Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau

Sujet: "Nous appelons le peuple à renverser le régime d'Omar Bongo"     Précédente | Suivante
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Conférences L'arbre à palabres politiques Discussion 345
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BDPadmin Cliquez pour voir le résultat des votes
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25-oct-00, 19h13  (Heure de: New Jersey)
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"Nous appelons le peuple à renverser le régime d'Omar Bongo"
 
  

Nous appelons le peuple gabonais à renverser le régime d’Omar Bongo



Pour qui Bongo se prend-il?



Le 9 octobre 2000, Omar Bongo forçait son Assemblée nationale fantôme à
une revision constitutionnelle partielle qui accordait une immunité totale
"au president de la République quant aux actes posés pendant l’exercice
de ses fonctions". Plus spécifiquement, la modification de la constitution
faisait loi le principe selon lequel le Président de la république qui a
cessé d’exercer ses functions, ne peut être mis en cause, poursuivi,
recherché, arrêté, détenu ou jugé pour des crimes ou actes commis dans l’exercice
de ses fonctions et relevant du droit commun tels que stipulés dans l’article
81 de la constitution.



Premier constat: pour qui Bongo prend-il le peuple gabonais? Vu qu’aucun
autre president vivant n’a cessé ses functions au Gabon, et que Bongo est le
seul dictateur connu au Gabon depuis la mort de Léon Mba en 1967, on se demande
à quel jeu Omar Bongo veut jouer. Pourquoi ne pas tout simplement stipuler
nettement et clairement dans sa constitution "tonneau vide" que cette
constitution est faite sur mesure pour protéger Bongo des poursuites
judiciaires qui vont certainement saluer son depart? Ce vague est vraiment
inutile et constitue une insulte impardonnable dans la mesure où Bongo et le
peuple savent pertinemment que Bongo s’est tout simplement auto-amnistié en
corrompant une Assemblé nationale qui, par ce fait, est devenue complice de ses
aspirations monstrueuses.



Deuxième constat: vu que Bongo a lui-même longtemps bafoué la
constitution gabonaise, qu’il a modifiée au gré de ses humeurs, soit pour
prolonger ses multiples mandats, soit pour s’assurer des victoires
électorales sans faille, de quel droit Bongo peut-il attendre que son
successeur respecte l’esprit d’une constitution qui n’aura plus grande
valeur quand Bongo ne sera plus là? Quel est donc ce type d’enfantillage qui
fait croire à Bongo que sa constitution, taillée sur mesure pour
lui-même
, sera celle que les Gabonais, demain libérés de lui, voudront
adopter? Ne voit-il pas que sa constitution ne sera qu’un tas de papier qui ne
sera même pas assez bon pour une utilisation dans les chiottes? En s’auto-aministiant,
Bongo montre, encore une fois, le mépris qu’il a pour le peuple gabonais.
Mais, bon sang! S’imagine-t-il qu’il a, avec son Assemblée "bidon"
actuelle, le droit de s’amnistier? Ne voit-il pas que le droit d’amnistier
un leader relève seulement et uniquement d’une décision suprême du peuple
gabonais?


Qu’est-ce qui fait croire à Bongo qu’il terminera paisiblement son
mandat actuel? Ne voit-il pas que le monde bouge, et qu’au rythme actuel de
son mouvement, des dictatures comme la sienne tombent? Ne comprend-il pas que
personne ne lui pardonnera jamais les méfaits qu’il a accomplis à la tête
de notre pays et que le jour approche inexorablement où il devra,
personnellement et sans ambages, rendre des comptes à notre nation?


Bongo est si aveuglé par le pouvoir que, dans son vieillissement malfaisant,
il ne fait toujours pas montre d’une sagesse qui pourrait, peut-être demain,
permettre au peuple de montrer un peu de magnanimité pour lui?


Les leçons et les occasions d’apprendre ne manquent pourtant pas. Le
Bénin et le Sénégal, exemples positifs par excellence parmi d’autres, nous
ont montré comment l’on pouvait éviter à un pays les désastres qui
surviennent d’un refus de l’alternance. A côté de ces exemples, il y a des
cas incroyables comme ceux de Bédié et Guei en Côte d’Ivoire. Ces deux
messieurs, comme Bongo, ont voulu diviser le pays en y semant la discorde
ethnique et politique, parce qu’ils voulaient coûte que coûte sauvegarder
leur pouvoir. Ils ont pris le peuple pour des moutons de panurge dont ils
pouvaient se jouer à volonté. Mais, comme on peut le voir, le courage des
Ivoriens a eu raison de ces dictateurs aux pieds d’argile.



Leçons pour le peuple gabonais



Les leçons pour le peuple gabonais sont, plus que jamais, multiples. La
Yougoslavie, mais aussi l’Indonésie avant elle, a démontré qu’un peuple
persévérant arrive toujours à bout de ses dictateurs. Les Yougoslaves,
pendant des jours et des nuits, sont restés dans la rue et ont refusé de
négocier avec un Milosévic qui, comme Guei, avait essayé de jongler avec le
résultat des urnes. Les Ivoriens, en moins de trois jours, sont venus à bout
de Guei en s’amassant dans les rues, montrant ainsi à Guei qu’il n’avait
d’autre choix que le départ immédiat.


