Successeur de Léon Mba, Omar Bongo est président du Gabon depuis 34 ans. A la tête du Gabon, pays riche peuplé de seulement 1 million d’habitant, Omar Bongo n’a jamais pu améliorer le quotidien des Gabonais et pire, il ne s’est même jamais préoccupé de la vie de ses concitoyens. Avez-vous déjà vu Omar Bongo dans un quartier populaire de Libreville (type Kinguélé ou Nkembo)? Omar Bongo s’ait-il qu’il y a des Gabonais à Plaine Orety, Derrière l’hopital ou à Belle-vue, qui vivent dans le dénuement le plus absolu. Certains n’ont même pas d’eau potable et n’ont pas d’autre choix que de boire l’eau provenant de puits ou des rivières insalubres. Comment ne pas être outré par les déclarations proférées le 7/06/2002 par le porte parole du gouvernement (illégitime) bongoïste à l’occasion du communiqué final du conseil des ministres. Omar Bongo « .. . afin d’éviter des accidents de circulation de type de celui qui s’est produit le samedi 1er Juin et qui a coûté la vie à trois de nos jeunes compatriotes, aurait donné des instructions fermes dans le sens du renforcement de la discipline et du management dans ce secteur d’activité ». Laissez moi rigoler, de quel secteur d’activité parle t’il ? Des transports au Gabon ? un pays où les gens sont transportés comme du bétail, dans des bus sans sièges, ni fenêtres sur des routes bourrés de trous. Et que dire du management, lorsqu’on met à la tête de telles compagnies des gens qui oublient que les bus peuvent vieillir et qu’il serait de bon sens de prévoir l’achat de pièces de rechanges ? Il n’y a qu’à regarder la gestion d’Air Gabon. Et si les lois internationales de l’aviation civile n’obligeaient pas un suivi strict des avions, le Boeing 747 ne volerait plus. De plus quand monsieur Bongo parle de discipline, c’est à lui-même qu’elle devrait s’appliquer en premier, car il est en fait le premier responsable de cet accident. Eh oui, en grand manitou qui fait la pluie et le beau temps depuis 34 ans, c’est monsieur Bongo qui a nommé des dirigeants incompétents. Plus encore, sa responsabilité est engagée de fait parce qu’il n’a jamais pu en 34 ans de pouvoir, mettre en place une compagnie de transport digne de ce nom.
Un autre extrait de ce communiqué a particulièrement attiré mon attention « … le chef de l'État a tenu à attirer à nouveau l'attention des membres du gouvernement sur la dilution des valeurs de patriotisme, d'abnégation et d'amour du travail, ainsi que sur la perte de la notion de service public qui se manifestent de plus en plus au sein de nos administrations… il est devenu pratiquement systématique et profondément regrettable aujourd'hui de constater que de nombreux agents de l'État, pour accepter d'accomplir le moindre effort particulier dans le cadre de l'exécution de tâches relevant de leurs compétences et pour lesquelles ils sont régulièrement rétribués, exigent préalablement des perdiems, bonifications et autre avantages. Le président de la République a invité instamment en conséquence les responsables des différents départements ministériels à engager une lutte résolue contre ces pratiques rétrogrades et à oeuvrer partout au renforcement du sens et de l'autorité de l'État… ».
Ainsi monsieur Bongo pense qu’exiger des pots de vin mirobolants à chaque fois qu’une compagnie étrangère veut s’établir au Gabon est une pratique moins rétrograde que de demander à quelqu’un qui se présente aux services d’urgence de l’Hôpital Général de pays un bakchich. Eh oui ce que monsieur Bongo fait mine de dénoncer, il le pratique sans discontinuer et sans vergogne depuis 34 ans. Le premier corrompu du Gabon est outré par la corruption (qu’il n’ose d’ailleurs pas nommer comme telle), de qui se moque t’on ? Ceux qui ont eu la chance de regarder un reportage diffusé sur la chaîne Franco-Allemande Arte il y a 2 ans, savent que Bongo a pendant des années exigé des pots de vins de la part des dirigeants d’Elf. Et ce sont eux-mêmes les présidents successifs de cette compagnie qui l’on dit ouvertement dans ce reportage. Et que dire des proches de Bongo, en commençant par son ex-femme Patiance Dabany qui a ruiné toute une banque ? Mais bon sang qui pourrait avoir l’amour du travail dans un pays où n’importe quel chasseur pour peu qu’il soit oncle ou fils du président, peut se retrouver bombardé Ministre de la Défense ou des Affaires étrangères ? Qui pourrait avoir l’amour du travail dans un pays où les perspectives d’avenir pour ses enfants s’amenuisent au fil des années ? Qui pourrait avoir l’amour du travail dans un pays dirigé par un inconscient depuis 34 ans ? Que quelqu’un me réponde.
Omar Bongo et sa clique qui ne sont plus à une contradiction prêt, ont déclaré vouloir mettre en place une loi dite anti-corruption. Voici donc des députés élus frauduleusement qui vont aller voter une loi anti-corruption. Ces galigeades n’amusent guère que Bongo et ses amis. Ces gesticulations sont en fait sensées contenter les dirigeants du FMI, qui je l’espère ne sont pas dupes au point de croire qu’Omar Bongo pourrait s’appliquer à lui-même une telle loi, si d’aventure elle était votée. Il n’y aucun signe qui peut le laisser penser. Omar Bongo et ses amis sont allés trop loin dans la dilapidation des deniers publics. Seul un pouvoir neuf, n’ayant jamais travaillé sous le joug bongoïste pourrait insuffler une telle dynamique d’honnête et de droiture.