Il se passe des choses incroyables dans notre pays. Figurez-vous qu'en 1993, lors de la campagne présidentielle, l'homme qui est sensé, selon la législation gabonaise << gouverner >> le Gabon, s'est transformé en véritable tout-puissant opposant d'un peuple : les Fang! Au cours de cette campagne, un sacré technocrate du nom de Casimir Oyé Mba, << cam la sape>>, selon le parlé populaire, Directeur de campagne de Bongo, a partagé de manière radicale, semble t-il l'avis des uns et des autres durant le meeting. Cela fut probablement une sorte d'intimidation se retrouvant face à un peuple, "les bilope lobe" qui tout d'un coup semblaient impitoyables à son peuple. De ce fait, ne pouvant point s'opposer à leur a affirmation, il déclina une sorte d'historicité devant la foule, mêlée de fang, en l'occurrence d'étudiants et bien d'autres de diverses ethnies.
A ce propos, cette intervention intempestive plus que divisioniste entre ethnies a été le mot d'ordre d'une tactique bogoïste pour persuader à qui mieux mieux voulant l'entendre. Nulle n'a été dupe pour percevoir les intérêts d'un vote qui, au lendemain des résultats, l'emportait par le truchement façonné de toute couture. Pourquoi essayer de persuader la population Francevilloise en "argumentant" de manière lancinante sans voix, sans esprit de discernement qu'au GABON il y aurait des sous-éthnies qui doivent leur émancipation à lui, Omar Bongo?
Comme si les Gabonais ignorent qu'avant l'indépendance ils étaient tous sous la domination coloniale française. Or, à regarder de très prés, c'est bien lui Omar Bongo qui clame haut et fort l'unité nationale, le premier à instaurer des pratiques rétrogrades, telles que la géopolitique (un Premier Ministre toujours issu des Fang de l'Estuaire, un Ministre de la défense toujours ressortissant du Haut-Ogooué...) Ou pire encore des quotas de bourses d'études selon les ethnies, alors qu'on a besoin de toutes les intelligences disponibles du pays.
En effet, ce jour où Omar Bongo se trouvait au stade municipal de Franceville avec ses sbires, il s'est dit des choses qui semblaient véritablement révéler le portrait d'un groupe qui se maintient au pouvoir, grâce aux manoeuvres douteuses allant jusqu'à la xénophobie. Lors de ce meeting, les intervenants ont prévenu la population locale des méfaits d'un vote en faveur du candidat
( P.D.C. I) Lembouba Lépandou, en arguant que le défunt Président Léon Mba avait remis le Pouvoir à Bongo par ce que ses frères fang (en l'occurrence Jean-Marc Ekho et Jean-Hilaire Aubame) le lui disputait.D'où l'idée selon laquelle, l'actuel Président était en mesure de refaire le geste historique inverse, au cas où son frère de province Lembouba Lépandou était encouragé par la population du Haut-Ogooué à s'opposer à sa réélection.
Au demeurant de ce fait, nous demandons aux gabonais (ses) de redoubler de vigilance, car ce genre de discours ne grandit personne. Et surtout qu'à l'heure actuelle, il y a urgence de se resserrer les coudes pour sortir le pays de la gadoue dans laquelle, Omar Bongo l'a plongé. Mais ce à une condition :
Que Bongo parte d'abord du pouvoir, car en 33 ans de règne sans partage, il a prouvé depuis longtemps ses limites.