La question pour nous, Gabonais, est alors la suivante: allons-nous encore
laisser Bongo nous traiter comme de la boue, ou allons-nous également exiger de
lui qu’il nous rende notre dignité en débarassant tout de suite le plancher?


Il est évident que les Gabonais manquent aujourd’hui de vrais leaders.
Car, un peuple, on le comprend, se décourage parfois très vite quand il a l’impression
d’avoir un président indéracinable à sa tête. C’est pourquoi un peuple
qui a de vrais leaders au sein de l’opposition arrive toujours à chasser ses
dictateurs. Au Gabon, nos leaders se sont endormis dans l’aisance de leurs
postes, et ont laissé Bongo piller, détruire, emprisonner, étouffer, tuer,
diviser et déshumaniser la nation.


Mais qu’est-il donc arrivé aux Mamboundous, Mba Abessole et autres Agondjo?
Ces messieurs n’ont ils pas encore compris que le temps de la politique polie
est révolu? N’ont-ils pas entendu les cris du peuple, de la nation? Ne
savent-ils pas, après tant d’années, que seule une politique du bras de fer
fait tomber les dictatures? Que la politesse en politique, face à un dictateur
sanguinaire, ne mène à rien? Que sans descente dans les rues, sans
manifestations, sans révolution et bras de fer permanent, il n’y a point de
salut? Pourquoi un tel endormissement qui laisse libre cour à Omar Bongo? Ne
voyez-vous pas qu’aujourd’hui le Gabon a plus que jamais besoin de leaders
capables de les conduire à la révolte? Croyez-vous que le régime de Bongo
serait capable de résister à un siège populaire d’une petite semaine? Qu’est-ce
qui vous fait donc peur? Est-ce vos postes administratifs que vous avez peur de
perdre ou manquez-vous tout simplement du courage qui fait la vraie trempe de
leaders, leaders capables de laisser de côté leurs intérêts personnels pour
celui du peuple? De quoi avez-vous donc peur? De la prison? De la mort? Ne
voyez-vous donc pas que faire de vous des martyrs contribuerait à précipiter
le départ d’Omar Bongo?


Au peuple Gabonais, nous disons donc ceci: Puisque nos leaders manquent de
courage et se sont vendus corps et âme à Bongo ou à leurs petites peurs
personnelles, il nous appartient aujourd’hui de conquérir notre liberté par
tous les moyens possibles. Le temps de l’attente est révolu, chers amis. L’heure
des débats et des négociations interminables au Gabon est révolu. Il n’y a
plus de place pour la négociation. Ce qu’il nous faut aujourd’hui au Gabon,
c’est une révolution.


Notre révolution n’a que trop attendu. Bongo doit être chassé et
pourchassé jusqu’aux quatres recoins du monde s’il le faut. Il s’est
assez joué de nous.


Nous en appelons donc à tous les Gabonais au Gabon comme à l’étranger à
s’attendre à rendre la vie insupportable à Omar Bongo. Nous, au BDP, nous
nous déclarons, plus que jamais, pour la révolution immédiate.


Nous en appelons donc le peuple gabonais à renverser le régime d’Omar
Bongo par des sittings publics dans tous les coins du Gabon et devant la
présidence, par l’arrêt du travail sur toute l’étendue du territoire et
par l’assaut sur la présidence pour en chasser Bongo.


Aux leaders gabonais, nous lançons un appel patriotique. Organisez-vous pour
encourager le peuple à une révolte immédiate. Ne donnez plus l’occasion à
Bongo de vous inviter à des négociations. Celles-ci n’ont plus de valeur
chez nous. Ce qu’il faut, c’est le forcer à partir tout de suite, et avec
lui son régime.


Aux militaires gabonais, nous demandons d’aider le peuple en vous
révoltant contre le régime de Bongo par un coup d’état s’il le faut. N’obéissez
plus aux ordres du dictateur. Au contraire, battez-vous pour nos libertés à
tous en vous opposant à toute personne qui voudrait faire du mal au peuple pour
sauver le régime de Bongo.


Ce qu’il nous faut au Gabon désormais, c’est une révolution
généralisée.


Cette révolution peut venir d’un soulèvement généralisé des masses.
Elle peut aussi venir d’un coup d’état militaire. Le BDP se prononce
résolument pour un coup d’état populaire ou militaire qui viendrait
immédiatement à bout du régime de Bongo. Ne laissons pas perdurer chez nous
une situation qui n’a plus de sens à un moment où d’autres pays ont pu
reconquérir leur dignité par le courage et la force de la rue. Ne faisons pas
croire au monde que nous sommes un peuple si passif que nous ne pouvons pas
accomplir ce que les uns et les autres ont pu accomplir ailleurs.


Un pressing de toutes les forces vives de la nation, au gabon comme à l’étranger,
chers compatriotes, nous permettra de venir à bout de notre dictateur. Ne
soyons pas la risée du monde en gardant à notre tête l’un des plus vieux
présidents du monde, un président dont la présence ne fait qu’appauvrir
notre peuple, contraint les intellectuels gabonais à l’exil et vide petit à
petit le pays de toutes ses richesses.


Gabonais de la diaspora et gabonais au pays, le moment est venu de prendre en
main notre propre destinée. Organisons-nous pour chasser Bongo du pouvoir
immédiatement, par tous les moyens possibles.


