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Terreur des populations, Ebola donne aussi de la "fièvre" aux scientifiques 


Section: Divers
Auteur: AFP. Tous droits réservés.
Date de publication: 5 Février 2002.


FRANCEVILLE (Gabon), 5 fév (AFP) - 10h01 - Virus contagieux et mortel, Ebola terrifie les populations des zones infectées et fascine la communauté scientifique, notamment les chercheurs du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), basé au Gabon.

L'apparition en octobre dernier d'une épidémie d'Ebola dans une région isolée du nord-est du pays, a été pour le CIRMF une opportunité pour faire progresser les connaissances scientifiques sur ce virus encore mystérieux.

Installé dans la capitale de la province du Haut-Ogooué (650 km au sud-est de Libreville), cette fondation gabonaise qui s'intéresse principalement aux maladies touchant la sous-région, s'est rendue sur place dès que l'alerte a été donnée.

Les premiers prélèvements ont permis de mettre un nom sur le virus responsable de l'épidémie, mais aussi de découvrir qu'il s'agissait du "sous-type Zaïre", la plus mortelle des différentes catégories de la famille Ebola.

A chaque nouveau cas suspect, une véritable course contre la montre s'engage pour ramener au plus vite les échantillons prélevés. La rapidité du diagnostic est d'autant plus importante que, si les tests se révèlent positifs, il faut isoler le malade pour protéger son entourage et éviter que l'épidémie ne se propage.

Ces échantillons constituent en outre un matériel de recherche rare et précieux.

"Ce matériel biologique n'est utilisable pour les recherches sur l'immunité que pendant 24 heures, et par conséquent uniquement en période d'épidémie", explique le Dr Eric Leroy, chef du service des maladies "émergentes" au CIRMF, à un journaliste de l'AFP.

En plus des recherches sur la réponse du système immunitaire des malades, c'est-à-dire le fonctionnement des cellules chargées de lutter contre les agents qui pénètrent dans l'organisme, ce spécialiste français du CIRMF s'emploie aussi à définir la structure moléculaire du virus permettant sa "caractérisation".

Ses travaux ne peuvent se faire que dans le laboratoire P4 du CIRMF, une installation aux normes de sécurité exceptionnelles, que très peu de pays possèdent.

Vêtu d'un scaphandre en plastique ventilé, le Dr Leroy traverse plusieurs sas avant d'accéder à la "bulle", un sarcophage en verre hermétique, doté de gants en caoutchouc intégrés, à l'intérieur duquel il manipule le matériel biologique.

Les échantillons contenant le virus ne sortiront plus de ce laboratoire. Véritable "patrimoine" du Gabon en raison de leur rareté et de leur intérêt scientifique, ils pourront toutefois être partagés dans le cadre de collaborations internationales.

Mais les recherches du CIRMF ne s'arrêtent pas là: l'un des plus grands mystères qui entoure Ebola reste son "réservoir", c'est-à-dire l'animal qui "héberge" à l'état naturel ce virus sans en être affecté.

"Pour l'instant, nous ne disposons d'aucune piste", reconnaît le Dr Leroy, qui mène au Gabon cette véritable enquête scientifique.

La répartition géographique des précédentes épidémies survenues en Afrique laisse toutefois à penser que le réservoir vit dans un milieu forestier tropical.

Le CIRMF, où travaillent plusieurs vétérinaires, entend lancer dans les jours à venir un programme de recherche consistant à capturer et à prélever un grand nombre d'animaux vivant dans la zone d'endémie.

Plusieurs années de travail seront alors nécessaires pour analyser tous ces prélèvements et, éventuellement, débusquer enfin le réservoir, pour l'instant caché au fond de la forêt équatoriale gabonaise.


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