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Onzala
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21-mai-02, 13h24  (Heure de: New Jersey)
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"Centenaire du président Léon Mba"
 
   numéro 8 - mai 2002
Centenaire du président Léon Mba
Gros tam-tam, petites manifs
Décidée comme on tombe du lit, annoncée dans un chuchotement et censée
être célébrée sur une année entière, la commémoration du centenaire du
premier président du Gabon indépendant se résume, pour l'instant, à
trois petites cérémonies tristounettes.
Le centenaire du président Léon Mba n'a suscité, de la part du Gabonais
moyen, que deux ou trois mots dans les bistrots. Aucun intérêt, ou
presque, dans les foyers anesthésiés par les télénovélas
latino-américaines. S'agit-il d'un désintérêt profond du peuple ou d'un
manque de sensibilisation des responsables ? En plus du manioc, Gabao
(nom donné à l'actuel Gabon par les Portugais en 1472) cultive, avec
succès, une sorte d'amnésie sélective.
L'indifférence polie et politique était palpable à l'ouverture de la
commémoration, précisément lors de la messe anniversaire. A la
cathédrale Sainte-Marie, pas de déferlante incontrôlable d'un peuple
mélancolique : la parentèle, des nostalgiques, guère plus d'un pelé et
trois tondus, et, surtout, aucune représentation politique de poids, en
dehors du ministrouille Jean Eyéghé Ndong et du vice-Premier ministre,
bien imprégné de son catéchisme. Une indifférence qui rappelle celle de
la France aux obsèques de Léopold Sédar Senghor. Pourtant, devant
l'indignation générale, Chirac, Jospin et toute la classe politique
hexagonale s'étaient rattrapés en organisant, en l'honneur du
poète-président, une sorte de messe d'excuse indécemment médiatisée.
Pas de rattrapage pour le premier président du Gabon indépendant. Juste
un tout petit mépris de la République, apparemment bien assumé. A la
cérémonie de dépôt de gerbe, tenue la veille au mausolée (pas restauré
depuis les calendes gabonaises), ce sont les Klaxons de taximen qui ont
créé l'ambiance, la fanfare de la garde républicaine ayant sans doute
pris ses quartiers de saison de pluies.
Postiche posthume
Le seul événement qui pourrait sauver le centenaire est la sortie
posthume de l'ouvrage du défunt président, intitulé " Ecrits
Ethnographiques ", édité chez Raponda Walker. Ouf ! On a failli
connaître un centenaire commémoratif sans publications, pendant qu'en
France, on ploie sous un véritable tombereau de bouquins sur l'oeuvre et
la vie d'un Victor Hugo bicentenaire.
La cérémonie de présentation de l'ouvrage de Léon Mba a été relevée par
des débats d'universitaires et la projection du documentaire " sur les
traces de Léon Mba, à l'aube du centenaire " réalisé par Michel Worra
Duchâteau, sur un script de l'ex-animatrice Paulette Ayo Mba. Mais
voilà, c'est un parterre de veinards triés sur le volet qui a eu le
privilège d'assister à la projection. Les responsables des chaînes
publiques (et sans doute trop pauvres) RTG1 et RTG2, abonnés à TVSAT,
n'ont pu le suivre que sur Télé-Africa. Soyez nantis et vous pourrez
vous instruire sur votre propre pays. On comprend que le "bas peuple"
s'abreuve de télénovelas...
Célèbre inconnu
Bien sûr, le défunt n'est pas l'auteur des Misérables. Ils ne s'est
jamais targué d'être un intello fanfaronnant. Mais beaucoup auraient
aimé un ouvrage sur les grands "rêves" que ce sage nourrissait pour son
pays. Histoire de mettre les fantasmes de l'actuel pouvoir en
perspective. Au lieu de cela, le sujet du livre est circonscrit à la
description des us et coutumes de l'ethnie Fang de Mba, sujet, certes,
d'un intérêt évident pour les ethnologues et anthropologues. Mais très
peu de Gabonais savent d'où vient le premier président, ce qu'il a fait
de sa jeunesse, s'il fut cascadeur pendant ses années de collège, comme
"l'autre" fut boxeur, comment se déroula l'historique épisode de la
passation de pouvoir et l'exil en Centrafrique...
On se demandent aujourd'hui où commence l'oeuvre du défunt président et
où elle s'achève. Mais il y a des ombres des silences qui arrangent
peut-être ceux qui écrivent l'histoire de demain.
Pauline Assélé
A lire aussi dans l'édition papier:
Enfer à Port-Gentil
Jean Ping : risée n°2 ?
Le baromètre


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