Faites passer le message, distribuez cette lettre parmi vous, publiez-là
dans les journaux d’opposition et dites ouvertement à Bongo, partout, qu’il
est temps qu’il parte, que s’il ne part pas de lui-même, il sera
impitoyablement chassé par le peuple.


Militez, rejoignez-nous dans ce combat renouvelé contre le régime de Bongo.
Informez vos amis, vos parents, vos frères et soeurs que le départ de Bongo
doit se faire maintenant ou jamais.


BONGO DOIT PARTIR, maintenant ou jamais.


Chers compatriotes, le danger au Gabon aujourd’hui serait de laisser Bongo
terminer son mandat illégal actuel. En laissant Bongo terminer son illégal
mandat, il aurait le temps de bien organiser son départ en laissant en place
son régime qu’il veut faire diriger par Ali Bongo. Nous ne pouvons pas nous
permettre cette continuité de père en fils avec un régime de 34 ans en place.
Ceci serait terrible pour le peuple.


Le BDP déclare donc aujourd’hui, publiquement et ouvertement, que seuls
des soulèvements populaires ou un coup d’état en bonne et due forme, ou une
combinaison des deux, pourront faire partir Bongo et son régime. Nous allons
donc tout faire pour causer la fin du régime Bongo par ces deux moyens, sans
relâche et sans peur.


Rejoignez-nous dans ce combat, sans peur et sans abnégation, pour un départ
immédiat de Bongo. Pour que vive le Gabon de demain.


New Jersey, le 25 octobre 2000


BDP-Gabon Nouveau

Pour la Construction d'un Gabon Nouveau

mailto:bdpgabon@home.com";>bdpgabon@home.com

http://www.globalwebco.net/bdp



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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
Nous appelons le peuple à renverser le régime d'Omar Bongo BDPadmin 25-oct-00 0
  Le peuple Ivoirien vient de commettre un tres grand acte news-man 25-oct-00 1
  Petite question medar 26-oct-00 2
     Pacifisme news-man 26-oct-00 3
     RE: Petite question Moustafa 26-oct-00 4
  Que des stupides anti bdp 27-oct-00 5
     RE: Que des stupides herve 31-oct-00 9
  RE: Nous appelons le peuple à renverser le régime d'Omar Bongo Mamiwata 30-oct-00 6
  Le bel exemple de la Cote d'ivoire nous est compté... medar 30-oct-00 7
     RE: Le bel exemple de la Cote d'ivoire nous est compté... Dr. Mengarateam 30-oct-00 8

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news-man
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25-oct-00, 21h18  (Heure de: New Jersey)
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1. "Le peuple Ivoirien vient de commettre un tres grand acte"
En réponse au message #0
 
   Modifié le 25-oct-00 à 21h34  (New Jersey)

Ce qui vient de se passer en Cote d'Ivoire est monumental. Pour la premiere fois en Afrique, un peuple vient de faire respecter la loi des urnes a un pouvoir ayant utilise la fraude et la force. La maniere dont Guei comptait remporter les “elections” est identique aux 2 coups d’etat electoraux perpetres par Omar Bongo en 93 et 98. Mais a l’oppose de ce qui c’est passe chez nous, le peuple Ivoirien a fait montre d’un rare courage et a decide de prendre son destin entre ses mains. Esperons seulement que le collectif Gabonais a su retenir la lecon de courage et de maturite que vient de lui donner le peuple Ivoirien. Comme Bongo en 93, Guei a brutalement decide de ne pas attendre le depouillement du vote et s’est attribue le taux 52% lui permettant d’etre “ELU”.Si le peuple Ivoirien etait reste passif, Guei serait aujourd’hui president “ELU” et “LEGITIME” a la Bongo. Il y’ aurait meme des griots qui lui reconnaitront cette “LEGITIMITE”. Combien de Gabonais bongoistes viennent sur ce site nous JURER la LEGITIMITE de Bongo? Pourtant ces gens savent que de honteuses fraudes ont ete perpetrees a cet effet. Mais c’est comme ca que le peuple se fait voler les elections a repetition, au Gabon. Le peuple Ivoirien a refuse de vivre la situation schizophrenique que connaissent les Gabonais quant on leur dit qu’un individu minable contre lequel ils ont vote EN MAJORITE doit etre leur president a perpetuite. Bongo est president en l’an 2000 alors qu’il avait perdu la consultation electorale depuis 93. Au fond d’eux memes, qui sont les bongoistes? Quels sont leurs vrais sentiments? Comment pensent-ils continuer a pousser les Gabonais a vivre sous l’imposture?
Il n’est pas trop tard pour nous. Armons nous de courage et attendons les bongoistes fraudeurs de pieds ferme aux prochaines elections.
Les Ivoiriens viennent d’entrer dans le 21ieme siecle par la grande porte, la voie des urnes; en repoussant le chantage et la fraude. Les Gabonais seront-ils a la hauteur du challenge?
Les Gabonais sont-ils capables de decider de batir une pays solide et fiere de sa destinee? De se debarrasser de toute la racaille du moment et se donner des dirigeants patriotes? Les Gabonais sont-ils capables de se mettre au dessus des petits calculs pour des miettes financieres? Les Gabonais peuvent-ils faire comprendre aux bongoistes que le pays ne se reconnaitra jamais en ce bouffon, meme s’il reste au pouvoir pendant 100 ans? Les Gabonais sont-ils capables de surprendre ceux qui les sous-estiment et leur donner une lecon? Les Gabonais peuvent-ils faire ce pas de geant qui demontrera aux dirigeants que le temps des dictatures est revolu? En somme, LES GABONAIS PEUVENT-ILS SE DONNER UNE VERITABLE LEGITIMITE POLITIQUE, ET POUVOIR ENFIN REGARDER D’AUTRES AFRICAINS DANS LES YEUX SANS HONTE?


