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Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau
Alain Nguéma de Brasilia
Membre doyen
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21-juin-99, 23h59 (Heure de: New Jersey) |
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"Réponse à MNA: ma vision sur l'ethnicisme"
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Ami MNA, Puisque vous me demandiez une explication sur les notions de MAJORITE et MINORITE, je peux vous répondre ceci: Dans la plupart des pays, il existe des minorités et des majorités. Dans certains cas comme aux USA, on essaie de fermer les portes économiques aux minorités, probablement parce que l'on n'a peur de leurs potentialités. Au Gabon comme dans l'Afrique du sud de l'apartheid, ce sont les majorités qui sont opprimées (l'oppression doit être comprise dans son sens large: économique, social, culturel, politique, etc.). Dans les deux cas, il y a quelque chose qui ne va pas. Dans un contexte qui se veut démocratique et juste, l'on ne devrait pas avoir de politique régionaliste ou humaine basée sur l'ethnie. En d'autres termes, il faut laisser la loi de la concurrence naturelle se faire pour que le meilleur l'emporte. Qu'est-ce que ça veut dire? On doit donner à tout le monde sa chance dès le départ. Cette chance est donnée par les structures égales mises en place par un gouvernement responsable. Ces structures doivent donner place à la valeur du mérite, et non à la valeur de l'ethnie. Donc, si une majorité de Tékés réussit au BAC de manière légale et méritée, ce n'est pas au gouvernement d'essayer de niveler les choses en faisant falsifier la réussite des Fangs au BAC. Et si le PUNU est fort en commerce, ce n'est pas le job du gouvernement de faire artificiellement accéder les Ndzébis au commerce juste parce qu'il souhaite niveller artificiellement les chances, etc. ce que je veux dire est ceci. Quand on donne les mêmes chances à tout le monde dès le DEPART, il y a une sélection naturelle des choses qui va se faire. Chance de départ veut dire l'accessibilité égale de l'école, de la santé et des opportunités économques pour tous. Pas d'octroi fantaisiste des bourses, ni de postes. Même l'armée doit avoir des standards d'accès basés sur le mérite. Dans un tel contexte, on verra que chaque ethnie ou chaque individu va se dégager et "DOMINER" (ceci n'est pas le bon mot, mais je n'ai que ça pour le moment) naturellement là où elle ou il a des forces. Ainsi, certains groupes de chez nous seront plus entreprenants que d'autres en politique, d'autres le seront plus en commerce et donc dans l'économie, tandis que d'autres le seront en musique ou agriculture, etc. En fait, chaque ethnie se distinguera naturellement selon ses forces. On n'a donc pas à favoriser un groupe par rapport à d'autres par la simple peur de la domination des uns. Quand on le fait sur la base de la peur, on aboutit toujours à la dictature de la minorité, ce qui enlève toute chance de démocratie puisqu'on a peur du vote démocratique. C'est cette peur qui a mené le Rwanda à la guerre civile. Au Gabon, nous devons éviter les mêmes erreurs. Voilà où le vrai combat se trouve: celui de laisser à chaque ethnie ou à chaque individu de se démarquer selon ses compétences. En fait, la politique du gouvernement doit elle-même s'organiser autour des potentialités des un et des autres. Pour cela, il suffit de regarder la carte des ressources naturelles du Gabon et ce que ongo en a fait. Le chemin de fer sous Léon Mba était prévu pour l'exploitation du minerai de fer à BElinga. Bongo l'a détourné pour des raisons personnellement ethniques. Il avait à l'époque justifié ce détournement par le fait qu'on devait acheminer les minerais de manganèse par le chemin de fer et ainsi éliminer les frais que l'on paie au Congo Brazzaville pour notre téléphérique qui traverse leur territoire. Aujourd'hui, on se rend compte que c'était du mensonge car on continue de payer le Congo pour ce téléphérique et le chemin de fer ne sert à rien et roule à perte car les gens ne voyagent pas assez avec. Et maintenant que Bongo s'est empêtré dans les fesses de la