je regrette que des ressources aussi importantes aient été prélevées d'Elf Gabon pour financer notamment une entreprise étrangère, alors que les besoins élémentaires des Gabonais sur le plan sanitaire sont à peine satisfaits...

Connaissez-vous certaines des personnes citées dans l'affaire comme André Tarallo ou Samuel Dossou ?
Ce n'est pas parce que Tarallo et Dossou sont cités dans l'affaire Elf que je vais nier les relations de travail que j'ai entretenues avec l'un et l'autre au cours de ma carrière ministérielle... Je les connaissais. Et après ?

Votre nom figure-t-il sur la fameuse liste des salariés occultes d'Elf découverte en Suisse ?
Si mon nom figurait sur la liste, la presse en aurait fait état.

Vous êtes actionnaire de la Banque française intercontinentale (Fiba), qui appartient, entre autres, à Elf et à la famille Bongo...
J'ai effectivement acheté des actions de la Fiba, mais également de la Comilog et de la Bicig ... Comme j'ai acquis, plus récemment, des actions de France Télécom. Il n'y a rien d'anormal ou d'illégal à cela.

On vous dit fortuné...
En Afrique, dès que vous entrez au gouvernement, de surcroît au poste de ministre des Finances, on vous soupçonne automatiquement de détourner des fonds publics. Certes, quelques cas avérés de malversations ont contribué à renforcer cette image dans l'opinion, mais il faut éviter toute généralisation. J'ai quand même été l'un des rares anciens ministres des Finances d'Afrique centrale à avoir rendu public le montant des revenus que je percevais en toute légalité, lorsque j'étais en fonctions. J'ai investi une bonne partie de cet argent dans des projets industriels, agricoles et dans des banques, ce qui me permet aujourd'hui de vivre décemment. Depuis que j'ai quitté mes fonctions politiques, je me suis consacré à la gestion de mes propres affaires. Ma réussite personnelle est le fruit de plusieurs années d'efforts tenaces. C'est aussi le résultat de la chance, sans laquelle rien n'aurait été possible !

Vous négociez, dit-on, dans le plus grand secret votre retour au Gabon...
Il s'agit, là encore, d'affabulations. Négocier en vue d'un retour supposerait que je sois parti de mon pays contraint et forcé, ce qui n'est pas le cas. Il n'y a donc aucune négociation en cours. Cela dit, il n'est pas irréaliste qu'une réconciliation entre Omar Bongo et moi puisse avoir lieu un jour, mais ce ne sera pas à n'importe quelle condition.

Vous êtes originaire, comme Bongo, du Haut-Ogooué. Un de vos fils est fiancé à l'une des filles du président congolais, Denis Sassou Nguesso, qui est le beau-père du président Bongo. Tout ceci crée forcément des liens...
C'est évident, mais on n'est plus au temps où les mariages étaient arrangés pour servir la politique et les rêves de puissance. Les alliances qui se nouent de nos jours sont d'ordre strictement privé. Même si elles nous protègent de toute solution extrême dans l'expression de nos divergences, elles ne peuvent nous contraindre à la pensée unique.

Sassou joue-t-il les médiateurs entre vous ?
Non, pas du tout !

Vous êtes l'!ssocié du président Bongo dans l'immobilier et dans le transport aérien. Comment gère-t-on en commun une affaire lorsqu'on est adversaires politiques ?
Deux adversaires peuvent posséder des parts du capital d'une société sans que la bonne marche de l'entreprise en soit pour autant affectée. Il en irait autrement s'ils exerçaient tous les deux des responsabilités directes dans les choix stratégiques et dans la gestion. Pour ce qui nous concerne, ce n'est pas le cas.

Quelles sont les suites judiciaires qui ont été réservées à l'attentat dont vous avez été victime, en janvier 1992, à Librevi,le ?
Un non-lieu a été prononcé par le tribunal de Libreville à la veille de l'élection présidentielle de 1993. Rien d'étonnant à cela ! Mes avocats ont fait appel. Le dossier a été rouvert par la justice en 1998. J'attends la suite... sans illusions !

Feu Jacques Foccart, l'homme de l'ombre du gaullisme, est plutôt élogieux à votre égard dans ses Mémoires...
Pendant plusieurs années, j'ai fréquenté Jacques Foccart. Le dernier entretien que j'ai eu avec lui s'est déroulé trois semaines avant sa mort. Il avait une parfaite connaissance des problèmes gabonais et encourageait nos dirigeants à s'engager résolument dans le processus de démocratisation. Il a été pour beaucoup dans les accords de Paris passés entre l'opposition et le pouvoir. Foccart a su travailler dans l'ombre, aussi bien avec Bongo qu'avec certains responsables de l'opposition...

N'êtes-vous pas embarrassé par les propos élogieux qu'il a tenus à votre égard ?
Pourquoi voulez-vous que je sois gêné par ses propos ? Il a émis une opinion, qui en vaut une autre. Je le voyais régulièrement pour parler, notamment, des problèmes du Gabon e4 de l'Afrique. Au fil du temps, les rapports de travail se sont transformés en liens d'affection.

Pendant la période troublée du début des années quatre-vingt-dix, avez-vous reçu des appels du pied de la France pour ­ disons ­ préparer l'alternance ?
Prendre langue avec ceux qui ambitionnent de diriger le Gabon est une préoccupation normale de la diplomatie française. Cependant, il n'est pas nécessaire qu'elle fasse un appel du pied pour qu'un homme politique gabonais ait l'ambition de faire évoluer les choses dans son pays. Mais, en dernier ressort, c'est au peuple gabonais de choisir ses propres dirigeants.

Considérez-vous que l'heure de la relève a sonné ou êtes-vous prêt à servir de nouveau Bongo si l'intérêt national le commandait ?
L'heure de la relève n'a pas encore sonné, mais elle se profile à l'horizon. Plus que l'échéance, ce qui compte, c'est de savoir comment cette relève sera assurée. Quant à servir de nouveau le pouvoir en place, j'ai déjà suffisamment donné !

Quand vous êtes-vous entretenu pour la dernière fois avec le président Bongo ?
Nous nous sommes séparés le 22 mai 1992. Ce fut pathétique ! Depuis cette date, nous ne nous sommes plus parlé.

Vous ne connaissez donc pas sa ligne directe ?
Je n'ai pas besoin de la connaître. Et, de toute façon, cela ne me servirait à rien puisqu'il la change pratiquement tous les mois.

Vous avez beaucoup investi dans la presse...
Ma formation de journaliste de télévision, métier que je n'ai pu, hélas, exercer, a nourri en moi une sorte de passion pour la presse.


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