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medar
Membre doyen
Auteur de: 40 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
26-oct-00, 11h20  (Heure de: New Jersey)
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2. "Petite question "
En réponse au message #0
 
   Modifié le 26-oct-00 à 12h30  (New Jersey)

Qui ètes vous ?

----------------

Comme la CI inspire certains d'entre nous ici, je voudrais leur rafraichir la mémoire avec le texte de l'AFP ci dessous.

Moi aussi, je suis partisan de l'alternance mais moins "va-t-en guerre" parce que ceux qui souhaitent ce schéma n'ont vraiment rien à perdre. C'est à dire qu'ils ont leurs intérêts en déhors du Gabon.


BONGO doit partir !

En espérant que le débat contradictoire sur la méthode ne fait que s'ouvrir et que le BDP ne se laisse déjà pas aller au monolithisme idéologique.


Thank you.

----------------

Scènes de chasse à l'homme dans les quartiers d'Abidjan (REPORTAGE)

ABIDJAN, 26 oct (AFP) - 18h08 - Sur la place du quartier des "220 logements" à Adjamé, des petits groupes tiennent des barricades de bric et de broc. Des kiosques de la Loterie nationale se consument.
"Nous voulons des vraies élections", lance Abdoulaye Bassandé, 32 ans, debout, le visage enduit de suie, près d'un pneu qui brûle.

Deux véhicules de transports de troupes blindés et un camion de la gendarmerie arrivent en trombe. Casque anti-émeute sur la tête, les gendarmes jaillissent, lance-grenades lacrymogènes à la main.

La petite foule de manifestants se disperse, l'odeur âcre des gaz se mêle à celle de la fumée.

De derrière le camion, surgit un petit groupe d'hommes en civil, qui déblaye les barricades. Puis, gourdins à la main, ils encerclent un petit groupe de femmes qui n'ont pas le temps de fuir. Menaçants, mais sans les frapper, ils leur hurlent à la figure: "Burkinabè, on veut pas!", allusion évidente aux origines burkinabè de l'ancien premier ministre Alassane Ouattara.

"C'est les gros-bras du FPI", le Front populaire ivoirien (FPI) du président élu Laurent Gbagbo, murmure un habitant qui observe la scène.

Sur toute la longueur de la grande rue d'Adjamé, barricades et voitures retournées se succèdent.

Un petit cortège passe: "On veut voter! On veut voter!", scandent les partisans M. Ouattara, candidat du Rassemblement des républicains (RDR) éliminé de la course à la présidence par la Cour suprême.

Dans le quartier chic de Cocody ce sont des: "On va les tuer" qui répondent, avec de véritables scènes de chasse à l'homme.

Le visage blanchi au kaolin, scandant "Alassane, Burkinabè, va dans ton pays", une centaine de militants du FPI ont voulu attaquer la résidence de M. Ouattara.

Gourdins et machettes en mains, ils ont pourchassé tout ce qui dans le quartier ressemblait à un "dioula", les ressortissants du Nord, région d'origine de M. Ouattara.

Les propriétaires des villas cossues du quartier ont recueilli les blessés.

Ici encore, les gendarmes sont présents, couchés en position de tir sur le toit d'une maison voisine, canon pointés sur l'entrée de la luxueuse demeure de l'ancien chef de gouvernement.

Un "dozo" (chasseur traditionnel) de la garde de M. Ouattara ouvre le feu. Selon les assaillants, un des leurs est mortellement touché. La foule des partisans de M. Ouattara est brutalement dispersée et la course poursuite s'engage dans le quartier.

Poursuite sanglante, où les coups de machette partent vite. Dans le "village" de Blokosso, en bord de lagune, un journaliste de l'AFP a pu voir six corps entassés, avec de profondes blessures.

Un groupe de journalistes qui filmaient et photographiaient la scène ont ensuite été pris à partie par la foule et n'ont réussi à repartir qu'après de longues et difficiles tractations.

Ailleurs à Cocody, des gendarmes bastonnent ferme.

Au Plateau, non loin de la maison du général Robert Gueï, le chef de l'ex-junte, un journaliste occidental a vu des gendarmes en train de frapper cinq hommes, qui avaient été entièrement déshabillés et forcés à s'allonger par terre. Furieux les gendarmes, lui ont ordonné de passer rapidement son chemin.