fille à Sassou, on continuera à payer tout cela jusqu'à sa mort s'il meurt au pouvoir. Cet investissement aurait pourtant été rentable s'il avait été fait pour les bonnes raisons. Donc, si on regarde la carte du gabon, on se rend compte que chaque région a ses forces. Le NOrd est une région agricole, l'Est et le sud-Est est une région minière et le sud-Ouest est une région pétrolière. Notre pays est donc gâté car la redistribution naturelle des ressources est très interessante. Un gouvernement responsable peut donc facilement investir dans chaque région selon les forces de chacune. Par exemple, des industrie agro-alimentaires dans le nord, des industries minières dans l'Est et le Sud-Est, et des industries pétrolières dans le sud-Ouest. Tout ceci contribuerait, avec de bonnes routes et voies d'accès, à une bonne intégration commerciale et humaine dnas tout le pays puisque les échanges se feraient sur la base du savoir faire des uns et des autres. le problème c'est quand on se met dans la tête qu'il n'y a qu'une seule région qui métite de l'investissement, alors que les autres sont oubliées. Et quand un tel favoritisme saisit la distribution des postes de travail et autres, on aboutit à des rivalités inutiles. Il y a donc necessité de revoir tout le paysage humain du Gabon afin de laisser la compétence décider de qui fait quoi selon ses forces. Voilà mon éclarcissement. Si vous avez quelque chose à confirmer ou à infirmer, j'attendrai votre réaction car je trouve ce débat non seulement utile, mais sain pour notre pays. Il faudra qu'un jour on prenne ce problème par les cornes pour que les choses se fassent plus naturellement selon une sélection naturelle des compétences des uns et des autres. A bientôt. Alain Nguéma. |
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Adrien Nguema
Membre doyen
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22-juin-99, 17h28 (Heure de: New Jersey) |
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1. "Pourquoi la peur de l’autre?"
En réponse au message #0
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Le phénomène de la peur d’autrui qui bloque l’évolution démocratique de L’Afrique mérite d’être examiné. Cette peur de celui qui n’est pas "mon parent" laisse transparaître les séquelles de toute une vie sociale ou seules les relations ethniques comptent. Le sentiment ethnique au Gabon est-il inné ou acquis? Comme disait un sage, si vous voulez comprendre vos contemporains, consultez leur histoire. Cette histoire nous dit que le Gabon de la coloniale était un territoire dont les limites changeaient au gré de l’humeur de nos administrateurs coloniaux ou des vainqueurs des guerres européennes. Petit à petit les sentiments nationaux prennent place et les Africains commencent à s’émanciper politiquement. Dans ce qui va devenir le Gabon, des leaders vont émerger. Ces leaders n’ont pas été sorti d’un chapeau de magicien comme par enchantement ( à la Bongo), mais ont graduellement et sans ambiguïté accédé aux échelons superieurs de la vie politique et sociale de l’époque. C’est ainsi que l’on voit apparaître des gens comme Léon Mba, J.H. Aubame, G. Damas-Aleka etc…D’après toutes les références crédibles, l’action politique de ces gens n’est pas du tout axée sur la promotion de leur ethnie, mais plutôt sur l’émancipation du Gabon. Autre aspect important de la qualité de ces gens, ils sont tous polyglottes. C’est à dire qu’en dehors de leur langue maternelle, ces leaders parlent d’autres langues Gabonaises. Il est de notoriété publique que lorsque Léon Mba rencontrait les chefs Pongwé, il leur parlait dans cette langue au lieu du Francais. Aussi, lors des discours à la nation, L. Mba incluait régulièrement des phrases en plusieurs langues Gabonaises de façon à s’adresser directement à l’arrière pays. La transition de L. Mba à A.B. Bongo nous fait passer d’un leader au rayonnement national et international (L. Mba était de la trempe des Ouphouet, Bourguiba etc…) à un leader à envergure purement régionale sinon tout au plus ethnique. Même les détracteurs de L. Mba vous diront que l’homme était honnête et n’a pas installé ses frères, beaux-frères, oncles, tantes