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L'OMS dans l'incapacité de surveiller quotidiennement l'épidémie d'Ebola 


Section: Divers
Auteur: AFP. Tous droits réservés.
Date de publication: 11 Janvier 2002.
Affiché par: BDP


GENEVE, 11 jan (AFP) - 20h19 - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu vendredi être dans l'impossibilité de contrôler plus de 200 personnes ayant été en contact avec la fièvre Ebola après qu'une équipe médicale internationale eut été contrainte de quitter un village du nord du Gabon.

"Le suivi des personnes ayant été en contact (avec le virus) et des malades est extrèmement limité", a déclaré à la presse le porte-parole de l'OMS à Genève, Gregory Hartl.

"Le fait de n'être plus en mesure de travailler effectivement dans la région signifie qu'il y a des choses qui se passent et que nous ne savons pas", a-t-il dit.

Mais, la Fédération internationale des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge a indiqué plus tard que l'équipe médicale devrait retourner dès samedi au village, au centre de l'épidémie, qui a tué 25 personnes au Gabon et dans des villages frontaliers du Congo-Brazzaville depuis le début décembre.

"Les volontaires de la Croix-Rouge gabonaise ont passé beaucoup de temps à convaincre une population réticente de l'importance de la contribution des spécialistes étrangers dans la lutte contre l'épidémie", a déclaré le docteur Razak Akadiri, de la Fédération.

"Les autorités locales ont déjà confirmé que l'équipe internationale, chapeautée par l'OMS, pourrait s'aquitter de sa mission de manière satisfaisante", a ajouté M. Akadiri.

Deux experts de l'équipe dirigée par l'OMS, accompagnés de personnels de santé gabonais, sont retournés mardi dans le village au centre de l'épidémie, pour tenter de convaincre ses habitants de les aider dans leurs efforts sanitaires, selon l'OMS

"Les experts sont attendus samedi à Mekambo", a souligné M. Akadiri.

L'OMS a reconnu qu'une équipe internationale avait été forcée de quitter la semaine dernière Mekambo au nord du Gabon, vers Makokou, plus à l'intérieur du pays, alors qu'elle s'efforçait de faire cesser des pratiques traditionnelles, y compris le lavage rituel des cadavres, qui risquent de laisser se propager l'épidémie.

La sécurité physique des médecins étrangers était nettement en jeu, selon M. Hartl.

Trente-quatre cas de fièvre Ebola ont été confirmés au Gabon et au Congo et seize autres cas suspects ont été enregistrés. 247 personnes sont censés être sous surveillance pour avoir été en contact avec des porteurs du virus, principalement autour de Mekambo, selon la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

M. Harlt a souligné qu'"une épidémie d'Ebola ne peut être considérée sous contrôle tant qu'un délai de 42 jours ne s'est pas écoulé" .

"Cela ne va pas être résolu immédiatement. Il y a beaucoup de superstitions et d'incompréhension à l'égard de ce que nous tentons de faire dans la zone. Il va falloir tout un processus pour établir la confiance", a-t-il dit.

"Dans des cas comme cette épidémie, il peut s'agir d'interrompre certaines pratiques traditionnelles ou de mourir", a noté M. Hartl.


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