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news-man
Membre doyen
Auteur de: 73 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
26-oct-00, 23h31  (Heure de: New Jersey)
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3. "Pacifisme"
En réponse au message #2
 
   Modifié le 26-oct-00 à 23h38  (New Jersey)

Cher ami,

Les violences post-electorales en Cote d’Ivoire (CI) ne devraient ni faire oublier l’importance de la victoire du courant legal, ni faire peur a ceux qui pensent que les Gabonais doivent devenir un peu plus “DIRECTS” dans leurs revendications. N’oubliez surtout pas que c’est le pouvoir en place qui nous tient prisonnier dans une situation sans issue. C’est ce pouvoir qui se dote d’une constitution qui change au gre des humeurs et desirs du roi. C’est ce pouvoir qui, tous les jours, nous demontre qu’il se place au-dessus des lois. Devinez qui est en dessous des lois? Toi , moi, tes parents, le peuple en somme. Le pouvoir et ses sbires ont besoins de nous pour exercer leurs fonctions. Par notre silence et passivite, nous nous faisons, volontairement ou non, complices de la situation. Comme vous, je suis plutot pacifiste. Mais j’ai perdu toute confiance en ceux qui nous dirigent au point de questionner mon propre pacifisme. Vous devinerez que je sois un des trop peu nombreux Gabonais ayant eu la chance de voir du pays, de me frotter aux autres venant des coins de ce monde ou un bon gouvernement est fait de gens soucieux du progres de la nation. La seule difference entre vous et un Taiwanais est que le Taiwanais a un gouvernement qui se preocupe de son bien etre, en lui construisant des ecoles dignes, des hopitaux corrects, des routes de qualite, et procurant le minimum d’honnetete requis pour que la confiance du peuple en son gouvernement demeure. Par contre !u Gabon, vous avez un gouvernement dont plusieurs membres n’hesiteraient pas a vous faire kidnaper en pleine nuit et transporte dans un coin perdu ou on vous decoupera en morceaux choisis pour des besoins fetichistes. Ils appellent ca, avec euphemisme, “pieces detachees”.
Ma conscience ne me permet pas de justifier la presence d’un Bongo a la tete d’un etat qui se dit moderne en l’an 2000. Le pire est que Bongo est, comme on dit au quartier, president pour etre president; c’est a dire qu’il maintient le pays dans un tourbillon de mediocrite qui nous affecte autant a court qu’a long terme. Personne ne souhaite la violence, mais Bongo detient tout les pouvoirs et peut decider en partant, d’eviter aux Gabonais un profond traumatisme. L’ami, puisque Bongo ne veut pas quitter la gouverne, devons nous rester les bras croises et subir sa sotise? Le Gabon est-il en paix aujourd’hui? Quelqu’un a dit que la misere est la forme de violence la plus cruelle. Theoriquement, c’est le peuple (vous et moi) qui est l’employeur de Bongo et son gouvernement. C'est normalement Par le vote que nous engageons et congedions nos employes politiques. Bongo refuse systematiquement d’etre notre employe, c’est a dire de travailler pour un minimum de progres pour le pays (je parle de progres tangibles). Le minimum que nous puissions demander a Bongo est qu’il nous libere le pays en s’en allant tranquillement. Est-ce trop demander apres 33 ans?


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Moustafa
Membre doyen
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26-oct-00, 23h55  (Heure de: New Jersey)
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4. "RE: Petite question "
En réponse au message #2
 
  
>
>Qui ètes vous ?
>
>----------------
>
>Comme la CI inspire certains d'entre
>nous ici, je voudrais leur
>rafraichir la mémoire avec le
>texte de l'AFP ci dessous.
>
>

Je me demande bien à quoi peut servir ce raffraîchissement de mémoire dont vous parlez. A faire peur aux Gabonais? Ne me dites pas que vous croyez ques des révolutions, celles qui changent vraiment les choses, peuvent se passer sans pertes de vie? En Yougoslavie comme en Indonésie, les changements se sont faits avec une certaine violence. Mais ce qui vient après est ce que nous devons rechercher, c'est-à-dire un changement durable.


Mais surtout, ce que vous devez vous dire est ceci: quoiqu'il arrive en Côte d'Ivoire, le peuple aura causé la chute d'un dictateur> Ed vous voulez savoir quoi d'autre? Après la chute de Guei, tout président qui viendra après et qui se mettra à dos le peuple sera soumis aux mêmes effets car les Ivoiriens ont compris que c'est à eux qu'appartient la décision.

IL ne faut donc pas voir le court terme, mais plutôt les bénéfices à long terme.


>Moi aussi, je suis partisan de
>l'alternance mais moins "va-t-en guerre"
>parce que ceux qui souhaitent
>ce schéma n'ont vraiment rien
>à perdre. C'est à dire
>qu'ils ont leurs intérêts en
>déhors du Gabon.
>

Ce que vous dites n'a pas grand sens. C'est de l'attentisme que vous suggérez ici. Or, le Gabon attend depuis 33 ans. Non, mon cher, il faut se bouger un peu le cul, oui.

Il nous faut vraiment aller en guerre contre le régime de Bongo. ET que voulez vous dire par rapport à ceux que vous dites ont leurs intérêts ailleurs? Croyez vous que les Gabonais qui s'exilent le font de bon coeur? Nous le faisons tous parce que Bongo a fermé notre univers.

Mais si le changement doit venir. je crois qu'il peut venir de la diaspora parce que nous sommes tous capables de nous organiser mieux, et rentrer au pays pour faire partir Bongo.

Voilà pour quoi je pense que le BDP a raison. Il faut chasser le dictateur et ses sbires.