bref toute sa basse-cour à tous les postes stratégiques ou juteux de l’appareil de l’état. Bongo viendra nous initier à toutes ces pratiques nouvelles. Sous Bongo s’installera donc l’arbitraire absolu; et cet arbitraire va finir par gangréner notre vie quotidienne. On verra les beaux-frères, fils, filles, cousin etc de Bongo user sauvagement de leur pouvoir en toute impunité. Grâce à ces gens, le droit de cuissage devient une religion dans notre administration. Le mérite ne veut absolument rien dire. L’article 21 (je pense que c’est le bon chiffre) fait de villageois des généraux d’armée. A la longue, les Gabonais s’habituent de voir ces gens bénéficier de tous les privilèges et d’en abuser comme jamais auparavant. C’est ainsi que s’installe le principal tenant du système Bongoïste: "LA LOI DU VENTRE EST TOUJOURS LA MEILLEURE". Si vous voulez quelques privilèges, il est bon de s’associer de près ou de loin (de préférence de très près) à Bongo. Plus rien ne se fait par pure conviction; tout est désormais à vendre et à acheter (surtout les consciences). Ayant prit goût à ces avantages, les Bongoïstes ont du mal à s’imaginer sans le pouvoir. Au lieu d’avouer calmement qu’ils sont trop attachés à leurs privilèges pour accepter l’alternance, ils nous distraient avec des notions du style :"telle ethnie est trop dangereuse pour le pouvoir etc…" La peur de l’autre devient de fait une stratégie politique. On époussète les vieux stéréotypes ethniques et on essaie de les utiliser pour créer un sentiment de suspicion dans la population. La peur de l’autre devient l’arme des equilibristes politiques cherchant ici et là des bouées de sauvetages pour un régime à bout de souffle. |
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Donguila René
Membre doyen
Auteur de: 2 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
05-juil-99, 23h38 (Heure de: New Jersey) |
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2. "La peur de l'autre, cause des dictatures"
En réponse au message #1
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Cher compatriote,comme vous le soulignez si bien, la peur de l'autre a souvent été de tous temps la cause non seulement des guerres, mais aussi du racisme ou du tribalisme. La peur de l'autre, on l'a vue en action en Afrique du Sud quand la petite minorité blanche avait voulu dominer l'écrasante majorité noire. Il se trouve qu'après des décennies de cette pratique d'apartheid, les blancs d'Afrique du Sud ont du se rendre à l'évidence. maintenir l'apartheid devenait trop couteux et menait inexorablement le pays vers la guerre civile. Au Gabon, le même scénario est visible. Evidemment, ce n'est pas Bongo qui en est la cause directe puisque c'est les Français qui l'ont mis en place. les Français savaient que si la démocratie se passait vraiment, seules les ethnies majoritaires auraient le pouvoir, en particulier les fangs jugés trop béliqueux et trop nationalistes pour le goût des Français. Voilà pourquoi ils ont donné le pouvoir à quelqu'un comme Bongo qui serait issu d'une minorité et qui, par ce fait, devait absolument établir une dictature et la corruption s'il voulait continuer à régner. En plus, ils savaient aussi que Bongo dépendrait d'eux pour continuer à conserver le pouvoir. Evidemment, comme Bongo lui-même avait une peur bleue des fangs. Voilà pourquoi il a souvent été impitoyable face à tous ceux qui s'opposaient à lui. Etant myéné, il m'apparaît que cette peur est ressentie par la plupart des minorités au Gabon car elle pose le problème même de la démocratie. Tout le monde sait que si une vrai démocratie s'installait au Gabon, seuls les Fangs et les PUnus pourraient gagner des élections nationales. En fait, les Fangs et les punus peuvent garder indéfiniment le pouvoir tant qu'ils sont majoritaires dans le pays. Se pose alors le problème du rôle que vont jouer le reste des ethnies dans la politique gabonaise. Devront-elles jouer un rôle de figurant ou des mechanismes spéciaux doivent-ils être mis en place pour assurer un partage équitable du pouvoir au gabon? Je crois que voilà certains des grands points qui doivent être débattus ici si le Gabon doit se doter demain d'une démocratie réelle qui tient compte de toutes les réalités. J'attendrai vos commentaires sur ce point car je crois que ce problème mérite un débat sérieux. Merci. |
