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Sujet: "Silence complice ou convivialité?"     Précédente | Suivante
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Conférences L'arbre à palabres politiques Discussion 430
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medar
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11-fév-02, 18h35  (Heure de: New Jersey)
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"Silence complice ou convivialité?"
 
   Le silence des palabreurs sur les événements se
déroulant au Gabon en ce moment est il un signe de la
résignation collective et de notre alignement à la
logique de la convivialité ?

Qu'en penses un intelectuel gabonais en vue qui, lui,
n'a pas fui son pays (comme dirait sieur Dubois)

Lisons:

«Mba Abessole a fait un choix stratégique»

Paul Mba Abessole, adversaire historique du président
Bongo, fait son entrée dans le gouvernement gabonais,
formé le 27 janvier dernier, avec deux membres de son
parti. Pour Guy Rossanta-Rignault, professeur à la
faculté de droit de Libreville et auteur de l'Etat au
Gabon, cette décision est loin d'être une surprise,
alors que l'opposition gabonaise sort laminée des
dernières législatives.

RFI : Quelle portée donnez-vous à la formation de ce
gouvernement dit «d'ouverture» ?

Guy Rossantaga-Rignault : La problématique du
gouvernement de consensus, de large ouverture ou de
rassemblement est, contrairement à ce qu'on imagine,
une constante de la vie politique gabonaise, et cela
depuis l'époque pré-indépendance. C'est donc tout sauf
une nouveauté. Cet esprit s'est installé, depuis 1957
jusqu'à présent, à l'exception bien sûr de la
parenthèse du parti unique. L'un de ceux qui sont
entrés avant-hier dans le gouvernement, en la personne
de Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti
social démocrate (PSD) était déjà entré dans le
gouvernement dit de la «démocratie», de 1994-1995, en
tant que représentant de l'opposition. Donc une partie
de cette dernière, dont certaines composantes sont
revenues aujourd'hui, était déjà entrée dans un
gouvernement d'ouverture décidé lors des accords de
Paris.


RFI : Ce qui marque, c'est peut-être l'entrée du Père
Mba Abessole dans l'équipe gouvernementale, qui fut
longtemps le principal adversaire d'Omar Bongo, avant
d'entrer dans une «opposition conviviale»?

G.R-R : L'originalité principale de ce gouvernement,
c'est en effet l'entrée de Paul Mba Abessole. Mais,
une fois de plus, ça ne peut surprendre que les naïfs.
Lorsque ce dernier rentre au Gabon en 1989, et
qu'ensuite à la conférence nationale il négocie avec
le président de la République et le camp présidentiel,
c'est pour réaliser ce qui est en train de se passer
aujourd'hui. En 1990, le Père Mba Abessole était pour
la création du Rassemblement social démocrate
gabonais, une plate-forme sur laquelle il était
parvenu avec le chef de l'Etat et qui devait donc
servir de cadre d'apprentissage à la démocratie avant
l'ouverture totale. Mais au moment de la conférence
nationale, un mouvement beaucoup plus radical s'est
développé au sein de l'opposition, qui s'est battue
pour le multipartisme immédiat. Et en bon tacticien,
le père Mba Abessole s'est rallié au dernier moment à
ce courant, lâchant par la même occasion celui avec
qui il avait contracté auparavant, à savoir le Parti
démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. Mais son
mouvement, le Rassemblement national des bûcherons
(RNB) avait déjà participé au gouvernement qui a suivi
la conférence nationale. Par ailleurs, cela fait trois
ans que le RNB et son leader Libreville depuis 1998], n'apparaissent plus comme les
plus radicaux de l'opposition.

RFI : Les adversaires du parti au pouvoir n'ont
remporté que 14 sièges sur 120 aux dernières
législatives. Certains d'entre eux sont entrés au
gouvernement. Que reste-t-il de l'opposition gabonaise
?

G.R-R : Tout dépend de ce qu'on appelle opposition au
Gabon. Si on s'attend à trouver un groupe suffisamment
organisé, ayant une conscience de groupe et une prise
réelle sur la société, cette définition ne s'applique
plus à ce qui demeure aujourd'hui l'opposition. C'est
le naufrage. La force qu'on a pu mesurer il y a une
dizaine d'années s'est singulièrement étiolée. Mais
cela est dû aussi au comportement des différents chefs
de cette opposition qui ont récolté ce qu'ils ont
semé.

RFI : N'est-ce pas, en partie au moins, en raison de
la force d'attraction, notamment financière, du
pouvoir en place ?

G.R-R : Ce n'est pas faux mais ce n'est pas
l'explication essentielle. A ce niveau-là, il n'y a
pas de spécificité gabonaise. En 1990, on a beaucoup
promis et on a espéré. Et, forcément, les gens qui
attendaient trop et trop rapidement de l'opposition,
n'ont rien vu venir. Ils sont arrivés à un niveau de
déception terrible, qui explique la très forte
abstention lors des dernières législatives. L'autre
problème de fond c'est que cette opposition n'a jamais
réussi à constituer une véritable plate-forme. Il n'y
a aucun ciment idéologique entre ses différentes
composantes. Le seul point commun entre tout ce monde
c'est qu'ils n'aiment pas Bongo et ne veulent plus du
PDG. C'est peu.

RFI : Au fond est-ce que les véritables luttes ne se
jouent pas au sein du camp présidentiel, avec en ligne
de mire la succession du président Bongo ?

G.R-R : Tout à fait. A la limite, si certains
pouvaient éventuellement s'inquiéter de troubles, il y
a fort à parier qu'ils viendraient plus de l'appareil
dirigeant que de l'opposition. C'est clair, les enjeux
sont à l'intérieur de l'équipe dirigeante et,
effectivement, en terme de perspective de succession.
Et c'est peut-être le lieu de faire le rapprochement
avec cette entrée du Père Mba Abessole dans le
gouvernement. Tout porte à croire qu'il a fait un
choix stratégique qui est celui d'aller participer, à
l'intérieur de l'appareil, à ce positionnement. L'idée
étant probablement que, lorsque le moment sera venu,
il vaudra mieux avoir une image de gouvernant, de gens
qui ont déjà été des hommes d'Etat, apte à gérer les
affaires de la cité.

RFI : La question de la succession d'Omar Bongo
est-elle officiellement à l'ordre du jour ?

G.R-R : Tout le monde ne parle que de ça dans tous les
salons et dans tous les bistros. Mais ce n'est pas à
l'ordre du jour du point de vue du président.
Certaines tendances consisteraient à le presser de
désigner un successeur. Mais il ne veut pas en
entendre parler. Il a toujours répondu que ce n'est
pas à lui mais aux Gabonais de le faire.

Dernier ouvrage paru :
L'Etat au Gabon, Histoire et Institutions, Editions
Raponda Walker, Libreville, Gabon

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE CHAMPIN
29/01/2002


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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
  RE: Silence complice ou convivialité? Mouvogny 11-fév-02 1

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Mouvogny
Membre depuis 11-fév-02
Auteur de: 1 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
11-fév-02, 18h45  (Heure de: New Jersey)
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1. "RE: Silence complice ou convivialité?"
En réponse au message #0
 
   Well,c'est une situation qui nous oblige a rester un peu tranquile,
mediter .Plus on parle ,plus on ne reflechi plus sur quelle strategy
adoptees .La situation est tres alarmente. Il ya certain d'entre nous
qui souhaitaient meme avoir une puissance surnaturelle pour terminer
avec ce system!!!!


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