>


>BONGO doit partir !
>
>En espérant que le débat contradictoire
>sur la méthode ne fait
>que s'ouvrir et que le
>BDP ne se laisse déjà
>pas aller au monolithisme idéologique.
>

Là encore je te suis pas. Où voyez-vous le monolithisme ici? Quand le peuple prend le pouvoir, ce n'est pas un parti qui prend le pouvoir. Le peuple est le seul qui doit décider qui le dirige. Pour le moment, c'est Bongo qui empêche cette décision. IL faut donc faire sauter Bongo et laisser le peuple choisir qui il veut. C'est simple, non?

En tout cas, c'est ce que je crois comprendre avec ce message du BDP.

Quant à l'article de l'AFP, à quoi pouviez-vous vous attendre dans une atmosphère comme celle qu'a créé Guei? C'est plutôt normal. Ce qu'il faut éviter c'est que Gbago refasse la même erreur que Bédié et Guei. S'il est intelligent, il réussira. S'il est con, il échouera et les Ivoiriens le mettront à la porte aussi. Ils y ont pris goût, vous savez.

A propos des violences, que n'a-t-on pas au Gabon depuis 1989? La seule différence ici est que parce que notre peuple a toujours eu peur, il ne s'est jamais vraiment attaqué à Bongo directement. Mais maintenant, nous devons nous dire que notre salut à tous devra passer par la violence envers le régime de Bongo.

Je suis d'acccord avec le BDP. Il faut agir.


Merci.

MOuss.
>
>
>Thank you.
>
>----------------
>
>
>
>Scènes de chasse à l'homme dans
>les quartiers d'Abidjan (REPORTAGE)
>
>ABIDJAN, 26 oct (AFP) - 18h08
>- Sur la place du
>quartier des "220 logements" à
>Adjamé, des petits groupes tiennent
>des barricades de bric et
>de broc. Des kiosques de
>la Loterie nationale se consument.
>
>"Nous voulons des vraies élections", lance
>Abdoulaye Bassandé, 32 ans, debout,
>le visage enduit de suie,
>près d'un pneu qui brûle.
>
>
>Deux véhicules de transports de troupes
>blindés et un camion de
>la gendarmerie arrivent en trombe.
>Casque anti-émeute sur la tête,
>les gendarmes jaillissent, lance-grenades lacrymogènes
>à la main.
>
>La petite foule de manifestants se
>disperse, l'odeur âcre des gaz
>se mêle à celle de
>la fumée.
>
>De derrière le camion, surgit un
>petit groupe d'hommes en civil,
>qui déblaye les barricades. Puis,
>gourdins à la main, ils
>encerclent un petit groupe de
>femmes qui n'ont pas le
>temps de fuir. Menaçants, mais
>sans les frapper, ils leur
>hurlent à la figure: "Burkinabè,
>on veut pas!", allusion évidente
>aux origines burkinabè de l'ancien
>premier ministre Alassane Ouattara.
>
>"C'est les gros-bras du FPI", le
>Front populaire ivoirien (FPI) du
>président élu Laurent Gbagbo, murmure
>un habitant qui observe la
>scène.
>
>Sur toute la longueur de la
>grande rue d'Adjamé, barricades et
>voitures retournées se succèdent.
>
>Un petit cortège passe: "On veut
>voter! On veut voter!", scandent
>les partisans M. Ouattara, candidat
>du Rassemblement des républicains (RDR)
>éliminé de la course à
>la présidence par la Cour
>suprême.
>
>Dans le quartier chic de Cocody
>ce sont des: "On va
>les tuer" qui répondent, avec
>de véritables scènes de chasse
>à l'homme.
>
>Le visage blanchi au kaolin, scandant
>"Alassane, Burkinabè, va dans ton
>pays", une centaine de militants
>du FPI ont voulu attaquer
>la résidence de M. Ouattara.
>
>
>Gourdins et machettes en mains, ils
>ont pourchassé tout ce qui
>dans le quartier ressemblait à
>un "dioula", les ressortissants du
>Nord, région d'origine de M.
>Ouattara.
>
>Les propriétaires des villas cossues du
>quartier ont recueilli les blessés.
>
>
>Ici encore, les gendarmes sont présents,
>couchés en position de tir
>sur le toit d'une maison
>voisine, canon pointés sur l'entrée
>de la luxueuse demeure de
>l'ancien chef de gouvernement.
>
>Un "dozo" (chasseur traditionnel) de la
>garde de M. Ouattara ouvre
>le feu. Selon les assaillants,
>un des leurs est mortellement
>touché. La foule des partisans
>de M. Ouattara est brutalement
>dispersée et la course poursuite
>s'engage dans le quartier.
>
>Poursuite sanglante, où les coups de
>machette partent vite. Dans le
>"village" de Blokosso, en bord
>de lagune, un journaliste de
>l'AFP a pu voir six
>corps entassés, avec de profondes
>blessures.
>
>Un groupe de journalistes qui filmaient
>et photographiaient la scène ont
>ensuite été pris à partie
>par la foule et n'ont
>réussi à repartir qu'après de
>longues et difficiles tractations.
>
>Ailleurs à Cocody, des gendarmes bastonnent
>ferme.
>
>Au Plateau, non loin de la
>maison du général Robert Gueï,
>le chef de l'ex-junte, un
>jou2naliste occidental a vu des
>gendarmes en train de frapper
>cinq hommes, qui avaient été
>entièrement déshabillés et forcés à
>s'allonger par terre. Furieux les
>gendarmes, lui ont ordonné de
>passer rapidement son chemin.