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Adrien Nguema
Membre doyen
Auteur de: 105 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
06-juil-99, 15h44 (Heure de: New Jersey) |
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3. "L’appartenance ethnique n’indique pas necessairement des interets communs"
En réponse au message #2
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Cher ami, Bien que complexe, je ne pense pas que la problematique du vote ethnique soit insoluble en Afrique. Dans votre propos, vous soulignez qu’une vrai democratie au Gabon verrait principalement l’election de personnes issuent des deux ethnies dites majoritaires. Bien que ce diagnostic soit possible dans le court terme, je ne partage pas totalement votre absolutisme a long terme. Voyez cher frere, si au sortir d’une election libre et democratique un Fang ou Punu etait elu, ce dernier devrait satisfaire l’electorat general en lancant le pays vers des horizons meilleurs. Au cas ou l’elu se revelerait incapable, il serait remplace par quelqu’un d’autre et ainsi de suite. Votre crainte c’est de voir toujours les memes au pouvoir. Mais moi je dis qu’a la longue, la democratie nous liberera des affinites purement ethniques. En Afrique du Sud par exemple, l’ethnie majoritaire et la langue majoritairement parle est le Zoulou. Pourtant, le chef traditionnel Zoulou (Buthelezi) et son parti (Inkatha) ne font pas le poids face a l’ANC de Mandela. Mandela lui meme vient de la minorite Xhoxa; et pourtant il est admire et adule par tous. Dans un contexte democratique, un bon president est un bon president en depit des appartenances ethniques ou religieuses. Les peuples ont tendance a voter leurs interets et non necessairement leur ethnie. Le probleme est que dans les non-democraties (cas du Gabon), a cause du systeme de la geopolitique, les positionnements ethniques deviennent le fer de lance du clientelisme. Par consequent, l’ethnie sert de denominateur commun a tout ceux qui cherchent un point de repaire dans le systeme. On remarque ainsi les cloisonnements du systeme Bongoiste: les Nzebi se tiennent dans leur coin, les Fang dans le leur, idem pour Punu et Myene et ainsi de suite. Au centre de ses cloisons se trouve Bongo, l’architecte du systeme. Au Gabon, lorsque l’on demande a un politicien de se prononcer sur sa base politique, en fait on lui demande de se prononcer sur sa popularite dans son fief ethnique. Par exemple vous trouverez que la base politique de Mayila se trouve quelque part du cote de fougamou, celle de Ondo Methogo est concentre dans un perimetre plutot restrain de Bitam et cela est vrai pour toutes les personalites politiques du Gabon. Si je vous demandais d’estimer la base politique de notre tres cher VPM Ondo-Methogo a Ndende? Vous repondrez certainement par un chiffre proche de zero. Ceci pour vous dire que les loyautes des bases politiques chez nous ne veulent absolument rien dire. Mayila ou Methogo ne sont populaires aupres d’un groupe ultra-marginal de personnes que parce qu’ils rendent de petits services ponctuels ici et la: une recommendation pour un boulot par-ci, ou une obtention de bourse par-la. Si nous accedons a un systeme permettant d’obtenir de l’emploi ou de l’avancement social sans aller "gratter la tete", vous verrez qu’etre de la meme ethnie deviendra de moins en moins important et les gens s’associeront plus sur la base d’idees et objectifs communs. Non cher frere, les minorites ne sont pas condamnees a la marginalisation. Prennez le cas du Peru ou la population a majorite Hispano-Indienne a elu un president d’origine Japonaise (la communaute Japonaise est ultra-ultra-ultra minoritaire au Peru). Mais le Peru est une democratie et le Gabon n’en est pas une. Les Gabonais pourront-ils comme les Peruviens elire democratiquement un president issu d’une minorite ethnique? Je n’ai aucun doute la dessus.
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Mouwadji!
