Section: Divers
Auteur: AFP. Tous droits réservés.
Date de publication: 23 Janvier 2002.
Affiché par: BDP
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LIBREVILLE, 23 jan (AFP) - 19h55 - Plusieurs équipes ont été envoyées dans le nord-ouest du Gabon, où sévit une épidémie de fièvre hémorragique de type Ebola, afin de sensibiliser les populations aux mesures sanitaires qui heurtent parfois leurs coutumes, a indiqué mercredi le ministre de la Santé.
Le 8 janvier dernier, une équipe médicale avait été contrainte de quitter la ville de Mékambo (500 km à l'est de Libreville) pour se replier sur Makokou, la capitale de la province de l'Ogooué-Ivindo, sous la pression des villageois en colère à qui elle s'efforçait de faire cesser certaines pratiques traditionnelles, notamment la toilette mortuaire rituelle, qui risquent de contribuer à la propagation de l'épidémie.
Ces missions de sensibilisation visent à concilier, auprès des populations, les explications "mystiques" à la maladie et les positions des scientifiques, a expliqué le ministre gabonais de la Santé, Faustin Boukoubi, dans un entretien avec l'AFP.
"Cela consiste à dire: +peu importe l'origine de la maladie, quelle qu'elle soit il y a des morts et ceux qui sont en contact (avec eux) contractent la maladie. Quelle que soit l'origine de celle-ci, il faut prendre des précautions+", a précisé le ministre.
Outre l'interdiction des toilettes mortuaires, de nombreux aspects des consignes sanitaires liées à l'épidémie heurtent en effet les croyances et coutumes de la population.
"Nous ensachons les cadavres avant de les enterrer, ce qui est difficile à accepter et mal ressenti par les populations", a expliqué M. Boukoubi. "Nous empêchons les parents de venir porter assistance aux malades hospitalisés, or chez nous c'est très important", a-t-il rappelé. Au Gabon, comme dans de nombreux pays africains, ce sont les familles qui viennent nourrir et s'occuper des malades à l'hôpital.
Au cours d'une première phase, qui prendra fin jeudi, les équipes de sensibilisation ont repris contact avec les populations, et commencé leur campagne, a indiqué le ministre.
Quatre consignes ont été délivrées aux villageois de cette zone reculée du nord-est du Gabon: éviter de toucher les animaux morts (car susceptibles d'avoir été tués par le virus), ne pas tuer d'animal au comportement anormal, ne pas toucher les malades, ne pas manipuler les morts.
Au cours d'une deuxième phase, vendredi et samedi, les équipes renforceront la surveillance épidémiologique, avant de rendre leur rapport lundi.
Participent notamment à ces missions les deux candidats qui devaient s'affronter en décembre au deuxième tour du scrutin législatif, annulé dans cette circonscription en raison de l'épidémie. "C'est très important pour nous", a noté le ministre, car leurs sympathisants et militants, qui réclamaient la tenue du vote, avaient nié auprès des populations l'existence de l'épidémie.
Les populations ont également besoin d'aide, a souligné le ministre, car "certaines familles ont été décimées par la maladie et sont matériellement démunies".
"Les mouvements sont restreints dans la zone en raison du cordon sanitaire. L'approvisionnement est donc difficile. Une certaine +psychose+ de la chasse s'est également développée avec les consignes de précaution vis-à-vis du gibier, et cela a restreint les sources d'alimentation des populations", a-t-il expliqué.
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