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anti bdp
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27-oct-00, 03h10  (Heure de: New Jersey)
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5. "Que des stupides"
En réponse au message #0
 
   Vous ne pouvez pas attendre encore 4 ans pour que Bongo se retire et voila que les messieurs se prennent pour des revolutinnaires.Il y a eu plus de 70 morts en CI et les trois quart apres le depart de Guei.Il n'y a que le FPI et le RDR qui se font la guerre...au Gabon ca equivaut une guerre entre le Bucheron le PGP.La CI n'est nullement un exemple car en ce moment il y a une guerre de religion qui est plus dangereuse qu'une guerre ethnique mais dans les deux cas c'est une guerre civile.Le FPI a chasse Guei sans violence
car elle a merite sa victoire.Le Bdp voudrait que les gabonais descendent dans les rues pour chasser
Bongo car ce dernier aux dires des bdpistes aurait falsifie les resultats des elections presidentielles de 93 et 98.Moi Anti bdp je dis que vous avez raison pour 93 car bongo etait en tete mais il y avait un 2cond tour...98 il a merite sa victoire au premier tour et je vous mets au defi de me donner vos resultats qui justifierai une fraude de plus de 10% car il a ete elu a plus de 60 %.
Donc je disais,le BDP voudrait que les gabonais aillent se faire massacrer pour des elections qui se sont deroulees il y a matusalem et pour mettre
qui au pouvoir,meme les bdpistes n'ont personne a presente car tous les leaders de l'opposition sont tous des Bongo a leur niveau.
N'ayant plus confiance a notre tres chere opposition ces exiles(non forces)de luxe sont prets a demander a l'armee de renverser Bongo et ainsi affronter la terrible GP qui n'est nullement comparable aux 400 gardiens de Guei.
Mais ces idiots de bdpiste oublient que les ivoiriens regrettaient l'arrivee des millitaires 2 semaines apres leur prise du pouvoir et maintenant le Gabon doit imiter la CI.
Bongo est tres tres loin d'etre le plus parfait des presidents mais je vous assure que la grande mojorite des pays d'Afrique noire aurait souhaite de l'avoir dans leur presidence.
Bonne chance pour votre revolution mais sachez que dans toute revolution il y a tjs des milliers de morts...en tant que bongoiste je me battrai pour mon president et ne pensez pas que vous etes largement plus nombreux que nous...nous sommes prets et la riposte sera sanglante car vous avez choisi le chemin de la violence.


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herve
Membre doyen
Auteur de: 7 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
31-oct-00, 10h33  (Heure de: New Jersey)
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9. "RE: Que des stupides"
En réponse au message #5
 
   Il y a des Gabonais qui demandent aux pays européens de revenir nous coloniser.

Il y en a d'autres qui collaborent directement avec les pilleurs et meurtriers qui nous dirigent.

Et puis il y a des patriotes qui ne tolèrent pas la spoliation et le suicide économique et politique du Gabon sous n'importe quelle forme.

De quel côté êtes-vous?


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Mamiwata
Membre doyen
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30-oct-00, 00h52  (Heure de: New Jersey)
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6. "RE: Nous appelons le peuple à renverser le régime d'Omar Bongo"
En réponse au message #0
 
   Il n'y a pas plus grande vérité que ce que vous venez de dire.

Bongo est le type de vermine qui suce le Gabon jusqu'aux os depuis trois décennies.

Tout le monde comprend au Gabon que seule la violence peut aider notre pays à chasser Bongo.

Il faut donc que nous prenions tous le courage de nous organiser pour en finir une bonne foi pour toute.

Mami.


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medar
Membre doyen
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30-oct-00, 13h04  (Heure de: New Jersey)
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7. "Le bel exemple de la Cote d'ivoire nous est compté..."
En réponse au message #0
 
   Modifié le 30-oct-00 à 13h07  (New Jersey)

Côte d'Ivoire


Dans la cour, restes calcinés, blessés et disparus (REPORTAGE)

ABIDJAN,30 oct (AFP) - 17h46 - Il y a les restes de maisons calcinées, les impacts de balles dans les murs, les blessures des femmes, les frères disparus. Dans cette cour de la commune populaire d'Abobo, les familles dioula vivent la peur au ventre.
A l'entrée du quartier, des barrages de tables et de tôle.

De 19H00 à 6H00 du matin, les jeunes hommes ont veillé, comme toutes les nuits depuis les sinistres événements de jeudi quand les militants du Front populaire ivoirien (FPI) d'abord puis les gendarmes les ont attaqués. Les membres de l'association locale de jeunes se sont organisés en brigades et se relaient pour protéger leurs familles.

"On a nos machettes, nos gourdins. Le soir, le quartier est fermé, personne n'entre", dit Ayarba, 24 ans. "Personne n'arrive à dormir. Dès qu'il y a un bruit, on a peur", disent les dioulas (ethnie du nord musulman).

Dans la cour, femmes en boubou et enfants déguenillés sont à l'ombre. Une douzaine de familles habitent ici. Un homme se lamente: il n'a plus rien. Son maquis (petit restaurant) qui donnait sur la rue est parti en fumée. Comme le kiosque du menuisier, celui du libraire, du quincailler ou les maisonnettes mitoyennes.