Membre doyen
Auteur de: 1 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
06-avr-00, 14h20 (Heure de: New Jersey) |
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4. "RE: Réponse à MNA: ma vision sur l'ethnicisme"
En réponse au message #0
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Cher Compatriote. Je viens de lire votre expose sur votre vision de l'ethnicisme et je dois avouer que certains de vos arguments ne manquent pas de pertinence. Je tiens cependant a revenir sur quelques uns des points developpes dans vos propos. Lorsque vous dites: "Quand on donne les mêmes chances à tout le monde dès le DEPART, il y a une sélection naturelle des choses qui va se faire......Ainsi, certains groupes de chez nous seront plus entreprenants que d'autres en politique, d'autres le seront plus en commerce et donc dans l'économie, tandis que d'autres le seront en musique ou en agriculture..." Quel genre de societe avez-vous l'intention de creer? Je dois vous avouer que la legerte de vos arguments sur ce point est tres surprenante. La caracteristique ethnique de la societe gabonaise n'est pas une invention de Bongo, le pretendre revient tout simplement a etaler au grand jours l'inexactitude de votre savoir en matiere de culture africaine et surtout gabonaise. Permettez moi ici de vous donner quelques precisions concernant la vie sociale chez les bantous du Gabon. Le centre de la societe chez nous est represente par la famille. Les interets familliaux passent necessairement avant ceux du clan ou de l'ethnie. Les interets du clan eux priment sur les soucis du groupe ethnique et dans un ordre un peu plus general on peu dire que chez nous la notion d'Etat est subordonnee a celle de famille, de clan et de groupe linguistique. Cet etat de chose n'est pas une particularite bantoue, elle se retrouve dans toutes les societes modernes d'afrique. LA raison de l'abscence d'une idee de nation chez les africains peu s'expliquer par le fait que dans le developpement de nos societes, l'arrivee des europeens a arrete la formation de veritables Etats africains. C'est ainsi que la cohabitation des differentes tribus bantoues, au Gabon, n'est pas le fait d'une evolution naturelle, mais plutot le resultat d'un trace inexacte des frontieres de notre pays par le colonisateur. Le renfermement des tribus sur elles memes n'est que la resultante logique d'une colonistaion qui s'est faite au detriment de l'Afrique. Et le Gabon ne peu, en tant que pays charniere d'afrique centrale, echappe a cette regle. Si vous appliquez donc les regles enoncees dans votre discours, vous ne changerez en fait rien au systeme actuel.En effet, l'ethnie qui dominera la politique ou les armees primera sur tout, et nous retournerons resolument vers une nation a pensee unique ou les inegalites que vous pretendez vouloir effacees seront encore existantes, mais ne profiterons certes plus aux memes personnes. Si c'est la le but de votre combat, alors considerez mon intervention comme etant l'expression de la negation a vos "IDEES". D'autre part, l'affirmation suivante: "Le NOrd est une région agricole, l'Est et le sud-Est est une région minière et le sud-Ouest est une région pétrolière. Notre pays est donc gâté car la redistribution naturelle des ressources est très interessante..." souffre, comme une grande partie de vos propos, d'une secheresse d'informations. Tout ce que l'on arrive a tirer de vos boutades est que vous ne connaissez pas(plus) votre pays. Pouvez-vous me dire ce qui fait de la povince du Nord une region agricole? A quoi se manifeste l'exploitation agricole au nord? Je tiens a attirer votre attention sur le fait que le Gabon importe du Cameroun la quasitotalite des legumes consommes dans la capitale. Libreville ne se trouvant qu'a quelques centaines de kilometres d'Oyem et de bitam, il est donc, vous en conviendrez, contraire a la raison que les marches de notre capitale soient emplis de denrees alimentaires en provenance du Cameroun et transitant par le nord de notre pays, region a qui vous octroyez un caractere agricole digne de ce nom. Cher ami, si vous aviez parcouru les villes de votre pays, vous aurez remarquez que a l'exception de libreville et de port-gentil, le reste des villes gabonaises n'importe pas leur fruits et legumes. Tout est produit et consomme. Dans la region de Lastourville, que je connais tres bien, il y a chaque annee une "surproduction" de bananes, d'ignames et de quelques autres legumes aux saveurs tropicales. Pour des raisons de logistiques de transport, toute cette masse alimentaire ne peut etre acheminee sur les principales villes du Gabon. Pour en revenir a votre these sur l'ethnicisme, quel sort reservez-vous a ces groupes ethniques qui ne seraient doues que dans l'art(musique...)? Il ya en plus chez nous des ethnies ne comprenant que quelques centaines d'individus, croyez-vous qu'elles aient une chance dans votre esprit? Et de plus, les richesses minieres n'ont jamais ete une source economique fiable. Leur exploitation etant limitee dans le temps et dans l'espace. Que se passera t-il, dans les regions concernees, apres epuisement des gisements de petrole et de minerais? Auriez-vous encore idee d'une autre repartition territoriale? Pensez-vous que les gabonais soient assez genereux pour se soutenir les uns les autres sans preferences ethniques ou tribales? Moi je ne crois pas en votre argumentation. L'homme gabonais n'est ni ange ni demon, il se situe, je crois, raisonablement entre les deux. Ce qui revient a dire que l'instinct de survie ethnique prendra toujours le dessus sur l'idee d'un Etat pour tous. Avant de terminer mon propos j'aimerai ici rectifier le caractere inexacte de ce que vous dites au sujet du transfert du minerai de manganese sur Mbinda au Congo. Cher ami, si vous etes au Gabon, prenez le temps de visiter le Haut-Ogooue et principalement la region de Moanda-Bakoumba. Parcontre, dans le cas, tres probable, ou vous seriez en europe, donnez-vous du temps et de la reflexion avant de continuer ce combat que vous semblez mener sans veritables arguments. Ressourcez-vous et redecouvrez votre pays dans toutes ses realites actuelles. Le manganese de Moanda ne transit plus par le Congo-Brazaville depuis la mise en place du chemin de fer. Les pillones du telepheriques ont depuis longtemps ete arraches et vendus a la chine. Je suis tres bien place pour vous le dire, car la region que vous pointez du doigt est pour moi ce que l'olympe est pour Zeus. Je conviens, cependant, avec vous que la societe comilog continue a payer certains de ses enciens travailleurs congolais. Ce qui selon moi ne pose pas de problemes particuliers, car il s'agit la du rigoureux respect d'un contrat de travail qui fut ,jadis, remis en cause, unilateralment, par la compagnie miniere de l'ogooue et qui necessite, lopi inetrnationale oblige, une reparation materielle. Il est vrai que notre pays est tres mal dirige. Il est vrai que le besoin de changement est plus que jamais dans tous les esprits. Il est vrai que les dirigeants actuels de notre patrie n'ont plus rien a nous proposer. Mais ce qui est aussi ineluctable est que les gabonais ne se sortirons pas d'affaire sans le moindre efforts. Tout changement doit commencer part la parfaite maitrise de TOUTES les realites du Gabon. Aucun changement ne peut se faire au detriment de certaines provinces. Il faut un concept UNIQUE et identique pour tout le Gabon. La creation de provinces metrisant le commerce et d'autre metrisant un autre secteur de l'activite economique du Gabon ne represente en aucun cas une voie d'avenir. L'egalite des chances dont vous parlez doit se faire pour tous, pas au detriment de certains. Pour eviter de manquer de productivite dans le debat, je vous proposerais de penser un systeme federal adapte aux particularites ethniques et regionales de notre pays. Il nous faut une certaine auto-gouvernance regionale. Car le plus grand mal chez nous reside generalement dans le fait que l'enfant de notre voisin, dont personne ne connait les sources de revenus, est bien nourrit pendant que notre descendance elle ne fete jamais ses dix ans..... |
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Nicolas Amvame
Membre doyen
Auteur de: 40 messages sur ce forum, Evaluez ce membre |
18-avr-00, 11h09 (Heure de: New Jersey) |
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5. "RE: Réponse à MNA: ma vision sur l'ethnicisme"
En réponse au message #0
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Cher Alain, Je tiens à te dire que j'adhère totalement à ta vision sur la gestion du territoire. En effet, l'état devait favoriser un aménagement du territoire relatif aux capacités de chacunes de nos provinces. Par contre, pour la gestion des ressources humaines dans l'administration publique, je suis partiellement d'accord avec toi, elle doit être basée sur le mérite, sauf pour les porte-feuille ministériels, ou il faut un minimum de géopolitique selon moi, car je ne sais si la population est prête à la voir totalement disparaitre... En tout cas, ta vision est interessante. Fraternellement N.Amvame. Ps : message non relu. |
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