Ici chacun a une histoire terrible à raconter. Pour raisons de sécurité les vrais noms des témoins ne sont pas cités.

"Les gendarmes ont brûlé mon restaurant de spaghetti, ceux-là même qui venaient manger chez moi à crédit", dit Adama devant les gravats. "Et la soeur, là-bas, qui vendait du charbon. Elle n'avait pas grand chose. Là il y avait le lit, là la télévision noir et blanc", dit-il montrant deux pièces dévastées.

Les habitants l'assurent, c'est le commandant de gendarmerie qui a jeté l'allumette. "Je le connais, il disait +petit dioula on va te tuer+ +arrosez-les tous+", dit Ismaël, 23 ans.

Quand le feu a pris, femmes et enfants sont montés sur le toit. Le vieil invalide raconte comment les jeunes l'ont hissé dans son fauteuil roulant à travers la tôle.

"Les gendarmes ont défoncé le portail, les portes des maisons avec des barres de fer. Ils ont pris un jeune dans la cour, un footballeur, ils l'ont déshabillé et lui ont tiré une balle dans le pied", dit Ali.

Ahmed, lui, n'a plus de nouvelles de son frère. "Il traversait le rond-point, les gendarmes l'ont frappé, déshabillé et mis dans le +baché+ (camionnette). Depuis on n'a pas de nouvelles, on l'a cherché partout, à la police, dans les hôpitaux. Rien", dit-il.

Ils ont vu plusieurs hommes ainsi être poussés dans des camionnettes en direction du camp de gendarmerie à moins d'un km de là.

Ibrahim, 55 ans, qui s'est réfugié dans une cour voisine, a été pris un peu plus loin. Il n'ose plus rentrer chez lui. "Ils ont foncé sur moi, m'ont battu, mis dans un +baché+. Du sang coulait. Ils disaient +faut pas que tu salisses la voiture", dit-il le visage tuméfié, l'oeil injecté de sang.

Emmené à l'autre bout d'Abobo, dans le quartier de Clouetcha, les six gendarmes l'ont jeté dans la brousse. Les coups à nouveau. "Il y avait les corps de cinq hommes tués par balle, je me suis vu mort". Effectivement laissé pour mort, il s'est réveillé à la clinique, raconte-t-il.

Dans une autre cour, à côté, les voisins montrent les impacts de balle sur les murs, une grenade lacrymogène, une douille. Là, Fatou, jeune fille de 25 ans, a elle aussi été déshabillée, battue. "Ils voulaient me lancer dans les flammes". A la cuisse, elle a une sale blessure. Une autre a été frappée dans le dos avec une brique.

Depuis dimanche, la vie a repris malgré la peur. Les femmes ont réinstallé tomates, piments et orange par terre sur des bouts de pagne colorés.


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Dr. Mengarateam
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30-oct-00, 21h04  (Heure de: New Jersey)
Envoyer un message email à: Dr.%20Mengara Ecrire un message privé à: Dr.%20Mengara Profil de ce membreAjouter ce membre à votre liste des potes  
8. "RE: Le bel exemple de la Cote d'ivoire nous est compté..."
En réponse au message #7
 
   >Modifié le 30-oct-00 à
>13h07  (New Jersey)

>

Cher ami Medar,

Je semble percevoir comme un sarcasme dans le titre de votre message par rapport à cette nouvelle que vous avez postée. Vous semblez ne point apprécier la grandeur de l'acte ivoirien, c'est-à-dire le courage d'un peuple qui a osé exprimer son ras-le-bol vis-à-vis de dictatures qui l'ont retenu prisonier pendant des décennies.

Tandis que vous vous arrêtez sur le carnage, qui semble nécessaire dans le cadre d'une révolution, des gens comme moi, animés d'un certain optimisme sur la capacité de l'humain à se refaire après de rudes épreuves, verront dans votre message/nouvelle autre chose que ce que vous y voyez, vous.

En somme, je ne retiens de votre message que ceci:

>Depuis dimanche, la vie a repris
>malgré la peur. Les femmes
>ont réinstallé tomates, piments et
>orange par terre sur des
>bouts de pagne colorés.
>

Ainsi, la vie continue en Côte d'Ivoire. Malgré les douleurs causées par la sanglante révolution, qui reste malgré tout pâle par rapport à des pays comme la RDC, le Rwanda ou autre, la vie des Ivoriens risque de ne plus jamais être comme avant. POur eux, la révolution aura probablement été le déclic dont ils avaient besoin pour enfin voguer vers des horizons nouveaux.

Mais vous comprendrez que ce n'est là qu'un espoir. Il reste néanmoins que, pour nous Gabonais, la grande leçon de la révolution ivoirienne est qu'un peuple finit toujours par triompher de ses dictatures.

Bongo, l'un des derniers grands dinosaures fossilisés d'Afrique, en fera également les frais dans un avenir pas trop lointain...

Ne perdez donc pas, cher compatriote, l'espoir, même quand la tâche vous semble éléphantesque. Vous serez surpris de voir que notre révolution ne nous coûtera peut-être pas autant de vies qu'en Côte d'Ivoire, sauf peut-être celle de Bongo lui-même et de ses sbires s'ils osent résister à la foudre populaire qui les attend.

Merci et bon courage.


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